BRIBES EN LIGNE
en ceste tere ad estet ja du bibelot au babilencore une pour julius baltazar 1 le station 7 : as-tu vu judas se raphaËl       &n eurydice toujours nue à dernier vers aoi f qu’il vienne, le feu essai de nécrologie, mon cher pétrarque,   ces sec erv vre ile       la       en un       grimpa       bruyan       les       sabots mult ben i fierent franceis e       cerisi rita est trois fois humble. dernier vers aoi sequence 6   le 1.- les rêves de nice, le 30 juin 2000       six     chambre antoine simon 31       la  improbable visage pendu ...et poème pour karles se dort cum hume les plus terribles lancinant ô lancinant les étourneaux ! à la mémoire de nous viendrons nous masser       au troisième essai et 1254 : naissance de   entrons         la production dans les carnets   un vendredi  pour de       le quelques autres j’ai donné, au mois       parfoi       crabe- ce texte m’a été       alla   j’ai souvent pourquoi yves klein a-t-il quai des chargeurs de    tu sais macles et roulis photo 3 sauvage et fuyant comme nu(e), comme son nom   je ne comprends plus une errance de il faut laisser venir madame lorsqu’on connaît une tous feux éteints. des branches lianes ronces       le pour martine les enseignants : le ciel est clair au travers       en si elle est belle ? je comme ce mur blanc l’homme est antoine simon 33 antoine simon 10 il y a dans ce pays des voies       embarq première et que vous dire des tous ces charlatans qui       un    au balcon toutes ces pages de nos       en dire que le livre est une et combien À la loupe, il observa dorothée vint au monde sous l’occupation Éléments - des voix percent, racontent  zones gardées de grande lune pourpre dont les journée de de pareïs li seit la faisant dialoguer       mouett 1- c’est dans on croit souvent que le but très malheureux... sculpter l’air :       deux a l’aube des apaches, au lecteur voici le premier grant est la plaigne e large pour andré villers 1)             et autre essai d’un       avant le coquillage contre ne pas négocier ne f les rêves de f les feux m’ont c’est ici, me trois tentatives desesperees un nouvel espace est ouvert       " ce n’est pas aux choses       arauca saluer d’abord les plus   pour adèle et  “comment c’était une       dans dernier vers aoi   ço dist li reis :   ciel !!!! le passé n’est vous n’avez  martin miguel vient À max charvolen et martin Ç’avait été la elle ose à peine et que dire de la grâce (en regardant un dessin de macao grise granz fut li colps, li dux en le coeur du les petites fleurs des quel ennui, mortel pour le 2 juillet abstraction voir figuration il y a des objets qui ont la on a cru à    courant derniers immense est le théâtre et   marcel il faut aller voir pour lee la liberté de l’être tendresses ô mes envols la rencontre d’une  c’était coupé en deux quand monde imaginal, lorsque martine orsoni       je je m’étonne toujours de la avant dernier vers aoi       fourmi beaucoup de merveilles religion de josué il mouans sartoux. traverse de       chaque l’erbe del camp, ki gardien de phare à vie, au quelque temps plus tard, de couleur qui ne masque pas   en grec, morías  on peut passer une vie ils s’étaient légendes de michel "ces deux là se on préparait     une abeille de archipel shopping, la tout à fleur d’eaula danse de profondes glaouis je t’enfourche ma       longte et  riche de mes carles respunt : vertige. une distance le ciel de ce pays est tout  jésus je me souviens de cher bernard macles et roulis photo 7 chaque jour est un appel, une peinture de rimes. le texte pour maguy giraud et merle noir  pour si tu es étudiant en bien sûrla f le feu s’est       qui       dans ki mult est las, il se dort après la lecture de langues de plomba la antoine simon 19 le 15 mai, à a claude b.   comme ainsi fut pétrarque dans voici des œuvres qui, le accorde ton désir à ta deux ajouts ces derniers c’est la peur qui fait       je se placer sous le signe de antoine simon 5   est-ce que tout le problème une fois entré dans la       b&acir a propos d’une 1) notre-dame au mur violet j’oublie souvent et la langue est intarissable il semble possible  je signerai mon un titre : il infuse sa ma voix n’est plus que dans ma gorge rare moment de bonheur, dernier vers aoi nous serons toujours ces quand il voit s’ouvrir, dans le pain brisé son  dans le livre, le références : xavier à propos “la une il faut dire les a la fin il ne resta que       la     &nbs  “ne pas les premières allons fouiller ce triangle mais jamais on ne coupé le sonà juste un mot pour annoncer pas de pluie pour venir       descen paien sunt morz, alquant iloec endreit remeint li os       quinze le géographe sait tout marché ou souk ou pour michèle gazier 1) ( ce texte a rimbaud a donc       juin un verre de vin pour tacher nécrologie le nécessaire non il ne s’agit pas de a grant dulur tendrai puis à la chaude caresse de « 8° de moi cocon moi momie fuseau temps de cendre de deuil de les cuivres de la symphonie "nice, nouvel éloge de la je n’ai pas dit que le madame a des odeurs sauvages     extraire       je me (dans mon ventre pousse une antoine simon 21 réponse de michel epuisement de la salle, napolì napolì glaciation entre toute une faune timide veille       fleur antoine simon 27 en introduction à où l’on revient nous lirons deux extraits de la danse de antoine simon 32 le grand combat : et nous n’avons rien l’existence n’est dans le train premier     son       au antoine simon 20 encore une citation“tu dernier vers aoi       &agrav 0 false 21 18 comme un préliminaire la des conserves ! mise en ligne d’un fontelucco, 6 juillet 2000       grappe hans freibach : dernier vers aoi dernier vers aoi       pour       banlie dernier vers aoi autre citation       su « pouvez-vous quatrième essai de l’heure de la certains prétendent       le à cri et à la communication est leonardo rosa un jour nous avons madame aux rumeurs       dans le samedi 26 mars, à 15 pour qui veut se faire une comme une suite de  si, du nouveau les grands quand c’est le vent qui douze (se fait terre se passet li jurz, la noit est pour andré  les premières     hélas,       midi la vie est dans la vie. se vi.- les amicales aventures dans l’innocence des de prime abord, il toujours les lettres :       devant poussées par les vagues       vaches À max charvolen et « amis rollant, de depuis le 20 juillet, bribes       p&eacu soudain un blanc fauche le depuis ce jour, le site nous savons tous, ici, que ce qu’un paysage peut avec marc, nous avons station 1 : judas la poésie, à la dernier vers aoi au rayon des surgelés       sur     les fleurs du descendre à pigalle, se f les marques de la mort sur pour andrée       &eacut       un tu le sais bien. luc ne       gentil dernier vers aoi l’appel tonitruant du carissimo ulisse,torna a attelage ii est une œuvre  epître aux dans la caverne primordiale carissimo ulisse,torna a je ne peins pas avec quoi, il est le jongleur de lui dernier vers aoi       dans       au fragilité humaine.       glouss printemps breton, printemps       le       reine paysage de ta tombe  et ainsi va le travail de qui violette cachéeton         or ] heureux l’homme tandis que dans la grande i mes doigts se sont ouverts tout en travaillant sur les diaphane est le décembre 2001. voudrais je vous ce pays que je dis est passent .x. portes, la parol

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RAPHAEL MONTICELLI

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La légende de saint Jean-Raphaël
Ecrivain(s) : Monticelli R.


Il y a tant de saints sur terre et dans le ciel, mon cher Jean-Raphaël, qu’il est impossible de les connaître et de les nommer tous. Si tout le monde connaît saint Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, et saint Jean-Marie, le brave curé d’Ars, peu savent qui furent saint Jean Gabriel et saint Jean Marc. Celui dont tu portes le nom est si peu connu qu’on ne le trouvera ni dans les calendriers, ni dans les éphémérides. Et même si tu cherches sur l’internet, il y a peu de chance que tu en trouves mention.
J’ai pourtant eu entre les mains un très ancien feuillet que j’eus à peine le temps de parcourir avant qu’il ne se réduise en poussière, comme s’il avait été, d’un coup, mangé par le temps.
Avant de te dire le souvenir que j’en ai gardé et pourquoi j’ai voulu t’en parler, je veux préciser dans quelles circonstances je l’ai eu sous les yeux.


Je devais être âgé d’une vingtaine d’années, et je me passionnais pour les petites églises. J’aimais la forme, la discrétion et les matériaux de ces chapelles que la ferveur populaire a semées dans nos pays. On les croirait non pas bâties de main d’homme, mais poussées du sol, comme un arbre, ou amenées là par la longue mastication du temps, comme les rochers de nos montagnes. Elles ne s’imposent pas à la vue. Presque toujours désertées, elles se nichent au sein d’un vallon, au bord d’un sentier, ou au dessus d’une rive. Elles sont entourées d’herbes folles et de chants d’oiseaux, parfois d’une musique d’eau. Quand elles ont été décorées, leurs dessins s’estompent. Souvent leur toit fuit. Les insectes s’y réfugient. Et on y voit plus souvent les marques du passage des bêtes que des hommes.


J’avais une vingtaine d’années, et je passais quelques jours d’automne dans le village où mon arrière grand-mère, ma tendre Marie-Louise, devait vivre encore quelques années. Je partais le matin, vers les sept ou huit heures, quand le soleil s’annonce, dans la fraîcheur humide, pour ne rentrer qu’au grand midi. Un jour, c’était vers une colline où je trouvais des marcassites, luisantes entre les blés fauchés. Un autre jour, c’était dans la grande forêt de châtaigniers au pied desquels venaient des bolets si beaux et si élégants que je n’osais les ramasser. D’autres fois, je partais à la recherche d’un grand arbre dont Marie-Louise gardait un souvenir ému... Marie-Louise m’avait parlé d’une petite chapelle cachée dans une forêt de chênes que longeait un ruisseau curieusement dénommé "le Jorfel". Elle parlait d’ailleurs de "La chapelle de sainte Jorfelle", sans pouvoir m’en dire davantage sur cette sainte.


J’avais donc descendu le grand pré derrière la maison, jusqu’au fleuve que l’on pouvait encore franchir à gué. Puis j’avais remonté la colline par le petit chemin bordé de châtaigniers et de noisetiers au delà desquels s’étendaient des champs de blé et de maïs, cernés de vignes.
Une fois passé le sommet de la colline le sentier se perdait dans la forêt de chênes... Je cherchai à repérer le Jorfel. "Va vers l’endroit où tu te sentiras bien" m’avait dit Marie Louise... Je savais trouver ce type de lieu : il y faut du calme, de la douceur, de l’herbe plus vive qu’ailleurs, un bourdonnement plus tranquille, un léger bruit d’eau, des froufrous dans les arbres, des mélodies dans l’air. Et une sorte de présence amicale. J’avais trouvé la chapelle.
Mal en point. Mais debout. Un petit clocher. Sans cloche. Des murs en brique que ne protégeait plus un enduit fatigué. Le bois de la porte ressemblait à une vieille peau pleine de rides et de veines saillantes. La serrure avait sauté. Je poussai la porte et ne vis d’abord, dans la pénombre, que le sol en terre battue. Puis un petit bénitier, dans un renfoncement du mur. Deux ou trois bandes de lumière dans lesquelles volait la poussière. Aux murs, des taches de couleurs qui avaient peut être été peintures. Quelques bancs. Un ou deux livres racornis. Un lutrin désaxé. Au fond, les restes d’un autel. Un tabernacle ouvert et vide.
Combien de gens étaient venus se recueillir ici ? Et pendant combien de siècles ? Et avant eux, combien d’autres avaient dû être saisis par l’apaisante présence qui se manifestait dans ce lieu ? Je me plantai au milieu de l’espace et attendis.
Il faut apprendre à se laisser conduire par le silence. Par l’abandon. Il faut apprendre à se tenir debout, sans bouger, comme pour prendre racine. Il faut attendre qu’un lieu accepte de vous accueillir. Ne jamais se sentir en pays conquis. Comme on tend la main à un animal, non pour le toucher, mais pour qu’il vienne vous renifler. La chapelle de sainte Jorfelle m’avait reniflé. Je pouvais la caresser. Des pieds, des mains et des yeux. Passer la main sur ses murs, les doigts entre les briques. Marcher en notant les irrégularités du sol. Aiguiser l’oeil à la faible lumière poussiéreuse. Passer derrière l’autel.
Il y avait là comme un vieux meuble. Quelques planches grossières sommairement assemblées. Un travail de charpente plus que de menuiserie. Pleines de crottes, de restes de terre, et, dans un coin, deux gros livres, dont on devait sans doute se servir pour célébrer la messe, et qu’éclairait mollement un maigre rayon de lumière tombé d’une trouée du toit.


Il en va des livres trouvés dans les églises, même lorsqu’elles semblent abandonnées, comme des bolets sous les châtaigniers : je ne sais pas m’en emparer. Je pris avec précaution l’un des deux livres. Il s’ouvrit sur une page qui y avait été ajoutée. Elle était belle comme la terre, et avait sa même couleur. Avec des taches de verdure et de clarté. Quelques boutons d’or. Et la figure d’un personnage debout, entouré d’arbres, sur ses épaules, un groupe d’oiseaux, gros comme un poing d’enfant, et que je ne reconnaissais pas. À ses pieds, ce qui semblait être un chien fauve ; à côté de lui, à sa gauche, une vache, qu’il tenait par un licol ; à sa droite, un mouton qui broutait ; tout autour, des sortes de petites bougies, comme autant de fleurs.. Sur le reste de la feuille courait un texte manuscrit malaisé à déchiffrer en raison du peu de lumière, de la forme des caractères, et de la langue.
Le titre pourtant m’était très clair. Je lisais :"sancti Iohanni Raphaëlis vita". C’était la vie de saint Jean-Raphaël qui m’était racontée là... 
Je parcourais, curieux, le texte. En saisissant une bribe par ci, un vague sens par là. C’était un latin populaire et malhabile, finalement plus facile à comprendre que le latin qu’on apprend dans les écoles. On devinait que saint Jean-Raphaël était né dans une époque très ancienne, pleine de froid, de terreur et de famines pour les pauvres gens. Son père exerçait le métier de "oribusierus", et, dès que Jean-Raphaël fut en âge, il l’emmenait avec lui pour lui apprendre le métier. On comprenait que Jean-Raphaël s’était retrouvé dans un monastère où son père préparait chaque année les bougies de cire pour l’usage des moines, et qu’il manifestait une telle minutie dans son travail, une tel respect pour le lieu qui l’accueillait, une telle curiosité et une telle dévotion pour la règle qu’il découvrait, que les moines l’avaient pris en grande sympathie, et que le supérieur lui proposa de demeurer parmi eux.
C’est ainsi que Jean-Raphaël devint moine.


Le reste de la feuille était davantage dans l’ombre. Je glissai doucement mes index sous le précieux document et refermai délicatement mes pouces en pinces pour le positionner à la lumière. Je déplaçai la fragile feuille, et, le temps de jeter un œil sur le reste du texte, elle s’affaissa en menus morceaux formant un puzzle impossible à reconstituer...
J’avais à peine eu le temps de relever deux ou trois phrases. Je refermai le livre pour garder au moins la poussière du document, et m’empressai de noter les quelques informations que j’avais pu apercevoir. C’est ce que je vais maintenant te dire ici, complétant au mieux pour relier les fragments du récit disparu.


 


On demanda à Jean-Raphaël de produire désormais, dans le monastère, non seulement les chandelles, bougies et cierges nécessaires à la vie quotidienne de ses frères et à leurs célébrations mais aussi de fournir d’autres églises et communautés. Il devint vite une sorte de passeur de lumière dans toute la région. Cette production l’amena à imaginer toutes sortes de moules, et à installer les ruchers nécessaires à la production de la cire. Il colora et parfuma ses bougies, en fonction des saisons, des usages, des liturgies. Ef il remerciait Dieu de lui avoir donné l’occasion de mêler l’industrie des abeilles et l’action du feu aux couleurs du monde, à ses essences, à ses odeurs. "C’est vraiment miracle, Seigneur, disait-il dans ses prières, que de retrouver, dans les lieux clos pénétrés de ténèbres, la lueur d’une flamme modeste nourrie du bourdonnement des abeilles et chargée des parfums du printemps. Je sais que, si je la laisse allumée, elle continuera ma prière, et fera monter vers vous, mes louanges mêlées à la respiration du monde."
Du vivant même de Jean-Raphaël, on s’accordait à dire qu’il y avait bien quelque chose de miraculeux dans les objets qu’il produisait. Ainsi, lorsque le vent soufflait assez fort pour pénétrer au cœur des maisons, filets d’air à peine plus forts qu’un souffle d’enfant, suffisant pour faire vaciller la flamme timide d’une bougie, celles de Jean-Raphaël demeuraient droites, hautes et lumineuses, ce qui ne manquait pas d’émerveiller le monde. Peut-être Dieu était-il sensible aux prières de Jean-Raphaël. Peut-être était-ce ses prières qui alimentaient la flamme, et pas seulement la cire. Peut-être Jean-Raphaël donnait-il à ses bougies une forme qui les protégeaient des souffles, ce qui est une autre forme de miracle. Toujours est-il que sa flamme restait droite et pure, et qu’en toutes circonstances elle repoussait les ombres à l’entour.
Jean-Raphaël se réjouissait surtout lorsque ses cierges étaient disposés dans les églises lors des cérémonies et qu’elles pouvaient alors aussi éclairer les lieux sacrés et les rituels en présence du peuple des fidèles. Mais il souhaitait que chacun pût disposer de ses bougies dans sa vie de tous les jours plutôt que d’employer ces vilains brulots de graisse et de chanvre, produisant plus de fumée que de clarté, et dont l’âcreté incommodait la respiration, la rêverie et le recueillement. Il voulait qu’elles servent à éclairer les travaux quotidiens, s’introduisent jusque dans les étables, accompagnent la marche des paysans, celle des pèlerins, quand le matin tarde ou que la nuit survient. "Ce serait lumières, Seigneur, disait-il, et ce serait encore prières dans le déroulé des jours". Mais la tâche était lourde et son travail suffisait à peine à répondre à ses commandes. Et Jean-Raphaël en souffrait.
Or, dit la légende, voici ce qu’il advint...
Jean-Raphaël avait longuement vieilli et l’heure de sa rencontre avec le Créateur approchait. Il s’éteignait lentement tout en accomplissant son travail habituel... Une nuit, les frères qui avaient rejoint leurs cellules, entendirent, venant de la chapelle, un bruit inhabituel et comme un concert d’oiseaux. Ils s’y rendirent. La chapelle était lumineuse comme en un plein jour d’été. Des centaines d’oiseaux, trompés par ce qu’ils avaient cru un soleil inattendu, s’y étaient réunis et dialoguaient entre eux dans leurs langues. Toutes les bougies, tous les cierges, fusaient de flammes lisses, joliment galbées et agréablement effilées, comme autant de langues. Devant l’autel, on trouva Jean-Raphaël, à plat ventre, comme le jour où il avait prononcé ses vœux. Il ne bougeait pas. On s’aperçut qu’il avait rendu l’âme et que son visage aux yeux clos, souriant et reposé, semblait aussi lumineux que toutes les flammes assemblées. On s’agenouilla autour de lui pour ajouter la prière des mots à celle des chants d’oiseaux et des bougies ardentes. On sut par la suite que, cette même nuit, dans toutes les maisons du monde que l’on eut à connaître, dans les villes, les villages, les campagnes, les monts, chez les pauvres comme chez les riches, toutes les bougies se transformèrent en bougies de Raphaël-Jean, melliflues, odorantes, colorées et lumineuses, et que ce phénomène dura une année entière.
C’est ce que racontait la fin du texte qui se terminait par une louange au Dieu de lumière et de bonté.
J’étais sorti de la chapelle. J’entendais, tout proche, le ronronnement du Jorfel... Je compris alors que ce nom venait de la déformation de Ioannes-Raphaël, comme si des gens pressés l’avaient prononcé. En rentrant, je racontai l’histoire à Marie-Louise. "Elle est belle, ton histoire, me dit-elle, et c’est la première fois que c’est toi qui m’en raconte une. Quand j’étais petite fille nous avions des bougies, en plus d’une ou deux lampes à pétrole. Mais il est vrai que la flamme d’une bougie est plus propice que toute autre pour parler au bon dieu".

Par la suite, j’ai essayé de retrouver la légende de Saint Jean-Raphaël, sans succès, comme je te l’ai dit, mais je garde encore le souvenir du passeur de lumière et lui demande souvent de m’éclairer.

Publication en ligne : 27 mai 2014
/ Bibliophilie

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