BRIBES EN LIGNE
antoine simon 31 vous n’avez seul dans la rue je ris la       " (la numérotation des de proche en proche tous ce n’est pas aux choses alocco en patchworck © i mes doigts se sont ouverts l’éclair me dure, il n’y a pas de plus antoine simon 12 ce poème est tiré du pour jean-louis cantin 1.- a dix sept ans, je ne savais quand c’est le vent qui le ciel est clair au travers tout est prêt en moi pour dernier vers aoi       l̵ c’est vrai ce monde est semé l’impossible lancinant ô lancinant poussées par les vagues « 8° de       le madame, c’est notre       quand comme ce mur blanc       une ils s’étaient 1257 cleimet sa culpe, si temps de cendre de deuil de       les   ces sec erv vre ile   (dans le tout en travaillant sur les diaphane est le avant dernier vers aoi 0 false 21 18 et ces villa arson, nice, du 17 pour qui veut se faire une les enseignants :       la pourquoi yves klein a-t-il   pour le prochain j’ai donné, au mois la danse de siglent a fort e nagent e       deux quand sur vos visages les tant pis pour eux.       la dernier vers aoi nous dirons donc journée de le nécessaire non À max charvolen et ses mains aussi étaient lu le choeur des femmes de samuelchapitre 16, versets 1 josué avait un rythme ensevelie de silence, 1. il se trouve que je suis décembre 2001. la vie est dans la vie. se       le fragilité humaine. au seuil de l’atelier la force du corps, madame est une torche. elle tout en vérifiant branches lianes ronces pour andré villers 1)       "       b&acir       dans il avait accepté dire que le livre est une onzième       soleil il faut laisser venir madame l’ami michel tout est possible pour qui       le un nouvel espace est ouvert f le feu s’est       m&eacu     du faucon napolì napolì la littérature de je crie la rue mue douleur des quatre archanges que le soleil n’est pas    au balcon un soir à paris au       &       alla i.- avaler l’art par dernier vers aoi À max charvolen et martin le 15 mai, à mille fardeaux, mille quando me ne so itu pe 1 au retour au moment et tout avait       ton “le pinceau glisse sur dans les écroulements travail de tissage, dans à la bonne station 5 : comment dernier vers aoi 0 false 21 18       va approche d’une cinq madame aux yeux vedo la luna vedo le       retour les parents, l’ultime sept (forces cachées qui ouverture d’une il tente de déchiffrer, à bernadette et la peur, présente marcel alocco a sequence 6   le dieu faisait silence, mais mougins. décembre mais jamais on ne j’entends sonner les     tout autour pas même douze (se fait terre se au labyrinthe des pleursils autre citation cliquetis obscène des    tu sais ecrire les couleurs du monde sixième   je ne comprends plus une il faut dire les j’ai travaillé inoubliables, les    courant r.m.a toi le don des cris qui n’ayant pas  dernier salut au vous êtes on trouvera la video       la un homme dans la rue se prend       neige les petites fleurs des chaque jour est un appel, une le lourd travail des meules il ne reste plus que le     chambre       fourr& quatrième essai de dernier vers aoi etait-ce le souvenir À l’occasion de  tous ces chardonnerets j’oublie souvent et franchement, pensait le chef, gardien de phare à vie, au les premières       sur       magnol   six formes de la un verre de vin pour tacher a toi le don des cris qui ma chair n’est       rampan si tu es étudiant en soudain un blanc fauche le quel étonnant introibo ad altare  née à nous lirons deux extraits de « pouvez-vous "le renard connaît passent .x. portes,       embarq en ceste tere ad estet ja       fourr& accorde ton désir à ta exode, 16, 1-5 toute la fraîcheur et la aux barrières des octrois       grappe       p&eacu   dits de pour egidio fiorin des mots il semble possible ma mémoire ne peut me abstraction voir figuration     à  avec « a la bel équilibre et sa       reine les lettres ou les chiffres le corps encaisse comme il ce qui fait tableau : ce ce qui aide à pénétrer le de la       sur  marcel migozzi vient de m1             &agrav mult ben i fierent franceis e un jour nous avons   pour adèle et     le grande lune pourpre dont les pour andré trois (mon souffle au matin bientôt, aucune amarre pour le prochain basilic, (la un titre : il infuse sa       deux sors de mon territoire. fais       au mieux valait découper livre grand format en trois       o vous avez   (à ce va et vient entre  “ne pas       dans tendresses ô mes envols on dit qu’agathe 0 false 21 18 deux mille ans nous elle ose à peine       object       apr&eg pour pour marcel si, il y a longtemps, les j’ai relu daniel biga,       nuage   d’un coté, dans l’innocence des (ô fleur de courge...     surgi démodocos... Ça a bien un li quens oger cuardise       le je déambule et suis li emperere s’est   saint paul trois au lecteur voici le premier charogne sur le seuilce qui de pa(i)smeisuns en est venuz merle noir  pour j’arrivais dans les  “la signification l’illusion d’une suite de et nous n’avons rien nu(e), comme son nom folie de josuétout est le bulletin de "bribes a la libération, les carles respunt : assise par accroc au bord de       les je t’ai admiré, zacinto dove giacque il mio tu le sais bien. luc ne je ne sais pas si beaucoup de merveilles Éléments - écrirecomme on se genre des motsmauvais genre issent de mer, venent as les cuivres de la symphonie madame a des odeurs sauvages       les       la pour max charvolen 1)       fleur réponse de michel dans l’effilé de pas de pluie pour venir cet article est paru Être tout entier la flamme « e ! malvais dernier vers aoi je suis celle qui trompe des voix percent, racontent antoine simon 6 très saintes litanies clere est la noit e la temps où les coeurs monde imaginal, …presque vingt ans plus       sur tu le saiset je le vois À perte de vue, la houle des pour philippe janvier 2002 .traverse s’ouvre la lorsqu’on connaît une     dans la ruela merci à la toile de     une abeille de  le grand brassage des nice, le 18 novembre 2004 carmelo arden quin est une       droite macles et roulis photo 6 maintenant il connaît le a la fin il ne resta que a ma mère, femme parmi station 7 : as-tu vu judas se il existe au moins deux     [1]  libre de lever la tête       sur antoine simon 18 (dans mon ventre pousse une "je me tais. pour taire. bien sûrla leonardo rosa il souffle sur les collines     hélas, antoine simon 22 l’heure de la macles et roulis photo 4 préparation des bernadette griot vient de si elle est belle ? je l’erbe del camp, ki a supposer quece monde tienne       pav&ea le ciel de ce pays est tout in the country lorsque martine orsoni bien sûr, il y eut  improbable visage pendu il s’appelait mon travail est une des voiles de longs cheveux dans l’innocence des  monde rassemblé       ...mai de prime abord, il pour martin pour jean gautheronle cosmos premier vers aoi dernier     les fleurs du       soleil pour mireille et philippe 1254 : naissance de de tantes herbes el pre sur la toile de renoir, les antoine simon 14     oued coulant dernier vers aoi       six la chaude caresse de macles et roulis photo 7 vi.- les amicales aventures ainsi fut pétrarque dans pour mes enfants laure et antoine simon 13 six de l’espace urbain,       ruelle       aux la langue est intarissable       dans je n’ai pas dit que le tous ces charlatans qui       je heureuse ruine, pensait       sur elle réalise des   marcel    nous le texte qui suit est, bien       allong À peine jetés dans le dernier vers aoi       d&eacu mon cher pétrarque,     m2 &nbs que reste-t-il de la dans le monde de cette       crabe- la parol

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YVES UGHES

<- Culte du 16 mai 2015 | Prédication du 28 janvier 2018 ->
Prédication du 22 novembre 2015
© Yves Ughes
Ecrivain(s) : Ughes (site)


Exode, 16, 1-5


Toute l’assemblée des enfants d’Israël partit d’Elim, et ils arrivèrent au désert de Sin, qui est entre Elim et Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d’Egypte. Et toute l’assemblée des enfants d’Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. Les enfants d’Israël leur dirent : Que ne sommes-nous morts par la main de l’Eternel dans le pays d’Egypte, quand nous étions assis près de des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété ? car vous nous avez menés dans ce désert pour faire mourir de faim toute ces multitude.
L’Eternel dit à Moïse : Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par
jour, la quantité nécessaire, afin que je le mette à l’épreuve, et que je voie s’il marchera, ou non, selon ma loi. Le sixième jour, lorsqu’il préparera ce qu’ils auront apporté, il s’en trouvera le double de ce qu’ils ramasseront jour par jour.


Matthieu, 8-22 : Comment suivre Jésus
Jésus, voyant une grande foule autour de lui, donna l’ordre de passer sur l’autre bord. Un scribe s’approcha, et lui dit : Maître, je te suivrai partout où tu iras. Jésus lui répondit : les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. Un autre, d’entre les disciples, lui dit : Seigneur, permets-moi d’abord d’ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit : Suis-moi et laisse les morts ensevelir les morts.


Matthieu, 30, 36-45.
Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier. Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici, et veillez avec moi. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre : Vous n’avez donc pu veiller une heure avec moi ! Veillez et priez afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Il s’éloigna une seconde fois, et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! Il revint et les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis.


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La scène qui se déroule à Gethsémané peut être perçue et comprise par un athée comme par un chrétien. Son intensité dramatique parle à tout un chacun. Jésus sent la mort qui approche, et le supplice qui s’annonce. Avec cette humanité qui fait de lui notre frère humain, il ressent de terribles angoisses, et il cherche la chaleur des autres, de ses disciples, de ses proches. Restez ici, et veillez avec moi. Il ne s’agit pas d’un ordre, d’une injonction, mais d’une prière, d’une demande. De telles suppliques nous traversent quand nous sentons le poids de la mort et des angoisses qu’elle engendre. Contre le froid qui s’annonce d’ores et déjà dans le corps, dans la chair est réclamée la chaleur des autres, de leur regard ; la chaleur de leur présence.
Jésus se situe ainsi au cœur du drame qui nous habite tous et toutes, au cœur de ce mystère d’être en vie qui nous conduit fatalement à la mort. Comment notre vie va-t-elle prendre fin ? Dans la dépendance et par quelles souffrances ? Le fils de l’homme éprouve, comme tous les hommes, la tristesse installée dans son corps.


Si chaque être humain peut comprendre ce passage des Evangiles il nous revient en tant que chrétiens d’en faire une lecture personnelle, d’en dégager un sens qui nous soit propre. Car lire c’est relier, mettre en connexion les textes entre eux afin de faire émerger une signification personnelle.
Et si lire la Bible c’est en relier des fragments pour en dégager du sens, il nous faut ne pas glisser sur le sens des mots et ne pas oublier que le mot religion vient de religare qui signifie aussi relier les hommes entre eux. Tel est le sens de notre lecture.


Face à la mort se dessinent dans les textes que nous avons lus différentes voies de fuite. Elles s’expriment en ces lignes, mais elles sont également en nous, n’en doutons pas un seul instant.


La première de ces tentations réside dans le sommeil. Pierre et les deux fils de Zébédée s’endorment en un instant particulièrement intense et tragique. Ils se révèlent ainsi à la fois profondément humains et terriblement humains. La mort rôde, Jésus connaît les douleurs de l’angoisse, il fait appel à eux…et leurs yeux s’appesantissent, ils dorment. On pourrait y voir une faiblesse condamnable, mais ce sommeil révèle en fait notre propre endormissement. Toutes les « informations » que nous recevons sont si terribles que nous fermons nos yeux, mentalement, et que nous nous endormons afin de ne pas être troublés dans notre confort de vie. Disant ceci nous ne formulons pas une condamnation morale, nous actons simplement une tentation humaine…celle de l’endormissement moelleux comme antidote à la violence de la vie et de la mort.


Vient ensuite la nostalgie, y compris la nostalgie du pire. Que ne sommes-nous morts par la main de l’Eternel dans le pays d’Egypte, quand nous étions assis près de des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété. Ah, c’était tellement mieux avant ! Voici un peuple qui a connu les pires souffrances de l’esclavage, la mort et le mépris, le saccage des êtres. A peine est-il sorti, dès les premières épreuves, le voici mettant en scène un « âge d’or » qui vient se superposer sur les décennies de servitude et qui les magnifie en temps d’abondance. Notre mémoire est courte, et nous tentons de survivre ainsi, en nous créant des paradis passés et fictifs dès que les difficultés nous frappent dans le présent.


Enfin, le point extrême du sommeil pourrait être la mort, et l’attrait qu’elle exerce. La fascination de la mort peut prendre plusieurs formes, toutes conduisant vers le pire.
Il n’est pas question bien sûr de vouloir critiquer les rites que nous accordons à nos défunts. Ils sont signes de souvenir et disent que leurs vies continuent en nous.
Mais la tentation morbide est d’une autre nature, et le culte de la mort est une culture dangereuse. Cette fascination peut engendrer une tension telle qu’elle ne peut déboucher que sur le cataclysme.
Ne voyons pas que la paille qui est dans l’œil du voisin. Nous avons aussi nos poutres. Nombre d’écrivains ont été tentés par l’apocalypse, par la culture mortifère du néant, par la négation de tout, de tout espoir notamment. Ce nihilisme a toujours conduit au naufrage ses pratiquants et ses adeptes. On commence par glorifier « le voyage au bout de la nuit » et on finit par accompagner les convois qui avancent vers la noirceur des camps.
Le point extrême de cette fascination mortifère nous a été donné à Paris, vendredi dernier.
Les djihadistes, en se plaçant dans un système fermé, qui donne la mort, qui détruit avant l’heure ne sont rien d’autres que des êtres fascinés par le néant, et souhaitant en hâter la venue du pire. Il n’est rien de religieux dans leur action, il n’est rien qui relie, rien qui lie. Ils ne sont qu’un appel à la fraction des sociétés, des êtres.
Ils appellent la mort pour donner un sens à leur angoisse de vivre. Ils suppriment la peur qui est en eux en supprimant les autres avant de se faire exploser. Ils ne sont que des morts fascinés par l’ensevelissement des morts, dans un rituel sanglant dominé par le goût de la destruction.


Tous ces comportements –sommeil, nostalgie, goût du vide- sont marqués par une seule et même logique : celle de l’enfermement. Il est urgent de nos jours de redéfinir, de revivifier une culture de l’espoir, une culture de la « dilatation » comme l’affirme le philosophe Jean-Louis Chrétien, et nous tous, chrétiens, avons notre part dans ce combat pour l’ouverture et l’expansion.


Les textes que nous avons lus balisent un chemin d’espoir. En s’approchant d’eux nous découvrons autant de cailloux blancs qui nous proposent une marche vers la une nouvelle maison.


Chaque pas est marqué par la confiance. : les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. Quelle audace de vie traverse cette phrase et la porte vers nous ! Nous pouvons y lire l’éloge de l’inconfort, du nomadisme. De l’ouverture donc, à l’espace, ouverture de la vie à l’aventure, dans un mouvement vers les autres. Là où nous accumulons les certitudes matérielles et donc mentales pour assurer notre confort, Jésus affirme aller sans tanière. Il avance dans la confiance vers la vie, ose ne pas se fixer, ni même se reposer. Tout se trouve ici dans le mouvement accepté de l’imprévu du lendemain. Et si, sans pour autant abandonner nos repaires, nous osions nous aussi aller au gré des jours et des pas, c’est-à-dire au gré des rencontres, en nous disant que, de toutes façons, Dieu est là, et que Jésus guide nos pas ? Nous aurions déjà fait beaucoup pour sortir de nos enfermements.


Dans ce mouvement qui nous porte en avant, Jésus nous donne en viatique l’audace de la libération. Un autre, d’entre les disciples, lui dit : Seigneur, permets-moi d’abord d’ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit : Suis-moi et laisse les morts ensevelir les morts. Les rites sont certes nécessaires, mais ils se pratiquent souvent pour nous rassurer et donc nous enfermer : le rite réduit à notre intelligence ce qui nous échappe. Sortons donc du rituel, ayons l’audace de dépasser ce qui nous retient dans la contingence de la sécurité mentale et affective. Laissons les morts et pensons à la vie, allons vers la vie, mettons au cœur de nos cœurs le vivant, les vivants. Ils ont besoin de nous et nous d’eux, même si la démarche est difficile, plongeons avec joie et espoir dans la rencontre avec l’autre, surmontons les obstacles du « vivre ensemble », et créons de nouveaux espaces.


Dès lors, nous ne serons jamais seuls, car dans cette démarche audacieuse qui s’apparente à l’aventure humaine, qui nous définit en tant qu’humains si nous sommes capables d’avancer, le pain de la vie nous sera donné, distribué. Point de nostalgie, le bonheur n’est pas dans un paradis perdu, mais dans ce qui se crée, ici et maintenant, avec et par les autres. : Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par jour, la quantité nécessaire. Une mise à l’épreuve ? Certes, mais dans la joie de l’ouverture et dans la dilatation de soi et du monde. N’ayons crainte d’accueillir en nous la parole de Jésus, même si elle nous impressionne. L’hôte qui vient taille la demeure qui est en nous et qui l’accueille à sa dimension.


Le philosophe Jean-Louis Chrétien a très bien su définir cette dynamique, en s’appuyant sur Saint Augustin : Serait-ce que tu aies peur de recevoir une si grande puissance, et qu’elle te trouble, tout comme les hommes de petite et d’étroite condition ont coutume d’avoir peur d’être obligés de recevoir dans leur maison de grands personnages de passage ? Rien n’est certes plus grand que Dieu : n’aies pas peur de tes étroitesses, reçois-le, et il t’élargit (suscipe illum et dilatat te)
Tu n’as rien à lui servir à manger ? Reçois-le et il te nourrit ; et ce qui est encore plus doux à entendre, il te nourrit de lui-même. Lui-même sera ta nourriture, car lui-même a dit : Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. La seule issue à cette hospitalité terrifiante et impossible, du fait de la radicale disproportion entre l’exiguïté de notre demeure, de notre intérieur, et la grandeur de celui qui vient est précisément que Dieu ménage lui-même les conditions de sa réception, en nous élargissant, en nous dilatant. L’inespéré n’est pas seulement dans l’identité du visiteur, mais aussi dans le mode de sa venue et de son irruption.


Prenons ce pain, et allons. Loin de tout ensevelissement, et dans la joie de la marche qui s’accomplit.


Amen.

Publication en ligne : 4 décembre 2015

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