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YVES UGHES

Capharnaüm, douze stations avant Judas, Capharnaüm, 8

© Yves Ughes
Ecrivain(s) : Ughes (site)
Clefs : poésie

Station 3 encore

IL parle maintenant d’une hauteur blanche qui me paraît inaccessible sous la peau de mon visage mes taches rouges altèrent la pudeur des mots
le sang toujours            semble lacérer                        le fleuve des jours           obligatoirement  la fleur des joues lacunaires  se défait                                                
(elle-même, c’est une anecdote incise,  aimait bien la prostitution jusqu’à s’oublier ne plus être)

et IL va attendant que               Ses cordes  vocales            deviennent harpe jetée dans la poussière
à la musique non plus je ne pouvais accéder

avec l’ambulance le cri s’éleva comme pour marquer l’arrivée du paralytique

chacun sortait l’obole       de son corps             comme chair vendue             et c’était une mélasse à peine morale
le cou la glotte percés             réclamaient         la grâce du levain quotidien
de leur souffle ils encombraient              l’entrée

par le toit le paralytique advint                          enfin                             comme trachéotomie du lieu

Publication en ligne : 18 janvier 2009

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