BRIBES EN LIGNE
ce jour là, je pouvais c’est ici, me le temps passe si vite,     du faucon et tout avait   adagio   je       quinze envoi du bulletin de bribes       ma et ces clers fut li jurz e li souvent je ne sais rien de ce pays que je dis est   marcel rêve, cauchemar, dernier vers aoi   la baie des anges au rayon des surgelés dans le ciel du et c’était dans       &n c’est une sorte de       allong       la  martin miguel vient maintenant il connaît le mise en ligne d’un nécrologie       les je sais, un monde se madame aux rumeurs       mouett toulon, samedi 9       au alocco en patchworck © dernier vers aoi       quand il en est des meurtrières. il avait accepté pour ma g. duchêne, écriture le dessiner les choses banales ainsi va le travail de qui on a cru à     après       dans la nuit macles et roulis photo 1 pour pierre theunissen la deux mille ans nous       je  dans le livre, le dernier vers aoi       au voici le texte qui ouvre pour michèle gazier 1) (vois-tu, sancho, je suis    regardant       dans       aujour 0 false 21 18 trois tentatives desesperees la question du récit antoine simon 6 cinquième essai tout     cet arbre que le 10 décembre 2013, pluies et bruines, patrick joquel vient de dans les hautes herbes neuf j’implore en vain       sous madame porte à autre essai d’un ouverture d’une ainsi fut pétrarque dans rafale n° 12 où dernier vers aoi       neige et si tu dois apprendre à (josué avait une errance de j’ai perdu mon  la toile couvre les       m̵ langues de plomba la tout à fleur d’eaula danse       deux si, il y a longtemps, les nice, le 18 novembre 2004 je suis occupé ces madame est une       bonhe des conserves ! 0 false 21 18 non, björg, genre des motsmauvais genre hans freibach : quai des chargeurs de madame est la reine des f le feu est venu,ardeur des ce qui fait tableau : ce un trait gris sur la béatrice machet vient de   jn 2,1-12 : il est le jongleur de lui l’illusion d’une au commencement était les cuivres de la symphonie   un       dans la deuxième édition du 1-nous sommes dehors.   pour le prochain     " l’erbe del camp, ki la mort d’un oiseau. légendes de michel mes pensées restent       embarq tout le problème       st la danse de accoucher baragouiner       alla glaciation entre         or       b&acir  zones gardées de       au       & rafale       droite f le feu m’a       au l’heure de la entr’els nen at ne pui c’est vrai pierre ciel À l’occasion de le 26 août 1887, depuis thème principal : sainte marie,  “ce travail qui exode, 16, 1-5 toute bribes en ligne a       fourmi ajout de fichiers sons dans pour martin       retour la bouche pure souffrance "pour tes il arriva que pas facile d’ajuster le       sur le       p&eacu bruno mendonça la chaude caresse de     le chairs à vif paumes       le merci à la toile de rm, le 2/02/2018 j’ai fait après la lecture de dix l’espace ouvert au des voix percent, racontent guetter cette chose ma chair n’est le travail de bernard difficile alliage de du bibelot au babilencore une dimanche 18 avril 2010 nous vous dites : "un       à fragilité humaine. si j’étais un 1 au retour au moment j’écoute vos nous avancions en bas de antoine simon 31 et encore  dits pour andré dernier vers aoi les étourneaux ! avant dernier vers aoi "mais qui lit encore le pour alain borer le 26 sous l’occupation l’impossible       dans    nous     sur la (ô fleur de courge... de pa(i)smeisuns en est venuz l’éclair me dure, que d’heures quand les eaux et les terres       banlie temps de pierres À max charvolen et rêves de josué,     depuis ce poème est tiré du rita est trois fois humble.       jonath vedo la luna vedo le la terre nous       &ccedi l’existence n’est charogne sur le seuilce qui art jonction semble enfin  “... parler une       sur  dernières mises quand nous rejoignons, en antoine simon 21 f les feux m’ont ] heureux l’homme nu(e), comme son nom antoine simon 13       la rossignolet tu la nous serons toujours ces le recueil de textes       un l’impression la plus       &agrav       bruyan dernier vers aoi seul dans la rue je ris la jamais je n’aurais       juin       au la cité de la musique deuxième apparition de     vers le soir pour andrée epuisement de la salle, les oiseaux s’ouvrent je serai toujours attentif à nice, le 8 octobre ma voix n’est plus que pour helmut voudrais je vous que reste-t-il de la a supposer quece monde tienne de pareïs li seit la       deux essai de nécrologie, ce jour-là il lui   ciel !!!!       aux pour michèle reprise du site avec la       &agrav le 23 février 1988, il a claude b.   comme       au je déambule et suis       " qu’est-ce qui est en dans les horizons de boue, de les amants se 1) la plupart de ces on dit qu’agathe douce est la terre aux yeux able comme capable de donner       m&eacu frères et comme c’est temps de bitume en fusion sur j’entends sonner les cinquième citationne troisième essai preambule – ut pictura       il  hier, 17 à la mémoire de station 5 : comment max charvolen, martin miguel  les œuvres de vertige. une distance station 7 : as-tu vu judas se     son   que signifie merci à marc alpozzo soudain un blanc fauche le pour frédéric les doigts d’ombre de neige     un mois sans nous dirons donc   ces notes       vu quand sur vos visages les c’est la peur qui fait macao grise le lent tricotage du paysage pour lee toutes sortes de papiers, sur violette cachéeton nos voix pourquoi yves klein a-t-il   voici donc la je rêve aux gorges à propos des grands il faut aller voir cette machine entre mes autre citation"voui au lecteur voici le premier abu zayd me déplait. pas dernier vers aoi dans l’effilé de grande lune pourpre dont les       "       le en 1958 ben ouvre à au matin du dernier vers que mort “dans le dessin   maille 1 :que on trouvera la captation ( ce texte a macles et roulis photo 4 "l’art est-il moi cocon moi momie fuseau antoine simon 9 sixième  improbable visage pendu a la libération, les religion de josué il     nous f qu’il vienne, le feu       il pour egidio fiorin des mots un verre de vin pour tacher une autre approche de deux ce travail vous est f les marques de la mort sur cher bernard rimbaud a donc le samedi 26 mars, à 15 « voici c’était une nous savons tous, ici, que et si au premier jour il "nice, nouvel éloge de la Ç’avait été la pure forme, belle muette, dernier vers aoi    le grand brassage des equitable un besoin sonnerait dernier vers aoi aux barrières des octrois ecrire les couleurs du monde       l̵ la fraîcheur et la dorothée vint au monde l’ami michel les parents, l’ultime antoine simon 24 il ne reste plus que le petit matin frais. je te c’est la chair pourtant printemps breton, printemps toutefois je m’estimais       ...mai « amis rollant, de madame chrysalide fileuse pur ceste espee ai dulor e je suis bien dans ils sortent autre citation dernier vers aoi coupé le sonà       la  dernier salut au travail de tissage, dans le geste de l’ancienne, jamais si entêtanteeurydice la rencontre d’une       pav&ea inoubliables, les clers est li jurz et li pour michèle aueret       sur af : j’entends       marche dernier vers aoi à       un pour jean-marie simon et sa je m’étonne toujours de la dans ce périlleux premier essai c’est     surgi       dans la parol

Accueil > Les rossignols du crocheteur > Les textes publiés > Approches littéraires > Martine Orsoni

Beaucoup de merveilles emplissent le ciel et la terre. Tu sauras que l’une des plus grandes, est celle qui, depuis la dispersion de Babel, nous permet de faire germer autour des choses du monde la douce confusion de nos voix multiples. C’est elle qui fait que les arbres fleurissent des mille et mille mots qui les appellent. C’est elle qui entoure la terre du protecteur cocon de nos langues et nous rapproche doucement du ciel. Tu sauras une merveille plus grande encore, car nos langues, de la grâce de leur multiplicité, ont acquis celle de se pouvoir mêler, contaminer, fusionner, et marier ; nos parlers les plus harmonieux naissent ainsi de ces mariages, et on n’entend jamais sans émotion ces langues, que l’on nomme créées ou créoles, que l’on ne comprend pas et qui laissent stupides, et qui pourtant produisent un troublant effet de familiarité. Et jusqu’à l’intérieur de chaque langue, à l’intérieur des mots, se croisent des peuples et des histoires ; ainsi le nom d’Agnès éveille en lui l’écho du parler de deux peuples : du latin où ce nom désigne l’agneau, et du grec, où il veut dire “pur” ou “innocent”, c’est ainsi qu’Agnès portait en elle l’innoncence et la pureté de l’agneau et c’est dans l’innocence et la pureté que, encore agnelle, à peine âgée de 13 ans, elle rendit à dieu l’âme radieuse qu’il lui avait donnée et devint l’épouse et la martyr de J.-C., après qu’Aspasius, au nom du préfet, eut donné l’ordre qu’on lui perçât le coeur d’une épée.
De la vie d’Agnès, tu retiendras que la première souffrance qu’on lui infligea fut qu’on la fit traîner, nue, dans un bordel. Les enfances volées l’invoquent même quand la douleur les a rendues sourdes à elles-mêmes, déchirées et pantelantes, les yeux cillés par l’obstruante présence de chairs mûries et sénescentes, chargées, en leurs replis, de vieilles odeurs, de relents des jouissances mortes, les oreilles étouffées et la bouche noyée par les mots douceureux et les salives aigres, les lèvres et les gorges débordantes des sécrétions étrangères, la moindre parcelle de peau irritée et peu à peu durcie par le stupre.
L’ordre avait été donné par le Préfet, sous les fallacieux prétextes dont les tyrans sont prodigues dès lors qu’il s’agit de persécuter les innocents dont la seule innocence attente à leur pauvre pouvoir. La raison en était que ce préfet avait un fils qui se mourait d’amour pour Agnès mais dont Agnès ne voulait pas parce qu’elle s’était donnée au seul amour de J.-C. Agnès était tirée par les rues, sa nudité d’enfant offerte à tous les regards ; on dit qu’il se fit alors autour d’elle comme une grande muraille d’ombre, soit que les yeux des badauds fussent aveuglés et que l’insoutenable lueur de l’innocence eût nécrosé le fond de leurs rétines, soit qu’un ange la couvrît de son aile de nuit, soit enfin que N.S. eût rendu sa chevelure épaisse et dense au point de la couvrir mieux que le meilleur des vêtements, comme le dit Jacques de Varazze. Il est vraisemblable qu’Agnès dut à sa pureté d’enfant que son corps fut protégé comme il l’était au temps des nudités originelles, que les badauds ne surent la voir parce qu’elle était innocente et que, de la sorte, elle avait suscité autour et au dessus d’elle la présence de l’ange de Dieu. Ainsi protégée elle fut amenée jusqu’à la mère maquerelle qui la considéra d’abord avec une gourmandise sombre d’autant plus grande que la beauté d’Agnès était voilée par ses cheveux. Les filles qui attendaient firent autour d’elle une couronne de lueurs pâles et clignotantes, leurs regards émus et tristes caressaient l’enfant et si elles se réjouissaient de voir la fraîcheur et la beauté d’Agnès illuminer leur clinquant lupanar, elles la plaignaient amèrement dans leur coeur d’avoir à faire si tôt le deuil de soi-même. Agnès, forte du nom de J.-C. et confiante dans son amour, s’était mise à prier en invoquant tous les saints et Marie Madeleine.

Sainte Marie, disait-elle, vous avez connu toutes les souffrances de l’amour et vous avez le plus pleuré quand vous avez rencontré le plus pur d’entre eux. Me voici dans un lieu d’amours perdues et dans l’air flottent à jamais les gémissements des tendres endeuillés et les cris de colère de ceux à qui fut arraché l’amour des autres et d’eux-mêmes, délivrez-moi de ce tourment de déchirure.
Sainte Marie, disait Agnès, délivrez-moi.
Saint Jean, tendre fils, vous avez posé votre front sur l’épaule de N.S. et vous avez senti la chaleur de sa peau et elle vous a envahi, et vos narines, votre palais et votre gorge se sont emplis de l’odeur de son corps, de celle de sa suave sueur, délivrez-moi de ce tourment ; vous avez eu sur votre épaule le front de la sainte mère de N.S., vous avez senti combien sa peau était chaude et douce, votre corps a fondu de protéger son corps au pied de la croix, vous avez gardé sur vos lèvres le parfum de son corps et le goût de ses larmes et la forme de son sourire, gardez-moi de connaître le tourment de l’écrasement.
Saint Jean, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous, Saint Luc, vous avez été le plus proche de la Vierge Marie et vous avez été le plus proche de la mansuétude du Christ, et vous avez été le seul attentif aux larmes de la prostituée, et vous avez été le seul témoin de la naissance de chair de N.S.J.-C., vous savez que qui touche au corps touche à l’âme, préservez-moi de ce tourment de mort..
Saint Luc, disait Agnès, délivrez-moi !
Et vous, Sainte Vierge, vous avez senti dans votre corps naître, croître, grandir, pousser, s’épanouir une vie nouvelle, et vous en avez sanctifié toutes les naissances, et vous en avez sanctifié tous les corps qui connaissent le tendre partage des plus profondes intimités, vous nous avez appris que c’est dans le partage que se manifeste l’esprit, préservez-moi des tourments de l’enfermement ; vous n’avez pas connu la mort, votre corps est monté au ciel, intact et éternel, vous nous avez appris ainsi que nous sommes aussi sacrés dans notre corps que dans notre âme ; préservez-moi de ce tourment d’enfer.
Sainte-Vierge, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous qui avez su souffrir sur ces croix que sont la conception, la naissance et la venue au monde, et sur cette croix qu’est la vie, et qui avez fait de la mort l’image de la croix et de la croix l’image de tous les croisements, vous que je n’ai pu aimer, comme vous a aimé Marie Madeleine, que parce que vous êtes homme et faible et naissant et vivant et souffrant et mourant et jusque dans la mort espérant, vous que j’aime parce que vous êtes homme pleinement et douloureusement et que de vous aimer me fait aimer les autres, protégez-moi des tourments de la haine.
Délivrez-moi, disait Agnès, délivrez-moi.”

Il se fit alors une grande merveille : au fur et à mesure qu’elle les invoquait, les saints se rendaient aux mots d’Agnès : ils apparaissaient en de grands halos si lumineux qu’ils effacèrent les meubles brillants, les sièges profonds et vastes, les tables chargées de vases dorés et de fleurs ouvertes et lourdes, les luminaires étincelants, les murs et le plafond aux draperies brocardées et aux miroirs indiscrets, la cheminée aux plaques ouvrées, les portes et les fenêtres lourdement chargée de tentures ; la lumière était devenue si intense qu’elle ternissait le soleil du ciel retrouvé ; dans cette lumière on aperçut l’ange de Dieu qui revêtait Agnès d’une aube de lin blanc. Or le fils du préfet, celui-là même à cause de qui Agnès avait été livrée à la prostitution, vint au bordel avec nombre de ses amis. Le coeur chargé de haine de ne pouvoir la posséder que par la contrainte, il voulut l’humilier plus grandement en la livrant d’abord à ses amis. Mais eux, que la haine n’aveuglait ni n’assourdissait, effrayés par le miracle de cette grande lumière et la musique des oraisons, quittèrent la maison en courant. Le jeune préfet, furieux de voir ses compagnons de débauche lui refuser celle qui se refusait à lui, se rua violemment sur Agnès. Quand il fut proche d’elle, dans la lumière vive qui entourait la vierge, il fut happé par le tourbillon lumineux et projeté à terre ; aussitôt un diable surgit et, se précipitant sur lui, lui saisit la verge qu’il étira et allongea démesurément, après quoi, dans des ricanement affreux, il la lui entoura autour du cou en serrant si fort que le jeune homme en eut les yeux exorbités et la lui ficha dans la bouche jusqu’au plus profond de la gorge. Etranglé et étouffé par l’instrument de son péché, le fils du préfet expira aussitôt.
On dit aussi, qu’ensuite, Agnès, à la demande du préfet implora N.S. et obtint de lui la résurrection du pécheur. Que c’est la raison pour laquelle, ayant retrouvé son fils, le Préfet cessa de persécuter Agnès, mais que, par crainte de la proscription, il la livra à Aspasius, son suppléant qui la fit périr comme je te l’ai dit.

Publication en ligne : 31 décembre 2008
Première publication : novembre 1993 / catalogue d’exposition

Réagir à ce texte

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette