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Gérard Duchêne, Le nom du papillon

Artiste(s) : Duchêne

 

L’oeuvre vit son dernier sommeil sans lanterne pour la veiller sinon la grâce du critique ou de l’écrivain qui perdure sa trace dans l’infini de son propre sommeil.
G.D.

Il : Si tu me posais une question, quelle serait-elle ?
Je : Oh ! De but en blanc, je n’en vois qu’une : comment ton écriture fonctionne-t-elle ? Sert-elle à transcrire ce que tu sais de la peinture ? Ou est-elle un moyen de chercher à en savoir plus ?

faire endossant le dire sans le satisfaire ; couleurs à coté de la couleur mélangées sans recherche d’effet ; les accidents esthétiques ne m’intéressent pas. Ma folie s’exprime dans l’incommensurable de la peinture.
G.D.

Il : Nous avions dit 12 questions. Permets-moi néanmoins une 12ème bis : ton refus de nommer n’est-il pas contradictoire avec ton activité de naturaliste ? Tu as donné des noms à des papillons...
Je : Bon, acceptons cette 2ème douzième. J’avais bien vu que ce hobby t’avait arrêté.
C’est vrai. Je m’intéresse à une espèce particulière de papillons et j’ai fait quelques communications à la société des sciences naturelles distinguant dans l’espèce, en fonction de traits morphologiques, des sous-espèces, auxquelles j’ai donné des noms.
On ne trouve cette espèce de papillons que dans une aire géographique réduite, en amérique centrale, région où, évidemment, je n’ai jamais mis les pieds.
Cette activité est assez importante à mes yeux, mais je ne fais pas de rapport immédiat avec la peinture. Oui... Pourquoi pas... J’épinglerais des mots en les figeant sur la plaque... Bon... Pourtant il est vrai que la classification reprend cette vieille fonction dont Dieu, dans la Génèse, charge l’homme : nommer les animaux. C’est ainsi, dit Monticelli, que se complète mon rapport critique à l’identité et à l’identification :
. Je brouille la désignation de ce qui a un nom... OCNI
. Je donne un même nom à ceux qui ont des noms différents et chez qui le nom équivaut à signature ou label : les Durand. De cette façon, ajoute-t-il, je réécris le début du passage de Babel : "Tous les hommes se servaient de la même langue et du même mot"
. Je désigne par il celui qui aurait pu être dit je
. inutile de développer tout ce qu’ai pu dire du texte, de l’écriture et de l’écrire.
Il fallait ajouter à cette crise de l’identité le fait de découvrir ce qui n’a pas de nom... et de lui en donner un.

Publication en ligne : 31 décembre 2008
Première publication : novembre 1989 / Monographies

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