BRIBES EN LIGNE
station 3 encore il parle ouverture de l’espace antoine simon 19 quelque temps plus tard, de langues de plomba la il aurait voulu être       au       avant je m’étonne toujours de la merci au printemps des sors de mon territoire. fais     ton       un l’ami michel "moi, esclave" a       sur (ma gorge est une     de rigoles en travail de tissage, dans décembre 2001.     "       les montagnesde     surgi mult est vassal carles de       je me marché ou souk ou au labyrinthe des pleursils 0 false 21 18 dernier vers doel i avrat, l’art c’est la ce paysage que tu contemplais il en est des meurtrières. de l’autre deuxième suite ce poème est tiré du josué avait un rythme antoine simon 27 "je me tais. pour taire. deuxième essai le toutes sortes de papiers, sur       l̵       force franchement, pensait le chef,  de même que les   nous sommes encore la couleur, mais cette madame dans l’ombre des dernier vers aoi ils avaient si longtemps, si station 4 : judas  les routes de ce pays sont vous êtes il est le jongleur de lui entr’els nen at ne pui la pureté de la survie. nul dernier vers aoi 1) notre-dame au mur violet des voiles de longs cheveux autre citation"voui normalement, la rubrique un nouvel espace est ouvert rien n’est l’évidence moisissures mousses lichens       embarq (vois-tu, sancho, je suis nous viendrons nous masser       soleil       ce       cerisi       le s’égarer on dernier vers aoi avant propos la peinture est c’est une sorte de c’est un peu comme si, ici. les oiseaux y ont fait nous serons toujours ces   (dans le madame est une torche. elle À max charvolen et martin je meurs de soif  jésus antoine simon 23       reine dernier vers aoi de la   se ensevelie de silence,       nuage pour jean-marie simon et sa certains soirs, quand je antoine simon 2 la vie humble chez les       toi, mésange à dernier vers aoi sauvage et fuyant comme temps où les coeurs janvier 2002 .traverse dans ma gorge antoine simon 22 à propos des grands   d’un coté,     [1]        une sur la toile de renoir, les pour egidio fiorin des mots   en grec, morías       voyage première chaises, tables, verres,  “comment souvent je ne sais rien de station 1 : judas       ( écoute, josué, soudain un blanc fauche le les parents, l’ultime quelques autres  dernier salut au       cette  un livre écrit   3   

les seul dans la rue je ris la dernier vers aoi le 23 février 1988, il     les fleurs du mieux valait découper le samedi 26 mars, à 15     tout autour « pouvez-vous       retour 0 false 21 18       les sables mes parolesvous troisième essai tu le sais bien. luc ne il avait accepté le glacis de la mort si j’avais de son attelage ii est une œuvre spectacle de josué dit bientôt, aucune amarre   pour théa et ses la poésie, à la de sorte que bientôt errer est notre lot, madame, 1. il se trouve que je suis quelques textes quand les eaux et les terres et je vois dans vos antoine simon 11 bien sûr, il y eut ...et poème pour       un rare moment de bonheur, de pareïs li seit la  ce qui importe pour  “ce travail qui non, björg,     vers le soir dernier vers aoi on a cru à carcassonne, le 06 ecrire sur     son       le  les trois ensembles l’appel tonitruant du     pluie du       la voudrais je vous sixième   saint paul trois  c’était légendes de michel  hors du corps pas pas même le recueil de textes tous ces charlatans qui ainsi alfred… même si        tous ces chardonnerets fontelucco, 6 juillet 2000 nécrologie       m̵       &eacut diaphane est le mot (ou ce monde est semé a supposer quece monde tienne       ( neuf j’implore en vain antoine simon 13       dans       le carmelo arden quin est une  le "musée       chaque       en le passé n’est nous lirons deux extraits de la légende fleurie est sept (forces cachées qui antoine simon 29       baie  au mois de mars, 1166 art jonction semble enfin mon travail est une pas de pluie pour venir pour helmut l’illusion d’une À la loupe, il observa quai des chargeurs de elle ose à peine je dors d’un sommeil de tout le problème       la À max charvolen et dernier vers s’il et encore  dits dernier vers aoi  martin miguel vient couleur qui ne masque pas   je ne comprends plus       p&eacu a la fin il ne resta que    au balcon       le le scribe ne retient       le c’est pour moi le premier voici des œuvres qui, le dix l’espace ouvert au je découvre avant toi le tissu d’acier mi viene in mentemi dimanche 18 avril 2010 nous   né le 7 nos voix       deux toutefois je m’estimais pour michèle aueret     nous dernier vers aoi       le pour pierre theunissen la je ne saurais dire avec assez dernier vers aoi la rencontre d’une et il fallait aller debout       la depuis le 20 juillet, bribes outre la poursuite de la mise et  riche de mes tu le saiset je le vois granz fut li colps, li dux en jouer sur tous les tableaux buttati ! guarda&nbs a la libération, les  la toile couvre les carles respunt :    il glaciation entre dernier vers aoi juste un recleimet deu mult nu(e), comme son nom       sur j’ai relu daniel biga,   ciel !!!! samuelchapitre 16, versets 1 la littérature de   que signifie     une abeille de able comme capable de donner d’abord l’échange des vous deux, c’est joie et du bibelot au babilencore une     double ço dist li reis :  de la trajectoire de ce je suis madame, on ne la voit jamais pour maxime godard 1 haute pour martine abstraction voir figuration ne faut-il pas vivre comme antoine simon 32     du faucon sur l’erbe verte si est toute une faune timide veille en introduction à autre citation la communication est equitable un besoin sonnerait quant carles oït la carles li reis en ad prise sa une il faut dire les       va À peine jetés dans le sixième pas facile d’ajuster le pas sur coussin d’air mais   anatomie du m et des quatre archanges que leonardo rosa toujours les lettres : lancinant ô lancinant       & 7) porte-fenêtre violette cachéeton       j̵ toulon, samedi 9    nous et ma foi, portrait. 1255 : ce jour là, je pouvais on préparait rm : d’accord sur se reprendre. creuser son inoubliables, les i en voyant la masse aux les avenues de ce pays préparation des vertige. une distance  dans le livre, le (en regardant un dessin de       &agrav beaucoup de merveilles accorde ton désir à ta       quinze       le quand vous serez tout n’ayant pas j’aime chez pierre (elle entretenait macles et roulis photo 1 ils sortent       au dans ce périlleux premier vers aoi dernier le soleil n’est pas juste un mot pour annoncer une fois entré dans la « 8° de mes pensées restent toutes ces pages de nos       pour deuxième apparition de       vaches comme une suite de en ceste tere ad estet ja quand sur vos visages les f les marques de la mort sur v.- les amicales aventures du     extraire tout est prêt en moi pour       que et…  dits de dernier vers aoi bruno mendonça  “s’ouvre madame déchirée les doigts d’ombre de neige le texte qui suit est, bien giovanni rubino dit en 1958 ben ouvre à    courant sainte marie, il arriva que "ces deux là se coupé en deux quand pour max charvolen 1) « h&eacu       "     au couchant dans le pays dont je vous   un la question du récit macao grise je ne sais pas si etudiant à derniers vers sun destre       sur la vie est ce bruissement     après les oiseaux s’ouvrent preambule – ut pictura       un de proche en proche tous       sous la parol

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RAPHAEL MONTICELLI

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La légende de saint Jean-Raphaël
Ecrivain(s) : Monticelli R.


Il y a tant de saints sur terre et dans le ciel, mon cher Jean-Raphaël, qu’il est impossible de les connaître et de les nommer tous. Si tout le monde connaît saint Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, et saint Jean-Marie, le brave curé d’Ars, peu savent qui furent saint Jean Gabriel et saint Jean Marc. Celui dont tu portes le nom est si peu connu qu’on ne le trouvera ni dans les calendriers, ni dans les éphémérides. Et même si tu cherches sur l’internet, il y a peu de chance que tu en trouves mention.
J’ai pourtant eu entre les mains un très ancien feuillet que j’eus à peine le temps de parcourir avant qu’il ne se réduise en poussière, comme s’il avait été, d’un coup, mangé par le temps.
Avant de te dire le souvenir que j’en ai gardé et pourquoi j’ai voulu t’en parler, je veux préciser dans quelles circonstances je l’ai eu sous les yeux.


Je devais être âgé d’une vingtaine d’années, et je me passionnais pour les petites églises. J’aimais la forme, la discrétion et les matériaux de ces chapelles que la ferveur populaire a semées dans nos pays. On les croirait non pas bâties de main d’homme, mais poussées du sol, comme un arbre, ou amenées là par la longue mastication du temps, comme les rochers de nos montagnes. Elles ne s’imposent pas à la vue. Presque toujours désertées, elles se nichent au sein d’un vallon, au bord d’un sentier, ou au dessus d’une rive. Elles sont entourées d’herbes folles et de chants d’oiseaux, parfois d’une musique d’eau. Quand elles ont été décorées, leurs dessins s’estompent. Souvent leur toit fuit. Les insectes s’y réfugient. Et on y voit plus souvent les marques du passage des bêtes que des hommes.


J’avais une vingtaine d’années, et je passais quelques jours d’automne dans le village où mon arrière grand-mère, ma tendre Marie-Louise, devait vivre encore quelques années. Je partais le matin, vers les sept ou huit heures, quand le soleil s’annonce, dans la fraîcheur humide, pour ne rentrer qu’au grand midi. Un jour, c’était vers une colline où je trouvais des marcassites, luisantes entre les blés fauchés. Un autre jour, c’était dans la grande forêt de châtaigniers au pied desquels venaient des bolets si beaux et si élégants que je n’osais les ramasser. D’autres fois, je partais à la recherche d’un grand arbre dont Marie-Louise gardait un souvenir ému... Marie-Louise m’avait parlé d’une petite chapelle cachée dans une forêt de chênes que longeait un ruisseau curieusement dénommé "le Jorfel". Elle parlait d’ailleurs de "La chapelle de sainte Jorfelle", sans pouvoir m’en dire davantage sur cette sainte.


J’avais donc descendu le grand pré derrière la maison, jusqu’au fleuve que l’on pouvait encore franchir à gué. Puis j’avais remonté la colline par le petit chemin bordé de châtaigniers et de noisetiers au delà desquels s’étendaient des champs de blé et de maïs, cernés de vignes.
Une fois passé le sommet de la colline le sentier se perdait dans la forêt de chênes... Je cherchai à repérer le Jorfel. "Va vers l’endroit où tu te sentiras bien" m’avait dit Marie Louise... Je savais trouver ce type de lieu : il y faut du calme, de la douceur, de l’herbe plus vive qu’ailleurs, un bourdonnement plus tranquille, un léger bruit d’eau, des froufrous dans les arbres, des mélodies dans l’air. Et une sorte de présence amicale. J’avais trouvé la chapelle.
Mal en point. Mais debout. Un petit clocher. Sans cloche. Des murs en brique que ne protégeait plus un enduit fatigué. Le bois de la porte ressemblait à une vieille peau pleine de rides et de veines saillantes. La serrure avait sauté. Je poussai la porte et ne vis d’abord, dans la pénombre, que le sol en terre battue. Puis un petit bénitier, dans un renfoncement du mur. Deux ou trois bandes de lumière dans lesquelles volait la poussière. Aux murs, des taches de couleurs qui avaient peut être été peintures. Quelques bancs. Un ou deux livres racornis. Un lutrin désaxé. Au fond, les restes d’un autel. Un tabernacle ouvert et vide.
Combien de gens étaient venus se recueillir ici ? Et pendant combien de siècles ? Et avant eux, combien d’autres avaient dû être saisis par l’apaisante présence qui se manifestait dans ce lieu ? Je me plantai au milieu de l’espace et attendis.
Il faut apprendre à se laisser conduire par le silence. Par l’abandon. Il faut apprendre à se tenir debout, sans bouger, comme pour prendre racine. Il faut attendre qu’un lieu accepte de vous accueillir. Ne jamais se sentir en pays conquis. Comme on tend la main à un animal, non pour le toucher, mais pour qu’il vienne vous renifler. La chapelle de sainte Jorfelle m’avait reniflé. Je pouvais la caresser. Des pieds, des mains et des yeux. Passer la main sur ses murs, les doigts entre les briques. Marcher en notant les irrégularités du sol. Aiguiser l’oeil à la faible lumière poussiéreuse. Passer derrière l’autel.
Il y avait là comme un vieux meuble. Quelques planches grossières sommairement assemblées. Un travail de charpente plus que de menuiserie. Pleines de crottes, de restes de terre, et, dans un coin, deux gros livres, dont on devait sans doute se servir pour célébrer la messe, et qu’éclairait mollement un maigre rayon de lumière tombé d’une trouée du toit.


Il en va des livres trouvés dans les églises, même lorsqu’elles semblent abandonnées, comme des bolets sous les châtaigniers : je ne sais pas m’en emparer. Je pris avec précaution l’un des deux livres. Il s’ouvrit sur une page qui y avait été ajoutée. Elle était belle comme la terre, et avait sa même couleur. Avec des taches de verdure et de clarté. Quelques boutons d’or. Et la figure d’un personnage debout, entouré d’arbres, sur ses épaules, un groupe d’oiseaux, gros comme un poing d’enfant, et que je ne reconnaissais pas. À ses pieds, ce qui semblait être un chien fauve ; à côté de lui, à sa gauche, une vache, qu’il tenait par un licol ; à sa droite, un mouton qui broutait ; tout autour, des sortes de petites bougies, comme autant de fleurs.. Sur le reste de la feuille courait un texte manuscrit malaisé à déchiffrer en raison du peu de lumière, de la forme des caractères, et de la langue.
Le titre pourtant m’était très clair. Je lisais :"sancti Iohanni Raphaëlis vita". C’était la vie de saint Jean-Raphaël qui m’était racontée là... 
Je parcourais, curieux, le texte. En saisissant une bribe par ci, un vague sens par là. C’était un latin populaire et malhabile, finalement plus facile à comprendre que le latin qu’on apprend dans les écoles. On devinait que saint Jean-Raphaël était né dans une époque très ancienne, pleine de froid, de terreur et de famines pour les pauvres gens. Son père exerçait le métier de "oribusierus", et, dès que Jean-Raphaël fut en âge, il l’emmenait avec lui pour lui apprendre le métier. On comprenait que Jean-Raphaël s’était retrouvé dans un monastère où son père préparait chaque année les bougies de cire pour l’usage des moines, et qu’il manifestait une telle minutie dans son travail, une tel respect pour le lieu qui l’accueillait, une telle curiosité et une telle dévotion pour la règle qu’il découvrait, que les moines l’avaient pris en grande sympathie, et que le supérieur lui proposa de demeurer parmi eux.
C’est ainsi que Jean-Raphaël devint moine.


Le reste de la feuille était davantage dans l’ombre. Je glissai doucement mes index sous le précieux document et refermai délicatement mes pouces en pinces pour le positionner à la lumière. Je déplaçai la fragile feuille, et, le temps de jeter un œil sur le reste du texte, elle s’affaissa en menus morceaux formant un puzzle impossible à reconstituer...
J’avais à peine eu le temps de relever deux ou trois phrases. Je refermai le livre pour garder au moins la poussière du document, et m’empressai de noter les quelques informations que j’avais pu apercevoir. C’est ce que je vais maintenant te dire ici, complétant au mieux pour relier les fragments du récit disparu.


 


On demanda à Jean-Raphaël de produire désormais, dans le monastère, non seulement les chandelles, bougies et cierges nécessaires à la vie quotidienne de ses frères et à leurs célébrations mais aussi de fournir d’autres églises et communautés. Il devint vite une sorte de passeur de lumière dans toute la région. Cette production l’amena à imaginer toutes sortes de moules, et à installer les ruchers nécessaires à la production de la cire. Il colora et parfuma ses bougies, en fonction des saisons, des usages, des liturgies. Ef il remerciait Dieu de lui avoir donné l’occasion de mêler l’industrie des abeilles et l’action du feu aux couleurs du monde, à ses essences, à ses odeurs. "C’est vraiment miracle, Seigneur, disait-il dans ses prières, que de retrouver, dans les lieux clos pénétrés de ténèbres, la lueur d’une flamme modeste nourrie du bourdonnement des abeilles et chargée des parfums du printemps. Je sais que, si je la laisse allumée, elle continuera ma prière, et fera monter vers vous, mes louanges mêlées à la respiration du monde."
Du vivant même de Jean-Raphaël, on s’accordait à dire qu’il y avait bien quelque chose de miraculeux dans les objets qu’il produisait. Ainsi, lorsque le vent soufflait assez fort pour pénétrer au cœur des maisons, filets d’air à peine plus forts qu’un souffle d’enfant, suffisant pour faire vaciller la flamme timide d’une bougie, celles de Jean-Raphaël demeuraient droites, hautes et lumineuses, ce qui ne manquait pas d’émerveiller le monde. Peut-être Dieu était-il sensible aux prières de Jean-Raphaël. Peut-être était-ce ses prières qui alimentaient la flamme, et pas seulement la cire. Peut-être Jean-Raphaël donnait-il à ses bougies une forme qui les protégeaient des souffles, ce qui est une autre forme de miracle. Toujours est-il que sa flamme restait droite et pure, et qu’en toutes circonstances elle repoussait les ombres à l’entour.
Jean-Raphaël se réjouissait surtout lorsque ses cierges étaient disposés dans les églises lors des cérémonies et qu’elles pouvaient alors aussi éclairer les lieux sacrés et les rituels en présence du peuple des fidèles. Mais il souhaitait que chacun pût disposer de ses bougies dans sa vie de tous les jours plutôt que d’employer ces vilains brulots de graisse et de chanvre, produisant plus de fumée que de clarté, et dont l’âcreté incommodait la respiration, la rêverie et le recueillement. Il voulait qu’elles servent à éclairer les travaux quotidiens, s’introduisent jusque dans les étables, accompagnent la marche des paysans, celle des pèlerins, quand le matin tarde ou que la nuit survient. "Ce serait lumières, Seigneur, disait-il, et ce serait encore prières dans le déroulé des jours". Mais la tâche était lourde et son travail suffisait à peine à répondre à ses commandes. Et Jean-Raphaël en souffrait.
Or, dit la légende, voici ce qu’il advint...
Jean-Raphaël avait longuement vieilli et l’heure de sa rencontre avec le Créateur approchait. Il s’éteignait lentement tout en accomplissant son travail habituel... Une nuit, les frères qui avaient rejoint leurs cellules, entendirent, venant de la chapelle, un bruit inhabituel et comme un concert d’oiseaux. Ils s’y rendirent. La chapelle était lumineuse comme en un plein jour d’été. Des centaines d’oiseaux, trompés par ce qu’ils avaient cru un soleil inattendu, s’y étaient réunis et dialoguaient entre eux dans leurs langues. Toutes les bougies, tous les cierges, fusaient de flammes lisses, joliment galbées et agréablement effilées, comme autant de langues. Devant l’autel, on trouva Jean-Raphaël, à plat ventre, comme le jour où il avait prononcé ses vœux. Il ne bougeait pas. On s’aperçut qu’il avait rendu l’âme et que son visage aux yeux clos, souriant et reposé, semblait aussi lumineux que toutes les flammes assemblées. On s’agenouilla autour de lui pour ajouter la prière des mots à celle des chants d’oiseaux et des bougies ardentes. On sut par la suite que, cette même nuit, dans toutes les maisons du monde que l’on eut à connaître, dans les villes, les villages, les campagnes, les monts, chez les pauvres comme chez les riches, toutes les bougies se transformèrent en bougies de Raphaël-Jean, melliflues, odorantes, colorées et lumineuses, et que ce phénomène dura une année entière.
C’est ce que racontait la fin du texte qui se terminait par une louange au Dieu de lumière et de bonté.
J’étais sorti de la chapelle. J’entendais, tout proche, le ronronnement du Jorfel... Je compris alors que ce nom venait de la déformation de Ioannes-Raphaël, comme si des gens pressés l’avaient prononcé. En rentrant, je racontai l’histoire à Marie-Louise. "Elle est belle, ton histoire, me dit-elle, et c’est la première fois que c’est toi qui m’en raconte une. Quand j’étais petite fille nous avions des bougies, en plus d’une ou deux lampes à pétrole. Mais il est vrai que la flamme d’une bougie est plus propice que toute autre pour parler au bon dieu".

Par la suite, j’ai essayé de retrouver la légende de Saint Jean-Raphaël, sans succès, comme je te l’ai dit, mais je garde encore le souvenir du passeur de lumière et lui demande souvent de m’éclairer.

Publication en ligne : 27 mai 2014
/ Bibliophilie

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