BRIBES EN LIGNE
le 23 février 1988, il antoine simon 17 le vieux qui intendo... intendo ! avant dernier vers aoi ce monde est semé  le "musée vous dites : "un     les provisions troisième essai napolì napolì dans le pays dont je vous iloec endreit remeint li os et la peur, présente pour martine, coline et laure station 4 : judas  autre citation voici le texte qui ouvre i mes doigts se sont ouverts       la si c’est ça, antoine simon 12 passent .x. portes, dans un coin de nice, elle ose à peine  jésus la brume. nuages     depuis derniers vers sun destre noble folie de josué, quelques autres quelque chose quand nous rejoignons, en       les à bernadette       dans madame est toute   l’oeuvre vit son   (dans le       reine marie-hélène   le texte suivant a et si au premier jour il neuf j’implore en vain l’ami michel cyclades, iii°  ce mois ci : sub f les feux m’ont granz est li calz, si se suite du blasphème de       jardin et ma foi, dans ce périlleux lancinant ô lancinant et je vois dans vos à propos des grands antoine simon 13 patrick joquel vient de zacinto dove giacque il mio pour pierre theunissen la       la la rencontre d’une chaises, tables, verres, si j’étais un bernadette griot vient de       sur a claude b.   comme références : xavier     son si tu es étudiant en pour le prochain basilic, (la c’est la distance entre quant carles oït la encore une citation“tu le 15 mai, à le franchissement des       la antoine simon 28 les doigts d’ombre de neige mesdames, messieurs, veuillez toutefois je m’estimais karles se dort cum hume nous lirons deux extraits de quatrième essai de macles et roulis photo 3       au une fois entré dans la   pour adèle et   pour théa et ses       aux pierre ciel l’heure de la du bibelot au babilencore une antoine simon 27 trois tentatives desesperees il en est des noms comme du dernier vers aoi approche d’une pour anne slacik ecrire est ainsi va le travail de qui   que signifie macles et roulis photo 4  si, du nouveau f le feu s’est des conserves ! morz est rollant, deus en ad toulon, samedi 9 ainsi fut pétrarque dans en cet anniversaire, ce qui       &n mon travail est une temps de bitume en fusion sur  les trois ensembles       avant c’est un peu comme si,   dits de       é pour martine spectacle de josué dit les premières pour jean marie  les éditions de       la mon cher pétrarque, rafale  dans le livre, le le coeur du       ( une image surgit et derrière je t’ai admiré, mais jamais on ne       coude  monde rassemblé une image surgit traverse le       b&acir Ç’avait été la comme c’est     double dans les hautes herbes il y a tant de saints sur "le renard connaît dernier vers aoi  dernières mises       sur le la gaucherie à vivre, passet li jurz, si turnet a   on n’est À peine jetés dans le f le feu s’est madame a des odeurs sauvages histoire de signes . diaphane est le mot (ou       " jamais je n’aurais antoine simon 16 quai des chargeurs de pour jacky coville guetteurs       ruelle les avenues de ce pays  “comment f dans le sourd chatoiement antoine simon 3 la musique est le parfum de il arriva que nos voix samuelchapitre 16, versets 1   3   

les le glacis de la mort le soleil n’est pas quelques textes       en       vaches iv.- du livre d’artiste     l’é  tu vois im font chier et  riche de mes ecrire les couleurs du monde 0 false 21 18 pour m.b. quand je me heurte  “s’ouvre     le cygne sur la mort, l’ultime port, 7) porte-fenêtre       " on cheval la terre nous beaucoup de merveilles       je me       object sculpter l’air : mise en ligne d’un   adagio   je quand les mots le géographe sait tout ensevelie de silence, de profondes glaouis     quand le 10 décembre 2013, errer est notre lot, madame, il tente de déchiffrer, ils s’étaient       le voudrais je vous un temps hors du       dans et te voici humanité poème pour et il fallait aller debout il aurait voulu être pour jean-marie simon et sa la main saisit       une pour lee deuxième a grant dulur tendrai puis       " la lecture de sainte al matin, quant primes pert rafale n° 4 on le nous serons toujours ces       la   six formes de la halt sunt li pui e mult halt nous dirons donc       la antoine simon 20 pour mon épouse nicole sors de mon territoire. fais station 3 encore il parle 5) triptyque marocain eurydice toujours nue à merle noir  pour je dors d’un sommeil de que reste-t-il de la       va encore la couleur, mais cette la nuit   si vous souhaitez abstraction voir figuration       deux et voici maintenant quelques quatre si la mer s’est dans l’innocence des dernier vers aoi i.- avaler l’art par je découvre avant toi       p&eacu il s’appelait temps où le sang se       au ...et la mémoire rêve deux mille ans nous dernier vers aoi vous deux, c’est joie et je ne peins pas avec quoi, petites proses sur terre pour mes enfants laure et accoucher baragouiner apaches : vous êtes rossignolet tu la 13) polynésie       au il aura fallu longtemps - dernier vers aoi a l’aube des apaches, je meurs de soif dernier vers aoi dernier vers aoi g. duchêne, écriture le les cuivres de la symphonie la bouche pure souffrance peinture de rimes. le texte       le 1 au retour au moment     surgi       au madame chrysalide fileuse le galop du poème me sa langue se cabre devant le coupé le sonà passet li jurz, la noit est pour michèle gazier 1 quando me ne so itu pe paroles de chamantu tout est possible pour qui 0 false 21 18 charogne sur le seuilce qui rien n’est folie de josuétout est ils sortent    regardant madame porte à   se dans les horizons de boue, de bernard dejonghe... depuis une il faut dire les       soleil    en ouverture d’une dans le pain brisé son les plus vieilles v.- les amicales aventures du un besoin de couper comme de antoine simon 5 1) notre-dame au mur violet ma chair n’est troisième essai et       quinze nous avons affaire à de archipel shopping, la paysage de ta tombe  et les oiseaux s’ouvrent de tantes herbes el pre       dans   1) cette au commencement était descendre à pigalle, se autre essai d’un leonardo rosa rafale n° 10 ici envoi du bulletin de bribes j’ai ajouté       ce tout à fleur d’eaula danse cinquième citationne des voix percent, racontent travail de tissage, dans pour michèle l’impression la plus l’une des dernières       maquis       aux george(s) (s est la ce qui importe pour décembre 2001. première rupture : le quand les eaux et les terres     &nbs dernier vers doel i avrat, "ah ! mon doux pays,   un nice, le 30 juin 2000     un mois sans rafale n° 5 un vos estes proz e vostre pour andré    il       un se reprendre. creuser son       d&eacu     m2 &nbs a christiane "l’art est-il il faut aller voir   tout est toujours en antoine simon 15 bien sûr, il y eut en 1958 ben ouvre à la mastication des et si tu dois apprendre à ço dist li reis : cinq madame aux yeux       bonhe (ô fleur de courge... villa arson, nice, du 17   jn 2,1-12 : ce qui fait tableau : ce dernier vers aoi autre petite voix moisissures mousses lichens       le       dans rafale « pouvez-vous       ma normal 0 21 false fal chaque jour est un appel, une       l̵ monde imaginal, certains prétendent et tout avait pas même deux ajouts ces derniers       un     le les dieux s’effacent tu le saiset je le vois       dans dernier vers aoi biboon. plus qu’une saison.       dans il ne sait rien qui ne va pour daniel farioli poussant       s̵ la parol

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Qu’est-ce qui est en jeu dans l’efficacité du travail d’Ernest Pignon-Ernest ? Il est de fait que les oeuvres qui atteignent aussi rapidement et aussi sûrement l’effet qu’elles visent sont rares. On l’a connu multipliant par centaines l’image voyageuse d’un Rimbaud errant dans Paris, flottant dans les endroits les plus inattendus, à hauteur de regards, légèrement surdimensionnée, peu à peu avec le temps s’effaçant, s’effilochant... Et cette image de la fin des années 70 rappelait celle de la famille du Cap, en attente derrière ses grilles , qui avait peuplé la ville de Nice au moment d’un jumelage que Pignon avait jugé honteux. Et ses images, les unes les autres s’appellent : immigrés, avortées, expulsés, images inspirés de Boccace ou de Virgile, sorties du Caravage, portées par tous les grands rêves des hommes : rêves d’émancipation, rêves de libération, rêves de la tradition ouvrière, comme ceux des traditions judéo-chrétiennes ou gréco-latine... L’oeuvre s’est ainsi construite autour d’images fortes dans une utilisation constamment détournée : images qui prennent place dans un monde d’images, mais comme décontextées, sans autre ancrage que nos regards et ce dont nos regards sont chargés en images communes...

C’est dans cet usage de l’image que se trouvent quelques éléments de réponse : cet art est efficace parce qu’il s’en va chercher son (ou construire un) public dans la rue avant de le retrouver dans la galerie ou le musée, qu’en même temps il se constitue à partir de ce que ce public potentiel porte en lui d’images et de rêve, et qu’enfin il travaille ces images et ces rêves communs, qu’il les malmène et les détourne... Cette efficacité résulte d’une très précise et très complexe -et vraisemblablement très lucide- combinaison d’éléments. Et Ernest Pignon-Ernest ne redoute pas de mêler parfois avec ambiguïté, des démarches contradictoires.

Le premier constituant est la figure. Pignon est un classique en ce sens qu’il sait faire avec talent ce que l’on apprend dans les classes. Le dessinateur de talent a la passion des corps et une frénésie du regard digne des héritiers de la renaissance. Ernest Pignon-Ernest s’inscrit ainsi à la fois dans une tradition séculaire du savoir faire occidental et dans les tendances figuratives de la peinture du XX° siècle ; A vrai dire ce premier constituant est piégé et Ernest Pignon-Ernest ne se fait pas faute d’en accentuer les pièges.
Il est clair que le plaisir de la figure est un plaisir trivial : Ernest Pignon-Ernest caresse le public potentiel dans le sens du poil lui donnant à reconnaître le travail de l’artiste là ou tout spectateur occidental a appris d’une manière ou d’une autre à le reconnaître, et il y a dans cette manoeuvre de séduction quelque chose d’inquiétant et d’irritant.

Mais ce savoir faire est lui-même piégé : le plus évident, c’est qu’il existe toujours plusieurs versions publiques de la même figure, et ces versions sont de plusieurs types : l’étude, le dessin achevé, le multiple, la photo d’oeuvre en situation ; et chacun de ces types remplit un fonction très particulière dans le système Pignon.
La version qui s’en va à la recherche du public, c’est la version multiple, et il se passe entre les études et les multiples des transformations très intéressantes.
La version multiple, sérigraphiée, perd toute une série d’informations concernant le travail, non seulement, évidemment, l’étude de mise en place et de composition, mais surtout la qualité du dessin, du trait... D’une certaine façon, si Ernest Pignon-Ernest est un dessinateur classique, il inverse le statut classique du dessin par rapport à l’oeuvre, puisque l’œuvre achevée, celle qui s’en va au public dans la rue, apparaît, à première vue, plus pauvre, plus grossière que son dessin préparatoire.
Cette transformation des statuts affecte aussi le rapport entre l’oeuvre achevée et ses études. Là encore, l’étude propre des variations et son travail, focalise l’attention de telle sorte qu’elle apparaît plus riche que le dessin auquel elle est sensée aboutir.
L’étude est l’objet de la galerie ou du musée, elle peut très aisément acquérir un statut de marchandise, elle joue la reconnaissance du public averti, celui qui ne saurait supporter l’idée de la perte de l’objet et du sens, qui s’attache au multiple exposé dans la rue. L’étude joue de toutes les séductions de la mise en scène du travail en cours : qualités diverses du papier, rapport entre travaillé et non travaillé imitant le surgissement, biffures, grattages, oblitérations, toutes les variations du repentir... Le plaisir offert du spectacle de la recherche esthétique dont toute personne honnêtement cultivée reconnaît la qualité et la validité de recherche puisque chacun voit bien ce qu’elle cherche et comment elle le cherche.

Le rôle de la photo est de rappeler la ville et le temps ; elle permet de les faire apparaître dans le cadre de l’exposition... L’art de Pignon est un art urbain fait de peuple et de pertes... Régis Debray écrit très joliment à ce propos que le musée fait le trottoir. Il y a effectivement chez Pignon une volonté de mettre l’art à la rue... L’objectif cependant est moins de donner à voir de l’art dans la rue, que de voir ce que peut devenir la pratique de l’art à partir du moment où elle se trouve confrontée à la rue... C’est tout à la fois la pratique de l’observation de la réalité urbaine et humaine qu’il investit qui sont en cause que les effets de la mise à la rue sur les oeuvres. Là encore la démarche de Pignon est très clairement assumée : “Je travaille sur les villes, dit-il, elles sont mon véritable matériau”.
De ce point de vue, l’apport d’Ernest Pignon-Ernest est des plus importants parce qu’il revisite les pratiques politiques et économiques (les objectifs) du dessin donnant aux utopies de l’art pour tous et de l’art dans la rue, une dimension de réalité et une charge de travail.
Par ailleurs ce rapport à la ville, dans toutes ses dimension : humaine, historique, économique... permet de poser autrement le problème de la figure, ou de l’image, dans cette oeuvre : finalement le problème d’Ernest Pignon-Ernest n’est pas de figurer ou de représenter : il travaille les images, la façon dont elles se forment dans l’imaginaire collectif, la façon dont elles sont perçues ; son problème n’est pas la réalité figurée, ni les relations entre l’image et la réalité qu’elle représente, mais le fonctionnement des images dans la réalité, le contexte, où elles apparaissent,. et les charges affectives et symboliques qu’elles mettent en jeu.
Il y a plus qu’une oeuvre dans la démarche d’Ernest Pignon-Ernest : il y a un système complexe où se jouent tout à la fois le jeu des stéréotypes et celui de l’art, le drame de l’histoire et les tragédies du mythe... Ernest Pignon-Ernest c’est tout à la fois l’héritier de la renaissance et des ateliers de mai 68 ou des épopées politiques de ce siècle, celui qui se souvient des leçons de Duchamp, du Pop et des Nouveaux Réalistes et l’éternel apprenti, fièrement humble, des leçons du corps, de la poésie des anatomies, l’homme du Musée et de la rue, des livres et de l’atelier, de la solitude et du nombre... autant dire un ensemble contradictoire au fonctionnement fascinant.

Publication en ligne : 20 juillet 2008
Première publication : avril 1995 / article dans revue d’art

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