BRIBES EN LIGNE
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les       st polenta je m’étonne toujours de la ils avaient si longtemps, si les parents, l’ultime       le numéro exceptionnel de     hélas, pas facile d’ajuster le « h&eacu sa langue se cabre devant le       ce max charvolen, martin miguel madame est toute pour yves et pierre poher et autre petite voix dernier vers aoi c’est la peur qui fait quelque chose À l’occasion de  l’exposition  derniers vers sun destre madame des forêts de     le       il après la lecture de sables mes parolesvous       le       dans on dit qu’agathe       grappe un temps hors du dans un coin de nice, leonardo rosa dernier vers aoi   immense est le théâtre et       reine les lettres ou les chiffres l’ami michel madame est la reine des antoine simon 25       chaque antoine simon 10 nu(e), comme son nom       soleil dorothée vint au monde       la       va       bonheu  ce qui importe pour abu zayd me déplait. pas agnus dei qui tollis peccata pour pierre theunissen la comme c’est il est le jongleur de lui il tente de déchiffrer, laure et pétrarque comme madame, c’est notre clere est la noit e la autre citation mouans sartoux. traverse de       ma troisième essai on cheval vous avez       onzième la terre nous tout en travaillant sur les       apr&eg mieux valait découper 1254 : naissance de madame, on ne la voit jamais  si, du nouveau dernier vers aoi "ah ! mon doux pays, dans les écroulements je suis bien dans ce qui aide à pénétrer le   dits de trois (mon souffle au matin 13) polynésie tu le saiset je le vois       au f dans le sourd chatoiement antoine simon 21 c’est la chair pourtant       " madame déchirée un besoin de couper comme de j’ai longtemps en introduction à zacinto dove giacque il mio epuisement de la salle,       entre     pluie du j’écoute vos deuxième essai on préparait tant pis pour eux. toutes sortes de papiers, sur diaphane est le mot (ou ecrire sur  improbable visage pendu f j’ai voulu me pencher       j̵ violette cachéeton       grimpa 1 la confusion des bel équilibre et sa       la paien sunt morz, alquant la musique est le parfum de franchement, pensait le chef, nos voix ce n’est pas aux choses guetter cette chose là, c’est le sable et     extraire du fond des cours et des       allong mais non, mais non, tu et si au premier jour il prenez vos casseroles et       dans à propos des grands cet univers sans carcassonne, le 06       jonath 7) porte-fenêtre       pourqu     tout autour   la production dans le monde de cette je n’ai pas dit que le    nous  ce mois ci : sub pour mireille et philippe deuxième apparition au labyrinthe des pleursils un nouvel espace est ouvert     cet arbre que       cerisi dans le pays dont je vous l’évidence       neige       aux   nous sommes vous êtes dans le respect du cahier des   jn 2,1-12 : au rayon des surgelés f les feux m’ont pour martine, coline et laure dernier vers aoi le géographe sait tout vous n’avez la langue est intarissable g. duchêne, écriture le carmelo arden quin est une portrait. 1255 : « pouvez-vous       le encore une citation“tu a supposer quece monde tienne se reprendre. creuser son il était question non    au balcon dernier vers que mort    il       nuage clers fut li jurz e li il n’est pire enfer que l’impression la plus   le texte suivant a pour jean marie       jardin journée de difficile alliage de dernier vers aoi on trouvera la video antoine simon 22 les dieux s’effacent mult ben i fierent franceis e antoine simon 26 les cuivres de la symphonie cyclades, iii° écoute, josué, pour ma c’est le grand       vu madame chrysalide fileuse art jonction semble enfin le plus insupportable chez je ne saurais dire avec assez       droite lorsque martine orsoni la fraîcheur et la dernier vers aoi cinq madame aux yeux pour michèle béatrice machet vient de tout à fleur d’eaula danse 1- c’est dans (vois-tu, sancho, je suis pour egidio fiorin des mots       é seins isabelle boizard 2005 dernier vers aoi je suis celle qui trompe attelage ii est une œuvre rien n’est plus ardu       midi le samedi 26 mars, à 15 travail de tissage, dans dernier vers aoi je désire un       retour dessiner les choses banales   j’ai souvent dans les horizons de boue, de       dans à la bonne effleurer le ciel du bout des je serai toujours attentif à  il y a le j’ai changé le juste un mot pour annoncer "nice, nouvel éloge de la comme une suite de  au mois de mars, 1166  monde rassemblé         or même si cher bernard pour jean-louis cantin 1.- la bouche pure souffrance de la       s̵       magnol pour martine paysage de ta tombe  et       sur       le la communication est af : j’entends   pour théa et ses       avant le recueil de textes       un       apr&eg   est-ce que dans l’innocence des       le la parol

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MICHEL BUTOR

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La connexion littéraire
© Michel Butor
Ecrivain(s) : Butor (site)

pour Michèle Gazier

1 L’enfant du papier

  Je suis vieux jeu. Je suis un homme du papier. J’ai l’impression d’être né dedans. En tous les cas je vis dedans. Les murs de ma maison sont couverts de livres, les tables aussi. Télérama traîne quelque part en attendant que je remplisse la grille de mots croisés. Je n’ai jamais vraiment pu m’habituer au téléphone. Je l’utilise, certes, et aussi la télécopie, mais j’aime beaucoup mieux écrire et recevoir des lettres. J’aime la poste.

  Ceci ne m’empêche nullement d’utiliser des instruments récents pour travailler sur le papier. Je ne suis pas un fanatique exclusif de la plume d’oie. Je dois même dire que je préfère le stylo ou la machine à écrire. J’ai d’abord goûté aux plaisirs de la dactylographie mécanique, puis à ceux de l’élecrique, de l’électronique et j’en suis, comme de plus en plus d’écrivains, au traitement de texte qui me paraît représenter un immense progrès par rapport à ses soeurs aînées. Ce n’est évidemment pas fini ; ça bouge encore à toute vitesse.

  Malgré tout mon amour pour le papier, je le trouve bien encombrant, lourd, de manipulation difficile. Le premier avantage pour moi de ces instruments nouveaux, à part la souplesse incomparable de la correction, c’est la possibilité d’entreposer sous un espace minime. Il m’est désormais très difficile de retrouver les textes que j’ai composés antérieurement à l’utilisation de mon premier ordinateur. Il me faut des déménagements sans fin ; je dois soulever des nuages de poussière. Tous ceux qui sont postérieurs à cette conversion dorment tranquillement dans la mémoire de la machine ou de ses dépendances, et je puis les éveiller d’un simple signe, les recopier, les communiquer, les combiner à d’autres, les corriger encore. Ils vivent donc mieux.

  Au point que j’aimerais faire entrer mes textes anciens dans cet hôtel quatre ou cinq étoiles ; et c’est très possible avec les scanners, mais le temps manque, toujours le temps. Ce seront sans doute d’autres qui feront ce travail pour faciliter leurs thèses, leurs recherches, leurs traductions. Je préfère aller de l’avant pour quelque temps encore.

  Facilités donc pour l’écriture de mes textes, mais aussi pour leur lecture, les deux étant évidemment tellement liés que c’est comme l’envers et l’endroit de la même feuille avec toutes sortes de transparences et passages. Et je puis préparer des index, des listes, des répertoires pour m’y promener à loisir.

  Pour lire aussi les textes d’autrui bien sûr. D’ailleurs dans mes propres livres que de citations ! Que de passages qui sont des citations transformées ! Tout nouveau texte n’est-il pas la transformation d’un ensemble de textes antérieurs ? Ai-je vraiment besoin de les recopier avec une technique ou une autre ? N’est-il pas possible de se mettre ensemble pour avoir une bibliothèque à disposition, C’est ici que nous débouchons sur internet.


2 le marché aux puces virtuel

  Il ne faut pas juger ce réseau sur son aspect actuel. Certes, aujourd’hui, c’est le marché aux puces. C’est-à-dire que l’on y trouve toutes sortes de choses dans le plus grand désordre, en général de mauvaise qualité. Parfois certes des merveilles, mais ce n’est pas là pour l’instant que l’on peut aller chercher ce dont on a vraiment besoin. C’est un domaine de flânerie. Mais cela ne va pas en rester là. On peut déjà y consulter des livres, de vrais livres, et donc les interroger autrement qu’avant. C’est une ère nouvelle qui s’ouvre pour la critique, c’est-à-dire la lecture.

  Si j’avais l’oreille de quelque ministre de la culture, je lui conseillerais de charger une équipe pour constituer de toute urgence un corpus aussi rigoureux que possible de la littérature française. Il faudrait non seulement tout ce qui est déjà dans la bibliothèque de la Pléïade (du moins dans ses meilleurs volumes), mais beaucoup plus. Ceci mériterait certes l’attention d’un gouvernement, car une telle présence, disponibilité, manifestation donnerait immédiatement un poids extraordinaire à la culture qui pourrait si bien s’en nourrir.


3 Balzac et la glisse


  Tous les passionnés de Balzac pratiquent le Répertoire des personnages de la Comédie Humaine établi par Ferdinand Lotte et considérablement amélioré depuis, pour “surfer” mais de manière encore lourde et lente à l’intérieur de ce texte immense. Tandis que je lis tout naïvement, je tombe sur un homme ou une femme qui m’intrigue. Je consulte l’ouvrage qui me donnera la suite des passages dispersés dans l’oeuvre qui vont constituer sa biographie. Imaginons un petit logiciel que je mets en marche en appuyant sur la lettre “R” et qui me fournira ce nouvel agencement de textes. Mais je puis avoir envie de savoir ce qui suit le passage spécialement retenu, ou ce qui le précède. Il me suffit d’appuyer sur la case “avant” ou “après”.

  La page lue apparaît alors comme la surface visible d’un ensemble feuilletable à volonté. Je puis être intrigué non seulement par un personnage, mais par une allusion. Autre dispositif : j’appuie sur la lettre “N” pour “note” , et vont défiler toutes celles des éditions savantes. Un mot m’arrête, j’appuie sur “V” pour “vocabulaire”. Je préfère réserver “D” pour “dictionnaire” à la lecture en langues étrangères.

  Les mots vieillissent et les allusions aussi. Celles qui étaient parfaitement transparentes par les lecteurs de l’époque et même encore ceux du début de ce siècle, qui ne méritaient donc pas d’explication, sont maintenant plongées dans un oubli de plus plus épais : les vedettes du spectacle ou du sport, de la politique ou du crime. Que de nos questions restent sans réponses dans les éditions les plus érudites ! Voilà que nous pouvons les poser aux spécialistes, aux chercheurs pour qu’ils améliorent, rajeunissent constamment cet arrière-texte. Même profane, le seul fait d’avouer mon ignorance me rend collaborateur de l’ensemble.

  Cette lecture nouvelle, interactive, implique une nouvelle écriture qui pourra de moins en moins se contenter du papier. Certes l’on s’enchantera de plus en plus des beaux manuscrits, des typographies splendides, des papiers fabuleux ou de ce qu’il peut y avoir de merveilles cachées dans les papiers les plus misérables, mais nous aurons besoin de manier toutes ces fonctions.

  Je puis rivaliser avec Balzac tel qu’il était lisible dans les bibliothèques traditionnelles ; encore plus excitant de rivaliser avec son actuelle lisibilité. Les récits me conduiront dans des univers pluridimensionnels, les seuls capables de représenter utilement le nôtre.

  Des passages écrits à plusieurs voix : duos ou trios comme en musique, pourront être simplifiés quand nous le voudrons. Nous suivrons la partie d’alto, ou de flûte, puis une fois leurs subtilités maîtrisées nous pourrons apprécier la polyphonie de façon nouvelle.




4 l’oreille et l’oeil du texte

  Je suis en quelque sorte tombé sur la musique. Quel progrès pour le critique de pouvoir nous montrer la partition, mais surtout de nous la faire entendre et même en plusieurs versions différentes ! Certes quel péril pour certains critiques actuels... Mais même dans la lecture du poète narrateur quels continents à explorer ! Balzac encore, dans la magnifique nouvelle Gambara il nous invite à une passionnante exploration du Moïse de Rossini. Le logiciel “P” me fournira la partition ; “M” me la fera entendre.

  Toutes les musiques “réelles” viendront en note. Mais les musiques irréelles, imaginées, impossibles, inexécutables, rêvées, celles composées ou improvisées par le musicien fou Gambara. Il faudra bien trouver des moyens de les suggérer autrement, proposant des esquisses, des bribes, des approximations, des correspondances, des plongées dans des arts différents, des métaphores.

  Critique musicale, critique d’art. Je puis passer de Gambara au Chef d’oeuvre inconnu. Dans les notes sur Pourbus, Mabuse, Poussin, je ne vais plus me contenter de quelques notions biographiques. Tous ces personnages vivent en peinture. Les CD-Rom que l’on propose actuellement sont très décevants. La publicité proclame : “tout le musée du Louvre”. En réalité vous n’avez qu’une cinquantaine de tableaux avec quelques détails peu poussés. Il faudrait non seulement une équipe de bibliothécaires pour nos explorations en réseaux, mais une équipe de conservateurs qui transcrivent les musées entiers avec tous leurs tableaux et tous leurs détails jusqu’à une précision qui dépasse celle de la meilleure loupe pour le meilleur oeil. Cela viendra.

  Les tableaux, mais aussi les films, les quelques émissions de télévision mémorables.

  Inspirés par certaines oeuvres audacieuses, on a vu il y a quelques années des récits mobiles pour enfants dans une collection intitulée Le livre dont vous êtes le héros. Il s’agit pour nous d’aborder au monde dont nous soyons les héros au lieu d’en être les victimes.


5 un peu de nostalgie surmontée pour finir

  Ceci n’empêchera nullement qu’on aille aussi voir les musées, pour retrouver les tableaux dans leur dimension, leur matière ; mais il y aura vraisemblablement moins de foule et ceux qui irons chercheront autre chose, les vrais talismans de la vue. On ira encore au concert, on jouera du piano chez soi, ce qui restera irremplaçable. Enfin on aura encore des livres en papier. Les ouvrir, les parcourir, sera un voyage dans le temps. Et il restera même quelques éditeurs aventureux et passionnés, lesquels délivrés de la recherche du best-seller, pourront participer, toujours sur le papier, à des explorations que nous n’imaginons pas encore.

  Comme dans ce passage du quatrième chant de l’Enfer , où Dante mené par Virgile retrouve dans les Limbes ou Champs Elysées les poètes pour lui les plus grands de l’Antiquité : Homère, Horace, Ovide, Lucain qui le saluent et l’accueillent comme un des leurs :

  “Après avoir conversé quelque peu ensemble,
  Ils se tournèrent vers moi en me saluant
  Ce qui fit sourire mon précepteur ;

  Et plus d’honneur encore me firent :
  ils me connectèrent dans leur réseau,
  sixième en telle intelligence.”*

  Ainsi les grands écrivains de jadis nous accueilleront non seulement dans leur richesse inépuisable, mais aussi dans leur dénuement, car nous serons toujours, et heureusement, au seuil de quelque terre promise.





  

*”Da ch’ebber ragionato insieme alquanto,
volsersi a me con salutevol cenno,
e’l maestro sorrise di tanto ;

E più d’onore ancora mi fenno,
ch’e’ si me fecer de la loro schiera,
si ch’io fui sesto tra contanto senno.”

Publication en ligne : 17 février 2009

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