BRIBES EN LIGNE
accorde ton désir à ta j’ai parlé "tu sais ce que c’est quatrième essai rares       ( pour raphaël       grimpa r.m.a toi le don des cris qui martin miguel art et il n’était qu’un une il faut dire les prenez vos casseroles et de toutes les le numéro exceptionnel de tout est prêt en moi pour     depuis dernier vers aoi quel étonnant temps où les coeurs   dits de nos voix il en est des noms comme du dernier vers que mort       sur ce jour-là il lui  de même que les epuisement de la salle, les dieux s’effacent diaphane est le     extraire il aurait voulu être une fois entré dans la le lent déferlement reflets et echosla salle  avec « a la raphaël  le "musée coupé en deux quand lu le choeur des femmes de    regardant traquer pour jean gautheronle cosmos clers est li jurz et li       la pie sept (forces cachées qui art jonction semble enfin ( ce texte a le texte qui suit est, bien       fourr&       &n dernier vers aoi     chambre face aux bronzes de miodrag       sur le l’attente, le fruit  née à sous la pression des toutes ces pages de nos       fleur le bulletin de "bribes recleimet deu mult j’ai travaillé       droite  dernières mises je dors d’un sommeil de on préparait       ce d’abord l’échange des     hélas, dernier vers aoi poussées par les vagues li quens oger cuardise c’est un peu comme si, pour martin effleurer le ciel du bout des le glacis de la mort 7) porte-fenêtre à propos “la       banlie clquez sur     un mois sans  monde rassemblé       coude quatre si la mer s’est antoine simon 7 dernier vers aoi       va dernier vers aoi ma chair n’est troisième essai tout mon petit univers en attendre. mot terrible. cet article est paru dans le je suis occupé ces À peine jetés dans le       avant dernier vers aoi       au je suis bien dans       pass&e le grand combat : et je vois dans vos antoine simon 2 f j’ai voulu me pencher   je ne comprends plus morz est rollant, deus en ad ce texte se présente       au les parents, l’ultime macles et roulis photo 3 nice, le 30 juin 2000       mouett pour daniel farioli poussant macles et roulis photo 4 dernier vers aoi le lent tricotage du paysage 0 false 21 18 un nouvel espace est ouvert dans le patriote du 16 mars pour mireille et philippe  référencem       " inoubliables, les nu(e), comme son nom       la   un pour jean marie    seule au tandis que dans la grande l’impression la plus     &nbs se placer sous le signe de avant dernier vers aoi la bouche pure souffrance rêves de josué, la galerie chave qui   en grec, morías ce qu’un paysage peut       que       " carcassonne, le 06       voyage démodocos... Ça a bien un antoine simon 33 (elle entretenait a la fin il ne resta que       sur le pour jean-louis cantin 1.-       la     quand       apr&eg macles et roulis photo un temps hors du 0 false 21 18       p&eacu noble folie de josué, lentement, josué les dessins de martine orsoni       o à sylvie       deux pour m.b. quand je me heurte  tous ces chardonnerets le scribe ne retient dix l’espace ouvert au seul dans la rue je ris la       l̵       force   encore une chercher une sorte de le travail de bernard la mort d’un oiseau. dieu faisait silence, mais madame, c’est notre pour gilbert il n’y a pas de plus se reprendre. creuser son toujours les lettres : normalement, la rubrique       ( sequence 6   le hans freibach :       s̵ quand sur vos visages les essai de nécrologie, pour martine   ces notes la gaucherie à vivre, chaises, tables, verres,       st     &nbs j’ai perdu mon ki mult est las, il se dort voile de nuità la   anatomie du m et présentation du d’ eurydice ou bien de frères et deuxième suite il faut laisser venir madame derniers a claude b.   comme dernier vers aoi j’ai ajouté j’arrivais dans les pour angelo pour philippe       sur des voiles de longs cheveux lorsqu’on connaît une après la lecture de petites proses sur terre l’erbe del camp, ki il avait accepté si j’avais de son avez-vous vu  pour de   pour adèle et i en voyant la masse aux on dit qu’agathe mi viene in mentemi il ne sait rien qui ne va et si tu dois apprendre à a ma mère, femme parmi les enseignants : le lourd travail des meules dessiner les choses banales       les comme une suite de pur ceste espee ai dulor e un tunnel sans fin et, à       le et tout avait tu le saiset je le vois       midi j’ai longtemps cette machine entre mes merci à marc alpozzo pour lee mille fardeaux, mille du fond des cours et des  si, du nouveau a christiane       je chaque automne les si j’étais un       d&eacu pour andrée v.- les amicales aventures du dans le monde de cette       &agrav toute une faune timide veille mouans sartoux. traverse de issent de mer, venent as (la numérotation des pour jacqueline moretti, les petites fleurs des aux barrières des octrois archipel shopping, la est-ce parce que, petit, on la prédication faite       je approche d’une       un ajout de fichiers sons dans il ne reste plus que le       tourne à propos des grands dernier vers aoi très saintes litanies avant propos la peinture est et  riche de mes antoine simon 5       chaque   j’ai souvent temps de bitume en fusion sur       au je ne saurais dire avec assez       &eacut       & f le feu s’est charogne sur le seuilce qui tes chaussures au bas de antoine simon 28 le 28 novembre, mise en ligne ouverture de l’espace madame, on ne la voit jamais c’est la peur qui fait a grant dulur tendrai puis dernier vers aoi percey priest lakesur les       sabots heureuse ruine, pensait juste un       pass&e    en de tantes herbes el pre eurydice toujours nue à       il et…  dits de antoine simon 32 autre petite voix temps où le sang se reprise du site avec la pas sur coussin d’air mais langues de plomba la j’ai donné, au mois elle disposait d’une il n’est pire enfer que deux ajouts ces derniers normal 0 21 false fal antoine simon 12 et nous n’avons rien antoine simon 16 écrirecomme on se attention beau halt sunt li pui e mult halt la vie est ce bruissement f les rêves de ils s’étaient quando me ne so itu pe       apparu granz est li calz, si se       le  les trois ensembles quelque chose ensevelie de silence,       j̵ la brume. nuages viallat © le château de       fourmi le 23 février 1988, il et que vous dire des  c’était mise en ligne je m’étonne toujours de la on croit souvent que le but rm : d’accord sur il faut aller voir je découvre avant toi premier essai c’est la lecture de sainte 1. il se trouve que je suis maintenant il connaît le la musique est le parfum de       et in the country madame est une al matin, quant primes pert       dans folie de josuétout est nice, le 8 octobre    tu sais on a cru à dentelle : il avait antoine simon 23 histoire de signes .  il est des objets sur       Être tout entier la flamme et que dire de la grâce       é polenta   d’un coté, mon cher pétrarque, « h&eacu certains soirs, quand je pour ils avaient si longtemps, si   ces sec erv vre ile  l’écriture encore une citation“tu rm : nous sommes en  mise en ligne du texte madame est la reine des aux george(s) (s est la comme un préliminaire la   si vous souhaitez dernier vers aoi antoine simon 21 spectacle de josué dit la danse de des quatre archanges que depuis ce jour, le site merle noir  pour antoine simon 30 "si elle est     de rigoles en macles et roulis photo 7 décembre 2001. de mes deux mains il y a dans ce pays des voies religion de josué il la parol

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Une autre approche de l’autobiographie
Carissimi tutti
In risposta alla vostra gradita dell’undici corrente nella quale vedo con piacere che la vostra salute è buona, così è di noi.
Io a scuola vado bene, il maestro mi ha detto che ho fatto progressi ; era necessario ha detto il maestro. Papà sta bene. Mi ha regalato una penna a sfera ; è con questa penna che vi scrivo sono molto contento. Mamma va bene anche lei cosi anche Gigi e Nina cosi spero di voi milioni di bacioni e memme che spero che la sua salute va bene cosi è di noi. Tanti baci a tutti voi zii, zie cugini e cugine che spero che la salute va bene. Noi va bene. Specialmente a memme. Vostro affmo nipote, cugino e nipote

Michele

Mon rapport à ma langue maternelle est un rapport passionnel. C’est ma langue d’enfance et ma langue de peuple, c’est la langue italienne qui m’a donné le monde, et sur le monde le regard que seule la langue bâtit. Mes émotions se disent d’abord dans cette langue qui m’est infiniment chair, et le seul fait de la lire et de l’entendre suffit bien souvent sinon à me réconcilier avec le monde, au moins à m’y sentir plus à mon aise. Longtemps je n’ai pas su ou pas voulu traduire dans ma langue d’accueil ce que me dictait ma Mère Langue. Trop persuadé, peut-être que je ne pouvais que la trahir en la traduisant. Fables et mensonges ! Le passage d’une langue à l’autre, c’est à dire d’une perception du monde à l’autre, est seul respect. Il faut savoir qu’il y a transfert et perte dans le transfert, mais j’ai appris que la seule façon d’être enfin fidèle à ma langue d’enfance c’estt de lui reconnaître dans ma langue d’homme toute la place qu’elle occupe de fait. Et que c’est la trahir que l’ignorer et l’ensevelir.
Les lettres, lorsque j’étais enfant, étaient l’un des rites familiaux du dimanche soir : nous écrivions chaque semaine à ma grand mère, plus rarement à mes oncles et tantes. Nous nous les lisions avant de les envoyer. Je me faisais gronder pour une orthographe incertaine ou pour une insuffisante clarté de propos. Le beau de l’affaire, et qui à des dizaines d’années de distance m’étonne de plus en plus, c’est que ma grand-mère n’avait jamais connu l’école, que mon père et ma mère ne l’avait guère fréquentée plus d’un an ou deux… C’est en même temps que j’ai commencé à écrire régulièrement en français ; la seule différence notable était alors pour moi que, dans les textes en français, je n’avais pas de destinataire identifié. C’est ainsi que j’ai pris l’habitude d’écrire dans cette langue des textes qui n’étaient destinés à personne en particulier et que je lisais à tous régulièrement. D’une certaine façon le français devenait la langue d’une communication non immédiatement utilitaire faite pour le seul plaisir.
Le texte de la lettre pourrait être transcrit ainsi :

Chers vous tous,
En réponse à votre courrier du onze courant, dans lequel je vois avec plaisir que vous êtes tous en bonne santé, de même pour nous.
Moi, à l’école, ça va ; le maître, il m’a dit que j’ai fait des progrès. C’était bien nécessaire il a dit le maître. Papa est en bonne santé. Il m’a fait cadeau d’un stylo bille. C’est avec ce stylo bille que je vous écris, je suis bien content. Maman aussi est en bonne santé. Pareil pour Loulou et Fifine et j’espère aussi pour vous millions et millions de bisous à mémé que j’espère que sa santé va bien. Nous ça va. Surtout à mémé. Affectueusement, votre petit fils, cousin et neveu,

Michel

 

6ème apparition de la figure du grand père

- Allora ? Allora ?

- Allora sò venuti i barbaricci, grandi e grossi, co certe facce da fà paura.

-

- Allora ? Allora ?

- Sò sessanti minuti sò.

- Allora ? Nonno, sù, racconta, no ?

- Allora, i reali di Francia stavano a cavallo, e passavano, e passavano. Allora, io, che stavo lì a fà la guardia...

- Anche lì ci stavi, nonno ?

- Ma sì che ce stavo, no, te l’ho già detto prima, no, che ce stavo ? Allora, io, mi volsi a loro...

- Ti chè, nonno, ti chè ?

- Ma chè ti chè ? No ! Me sò girato, me sò. Mannaggia li pescetti ! Me sò girato verso de loro

- A ! Ma allora nonno, allora, stavi girato ?

- Ma lasciateme finì, no ! Figli de mignotta !

- Ma sù sù, nonno !

- Sì sì che me ne stavo girato, stavo guardando i barbaricci, no ? Ch’n te ne ricordi ?

- A, sì, sì, nonno, sì, è vero, è vero, me lo ricordo, e allora ?

- Allora, io mi volsi a loro e dissi : “Cavalieri, non abbiate paura, che i barbaricci ci penso io !”

- Ma che proprio così ci hai detto ? Ma sti cavalieri che non ce l’avevano la corrazza ?

- E sì che ce l’avevano, e anche lo scudo ; ed anche la spada.

- Che spada ? Che ? Che era la spada de sette chili ?

- Ma sì, bravo, proprio così ! era la spada di sette chili ; ed anche la massa avevano, ed anche i cavalli erano tutti corrazzati d’oro e d’argento ; colle perle in fronte, e i brillanti sui ferri.

- Ma allora, tutti sti cavalieri co i cavalli corrazzati, proprio tu ci dovevi pensare ai barbaricci ?

- Ma come no ?

- Ma chi eri tu ? Mascista ?

- E porca l’oca ! E perchè non ce dovevo pensà, io, ai barbaricci ? Ma guard’n pò ! Ao ! Se’n vò che te la racconto sa storia mo me fermo, guarda, me sto zitto, sà, se’n me credi, che te la racconto a fà sa storia ?

- Ma ti credo, ti credo, raccontamela la storia, sù !

- E allora, ce so itu, e me li so ammazzati tutti, li barbaricci...

- Tutti ? E ! Ma come hai fatto ?

- E che te lo dico a fà, che’n me credi.

- E se non me lo dici, come ti credo ?

- E va bè, va, me li so presi uno dopo l’altro, chi col bastone, chi col pugnale, clacchete ! sulla gamba del cavallo, e paffete ! casca ‘l cavallo, e’ l barbariccio che era grande e grosso, colla corrazza pesante, non se poteva più alzà. Chi col fucile e la mitragliatrice...

- Ma non me l’avevi detto che ci avevi il fucile e la mitragliatrice

- Ce l’avevo, ce l’avevo. Tatatatatatatata !

- Ma c’erano a quell’epoca i fucili e le mitragliatrici ?

- E come nò ?

- Ma quando c’erano le corrazze, i fucili non c’erano...

- Ma che me ne fregava a me ? Tanto io ce l’avevo, no ? Chi la racconta sa storia ? E tatatatatatatata ! Tutti quanti me li so ammazzati. Allora so ritornato a vedere i reali di Francia che mi guardavano, stupiti… “Ma come hai fatto ? Come ? Che cavalier sei te ? Dimmi ! Dillo ! Sù ! Forza !” Orlando solo, se ne stava in un cantone e non diceva niente, che era geloso. E si capisce. Ed io : “Illustrissimi cavalieri, pregiati reali, grande imperatore e re e generale, ai suoi ordini, maestà. Io non sono niente, me ne stavo a passeggiare ed a fare la guardia, che è il mio mestiere, ed ora, passate, e andate a fare i fatti vostri, che io faccio i miei”, e parlando cosi, stavo inchinato

- Ma perche inchinato ?
Ma stronzo ! Lo sai o non lo sai chi sono i reali di Francia ? I cavalieri più potenti, più nobili, più forti che mai furono al mondo ! E l’imperatore, lo sai chi era l’imperatore ?

- E già. Era Carlomagno.

- E proprio ! E tu, davanti a Carlomagno, non t’enchini ? E cosi loro sono andati da una parte e io dall’altra.

L’autre grande affaire de toute mon enfance, ce sont les histoires que me racontait mon grand père. C’était d’abord et avant tout un conteur. Et pendant bien longtemps je me suis dit que je serais résolument incapable de donner idée de sa verve... Mais bon, voici un essai :

- Et alors ? Et alors ?

- Alors sont arrivés les barbaroux. Ils étaient grands ! Ils étaient gros ! Et des figures, si tu avais vu ! A te flanquer la frousse !

- Et alors ? Et alors ?

- A l’heure ? A l’heure ? ça fait soixante minutes à peu près.

- Allez, alors, pépé ! Allez, raconte, allez !

- Alors… Alors les pairs de France se tenaient sur leurs montures et ils passaient, et ils passaient. Alors, moi, qui me tenait là, en sentinelle…

- Oh ! Ça alors ! Tu étais là-bas toi aussi, pépé ?

- E
t bien sûr que j’y étais, sûr ! Mais je te l’ai déjà dit, ça, tout à l’heure, non ? J’étais, là, oui ! Alors, moi, m’étant tourné, en ces termes je m’adressai à eux…

- Tu quoi ? Tu quoi à eux, pépé, hein ?

- Quoi ? Quoi ? Tu quoi à eux ?Tu quoi à eux, quoi, hein ? Je me suis tourné vers eux, non ? Et je leur ai parlé…

- Ah bon, bon…Mais alors, pépé, alors, tu leur tournais le dos, alors ?

- Mais pétard de bois ! Vous allez me laissez finir, non, petits saligots ! Enfin, - bon sang ! Bien entendu que je leur tournais le dos, puisque je surveillais les barbaroux, non ? Alors ? Tu t’en souviens ou non ?

- Ah oui, oui, pépé, c’est vrai, c’est vrai ! Bon, et alors ?

- Alors, m’étant tourné, en ces termes je m’adressai à eux et leur dis : “Nobles chevaliers, n’ayez aucune crainte, je vais m’occuper des Barbaroux !”

- Oh là là ! Tu leur as vraiment parlé comme ça ? Mais dis-moi, ces chevaliers, ils avaient pas d’armure ?

- Eh parbleu, bien sûr qu’ils l’avaient l’armure, et le bouclier ; et l’épée, aussi…

- L’épée ? L’épée ? C’était l’épée qui pesait sept kilos ?

- Mais bien sûr ! Félicitations, c’est ça. C’était l’épée qui pesait sept kilos, et ils avaient aussi la masse d’arme ;et les chevaux aussi étaient tout caparaçonnés d’or et d’argent ; avec perles au front et diamant sur les fers.

- Ça alors ! Et alors avec tous ces chevaliers avec des chevaux tout cuirassés, y avait que toi pour s’occuper des barbaroux ?

- Et tiens ! Et pourquoi pas ?

- Mais toi, alors, t’étais qui ? Maciste ?

- Et bon sang de bonsoir ! Et tu peux me dire pourquoi j’aurais pas dû m’en occuper, moi, des barbaroux ? Voyez vous ça ! Oh ! Ça ! Si tu veux pas que je la raconte, cette histoire, je peux m’arrêter. Tiens ! Voilà ! Vé ! Je vais me taire, tiens ! Hein ? Si tu me crois pas, pourquoi que je te la raconterais cette histoire ?

- Mais allez, je te crois, je te crois, allez ; raconte la moi, raconte, allez, raconte l’histoire…

- Et alors, j’y suis allé, et je les ai tous tués les barbaroux, voilà.

- Tous ? Oh là, là ! Mais comment tu as fait ?

- Et pourquoi que je te dirais comment j’ai, puisque tu me crois pas !

- Mais enfin, si tu me le dis pas, comment je pourrais te croire ?

- Allez, ça va.. Allez. Eh bien, je les ai pris, l’un après l’autre, un à coups de bâton ,un autre au poignard, schlaff ! la patte du cheval ! Et paf ! Le cheval qui tombe et le barbaroux , grand et gros, avec son armure très très lourde, il ne pouvait plus se lever. Les autres au fusil et à la mitraillette…

- Tiens donc ! Tu ne m’avais pas dit que t’avais un fusil et une mitraillette.

- Et sûr que j’avais… Tatatatatatata !

- Mais attends… A l’époque, ça existait les fusils et les mitraillettes ?

- Eh ! sûr.

- Mais enfin, à l’époque des armures, y avait pas de fusils…

- Et qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? En attendant moi j’en avais un, voilà ! Qui c’est qui la raconte cette histoire, hein ? Et tatatatatatata ! Tous ! Tous tués ! Alors je suis retourné voir les pairs de France. Et eux me regardaient, étonnés… “Mais comment as-tu fait ? Comment ? Qui es-tu noble chevalier ? Dis-moi ! Allons ! Dis-le ! Vite ! Allons !” Il n’y avait que Roland qui restait dans son coin sans rien dire. C’est qu’il était jaloux, tu comprends ? Et moi : “Très illustres chevaliers, messeigneurs pairs et barons, et vous, grand empereur, roi et général, à vos ordres, majesté. Je ne suis rien, je promenais tranquillement, montant la garde, car tel est mon travail ; et maintenant, passez, passez et allez ! Faites donc vos affaires et je ferai les miennes”,et parlant ainsi, je restais incliné…

- Incliné ? Et pourquoi incliné ?

- Eh ! Grand couillon ! Tu sais qui c’est, toi, les pairs de France ? Les chevaliers les plus puissants et les plus nobles et les plus forts qui jamais furent au monde ! Et l’empereur ! Dis ! Tu sais qui c’était l’empereur ?

- Ben ! Sûr, c’était Charlemagne.

- Justement, oui, Charlemagne…Et toi, devant Charlemagne,tu t’inclines pas ? Non ? Tu t’inclines pas ? Et c’est ainsi qu’eux sont partis de leur côté et moi du mien…

©Editions de l'Amourier, tous droits réservés

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