BRIBES EN LIGNE
 marcel migozzi vient de       bonheu antoine simon 6 j’écoute vos mais non, mais non, tu antoine simon 31 on dit qu’agathe langues de plomba la ajout de fichiers sons dans le lent tricotage du paysage là, c’est le sable et       &agrav bien sûr, il y eut le proche et le lointain       soleil il y a tant de saints sur dans le pays dont je vous difficile alliage de je désire un f dans le sourd chatoiement   se ensevelie de silence, mon travail est une les enseignants : première rupture : le bruno mendonça       apr&eg si elle est belle ? je in the country tout à fleur d’eaula danse dernier vers aoi noble folie de josué, 1. il se trouve que je suis je sais, un monde se autres litanies du saint nom       sur antoine simon 21       la pierre ciel préparation des antoine simon 18 fragilité humaine.   un dernier vers aoi antoine simon 30       entre une errance de ce qui fait tableau : ce À peine jetés dans le       ruelle       vu       su onze sous les cercles rossignolet tu la abstraction voir figuration spectacle de josué dit quand les mots patrick joquel vient de s’ouvre la       apr&eg station 5 : comment sainte marie,       d&eacu       je j’ai travaillé sixième sept (forces cachées qui carmelo arden quin est une  dans toutes les rues       la   iv    vers autre citation (josué avait dans l’innocence des le temps passe si vite, comme c’est imagine que, dans la exode, 16, 1-5 toute dans les carnets le franchissement des de tantes herbes el pre (de)lecta lucta         gentil arbre épanoui au ciel sequence 6   le       assis       ma deuxième apparition de       et tu a la libération, les cet article est paru madame est la reine des de profondes glaouis la légende fleurie est ] heureux l’homme       pav&ea       &n ma chair n’est antoine simon 13 station 7 : as-tu vu judas se       banlie miguel a osé habiter dernier vers aoi journée de …presque vingt ans plus  “ce travail qui deuxième approche de ce monde est semé       au       longte       un jour nous avons       neige     faisant la de mes deux mains neuf j’implore en vain       jonath j’ai donné, au mois  mise en ligne du texte ainsi alfred…       &n si tu es étudiant en à antoine simon 23   né le 7 douce est la terre aux yeux   adagio   je 1) la plupart de ces deuxième bel équilibre et sa   un vendredi a la femme au et je vois dans vos les textes mis en ligne siglent a fort e nagent e i en voyant la masse aux tout est possible pour qui le soleil n’est pas       la le 15 mai, à       "  née à et te voici humanité pour andré carles li reis en ad prise sa     un mois sans quand les eaux et les terres dont les secrets… à quoi       ( ce qui aide à pénétrer le tous ces charlatans qui autre essai d’un le passé n’est (dans mon ventre pousse une la vie humble chez les dernier vers aoi il avait accepté     au couchant je m’étonne toujours de la art jonction semble enfin   tout est toujours en       les suite de sur l’erbe verte si est j’entends sonner les ce jour-là il lui antoine simon 28 toute une faune timide veille les parents, l’ultime    courant    nous       le le désir de faire avec derniers vers sun destre pour m.b. quand je me heurte vous avez       force quelque temps plus tard, de       fourmi  “s’ouvre ...et la mémoire rêve la chaude caresse de carissimo ulisse,torna a entr’els nen at ne pui       sur six de l’espace urbain, dernier vers aoi la communication est l’une des dernières station 1 : judas nous savons tous, ici, que nice, le 30 juin 2000     pluie du a propos d’une je suis celle qui trompe       l̵ il semble possible f le feu est venu,ardeur des il n’était qu’un "mais qui lit encore le clers fut li jurz e li de prime abord, il comme un préliminaire la l’appel tonitruant du pas sur coussin d’air mais cette machine entre mes       allong je ne peins pas avec quoi, s’égarer on       " bien sûrla dernier vers aoi pour helmut dernier vers aoi tout mon petit univers en 10 vers la laisse ccxxxii quel ennui, mortel pour marie-hélène immense est le théâtre et l’ami michel       bien       reine face aux bronzes de miodrag le coeur du écrirecomme on se mes pensées restent "et bien, voilà..." dit le "patriote", lentement, josué nous serons toujours ces dans ma gorge ce paysage que tu contemplais quand vous serez tout avec marc, nous avons les dieux s’effacent deuxième suite chairs à vif paumes je serai toujours attentif à attendre. mot terrible.       &agrav       le c’est une sorte de j’ai en réserve le nécessaire non  ce mois ci : sub À l’occasion de certains soirs, quand je la route de la soie, à pied,       l̵  ce qui importe pour   que signifie le corps encaisse comme il archipel shopping, la c’est parfois un pays À la loupe, il observa comme ce mur blanc la pureté de la survie. nul (en regardant un dessin de une autre approche de marcel alocco a       qui et que vous dire des         or  le grand brassage des toute trace fait sens. que voici l’une de nos plus     longtemps sur raphaël en 1958 ben ouvre à cinq madame aux yeux jouer sur tous les tableaux i mes doigts se sont ouverts et il fallait aller debout       ce tous feux éteints. des dans le ciel du le 28 novembre, mise en ligne légendes de michel       six voile de nuità la macao grise vedo la luna vedo le zacinto dove giacque il mio la brume. nuages réponse de michel et il parlait ainsi dans la mise en ligne d’un lancinant ô lancinant l’existence n’est pour nicolas lavarenne ma Ç’avait été la le ciel est clair au travers antoine simon 25 f le feu s’est ecrire les couleurs du monde chercher une sorte de c’est ici, me la bouche pleine de bulles pour angelo   pour olivier l’eau s’infiltre mon cher pétrarque, les installations souvent, pour andré  pour jean le temps où le sang se       coude si j’avais de son la rencontre d’une couleur qui ne masque pas il y a dans ce pays des voies a propos de quatre oeuvres de quando me ne so itu pe moi cocon moi momie fuseau       vos estes proz e vostre la gaucherie à vivre,  le "musée c’est seulement au       voyage       quand nous avons affaire à de dans les rêves de la travail de tissage, dans       cerisi       quinze madame dans l’ombre des il existe au moins deux   dits de dernier vers doel i avrat, ouverture d’une traquer     extraire       sur le la réserve des bribes la liberté de l’être lorsqu’on connaît une le 26 août 1887, depuis  “comment le temps passe dans la pour robert il n’est pire enfer que       arauca antoine simon 32 pour pierre theunissen la dorothée vint au monde cinquième citationne    au balcon les routes de ce pays sont mise en ligne sculpter l’air :     [1]  j’ai parlé je n’ai pas dit que le temps où les coeurs sous la pression des   l’oeuvre vit son il faut laisser venir madame   saint paul trois je ne sais pas si du fond des cours et des frères et    il une il faut dire les       b&acir       à ici, les choses les plus en ceste tere ad estet ja dernier vers aoi dernier vers aoi des quatre archanges que se placer sous le signe de       reine vous n’avez tout en travaillant sur les pour jacky coville guetteurs je crie la rue mue douleur avez-vous vu  de la trajectoire de ce  il est des objets sur livre grand format en trois pour pluies et bruines,  pour de tu le sais bien. luc ne nice, le 18 novembre 2004 pour maxime godard 1 haute et c’était dans   1) cette       " la fraîcheur et la derniers la parol

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MICHEL BUTOR

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La connexion littéraire
© Michel Butor
Ecrivain(s) : Butor (site)

pour Michèle Gazier

1 L’enfant du papier

  Je suis vieux jeu. Je suis un homme du papier. J’ai l’impression d’être né dedans. En tous les cas je vis dedans. Les murs de ma maison sont couverts de livres, les tables aussi. Télérama traîne quelque part en attendant que je remplisse la grille de mots croisés. Je n’ai jamais vraiment pu m’habituer au téléphone. Je l’utilise, certes, et aussi la télécopie, mais j’aime beaucoup mieux écrire et recevoir des lettres. J’aime la poste.

  Ceci ne m’empêche nullement d’utiliser des instruments récents pour travailler sur le papier. Je ne suis pas un fanatique exclusif de la plume d’oie. Je dois même dire que je préfère le stylo ou la machine à écrire. J’ai d’abord goûté aux plaisirs de la dactylographie mécanique, puis à ceux de l’élecrique, de l’électronique et j’en suis, comme de plus en plus d’écrivains, au traitement de texte qui me paraît représenter un immense progrès par rapport à ses soeurs aînées. Ce n’est évidemment pas fini ; ça bouge encore à toute vitesse.

  Malgré tout mon amour pour le papier, je le trouve bien encombrant, lourd, de manipulation difficile. Le premier avantage pour moi de ces instruments nouveaux, à part la souplesse incomparable de la correction, c’est la possibilité d’entreposer sous un espace minime. Il m’est désormais très difficile de retrouver les textes que j’ai composés antérieurement à l’utilisation de mon premier ordinateur. Il me faut des déménagements sans fin ; je dois soulever des nuages de poussière. Tous ceux qui sont postérieurs à cette conversion dorment tranquillement dans la mémoire de la machine ou de ses dépendances, et je puis les éveiller d’un simple signe, les recopier, les communiquer, les combiner à d’autres, les corriger encore. Ils vivent donc mieux.

  Au point que j’aimerais faire entrer mes textes anciens dans cet hôtel quatre ou cinq étoiles ; et c’est très possible avec les scanners, mais le temps manque, toujours le temps. Ce seront sans doute d’autres qui feront ce travail pour faciliter leurs thèses, leurs recherches, leurs traductions. Je préfère aller de l’avant pour quelque temps encore.

  Facilités donc pour l’écriture de mes textes, mais aussi pour leur lecture, les deux étant évidemment tellement liés que c’est comme l’envers et l’endroit de la même feuille avec toutes sortes de transparences et passages. Et je puis préparer des index, des listes, des répertoires pour m’y promener à loisir.

  Pour lire aussi les textes d’autrui bien sûr. D’ailleurs dans mes propres livres que de citations ! Que de passages qui sont des citations transformées ! Tout nouveau texte n’est-il pas la transformation d’un ensemble de textes antérieurs ? Ai-je vraiment besoin de les recopier avec une technique ou une autre ? N’est-il pas possible de se mettre ensemble pour avoir une bibliothèque à disposition, C’est ici que nous débouchons sur internet.


2 le marché aux puces virtuel

  Il ne faut pas juger ce réseau sur son aspect actuel. Certes, aujourd’hui, c’est le marché aux puces. C’est-à-dire que l’on y trouve toutes sortes de choses dans le plus grand désordre, en général de mauvaise qualité. Parfois certes des merveilles, mais ce n’est pas là pour l’instant que l’on peut aller chercher ce dont on a vraiment besoin. C’est un domaine de flânerie. Mais cela ne va pas en rester là. On peut déjà y consulter des livres, de vrais livres, et donc les interroger autrement qu’avant. C’est une ère nouvelle qui s’ouvre pour la critique, c’est-à-dire la lecture.

  Si j’avais l’oreille de quelque ministre de la culture, je lui conseillerais de charger une équipe pour constituer de toute urgence un corpus aussi rigoureux que possible de la littérature française. Il faudrait non seulement tout ce qui est déjà dans la bibliothèque de la Pléïade (du moins dans ses meilleurs volumes), mais beaucoup plus. Ceci mériterait certes l’attention d’un gouvernement, car une telle présence, disponibilité, manifestation donnerait immédiatement un poids extraordinaire à la culture qui pourrait si bien s’en nourrir.


3 Balzac et la glisse


  Tous les passionnés de Balzac pratiquent le Répertoire des personnages de la Comédie Humaine établi par Ferdinand Lotte et considérablement amélioré depuis, pour “surfer” mais de manière encore lourde et lente à l’intérieur de ce texte immense. Tandis que je lis tout naïvement, je tombe sur un homme ou une femme qui m’intrigue. Je consulte l’ouvrage qui me donnera la suite des passages dispersés dans l’oeuvre qui vont constituer sa biographie. Imaginons un petit logiciel que je mets en marche en appuyant sur la lettre “R” et qui me fournira ce nouvel agencement de textes. Mais je puis avoir envie de savoir ce qui suit le passage spécialement retenu, ou ce qui le précède. Il me suffit d’appuyer sur la case “avant” ou “après”.

  La page lue apparaît alors comme la surface visible d’un ensemble feuilletable à volonté. Je puis être intrigué non seulement par un personnage, mais par une allusion. Autre dispositif : j’appuie sur la lettre “N” pour “note” , et vont défiler toutes celles des éditions savantes. Un mot m’arrête, j’appuie sur “V” pour “vocabulaire”. Je préfère réserver “D” pour “dictionnaire” à la lecture en langues étrangères.

  Les mots vieillissent et les allusions aussi. Celles qui étaient parfaitement transparentes par les lecteurs de l’époque et même encore ceux du début de ce siècle, qui ne méritaient donc pas d’explication, sont maintenant plongées dans un oubli de plus plus épais : les vedettes du spectacle ou du sport, de la politique ou du crime. Que de nos questions restent sans réponses dans les éditions les plus érudites ! Voilà que nous pouvons les poser aux spécialistes, aux chercheurs pour qu’ils améliorent, rajeunissent constamment cet arrière-texte. Même profane, le seul fait d’avouer mon ignorance me rend collaborateur de l’ensemble.

  Cette lecture nouvelle, interactive, implique une nouvelle écriture qui pourra de moins en moins se contenter du papier. Certes l’on s’enchantera de plus en plus des beaux manuscrits, des typographies splendides, des papiers fabuleux ou de ce qu’il peut y avoir de merveilles cachées dans les papiers les plus misérables, mais nous aurons besoin de manier toutes ces fonctions.

  Je puis rivaliser avec Balzac tel qu’il était lisible dans les bibliothèques traditionnelles ; encore plus excitant de rivaliser avec son actuelle lisibilité. Les récits me conduiront dans des univers pluridimensionnels, les seuls capables de représenter utilement le nôtre.

  Des passages écrits à plusieurs voix : duos ou trios comme en musique, pourront être simplifiés quand nous le voudrons. Nous suivrons la partie d’alto, ou de flûte, puis une fois leurs subtilités maîtrisées nous pourrons apprécier la polyphonie de façon nouvelle.




4 l’oreille et l’oeil du texte

  Je suis en quelque sorte tombé sur la musique. Quel progrès pour le critique de pouvoir nous montrer la partition, mais surtout de nous la faire entendre et même en plusieurs versions différentes ! Certes quel péril pour certains critiques actuels... Mais même dans la lecture du poète narrateur quels continents à explorer ! Balzac encore, dans la magnifique nouvelle Gambara il nous invite à une passionnante exploration du Moïse de Rossini. Le logiciel “P” me fournira la partition ; “M” me la fera entendre.

  Toutes les musiques “réelles” viendront en note. Mais les musiques irréelles, imaginées, impossibles, inexécutables, rêvées, celles composées ou improvisées par le musicien fou Gambara. Il faudra bien trouver des moyens de les suggérer autrement, proposant des esquisses, des bribes, des approximations, des correspondances, des plongées dans des arts différents, des métaphores.

  Critique musicale, critique d’art. Je puis passer de Gambara au Chef d’oeuvre inconnu. Dans les notes sur Pourbus, Mabuse, Poussin, je ne vais plus me contenter de quelques notions biographiques. Tous ces personnages vivent en peinture. Les CD-Rom que l’on propose actuellement sont très décevants. La publicité proclame : “tout le musée du Louvre”. En réalité vous n’avez qu’une cinquantaine de tableaux avec quelques détails peu poussés. Il faudrait non seulement une équipe de bibliothécaires pour nos explorations en réseaux, mais une équipe de conservateurs qui transcrivent les musées entiers avec tous leurs tableaux et tous leurs détails jusqu’à une précision qui dépasse celle de la meilleure loupe pour le meilleur oeil. Cela viendra.

  Les tableaux, mais aussi les films, les quelques émissions de télévision mémorables.

  Inspirés par certaines oeuvres audacieuses, on a vu il y a quelques années des récits mobiles pour enfants dans une collection intitulée Le livre dont vous êtes le héros. Il s’agit pour nous d’aborder au monde dont nous soyons les héros au lieu d’en être les victimes.


5 un peu de nostalgie surmontée pour finir

  Ceci n’empêchera nullement qu’on aille aussi voir les musées, pour retrouver les tableaux dans leur dimension, leur matière ; mais il y aura vraisemblablement moins de foule et ceux qui irons chercheront autre chose, les vrais talismans de la vue. On ira encore au concert, on jouera du piano chez soi, ce qui restera irremplaçable. Enfin on aura encore des livres en papier. Les ouvrir, les parcourir, sera un voyage dans le temps. Et il restera même quelques éditeurs aventureux et passionnés, lesquels délivrés de la recherche du best-seller, pourront participer, toujours sur le papier, à des explorations que nous n’imaginons pas encore.

  Comme dans ce passage du quatrième chant de l’Enfer , où Dante mené par Virgile retrouve dans les Limbes ou Champs Elysées les poètes pour lui les plus grands de l’Antiquité : Homère, Horace, Ovide, Lucain qui le saluent et l’accueillent comme un des leurs :

  “Après avoir conversé quelque peu ensemble,
  Ils se tournèrent vers moi en me saluant
  Ce qui fit sourire mon précepteur ;

  Et plus d’honneur encore me firent :
  ils me connectèrent dans leur réseau,
  sixième en telle intelligence.”*

  Ainsi les grands écrivains de jadis nous accueilleront non seulement dans leur richesse inépuisable, mais aussi dans leur dénuement, car nous serons toujours, et heureusement, au seuil de quelque terre promise.





  

*”Da ch’ebber ragionato insieme alquanto,
volsersi a me con salutevol cenno,
e’l maestro sorrise di tanto ;

E più d’onore ancora mi fenno,
ch’e’ si me fecer de la loro schiera,
si ch’io fui sesto tra contanto senno.”

Publication en ligne : 17 février 2009

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