BRIBES EN LIGNE
attendre. mot terrible. le 2 juillet c’est la chair pourtant de soie les draps, de soie après la lecture de       une à sylvie sept (forces cachées qui       bonhe       fourmi raphaËl je serai toujours attentif à   ces notes toi, mésange à vous avez passet li jurz, la noit est tout est possible pour qui très saintes litanies de tantes herbes el pre juste un mot pour annoncer bruno mendonça a propos d’une f les feux m’ont vos estes proz e vostre dans le patriote du 16 mars la bouche pleine de bulles suite du blasphème de macles et roulis photo 1       dans       banlie une autre approche de outre la poursuite de la mise       alla  dans le livre, le edmond, sa grande ] heureux l’homme macles et roulis photo 6       le art jonction semble enfin sixième et ces li emperere par sa grant       fourr& quand vous serez tout etudiant à au lecteur voici le premier r.m.a toi le don des cris qui travail de tissage, dans "nice, nouvel éloge de la c’est le grand       je  c’était buttati ! guarda&nbs il semble possible j’ai travaillé quelque temps plus tard, de attendre. mot terrible. dernier vers aoi mougins. décembre dernier vers aoi "la musique, c’est le l’art c’est la     [1]  ils sortent et  riche de mes poème pour ma mémoire ne peut me si, il y a longtemps, les le corps encaisse comme il dernier vers aoi       marche il existe deux saints portant       cerisi deux ce travail vous est le recueil de textes pour jean-louis cantin 1.- le plus insupportable chez rimbaud a donc l’une des dernières       aujour     de rigoles en et nous n’avons rien  ce qui importe pour merci à la toile de envoi du bulletin de bribes je t’ai admiré, accorde ton désir à ta grande lune pourpre dont les       six coupé en deux quand iloec endreit remeint li os dans le pays dont je vous une errance de aux barrières des octrois   je ne comprends plus les dernières     au couchant dernier vers aoi quand sur vos visages les un soir à paris au le grand combat : antoine simon 17 il existe au moins deux i mes doigts se sont ouverts       l̵ les textes mis en ligne je suis       longte tromper le néant je n’hésiterai 1) notre-dame au mur violet l’attente, le fruit dernier vers aoi la fraîcheur et la les enseignants : antoine simon 16 tout mon petit univers en réponse de michel la vie est ce bruissement ils avaient si longtemps, si 1- c’est dans     une abeille de la rencontre d’une pour ma       et voici maintenant quelques     surgi cet article est paru je t’enfourche ma je reviens sur des ce qu’un paysage peut station 1 : judas antoine simon 25 il aurait voulu être libre de lever la tête     depuis moi cocon moi momie fuseau pour andré ki mult est las, il se dort       " et il parlait ainsi dans la  il y a le première seins isabelle boizard 2005       é À perte de vue, la houle des       dans douce est la terre aux yeux 10 vers la laisse ccxxxii le nécessaire non madame est la reine des tout le problème l’instant criblé   j’ai souvent il n’était qu’un   si vous souhaitez suite de     "       dans       pass&e       deux c’est extrêmement pour anne slacik ecrire est branches lianes ronces giovanni rubino dit des quatre archanges que   ciel !!!! l’impossible entr’els nen at ne pui li quens oger cuardise dernier vers aoi   tant pis pour eux. nice, le 8 octobre le 23 février 1988, il vi.- les amicales aventures       sur dernier vers aoi       soleil     rien pour maguy giraud et   voici donc la pour yves et pierre poher et le numéro exceptionnel de     pluie du       la pie "ces deux là se       en etait-ce le souvenir  avec « a la       au ils s’étaient de pa(i)smeisuns en est venuz un jour, vous m’avez le lourd travail des meules on croit souvent que le but       grimpa les lettres ou les chiffres et que vous dire des       la à propos “la "si elle est       devant à bernadette ce qui importe pour j’ai en réserve non... non... je vous assure, le 28 novembre, mise en ligne il n’y a pas de plus  mise en ligne du texte  tous ces chardonnerets     le cygne sur station 3 encore il parle af : j’entends les petites fleurs des dans ma gorge station 7 : as-tu vu judas se quando me ne so itu pe quelques textes       les       fourr& la littérature de i en voyant la masse aux       les je déambule et suis fontelucco, 6 juillet 2000       sur premier essai c’est toute une faune timide veille exacerbé d’air     les provisions nous viendrons nous masser imagine que, dans la que d’heures    tu sais     nous un trait gris sur la le soleil n’est pas il avait accepté pour martine, coline et laure 1) la plupart de ces l’impression la plus lorsqu’on connaît une ce va et vient entre       le journée de lancinant ô lancinant franchement, pensait le chef, l’appel tonitruant du je n’ai pas dit que le       il ...et poème pour le géographe sait tout pourquoi yves klein a-t-il       vu la bouche pure souffrance       juin sables mes parolesvous       je 1254 : naissance de et ma foi, des conserves !     hélas, folie de josuétout est     dans la ruela       fleur onze sous les cercles toute trace fait sens. que pour michèle gazier 1 les grands  si, du nouveau et si au premier jour il toulon, samedi 9 encore la couleur, mais cette       la       embarq mille fardeaux, mille la force du corps, equitable un besoin sonnerait f le feu est venu,ardeur des hans freibach : carissimo ulisse,torna a sixième c’est seulement au bal kanique c’est c’est un peu comme si, mesdames, messieurs, veuillez l’ami michel pour helmut nous dirons donc mult est vassal carles de       ma eurydice toujours nue à elle disposait d’une carles li reis en ad prise sa       sur diaphane est le mot (ou voici des œuvres qui, le neuf j’implore en vain antoine simon 19 abu zayd me déplait. pas mon cher pétrarque,       les       o errer est notre lot, madame, dernier vers aoi frères et un nouvel espace est ouvert la vie humble chez les       au       j̵ nous avons affaire à de       la    au balcon a claude b.   comme antoine simon 6 une il faut dire les       que       sur le  il est des objets sur 1.- les rêves de       tourne au commencement était pour jean-marie simon et sa pour jacky coville guetteurs moisissures mousses lichens clere est la noit e la intendo... intendo ! tu le sais bien. luc ne le coquillage contre       la carcassonne, le 06 j’ai donné, au mois il arriva que ensevelie de silence, quand les mots antoine simon 30 le pendu j’ai ajouté   d’un coté,         &n f les rêves de issent de mer, venent as si j’étais un essai de nécrologie, bribes en ligne a "pour tes "je me tais. pour taire.  martin miguel vient napolì napolì deux ajouts ces derniers       pav&ea       &agrav   en grec, morías       dans in the country la lecture de sainte troisième essai approche d’une mais jamais on ne merci au printemps des « h&eacu si grant dol ai que ne "ah ! mon doux pays, depuis le 20 juillet, bribes béatrice machet vient de antoine simon 22 dernier vers aoi inoubliables, les       le le temps passe si vite, j’ai changé le pour daniel farioli poussant ce texte m’a été madame, c’est notre       quand 0 false 21 18 rm : d’accord sur dernier vers aoi antoine simon 12 agnus dei qui tollis peccata a la libération, les pour egidio fiorin des mots douze (se fait terre se elle ose à peine rien n’est tendresses ô mes envols ço dist li reis : dernier vers aoi autre petite voix vous n’avez dans les horizons de boue, de       apr&eg la parol

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Légendes de Michel Butor


Phylactères de Raphaël Monticelli


 
Avant l’enthousiasme public Marie Antoinette s’accorde un brin de promenade devant les tribunes

“Oh ! Georges ! Oh !” se dit-elle en contemplant de dessous les gradins du 3ème degré de la tribune de gauche.- “Elle ne pense décidément qu’à ça !” rumine Milou d’un air de n’en rien vouloir dire mais qui n’en pense pas moins.
B. sourit et fait voler ses regards sur L qui commence à creuser son premier trou dans le sable avant de passer au travail de blanchiment.


 
La fanfare vient de sonner : les deux amies s’installent à leur fenêtre dans un virage spectaculaire.


“Regarde ! Regarde !” dit Aglaé à Marie Antoinette, en la poussant du coude. -”Mais oui ! Je regarde, je regarde” répond cette dernière, un peu agacée tout de même. Elle a hâte que commence le grand défilé et partage son émotion entre le souvenir de Georges et celui d’André.
B. sourit, il aspire le monde des yeux, dilate de plaisir les ailes de son nez, tandis qu’L. met en réserve les draps dans lesquels il se fait fort de pouvoir déchiffrer tous les souvenirs qui y sont inscrits et quelques autres.


 
Mère et fille essaient de nouveaux tissus imprimés pour faire bonne figure dans la foule.

“Vraiment trop décolletée celle-ci.” -”La mienne grossit un peu.” répond la petite. C’est que rien ne doit être trop beau pour faire partie de ceux qui regarderont le spectacle.
B. suce le monde, penche à peine la tête sur le coté droit, vraisemblablement pour signifier une satisfaction en attente de suite ; L. trie les draps qu’il a en réserve en fonction de leurs dimensions, de leurs poids et de leurs cicatrices.

 
Elle fouille à genoux sa bibliothèque effondrée à la recherche de renseignements sur la cérémonie du jour.

“Cette citation a propos de Georges, elle était pourtant bien chez Tacite, dans le De Agricola” se répète -t-elle avec désespoir en son for intérieur .
B. se défend d’être indiscret, ses mains se lèvent, présentent leurs paume en avant à plat ; L. déploie sur le sable des draps si grands que la terre seule peut leur servir de châssis.



 
Trois générations dans la même ferveur pour la tôle et les barbelés.


“Allons, allons ! pressons ! pressons ! “ dit Maman. “Viens, mémé, viens vite ! -Voilà ! Voilà ! Ne me bousculez pas ! Ces choses ne sont plus de mon âge, mon dieu ! et mes jambes, mes pauvres jambes me font tellement souffrir...”
Un morceau de toile était détachée du châssis, dit B. sa main droite part vers le haut pour y figurer un geste d’arrachement ; L. hésite au dessus des échancrures ou des trous que les draps font sur la terre. Il se dandine, tourne, regarde, s’inquiète, laisse la terre transpirer à travers les fibres, en piège les remontées humides.


 
Impétueuse, autoritaire, la caporale passe sa dernière revue de détail


“Gaarde à vous ! AAArme sur l’épauaul’ gauch !...”. Le vent qui pousse du désert donne à la bouche un goût de sable.
Tandis que la tête de B. se penche à peine en avant, ses cils battent doucement ; le métal, dit-il, fait penser aux armures. L. déchire maintenant des sacs voyageurs dont les lambeaux viennent se poser sur les parties humides des draps.



 
La lieutenante donne le départ aux colombes blindées.


“Prêtes au départ ?” -”prêtes”, disent les colombes. Elles s’évertuent à donner l’illusion des vrombissements d’avions, en claquant du bec sur de petits bouts de bois et des graviers d’une façon particulière, et en s’efforçant de donner prise au vent sur leurs rémiges tout en croisant dans le ciel.
La main droite de B. vient se poser sur sa main gauche dans une rapide caresse qui évoque l’action des rares pluies sur les sables de Petra... L. disperse des dunes colorées sur ses draps et ses lambeaux .


 
La capitaine constate un peu d’insubordination chez les corbeaux camouflés

“Silence dans les rangs ! silence !” “Il arrive, capitaine, il arrive”. Les corbeaux s’agitent d’inquiétude, bruissant, n’écoutant plus les ordres. “Le bruit court qu’il remonte le long des vieux chemins des rivières, dans une puissante tenue de camouflage, à l’abri des ombres de lunes.”
L’oeil se fixe, la tête se rejette en arrière, B. écoute ; après l’ancien rite des terres, L. entreprend celui, plus antique, des eaux.

 
La colonnelle écoute le rapport de la mésange espionne.


“Il se terre au fin fond des déserts parmi les dunes de sable qui se modèlent sous l’effet du vent, si bien que nous sommes incapables de le situer exactement non pas en raison de sa mobilité, mais de celle du terrain où il a décidé d’opérer.”-”Damned !” Se borne à dire la colonelle. 
Le regard de B. se pose sur celui qui lui parle et en même temps s’ajuste comme au delà de lui, en dedans de soi ; les liquides qu’L. répand sur les draps font apparaître, en les dessinant, les contours des humidités anciennes, désormais recouvertes de sable, que la terre a produites.

 
La générale envoie son chef d’état-major mater la révolte des mouettes.


“Compris Hector ? Nous ne pouvons plus tolérer aucune fantaisie de ce genre ! “- “Criecc crieec critchicc tetchic criec tchiec” dit dans le lointain le choeur des révoltées couvrant de ses vrombissements la réponse du chef d’Etat-Major qui hurle “Entendu Madame Mon Général, entendu ! Aucune, aucune espèce de fan de fantaisie, non, d’au d’aucun ordre !”-”Crieec Tchic Tchic criecc tchic”.

La main droite de B. se porte au sourcil droit que le medium effleure, elle se saisit des lunettes qu’elle ôte et pose, exécute un rapide envol, puis se joint à la gauche tandis que les yeux se lèvent ; c’est la lente montée des eaux : L. crée autour de lui la mer dans laquelle il se perd. “Crieec tchi tchi tchi cricri erc erc cri” - “il serait si bon se dit L de retrouver la terre tout au fond de la mer et se cacher des cris des mouettes et des hurlements du chef d’état major.”


 
Les infirmières éboueuses exposent les grands blessés


“Aaarrghh.... Arhrhaahrhaargh” râle le mutilé qui perd abondamment son sang malgré les pansements bitumés qu’ont fermement collés sur ses plaies les vigoureuses infirmières. Les cahots des chemins éventrés ont torturé son corps : il a roulé et cogné dans la cariole d’exposition que les éboueuses conduisaient avec brio et célérité. On a tout lieu d’espérer qu’à force de perdre son sang le mutilé sombrera dans une inconscience qui lui permettra de faire face sans douleur au défilé.


“Allons, allons ! Pressons, pressons ! dit la première infirmière” - “Tchip tchip tchip coui lililili tchip coui tchi coui li” zinzinule la mésange qui cherche à reconnaître le grand blessé, et il lui revient vaguement le souvenir d’un rapport d’espionnage.
Le va et vient de la main droite de B. caresse l’air devant lui, de la paume en allant de droite à gauche, du dos en allant de gauche à droite ; L. a lâché toutes ses eaux à la rencontre de ses terres ; il s’est fait un grand tohu-bohu comme une odeur de goudron chaud au crépuscule.


 
Les gloires nationales tâtent précautionneusement le sol miné.

“En avant ! en avant !” - presse la cinquième gloire en poussant la quatrième dans le dos. “Moi, je voudrais bien, répond la quatrième, mais j’ai devant moi quelqu’un à l’arrêt” - “C’est que, répond l’interpellée, il y a quelque chose de pas très catholique là-dessous. On défile, on défile, mais on ne sait jamais sur quoi on peut tomber. Pensez un peu à tout l’explosif qu’on a mis !” - “C’est vrai, mais avançons ! allons !” intime la deuxième gloire. Elle n’en mène pas large pourtant, et se berce de l’illusion qu’elle sera protégée en cas d’explosion par le fauteuil et le corps du grand mutilé. Et elle ajoute : “Pensez qu’après le défilé, nous sommes attendues pour la grande diffa”.

Silence chez les autres... “Ahhhah...” Soupire la première et la plus grande des gloires ; elle perçoit comme un danger, mais ne parvient pas à l’identifier clairement. Elle comprend seulement qu’on l’a placée bien en avant et qu’elle se tient bien près du sol.
Les mains de B. ont parcouru les grandes nappes de sable, ses paupières se posent sur ses yeux, les ailes de son nez frémissent encore ; L. ne sait plus rien que l’odeur humide légèrement putride du rose fané, celle délicatement piquante des moisissures, le goût rapeux et frais du sable, celui du tissu chargé de salive, et son corps ouvert à toutes les irruptions de l’eau.


 
La république généreuse met en service ses ambulances dernier cri.

“Roudoulou courouloudoulou rourrrou” il s’était fait un grand remue-ménage d’oiseaux à la fin du défilé “roudoulou roudoulou”. La colombe seule survole maintenant les gloires nationales “Rourrrouou, rourrrouou”. Des cinq premières trois ont disparu au champ d’honneur des défilés pour avoir malencontreusement trébuché sur une mine. “Courouloudoulou”. Il est vrai que cela a offert en direct un spectacle d’une grande intensité émotive non seulement aux centaines de spectateurs massés le long du défilé ,dont quelques uns ont partagé le douloureux honneur des gloires explosées, “doulouroulouroudou” mais également aux milliers de citoyens retranchés derrière leurs postes.

“Rrououourou”. Voilà ce qu’est l’information et la transparence dans un grand pays moderne. Les deux gloires rescapées ont été mutilées, leurs corps fondus ensemble par la base. La disparition des trois autres a fait la joie de trois nouvelles promues dont une mutilée ! “Vive la république” crient-elles en choeur. “Rouourrlourou” répond la colombe.
B. se lève, son front sans frontière tamise le ciel, tout son corps pendu à ses regards, il flotte ; L. s’est gorgé de tous ses océans où surnagent les corps des nageurs disparus, des bribes de ciel, des lambeaux de soleil, des poussières d’îles errantes et d’explosions d’archipels, des bruits d’oiseaux chutés ; et désormais, il flotte.



Publication en ligne : 22 décembre 2008
Première publication : 1993

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