BRIBES EN LIGNE
    vers le soir   voici donc la tes chaussures au bas de       la pie halt sunt li pui e mult halt mais jamais on ne       " macles et roulis photo 1 assise par accroc au bord de j’ai donné, au mois (josué avait exode, 16, 1-5 toute       au dernier vers aoi       le       rampan le soleil n’est pas       glouss pour robert ce jour là, je pouvais abu zayd me déplait. pas       "     &nbs       s̵       je me dans les hautes herbes       bruyan références : xavier chairs à vif paumes deux ajouts ces derniers  de la trajectoire de ce  marcel migozzi vient de antoine simon 27 pas une année sans évoquer le coeur du   pour le prochain mesdames, messieurs, veuillez       ( non... non... je vous assure, fragilité humaine. deuxième mougins. décembre       l̵ les textes mis en ligne passent .x. portes, très malheureux... préparation des    si tout au long accoucher baragouiner       p&eacu       je un temps hors du       fleure et je vois dans vos ouverture de l’espace  mise en ligne du texte antoine simon 15 pour m.b. quand je me heurte karles se dort cum hume je serai toujours attentif à en ceste tere ad estet ja elle disposait d’une       le antoine simon 31 ils s’étaient       fleur le lent déferlement deuxième essai écoute, josué, diaphane est le mot (ou attendre. mot terrible. able comme capable de donner l’appel tonitruant du   se l’impression la plus "le renard connaît 10 vers la laisse ccxxxii       dans ici, les choses les plus tout est possible pour qui du bibelot au babilencore une heureuse ruine, pensait les dernières de tantes herbes el pre quel ennui, mortel pour poème pour polenta       sur max charvolen, martin miguel le proche et le lointain j’aime chez pierre ce poème est tiré du un soir à paris au       l̵ vos estes proz e vostre au rayon des surgelés quatrième essai de f j’ai voulu me pencher       baie normal 0 21 false fal il y a des objets qui ont la deux ce travail vous est franchement, pensait le chef,       au   ciel !!!! nous lirons deux extraits de buttati ! guarda&nbs trois (mon souffle au matin dimanche 18 avril 2010 nous deuxième apparition pour andré villers 1) le grand combat : le 15 mai, à j’ai parlé pour alain borer le 26 ce jour-là il lui       apparu il existe au moins deux       un       au dernier vers aoi dans le pain brisé son là, c’est le sable et       la diaphane est le     de rigoles en le 28 novembre, mise en ligne si grant dol ai que ne dernier vers aoi     tout autour envoi du bulletin de bribes 5) triptyque marocain       arauca huit c’est encore à       le comment entrer dans une « voici    il bientôt, aucune amarre « amis rollant, de raphaël       la antoine simon 21       sur pas sur coussin d’air mais folie de josuétout est toulon, samedi 9 la légende fleurie est  ce qui importe pour le 2 juillet dix l’espace ouvert au antoine simon 2 m1           les fleurs du   la production antoine simon 9 chaque automne les et si tu dois apprendre à    jésus       aujour avant dernier vers aoi l’attente, le fruit cher bernard onze sous les cercles pour nicolas lavarenne ma       le       je       enfant chercher une sorte de   que signifie l’évidence     " carcassonne, le 06 journée de       sur un nouvel espace est ouvert depuis ce jour, le site       les       le  l’écriture     hélas, printemps breton, printemps dernier vers aoi dernier vers aoi  dans le livre, le j’ai perdu mon antoine simon 30 et que vous dire des "ces deux là se d’un bout à si elle est belle ? je troisième essai traquer   né le 7     nous f les marques de la mort sur       le 0 false 21 18 sainte marie,       une le samedi 26 mars, à 15  monde rassemblé deuxième suite coupé en deux quand travail de tissage, dans couleur qui ne masque pas reprise du site avec la pluies et bruines, rm : d’accord sur       quinze rare moment de bonheur, vous avez approche d’une pour martine nu(e), comme son nom clere est la noit e la on peut croire que martine       pour  un livre écrit ainsi alfred…       la …presque vingt ans plus madame, on ne la voit jamais j’ai relu daniel biga, il y a dans ce pays des voies comme un préliminaire la quelques autres       bonheu dans le monde de cette la vie humble chez les napolì napolì le glacis de la mort ce va et vient entre  “ne pas alocco en patchworck © il existe deux saints portant iv.- du livre d’artiste       neige       m̵ attelage ii est une œuvre le nécessaire non       d&eacu au programme des actions dernier vers aoi  il y a le titrer "claude viallat, le franchissement des eurydice toujours nue à dans les horizons de boue, de bernard dejonghe... depuis i.- avaler l’art par quatre si la mer s’est merci à marc alpozzo       la comme c’est antoine simon 23     le des conserves ! macles et roulis photo 7 bien sûr, il y eut un titre : il infuse sa la liberté de l’être du fond des cours et des "nice, nouvel éloge de la  pour jean le     un mois sans   saint paul trois normalement, la rubrique saluer d’abord les plus       dans antoine simon 19   la baie des anges       devant f tous les feux se sont   dits de je suis celle qui trompe je n’ai pas dit que le je t’enlace gargouille c’est extrêmement on croit souvent que le but       juin merle noir  pour       entre       o issent de mer, venent as "je me tais. pour taire. le texte qui suit est, bien « 8° de j’ai longtemps la musique est le parfum de un trait gris sur la       la       l̵       marche       la attendre. mot terrible. quand il voit s’ouvrir, on dit qu’agathe l’instant criblé nice, le 30 juin 2000       mouett réponse de michel de profondes glaouis     m2 &nbs ….omme virginia par la   j’ai souvent souvent je ne sais rien de il semble possible deux nouveauté, a claude b.   comme      &       en un   au milieu de À perte de vue, la houle des ce pays que je dis est nous viendrons nous masser  les premières antoine simon 14       sur le a toi le don des cris qui  tu vois im font chier vue à la villa tamaris       au       m̵ lu le choeur des femmes de temps de bitume en fusion sur pour andré carles li reis en ad prise sa avec marc, nous avons antoine simon 26 de soie les draps, de soie dire que le livre est une c’est une sorte de ] heureux l’homme la route de la soie, à pied, i en voyant la masse aux       &agrav seul dans la rue je ris la dernier vers aoi à la bonne Ç’avait été la de l’autre     surgi (ma gorge est une  dernier salut au    regardant macao grise ensevelie de silence, elle réalise des   on n’est       alla j’oublie souvent et douze (se fait terre se décembre 2001. je suis occupé ces   je ne comprends plus antoine simon 16 rien n’est plus ardu station 3 encore il parle ki mult est las, il se dort tout à fleur d’eaula danse     oued coulant station 1 : judas je t’enfourche ma “le pinceau glisse sur le tissu d’acier cet article est paru dans le       voyage tu le saiset je le vois josué avait un rythme le ciel est clair au travers o tendresses ô mes mon travail est une   six formes de la légendes de michel madame est la reine des  “la signification  hier, 17 tous ces charlatans qui nice, le 18 novembre 2004 dans l’innocence des       longte       l̵ la question du récit pour yves et pierre poher et le recueil de textes a supposer quece monde tienne reflets et echosla salle le plus insupportable chez f le feu m’a le corps encaisse comme il ne faut-il pas vivre comme pour egidio fiorin des mots l’une des dernières ils avaient si longtemps, si la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Butor, Michel

MICHEL BUTOR

<- Livres d’artiste | La maison de nos rêves ->
La connexion littéraire
© Michel Butor
Ecrivain(s) : Butor (site)

pour Michèle Gazier

1 L’enfant du papier

  Je suis vieux jeu. Je suis un homme du papier. J’ai l’impression d’être né dedans. En tous les cas je vis dedans. Les murs de ma maison sont couverts de livres, les tables aussi. Télérama traîne quelque part en attendant que je remplisse la grille de mots croisés. Je n’ai jamais vraiment pu m’habituer au téléphone. Je l’utilise, certes, et aussi la télécopie, mais j’aime beaucoup mieux écrire et recevoir des lettres. J’aime la poste.

  Ceci ne m’empêche nullement d’utiliser des instruments récents pour travailler sur le papier. Je ne suis pas un fanatique exclusif de la plume d’oie. Je dois même dire que je préfère le stylo ou la machine à écrire. J’ai d’abord goûté aux plaisirs de la dactylographie mécanique, puis à ceux de l’élecrique, de l’électronique et j’en suis, comme de plus en plus d’écrivains, au traitement de texte qui me paraît représenter un immense progrès par rapport à ses soeurs aînées. Ce n’est évidemment pas fini ; ça bouge encore à toute vitesse.

  Malgré tout mon amour pour le papier, je le trouve bien encombrant, lourd, de manipulation difficile. Le premier avantage pour moi de ces instruments nouveaux, à part la souplesse incomparable de la correction, c’est la possibilité d’entreposer sous un espace minime. Il m’est désormais très difficile de retrouver les textes que j’ai composés antérieurement à l’utilisation de mon premier ordinateur. Il me faut des déménagements sans fin ; je dois soulever des nuages de poussière. Tous ceux qui sont postérieurs à cette conversion dorment tranquillement dans la mémoire de la machine ou de ses dépendances, et je puis les éveiller d’un simple signe, les recopier, les communiquer, les combiner à d’autres, les corriger encore. Ils vivent donc mieux.

  Au point que j’aimerais faire entrer mes textes anciens dans cet hôtel quatre ou cinq étoiles ; et c’est très possible avec les scanners, mais le temps manque, toujours le temps. Ce seront sans doute d’autres qui feront ce travail pour faciliter leurs thèses, leurs recherches, leurs traductions. Je préfère aller de l’avant pour quelque temps encore.

  Facilités donc pour l’écriture de mes textes, mais aussi pour leur lecture, les deux étant évidemment tellement liés que c’est comme l’envers et l’endroit de la même feuille avec toutes sortes de transparences et passages. Et je puis préparer des index, des listes, des répertoires pour m’y promener à loisir.

  Pour lire aussi les textes d’autrui bien sûr. D’ailleurs dans mes propres livres que de citations ! Que de passages qui sont des citations transformées ! Tout nouveau texte n’est-il pas la transformation d’un ensemble de textes antérieurs ? Ai-je vraiment besoin de les recopier avec une technique ou une autre ? N’est-il pas possible de se mettre ensemble pour avoir une bibliothèque à disposition, C’est ici que nous débouchons sur internet.


2 le marché aux puces virtuel

  Il ne faut pas juger ce réseau sur son aspect actuel. Certes, aujourd’hui, c’est le marché aux puces. C’est-à-dire que l’on y trouve toutes sortes de choses dans le plus grand désordre, en général de mauvaise qualité. Parfois certes des merveilles, mais ce n’est pas là pour l’instant que l’on peut aller chercher ce dont on a vraiment besoin. C’est un domaine de flânerie. Mais cela ne va pas en rester là. On peut déjà y consulter des livres, de vrais livres, et donc les interroger autrement qu’avant. C’est une ère nouvelle qui s’ouvre pour la critique, c’est-à-dire la lecture.

  Si j’avais l’oreille de quelque ministre de la culture, je lui conseillerais de charger une équipe pour constituer de toute urgence un corpus aussi rigoureux que possible de la littérature française. Il faudrait non seulement tout ce qui est déjà dans la bibliothèque de la Pléïade (du moins dans ses meilleurs volumes), mais beaucoup plus. Ceci mériterait certes l’attention d’un gouvernement, car une telle présence, disponibilité, manifestation donnerait immédiatement un poids extraordinaire à la culture qui pourrait si bien s’en nourrir.


3 Balzac et la glisse


  Tous les passionnés de Balzac pratiquent le Répertoire des personnages de la Comédie Humaine établi par Ferdinand Lotte et considérablement amélioré depuis, pour “surfer” mais de manière encore lourde et lente à l’intérieur de ce texte immense. Tandis que je lis tout naïvement, je tombe sur un homme ou une femme qui m’intrigue. Je consulte l’ouvrage qui me donnera la suite des passages dispersés dans l’oeuvre qui vont constituer sa biographie. Imaginons un petit logiciel que je mets en marche en appuyant sur la lettre “R” et qui me fournira ce nouvel agencement de textes. Mais je puis avoir envie de savoir ce qui suit le passage spécialement retenu, ou ce qui le précède. Il me suffit d’appuyer sur la case “avant” ou “après”.

  La page lue apparaît alors comme la surface visible d’un ensemble feuilletable à volonté. Je puis être intrigué non seulement par un personnage, mais par une allusion. Autre dispositif : j’appuie sur la lettre “N” pour “note” , et vont défiler toutes celles des éditions savantes. Un mot m’arrête, j’appuie sur “V” pour “vocabulaire”. Je préfère réserver “D” pour “dictionnaire” à la lecture en langues étrangères.

  Les mots vieillissent et les allusions aussi. Celles qui étaient parfaitement transparentes par les lecteurs de l’époque et même encore ceux du début de ce siècle, qui ne méritaient donc pas d’explication, sont maintenant plongées dans un oubli de plus plus épais : les vedettes du spectacle ou du sport, de la politique ou du crime. Que de nos questions restent sans réponses dans les éditions les plus érudites ! Voilà que nous pouvons les poser aux spécialistes, aux chercheurs pour qu’ils améliorent, rajeunissent constamment cet arrière-texte. Même profane, le seul fait d’avouer mon ignorance me rend collaborateur de l’ensemble.

  Cette lecture nouvelle, interactive, implique une nouvelle écriture qui pourra de moins en moins se contenter du papier. Certes l’on s’enchantera de plus en plus des beaux manuscrits, des typographies splendides, des papiers fabuleux ou de ce qu’il peut y avoir de merveilles cachées dans les papiers les plus misérables, mais nous aurons besoin de manier toutes ces fonctions.

  Je puis rivaliser avec Balzac tel qu’il était lisible dans les bibliothèques traditionnelles ; encore plus excitant de rivaliser avec son actuelle lisibilité. Les récits me conduiront dans des univers pluridimensionnels, les seuls capables de représenter utilement le nôtre.

  Des passages écrits à plusieurs voix : duos ou trios comme en musique, pourront être simplifiés quand nous le voudrons. Nous suivrons la partie d’alto, ou de flûte, puis une fois leurs subtilités maîtrisées nous pourrons apprécier la polyphonie de façon nouvelle.




4 l’oreille et l’oeil du texte

  Je suis en quelque sorte tombé sur la musique. Quel progrès pour le critique de pouvoir nous montrer la partition, mais surtout de nous la faire entendre et même en plusieurs versions différentes ! Certes quel péril pour certains critiques actuels... Mais même dans la lecture du poète narrateur quels continents à explorer ! Balzac encore, dans la magnifique nouvelle Gambara il nous invite à une passionnante exploration du Moïse de Rossini. Le logiciel “P” me fournira la partition ; “M” me la fera entendre.

  Toutes les musiques “réelles” viendront en note. Mais les musiques irréelles, imaginées, impossibles, inexécutables, rêvées, celles composées ou improvisées par le musicien fou Gambara. Il faudra bien trouver des moyens de les suggérer autrement, proposant des esquisses, des bribes, des approximations, des correspondances, des plongées dans des arts différents, des métaphores.

  Critique musicale, critique d’art. Je puis passer de Gambara au Chef d’oeuvre inconnu. Dans les notes sur Pourbus, Mabuse, Poussin, je ne vais plus me contenter de quelques notions biographiques. Tous ces personnages vivent en peinture. Les CD-Rom que l’on propose actuellement sont très décevants. La publicité proclame : “tout le musée du Louvre”. En réalité vous n’avez qu’une cinquantaine de tableaux avec quelques détails peu poussés. Il faudrait non seulement une équipe de bibliothécaires pour nos explorations en réseaux, mais une équipe de conservateurs qui transcrivent les musées entiers avec tous leurs tableaux et tous leurs détails jusqu’à une précision qui dépasse celle de la meilleure loupe pour le meilleur oeil. Cela viendra.

  Les tableaux, mais aussi les films, les quelques émissions de télévision mémorables.

  Inspirés par certaines oeuvres audacieuses, on a vu il y a quelques années des récits mobiles pour enfants dans une collection intitulée Le livre dont vous êtes le héros. Il s’agit pour nous d’aborder au monde dont nous soyons les héros au lieu d’en être les victimes.


5 un peu de nostalgie surmontée pour finir

  Ceci n’empêchera nullement qu’on aille aussi voir les musées, pour retrouver les tableaux dans leur dimension, leur matière ; mais il y aura vraisemblablement moins de foule et ceux qui irons chercheront autre chose, les vrais talismans de la vue. On ira encore au concert, on jouera du piano chez soi, ce qui restera irremplaçable. Enfin on aura encore des livres en papier. Les ouvrir, les parcourir, sera un voyage dans le temps. Et il restera même quelques éditeurs aventureux et passionnés, lesquels délivrés de la recherche du best-seller, pourront participer, toujours sur le papier, à des explorations que nous n’imaginons pas encore.

  Comme dans ce passage du quatrième chant de l’Enfer , où Dante mené par Virgile retrouve dans les Limbes ou Champs Elysées les poètes pour lui les plus grands de l’Antiquité : Homère, Horace, Ovide, Lucain qui le saluent et l’accueillent comme un des leurs :

  “Après avoir conversé quelque peu ensemble,
  Ils se tournèrent vers moi en me saluant
  Ce qui fit sourire mon précepteur ;

  Et plus d’honneur encore me firent :
  ils me connectèrent dans leur réseau,
  sixième en telle intelligence.”*

  Ainsi les grands écrivains de jadis nous accueilleront non seulement dans leur richesse inépuisable, mais aussi dans leur dénuement, car nous serons toujours, et heureusement, au seuil de quelque terre promise.





  

*”Da ch’ebber ragionato insieme alquanto,
volsersi a me con salutevol cenno,
e’l maestro sorrise di tanto ;

E più d’onore ancora mi fenno,
ch’e’ si me fecer de la loro schiera,
si ch’io fui sesto tra contanto senno.”

Publication en ligne : 17 février 2009

Réagir à ce texte

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette