BRIBES EN LIGNE
mon cher pétrarque, antoine simon 13 ce pays que je dis est quatrième essai de granz est li calz, si se       le poème pour jamais je n’aurais       montag    il non... non... je vous assure, quand sur vos visages les c’est parfois un pays la danse de et nous n’avons rien accorde ton désir à ta attendre. mot terrible. et  riche de mes l’appel tonitruant du pour alain borer le 26 aux barrières des octrois (josué avait     [1]  antoine simon 18 ce jour là, je pouvais la pureté de la survie. nul antoine simon 24       au       en un sauvage et fuyant comme temps de bitume en fusion sur si j’étais un temps où les coeurs il aurait voulu être vous n’avez   la production   3   

les       sabots l’heure de la les routes de ce pays sont dernier vers aoi macles et roulis photo 7 ne pas négocier ne 1) notre-dame au mur violet ecrire les couleurs du monde pour raphaël madame est une je t’enfourche ma certains soirs, quand je bien sûr, il y eut vos estes proz e vostre il souffle sur les collines la réserve des bribes madame aux rumeurs       aux       &agrav station 4 : judas       & a toi le don des cris qui dans le respect du cahier des a supposer quece monde tienne       un ce qui aide à pénétrer le     rien       le avec marc, nous avons     nous     un mois sans i mes doigts se sont ouverts approche d’une heureuse ruine, pensait siglent a fort e nagent e       longte pour philippe     sur la vi.- les amicales aventures       sur le dans les rêves de la dans le pain brisé son il était question non       la toutefois je m’estimais il n’est pire enfer que cet article est paru       bien vous deux, c’est joie et       grimpa  dernières mises tendresses ô mes envols la chaude caresse de 1257 cleimet sa culpe, si assise par accroc au bord de « pouvez-vous premier vers aoi dernier tous feux éteints. des le nécessaire non antoine simon 30 dernier vers aoi al matin, quant primes pert dernier vers aoi   pour olivier   se le 2 juillet raphaël       va madame, vous débusquez le 15 mai, à les enseignants : le "patriote", 7) porte-fenêtre vedo la luna vedo le je t’enlace gargouille le tissu d’acier la vie est dans la vie. se bribes en ligne a 13) polynésie mes pensées restent  il est des objets sur dernier vers aoi rare moment de bonheur, certains prétendent quelque chose mult ben i fierent franceis e 1. il se trouve que je suis dans l’effilé de un homme dans la rue se prend     jn 2,1-12 : tant pis pour eux. antoine simon 15     pluie du de mes deux mains dernier vers aoi un tunnel sans fin et, à une fois entré dans la au seuil de l’atelier  monde rassemblé  “la signification le 26 août 1887, depuis ce qui fascine chez ….omme virginia par la       je les grands     hélas, quand vous serez tout il faut laisser venir madame mougins. décembre       coude le glacis de la mort (elle entretenait lorsqu’on connaît une autre petite voix un nouvel espace est ouvert 0 false 21 18 le scribe ne retient vertige. une distance nous avons affaire à de toute trace fait sens. que la liberté s’imprime à     ton pour helmut antoine simon 32 le grand combat :       dans       au       &n la cité de la musique       sur la terre nous madame dans l’ombre des dernier vers que mort carissimo ulisse,torna a les plus vieilles le ciel est clair au travers   je n’ai jamais au commencement était antoine simon 27       que f toutes mes sur l’erbe verte si est juste un mot pour annoncer si grant dol ai que ne merci à marc alpozzo       l̵ a christiane pour andré la rencontre d’une la gaucherie à vivre, pour maxime godard 1 haute  les œuvres de il faut aller voir je meurs de soif     après seins isabelle boizard 2005 mesdames, messieurs, veuillez violette cachéeton       bruyan antoine simon 33 macles et roulis photo 3 macles et roulis photo 6   la baie des anges       b&acir  le "musée "ces deux là se       fleure       apr&eg   l’oeuvre vit son ...et poème pour bruno mendonça le géographe sait tout si elle est belle ? je  dernier salut au encore la couleur, mais cette       l̵ il semble possible       et tu pas même nous serons toujours ces       avant je suis   six formes de la « amis rollant, de       & pour     de rigoles en dans ce pays ma mère chaque jour est un appel, une le numéro exceptionnel de pour jean gautheronle cosmos « 8° de       je me nous avancions en bas de leonardo rosa les plus terribles       le       une dentelle : il avait       voyage       les       la       il la prédication faite je dors d’un sommeil de dans l’innocence des 1254 : naissance de l’erbe del camp, ki de pa(i)smeisuns en est venuz dernier vers aoi 1- c’est dans    regardant ço dist li reis :       allong mais non, mais non, tu c’était une   pour adèle et je déambule et suis   tout est toujours en  pour le dernier jour sept (forces cachées qui ce n’est pas aux choses les cuivres de la symphonie       sur "l’art est-il i.- avaler l’art par       object 1 au retour au moment (vois-tu, sancho, je suis la fraîcheur et la  tu ne renonceras pas. jamais si entêtanteeurydice la musique est le parfum de ils avaient si longtemps, si pas de pluie pour venir dernier vers aoi elle ose à peine rêves de josué,       ce il arriva que on peut croire que martine pas une année sans évoquer il tente de déchiffrer,    7 artistes et 1         &n quand les mots       fourr& branches lianes ronces fin première se placer sous le signe de       sur je n’ai pas dit que le l’art c’est la       quinze antoine simon 2 religion de josué il   en grec, morías pour jacky coville guetteurs   on n’est "ah ! mon doux pays, f les feux m’ont le bulletin de "bribes je crie la rue mue douleur toulon, samedi 9 cinq madame aux yeux carles li reis en ad prise sa antoine simon 17       banlie     &nbs comment entrer dans une     à  tous ces chardonnerets dans les horizons de boue, de   est-ce que deuxième il existe deux saints portant deuxième essai le       entre "nice, nouvel éloge de la ouverture de l’espace bientôt, aucune amarre    seule au la question du récit antoine simon 6 vous avez       la       sur je ne sais pas si       ma effleurer le ciel du bout des avant dernier vers aoi ma voix n’est plus que       " bernadette griot vient de       au l’évidence  improbable visage pendu   que signifie cyclades, iii° merle noir  pour je me souviens de    tu sais pour maguy giraud et charogne sur le seuilce qui depuis ce jour, le site grant est la plaigne e large pour michèle aueret agnus dei qui tollis peccata abu zayd me déplait. pas   né le 7 même si     quand le texte qui suit est, bien générations antoine simon 19 c’est la peur qui fait antoine simon 10 autre citation au programme des actions       " "si elle est dessiner les choses banales deux nouveauté, de proche en proche tous quand c’est le vent qui c’est vrai madame est une torche. elle       longte s’ouvre la mi viene in mentemi le temps passe si vite, ce qui fait tableau : ce le 23 février 1988, il et encore  dits madame, on ne la voit jamais les dernières madame chrysalide fileuse   ces sec erv vre ile dernier vers aoi antoine simon 9 pur ceste espee ai dulor e     le cygne sur     du faucon les dieux s’effacent       les j’ai perdu mon la légende fleurie est f le feu m’a l’impression la plus de pareïs li seit la chercher une sorte de station 3 encore il parle et c’était dans   si vous souhaitez dernier vers aoi (josué avait lentement       grappe       apparu la parol

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Dans ce périlleux exercice qui consiste à dire en peu de mots les raisons et les enjeux d’une exposition portant sur quelques aspects du paysage dans l’art contemporain, je ne parviens pas à détacher de moi l’image du maître de Florence : il se tient là, entre Assise et Padoue, et initie la mise en oeuvre d’un point de vue nouveau sur le monde ; son travail ne se réduit pas à peindre à fresque, à faire de la peinture ou de l’art : il redéfinit l’art lui-même, ses conditions et ses enjeux, en creusant l’interrogation sur les rapports entre l’homme et le monde et en donnant forme plastique à cette interrogation. Il prend naissance là, entre Cimabue et Saint François d’Assise ; entre la mise en question des représentations traditionnelles du corps et ces "Fioretti" qui ont définitivement et simplement placé l’homme de l’occident chrétien dans une posture nouvelle face au monde naturel. L’émergence du paysage dans l’oeuvre de Giotto est bien la marque de cette interrogation sur la place de l’homme dans le monde ; encore faut-il comprendre qu’il n’y a pas transcription, ou représentation, du paysage dans l’oeuvre, mais construction de l’idée même de paysage comme élément plastique. Et c’est là qu’il y a oeuvre d’art. Faire oeuvre d’art, ça n’est pas figurer les éléments connus du monde en utilisant les moyens de l’art, mais transformer les moyens et les objets de l’art pour pouvoir se poser les problèmes qui naissent de la transformation de notre rapport au monde et aux éléments du monde. Et de ce point de vue Giotto est stupéfiant lorsqu’il s’engage dans une exploration quasi systématique de tout ce qui fera "paysage" : le naturel et le bâti, l’architecture intérieure et l’urbanisme, les espaces du rêve, ceux de la métaphysique, les lieux de la naissance et de la mort, les espaces institutionnels, ceux de la vie sociale, espaces du débat, de la guerre, du déplacement... Et jusqu’à ceux qui naissent de la rêverie, suggérés dans les bandeaux et les frises par les structures géométriques ou dans ces faux marbres qui ne cherchent pas à se donner pour vrais et dans lesquels la liberté des matières et des gestes engendrent des visions où se mêlent corps et espaces...
Alors, évidemment, décidément, Monet. Monet comme le coup d’envoi d’un renversement des problématiques de la peinture classique initiées par Giotto. Monet et les impressionnistes comme le moment où se donne clairement à voir une nouvelle transformation du rapport des hommes au monde. Transformations thématiques et techniques, problématisation du naturel et de l’urbain, apparition de l’industriel, dans ce qui est représenté (ce que líon peint), comme dans les moyens de le représenter, dans (ce avec quoi on peint), interrogation sur le temps et mise en vue du rapport au temps, introduction de la notion de vitesse -celle du mouvement des objets comme celle du temps d’exécution- utilisation des connaissances scientifiques non plus pour construire l’illusion plastique mais comme pour la déconstruire et faire systématiquement porter le questionnement moins sur le monde que sur les moyens de la représentation du monde, sur la validité et le statut de cette représentation...
L’art moderne et contemporain a systématiquement ouvert la réflexion sur le paysage : mises en cause de l’espace perspectif, présentation d’objets naturels ou fabriqués comme oeuvres ou comme éléments de l’oeuvre, utilisation des rythmes saisonniers, de ceux du déplacement, des éléments du réel comme outils ou colorants, ou comme objets constituant l’oeuvre, jusqu’à la présentation de pans entiers du paysage urbain, et le travail directement sur le paysage naturel ou urbain par marquage, transformation, oblitération, enveloppement (le paysage troque alors son statut d’objet et se transforme en support), prise en compte (ou écho) des transformations géographiques, politiques, scientifiques, techniques de notre présence au monde, méditation sur le rapport entre matériologies et rêves d’espaces, exploration d’un nouveau type de rapport à l’univers dans la recherche systématique d’une émotion spatiale issue d’un simple traitement des matières, des colorants, des supports, des densités...

Les artistes présentés dans l’exposition "aspects du paysage contemporain" s’inscrivent dans ces interrogations et, chacun dans une visée particulière, les creusent et y oeuvrent. La seule présentation des moyens plastiques dont ils usent pour donner forme à un rapport au paysage pourrait être significative des recherches actuelles : pour les supports l’usage de matériaux traditionnels comme la toile ou le papier voisine avec l’introduction de supports nouveaux comme le plexiglas par Simonet, ou inédits comme le béton dans le cas de Miguel. Mais les supports traditionnels eux mêmes peuvent être l’objet d’un questionnement : ainsi, par exemple, Rosa n’utilise que des papiers d’emballage, à quoi fait parfois écho l’usage par Maccheroni de cartons industriels ; ou la fabrication de papiers avec inclusions de matériaux pour Pompili ; quant à Charvolen, s’il emploie la toile, c’est après l’avoir découpée, fragmentée, reconstituant un format par collage sur les espaces bâtis qui lui servent de prétexte.
Les marquants témoignent aussi de la diversité des recherches : à côté de la tempera, des pastels, des fusains, de la mine de plomb, des encres, des aquarelles, et des huiles, on trouve la terre, le ciment, les granulats industriels... Et il faut voir dans la conjugaison entre supports et marquants tantôt la réflexion sur l’adaptation des outils à l’objet d’une recherche, ce qui est particulièrement remarquable dans le cas de Charvolen dans son traitement de l’espace bâti et de Crozat dans celui du rapport entre paysage temps et vitesse, tantôt l’approche diversifiée des rêveries de la matière comme c’est plus précisément le cas avec Barbi ou Demozay.
Intéressante est aussi l’approche photographique. Ce qui m’a intéressé, dans les quatre démarches plus particulièrement photographiques ici présentées, c’est qu’y est questionnée la prétention de la photographie à rendre objectivement le monde : le questionnement d’Eric Bourret est poétique ; c’est bien de réalité industrielle qu’il s’agit, mais voici qu’elle se charge soudain d’étrangeté moins, finalement en raison du cadrage et de la mise en scène, que par la capacité du photographe à saisir les rythmes de la construction industrielle, les jeux de reflets ou d’ombres, l’étonnante informalité de la matière brute elle-même.
Dans le cas de Maccheroni la photographie est le point de départ d’une déconstruction (ou plus justement destruction par cutterisation) de l’image urbaine, alternant avec une double interprétation plastique et littéraire. La photographie permet à Simonet de mettre en scène -dérisoirement ?- une intervention dans les espaces d’information de la ville. Enfin elle est une paradoxale et ludique méditation chez Philippe Domergue qui met en cause, par le leurre de la photographie et de la photocopie, ce leurre classique qu’est le trompe l’oeil entraînant le regard dans le vertige des masques soudain adapté au paysage lui-même
La méditation de Philippe Domergue nous le dit bien, ce qui est en cause, c’est la validité de l’art à représenter le monde, c’est l’image du monde qui naît de l’interrogation des moyens de l’art, c’est la construction d’espaces symboliques capables de rendre compte de notre nouvelle présence au monde, et des objets et des moyens aptes à les construire. En ce sens, les dispositifs plastiques tendent parfois à l’immédiateté : la démarche photographique est, en elle même, porteuse de toute l’ illusion de l’immédiat, comme si le surcroît technique permettait d’abolir les intermédiaire entre le photographe et l’objet photographié. Comme à l’opposé de cette position, se développe la démarche de Charvolen qui colle à la réalité qu’il veut rendre. La toile -émiettée- se colle au bâti dont l’artiste veut rendre compte et la couleur ne rend pas une sensibilité au monde : elle désigne un mode de construction ou sert de codage à la diversité des plans. C’est aussi, d’une autre façon, l’immédiateté d’un rapport au paysage que traque - que croque- Christine Crozat : fascinante expérience dans laquelle le crayon joue le rôle d’une sorte de stylet chargé de simplement rendre les mouvements immédiats du regard face à un paysage défilant devant le passager d’un T.G.V.
Un autre aspect de l’interrogation concerne ainsi l’exploration quasiment topographique. Si Charvolen et Crozat en témoignent, l’oeuvre de Michel Barjol est encore plus nettement une réflexion sur la topographie : ces vues aériennes des paysages ruraux se transforment par le traitement graphique et par les modes discontinus de présentation en objets efficaces d’un nouveau point de vue qui conjugue renouvellement de nos visions habituelles (comment rendre le monde vu d’avion) et conscience du fragment (comment vivre un monde éparpillé -comment le recomposer ?-). Michel Barjol fait de la peinture comme une sorte de topographe paysan qui serait en train d’explorer la riche dentelle de ses propriétés.
D’une certaine façon Pascal Simonet est, lui aussi, un arpenteur qui donne à voir comme autant de balises les objets qu’il recueille de son arpentage, J’ai souvenir de quelques assemblages de pneus éclatés, feuille d’agave et rembardes d’autoroute qui ont proprement bousculé ma perception du paysage.
C’est à une topographie d’un mode particulier que se livre Graziano Pompili. Sculpteur, il explore cette verticalité où "poétiquement demeure l’homme" et ce rêve de bâti qui surgit dès que l’on régularise tant soit peu (dès que l’on travaille) la pierre ou le marbre ; dessinateur, c’est la poétique du trait vertical suggérant bâti et habitat dans la simplicité et le dépouillement des moyens qui l’intéresse, dans la série qu’il a donnée pour l’exposition, il devient une sorte de sculpteur du papier lui-même donnant forme à des suggestions de paysage par inclusion dans la pâte même du papier de céramiques ou métaux..
Ainsi se détermine encore une nouvelle forme du rapport au paysage : celle que le regardeur construit quand il se heurte à certaines suggestions plastiques. Le support garde la trace d’un impact : une volonté, un corps agissant, ont laissé leurs marques là-dessus, c’est ainsi que s’est construit cet espace particulier ; si Pompili suggére parfois l’espace et le paysage d’un trait, il le fait aussi, comme Barbi, Rosa, Miguel ou Demozay, en le tirant ou líextrayant d’une pure et simple action sur les matières et sur les couleurs usÈes comme pourvoyeuses díun rêve immédiat du monde.
Les suggestions lagunaires de Fabrizio Barbi doivent tout au traitement des liquidités, tempera ou aquarelles, qui, selon les oeuvres, se combinent aux traits des fusains, des sanguines, des pastels, jusqu’à saturation du support, jusqu’au grattage du papier. J’ai aussi en mémoire, de lui, des notes plastiques où, dans l’urgence du geste, dans les accidents du papier, et les imprégnations, se levait un monde hésitant entre brumes des montagnes et brouillards au dessus des eaux.
C’est en usant de la terre même comme pigment -une terre recueillie dans une vigne ligure- que Leonardo Rosa suggère le chemin ou la carte. Tout est, du reste, marqué, chez lui par le souci d’une cartographie précaire. Les objets du monde naturel servent ainsi à construire, fragment par fragment, une image décousue et vibrante du monde naturel.
Il y a finalement une curieuse analogie entre le travail de Rosa et la façon dont Martin Miguel utilise les objets et les techniques du bâtiment, bois de charpente ou d’huisserie, béton de construction, peinture de bâtiment, pour donner à voir comme des fragments de construction. Ses oeuvres offrent à la rêverie tout à la fois l’image d’un dedans et la suggestion d’un dehors, reprenant ainsi, comme pour l’inverser, le fonctionnement classique du tableau.
L’exploration des matières permet l’élargissement de la vision, la formation du regard, elle joue aussi comme métaphore de notre présence au monde sensible. L’espace plastique en construction est une métaphore de l’espace physique et l’action de l’artiste sur l’un figure l’action, ou le désir d’action, sur l’autre. Dans le cas de Demozay, le travail des matières et la suggestion des couleurs est poussé vers ce point particulier d’émotion spatiale où ce qui est travaillé concerne la présence à l’univers ou au cosmos.

J’ai souhaité enfin faire figurer dans cette présentation d’aspects du paysage contemporain un ou deux exemples de livres d’artistes. Il s’agit d’oeuvres croisées de Maccheroni et Butor. La présence de l’écrivain m’a paru importante pour ouvrir la réflexion à d’autres pratiques que celle des arts plastiques et il me semble que peu d’oeuvres littéraires ont, autant que celle de Michel Butor, posé la question du paysage et de la représentation du monde. Il y a, depuis l’Emploi du temps et la Modification et ces fascinantes descriptions de paysages vus à travers la vitre d’un train en mouvement, jusqu’à toute la série du Génie du Lieu, un effort constant de construction d’un objet littéraire capable de rendre compte de notre nouvelle présence au monde. Enfin, de plus en plus systématiquement, depuis son travail sur les gravures de Mazurovsky dès les années 60, Michel Butor prend appui sur les oeuvres d’art pour construire cet objet littéraire.

Le paysage n’existe pas en soi. Il n’existe pas des paysages que les peintres n’auraient plus qu’à représenter, qu’ils figureraient, ou dans lesquels ils iraient puiser de l’inspiration : le monde n’est pas une sorte de réservoir des formes de la peinture. Le paysage est le résultat d’un travail, d’une réflexion, d’une construction ; et c’est en ce sens que la peinture nous apprend à voir : non pas parce que le peintre voit dans la réalité des aspects auxquels nous sommes aveugles, mais parce qu’il construit le regard, c’est à dire la façon dont nous allons percevoir le monde, ce que nous y reconnaîtrons, comment nous le composerons, ce qui nous y effraiera, ce que nous y aimerons.

Publication en ligne : 30 décembre 2008
Première publication : mars 1997 / présentation d’exposition

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