BRIBES EN LIGNE
li emperere s’est mult est vassal carles de premier essai c’est la cité de la musique "et bien, voilà..." dit pour angelo cinq madame aux yeux lorsqu’on connaît une autre citation"voui j’ai travaillé f tous les feux se sont       le antoine simon 6 dans ce pays ma mère madame a des odeurs sauvages       &n pour jacqueline moretti, là, c’est le sable et vue à la villa tamaris issent de mer, venent as dans les horizons de boue, de       au       dans "pour tes pas facile d’ajuster le       bonheu fontelucco, 6 juillet 2000     les provisions on a cru à je reviens sur des dans le monde de cette       le ma chair n’est normal 0 21 false fal vertige. une distance chaises, tables, verres, je dors d’un sommeil de rien n’est plus ardu c’est extrêmement vous dites : "un (la numérotation des ce texte m’a été seul dans la rue je ris la       aujour rm : nous sommes en 1.- les rêves de nice, le 18 novembre 2004 vi.- les amicales aventures f dans le sourd chatoiement       la       va     au couchant  ce mois ci : sub le plus insupportable chez   on n’est immense est le théâtre et       " dernier vers aoi       cerisi patrick joquel vient de les routes de ce pays sont les plus terribles marcel alocco a al matin, quant primes pert grant est la plaigne e large ce monde est semé       d&eacu marché ou souk ou les avenues de ce pays       je   j’ai souvent vous n’avez deuxième approche de       alla  les éditions de       glouss douze (se fait terre se  dans le livre, le    regardant pour maxime godard 1 haute       voyage je découvre avant toi madame porte à il existe deux saints portant moi cocon moi momie fuseau les oiseaux s’ouvrent       gentil glaciation entre les durand : une martin miguel art et six de l’espace urbain,       " pour jean gautheronle cosmos       deux dernier vers aoi pour mes enfants laure et un temps hors du  au mois de mars, 1166 guetter cette chose sauvage et fuyant comme toute trace fait sens. que tendresses ô mes envols tout en vérifiant       pass&e bientôt, aucune amarre l’attente, le fruit       devant       la     [1]  viallat © le château de       dans raphaël antoine simon 2 démodocos... Ça a bien un imagine que, dans la   maille 1 :que rossignolet tu la       l̵     hélas, pour michèle aueret    seule au que d’heures une errance de   jn 2,1-12 :       bien siglent a fort e nagent e le recueil de textes pour andrée  la lancinante macles et roulis photo 6 en 1958 ben ouvre à pur ceste espee ai dulor e     longtemps sur       neige la réserve des bribes outre la poursuite de la mise antoine simon 21     chant de la bouche pure souffrance macles et roulis photo 1 pour mon épouse nicole dernier vers aoi 1-nous sommes dehors. ce texte se présente il en est des meurtrières.  l’écriture       la la langue est intarissable même si       je             un violette cachéeton l’éclair me dure, mougins. décembre chercher une sorte de un homme dans la rue se prend pour philippe     après suite de où l’on revient ecrire les couleurs du monde coupé en deux quand temps de pierres dans la essai de nécrologie,  “ne pas station 3 encore il parle ce va et vient entre       dans able comme capable de donner abstraction voir figuration antoine simon 31 a la femme au la mort, l’ultime port, libre de lever la tête   si vous souhaitez je sais, un monde se pour le prochain basilic, (la     son c’est une sorte de je meurs de soif "moi, esclave" a       montag       une         &n dernier vers aoi     dans la ruela       pass&e       j̵       le nous avons affaire à de j’ai changé le dernier vers aoi dernier vers aoi       les "mais qui lit encore le tout est prêt en moi pour ma voix n’est plus que ainsi alfred… c’était une sainte marie,       cette pourquoi yves klein a-t-il       la pour qui veut se faire une clers fut li jurz e li       l̵ les premières le numéro exceptionnel de antoine simon 15 l’évidence pour robert       magnol noble folie de josué, avez-vous vu       reine les dieux s’effacent préparation des       &agrav pour maguy giraud et pour martine le tissu d’acier on dit qu’agathe       su zacinto dove giacque il mio dernier vers aoi       ( il avait accepté ne pas négocier ne je rêve aux gorges       longte temps de pierres ainsi va le travail de qui descendre à pigalle, se       &ccedi a la libération, les quand il voit s’ouvrir,  tu ne renonceras pas. très malheureux... à la mémoire de attention beau prenez vos casseroles et passent .x. portes, mieux valait découper assise par accroc au bord de dernier vers aoi on trouvera la video intendo... intendo ! nous avancions en bas de pour jean-marie simon et sa et…  dits de temps de bitume en fusion sur apaches : j’ai en réserve en cet anniversaire, ce qui reflets et echosla salle       l̵ traquer       fourr& bien sûrla     sur la en introduction à   un       pour dernier vers aoi     rien tous ces charlatans qui   nous sommes       à       force     les fleurs du poussées par les vagues  avec « a la thème principal :     vers le soir s’ouvre la effleurer le ciel du bout des allons fouiller ce triangle dernier vers aoi       le edmond, sa grande bal kanique c’est cher bernard difficile alliage de et si au premier jour il avec marc, nous avons paysage de ta tombe  et la terre nous o tendresses ô mes franchement, pensait le chef, pour helmut qu’est-ce qui est en dans le respect du cahier des paroles de chamantu quand nous rejoignons, en   le 10 décembre       la granz est li calz, si se errer est notre lot, madame,       la les étourneaux ! tant pis pour eux. dimanche 18 avril 2010 nous       jonath       sous la chaude caresse de pour michèle gazier 1 leonardo rosa langues de plomba la       descen toutes ces pages de nos au matin du       s̵ a la fin il ne resta que trois tentatives desesperees      & pour c’est seulement au c’est un peu comme si, (À l’église vous avez     oued coulant le grand combat : j’ai donné, au mois       deux nu(e), comme son nom seins isabelle boizard 2005 non, björg, « voici tout mon petit univers en l’heure de la il ne sait rien qui ne va pas de pluie pour venir au labyrinthe des pleursils on croit souvent que le but les lettres ou les chiffres       " c’est le grand a dix sept ans, je ne savais fragilité humaine. sixième l’instant criblé ici, les choses les plus   le texte suivant a ma mémoire ne peut me juste un mot pour annoncer dessiner les choses banales       entre l’ami michel       banlie les plus vieilles "l’art est-il  marcel migozzi vient de il semble possible du bibelot au babilencore une cyclades, iii°   que signifie elle ose à peine la brume. nuages merci à marc alpozzo de prime abord, il ...et poème pour pour mireille et philippe je ne sais pas si   entrons la légende fleurie est       sabots antoine simon 22 ils s’étaient décembre 2001. etait-ce le souvenir jamais si entêtanteeurydice     ton  je signerai mon je t’enfourche ma histoire de signes . le 2 juillet la vie humble chez les un besoin de couper comme de spectacle de josué dit     nous je n’ai pas dit que le       ce et voici maintenant quelques a supposer quece monde tienne  pour jean le     m2 &nbs et combien toujours les lettres :       au       dans  ce qui importe pour troisième essai à propos des grands la parol

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RAPHAEL MONTICELLI

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La légende de saint Jean-Raphaël
Ecrivain(s) : Monticelli R.


Il y a tant de saints sur terre et dans le ciel, mon cher Jean-Raphaël, qu’il est impossible de les connaître et de les nommer tous. Si tout le monde connaît saint Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, et saint Jean-Marie, le brave curé d’Ars, peu savent qui furent saint Jean Gabriel et saint Jean Marc. Celui dont tu portes le nom est si peu connu qu’on ne le trouvera ni dans les calendriers, ni dans les éphémérides. Et même si tu cherches sur l’internet, il y a peu de chance que tu en trouves mention.
J’ai pourtant eu entre les mains un très ancien feuillet que j’eus à peine le temps de parcourir avant qu’il ne se réduise en poussière, comme s’il avait été, d’un coup, mangé par le temps.
Avant de te dire le souvenir que j’en ai gardé et pourquoi j’ai voulu t’en parler, je veux préciser dans quelles circonstances je l’ai eu sous les yeux.


Je devais être âgé d’une vingtaine d’années, et je me passionnais pour les petites églises. J’aimais la forme, la discrétion et les matériaux de ces chapelles que la ferveur populaire a semées dans nos pays. On les croirait non pas bâties de main d’homme, mais poussées du sol, comme un arbre, ou amenées là par la longue mastication du temps, comme les rochers de nos montagnes. Elles ne s’imposent pas à la vue. Presque toujours désertées, elles se nichent au sein d’un vallon, au bord d’un sentier, ou au dessus d’une rive. Elles sont entourées d’herbes folles et de chants d’oiseaux, parfois d’une musique d’eau. Quand elles ont été décorées, leurs dessins s’estompent. Souvent leur toit fuit. Les insectes s’y réfugient. Et on y voit plus souvent les marques du passage des bêtes que des hommes.


J’avais une vingtaine d’années, et je passais quelques jours d’automne dans le village où mon arrière grand-mère, ma tendre Marie-Louise, devait vivre encore quelques années. Je partais le matin, vers les sept ou huit heures, quand le soleil s’annonce, dans la fraîcheur humide, pour ne rentrer qu’au grand midi. Un jour, c’était vers une colline où je trouvais des marcassites, luisantes entre les blés fauchés. Un autre jour, c’était dans la grande forêt de châtaigniers au pied desquels venaient des bolets si beaux et si élégants que je n’osais les ramasser. D’autres fois, je partais à la recherche d’un grand arbre dont Marie-Louise gardait un souvenir ému... Marie-Louise m’avait parlé d’une petite chapelle cachée dans une forêt de chênes que longeait un ruisseau curieusement dénommé "le Jorfel". Elle parlait d’ailleurs de "La chapelle de sainte Jorfelle", sans pouvoir m’en dire davantage sur cette sainte.


J’avais donc descendu le grand pré derrière la maison, jusqu’au fleuve que l’on pouvait encore franchir à gué. Puis j’avais remonté la colline par le petit chemin bordé de châtaigniers et de noisetiers au delà desquels s’étendaient des champs de blé et de maïs, cernés de vignes.
Une fois passé le sommet de la colline le sentier se perdait dans la forêt de chênes... Je cherchai à repérer le Jorfel. "Va vers l’endroit où tu te sentiras bien" m’avait dit Marie Louise... Je savais trouver ce type de lieu : il y faut du calme, de la douceur, de l’herbe plus vive qu’ailleurs, un bourdonnement plus tranquille, un léger bruit d’eau, des froufrous dans les arbres, des mélodies dans l’air. Et une sorte de présence amicale. J’avais trouvé la chapelle.
Mal en point. Mais debout. Un petit clocher. Sans cloche. Des murs en brique que ne protégeait plus un enduit fatigué. Le bois de la porte ressemblait à une vieille peau pleine de rides et de veines saillantes. La serrure avait sauté. Je poussai la porte et ne vis d’abord, dans la pénombre, que le sol en terre battue. Puis un petit bénitier, dans un renfoncement du mur. Deux ou trois bandes de lumière dans lesquelles volait la poussière. Aux murs, des taches de couleurs qui avaient peut être été peintures. Quelques bancs. Un ou deux livres racornis. Un lutrin désaxé. Au fond, les restes d’un autel. Un tabernacle ouvert et vide.
Combien de gens étaient venus se recueillir ici ? Et pendant combien de siècles ? Et avant eux, combien d’autres avaient dû être saisis par l’apaisante présence qui se manifestait dans ce lieu ? Je me plantai au milieu de l’espace et attendis.
Il faut apprendre à se laisser conduire par le silence. Par l’abandon. Il faut apprendre à se tenir debout, sans bouger, comme pour prendre racine. Il faut attendre qu’un lieu accepte de vous accueillir. Ne jamais se sentir en pays conquis. Comme on tend la main à un animal, non pour le toucher, mais pour qu’il vienne vous renifler. La chapelle de sainte Jorfelle m’avait reniflé. Je pouvais la caresser. Des pieds, des mains et des yeux. Passer la main sur ses murs, les doigts entre les briques. Marcher en notant les irrégularités du sol. Aiguiser l’oeil à la faible lumière poussiéreuse. Passer derrière l’autel.
Il y avait là comme un vieux meuble. Quelques planches grossières sommairement assemblées. Un travail de charpente plus que de menuiserie. Pleines de crottes, de restes de terre, et, dans un coin, deux gros livres, dont on devait sans doute se servir pour célébrer la messe, et qu’éclairait mollement un maigre rayon de lumière tombé d’une trouée du toit.


Il en va des livres trouvés dans les églises, même lorsqu’elles semblent abandonnées, comme des bolets sous les châtaigniers : je ne sais pas m’en emparer. Je pris avec précaution l’un des deux livres. Il s’ouvrit sur une page qui y avait été ajoutée. Elle était belle comme la terre, et avait sa même couleur. Avec des taches de verdure et de clarté. Quelques boutons d’or. Et la figure d’un personnage debout, entouré d’arbres, sur ses épaules, un groupe d’oiseaux, gros comme un poing d’enfant, et que je ne reconnaissais pas. À ses pieds, ce qui semblait être un chien fauve ; à côté de lui, à sa gauche, une vache, qu’il tenait par un licol ; à sa droite, un mouton qui broutait ; tout autour, des sortes de petites bougies, comme autant de fleurs.. Sur le reste de la feuille courait un texte manuscrit malaisé à déchiffrer en raison du peu de lumière, de la forme des caractères, et de la langue.
Le titre pourtant m’était très clair. Je lisais :"sancti Iohanni Raphaëlis vita". C’était la vie de saint Jean-Raphaël qui m’était racontée là... 
Je parcourais, curieux, le texte. En saisissant une bribe par ci, un vague sens par là. C’était un latin populaire et malhabile, finalement plus facile à comprendre que le latin qu’on apprend dans les écoles. On devinait que saint Jean-Raphaël était né dans une époque très ancienne, pleine de froid, de terreur et de famines pour les pauvres gens. Son père exerçait le métier de "oribusierus", et, dès que Jean-Raphaël fut en âge, il l’emmenait avec lui pour lui apprendre le métier. On comprenait que Jean-Raphaël s’était retrouvé dans un monastère où son père préparait chaque année les bougies de cire pour l’usage des moines, et qu’il manifestait une telle minutie dans son travail, une tel respect pour le lieu qui l’accueillait, une telle curiosité et une telle dévotion pour la règle qu’il découvrait, que les moines l’avaient pris en grande sympathie, et que le supérieur lui proposa de demeurer parmi eux.
C’est ainsi que Jean-Raphaël devint moine.


Le reste de la feuille était davantage dans l’ombre. Je glissai doucement mes index sous le précieux document et refermai délicatement mes pouces en pinces pour le positionner à la lumière. Je déplaçai la fragile feuille, et, le temps de jeter un œil sur le reste du texte, elle s’affaissa en menus morceaux formant un puzzle impossible à reconstituer...
J’avais à peine eu le temps de relever deux ou trois phrases. Je refermai le livre pour garder au moins la poussière du document, et m’empressai de noter les quelques informations que j’avais pu apercevoir. C’est ce que je vais maintenant te dire ici, complétant au mieux pour relier les fragments du récit disparu.


 


On demanda à Jean-Raphaël de produire désormais, dans le monastère, non seulement les chandelles, bougies et cierges nécessaires à la vie quotidienne de ses frères et à leurs célébrations mais aussi de fournir d’autres églises et communautés. Il devint vite une sorte de passeur de lumière dans toute la région. Cette production l’amena à imaginer toutes sortes de moules, et à installer les ruchers nécessaires à la production de la cire. Il colora et parfuma ses bougies, en fonction des saisons, des usages, des liturgies. Ef il remerciait Dieu de lui avoir donné l’occasion de mêler l’industrie des abeilles et l’action du feu aux couleurs du monde, à ses essences, à ses odeurs. "C’est vraiment miracle, Seigneur, disait-il dans ses prières, que de retrouver, dans les lieux clos pénétrés de ténèbres, la lueur d’une flamme modeste nourrie du bourdonnement des abeilles et chargée des parfums du printemps. Je sais que, si je la laisse allumée, elle continuera ma prière, et fera monter vers vous, mes louanges mêlées à la respiration du monde."
Du vivant même de Jean-Raphaël, on s’accordait à dire qu’il y avait bien quelque chose de miraculeux dans les objets qu’il produisait. Ainsi, lorsque le vent soufflait assez fort pour pénétrer au cœur des maisons, filets d’air à peine plus forts qu’un souffle d’enfant, suffisant pour faire vaciller la flamme timide d’une bougie, celles de Jean-Raphaël demeuraient droites, hautes et lumineuses, ce qui ne manquait pas d’émerveiller le monde. Peut-être Dieu était-il sensible aux prières de Jean-Raphaël. Peut-être était-ce ses prières qui alimentaient la flamme, et pas seulement la cire. Peut-être Jean-Raphaël donnait-il à ses bougies une forme qui les protégeaient des souffles, ce qui est une autre forme de miracle. Toujours est-il que sa flamme restait droite et pure, et qu’en toutes circonstances elle repoussait les ombres à l’entour.
Jean-Raphaël se réjouissait surtout lorsque ses cierges étaient disposés dans les églises lors des cérémonies et qu’elles pouvaient alors aussi éclairer les lieux sacrés et les rituels en présence du peuple des fidèles. Mais il souhaitait que chacun pût disposer de ses bougies dans sa vie de tous les jours plutôt que d’employer ces vilains brulots de graisse et de chanvre, produisant plus de fumée que de clarté, et dont l’âcreté incommodait la respiration, la rêverie et le recueillement. Il voulait qu’elles servent à éclairer les travaux quotidiens, s’introduisent jusque dans les étables, accompagnent la marche des paysans, celle des pèlerins, quand le matin tarde ou que la nuit survient. "Ce serait lumières, Seigneur, disait-il, et ce serait encore prières dans le déroulé des jours". Mais la tâche était lourde et son travail suffisait à peine à répondre à ses commandes. Et Jean-Raphaël en souffrait.
Or, dit la légende, voici ce qu’il advint...
Jean-Raphaël avait longuement vieilli et l’heure de sa rencontre avec le Créateur approchait. Il s’éteignait lentement tout en accomplissant son travail habituel... Une nuit, les frères qui avaient rejoint leurs cellules, entendirent, venant de la chapelle, un bruit inhabituel et comme un concert d’oiseaux. Ils s’y rendirent. La chapelle était lumineuse comme en un plein jour d’été. Des centaines d’oiseaux, trompés par ce qu’ils avaient cru un soleil inattendu, s’y étaient réunis et dialoguaient entre eux dans leurs langues. Toutes les bougies, tous les cierges, fusaient de flammes lisses, joliment galbées et agréablement effilées, comme autant de langues. Devant l’autel, on trouva Jean-Raphaël, à plat ventre, comme le jour où il avait prononcé ses vœux. Il ne bougeait pas. On s’aperçut qu’il avait rendu l’âme et que son visage aux yeux clos, souriant et reposé, semblait aussi lumineux que toutes les flammes assemblées. On s’agenouilla autour de lui pour ajouter la prière des mots à celle des chants d’oiseaux et des bougies ardentes. On sut par la suite que, cette même nuit, dans toutes les maisons du monde que l’on eut à connaître, dans les villes, les villages, les campagnes, les monts, chez les pauvres comme chez les riches, toutes les bougies se transformèrent en bougies de Raphaël-Jean, melliflues, odorantes, colorées et lumineuses, et que ce phénomène dura une année entière.
C’est ce que racontait la fin du texte qui se terminait par une louange au Dieu de lumière et de bonté.
J’étais sorti de la chapelle. J’entendais, tout proche, le ronronnement du Jorfel... Je compris alors que ce nom venait de la déformation de Ioannes-Raphaël, comme si des gens pressés l’avaient prononcé. En rentrant, je racontai l’histoire à Marie-Louise. "Elle est belle, ton histoire, me dit-elle, et c’est la première fois que c’est toi qui m’en raconte une. Quand j’étais petite fille nous avions des bougies, en plus d’une ou deux lampes à pétrole. Mais il est vrai que la flamme d’une bougie est plus propice que toute autre pour parler au bon dieu".

Par la suite, j’ai essayé de retrouver la légende de Saint Jean-Raphaël, sans succès, comme je te l’ai dit, mais je garde encore le souvenir du passeur de lumière et lui demande souvent de m’éclairer.

Publication en ligne : 27 mai 2014
/ Bibliophilie

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