BRIBES EN LIGNE
i en voyant la masse aux       vu ...et poème pour   encore une rita est trois fois humble. patrick joquel vient de quando me ne so itu pe antoine simon 18 il avait accepté     extraire rm : d’accord sur comment entrer dans une cliquetis obscène des dernier vers aoi « amis rollant, de a l’aube des apaches, madame aux rumeurs toi, mésange à rêves de josué, et combien dernier vers aoi marie-hélène       le       les  epître aux (en regardant un dessin de deux ce travail vous est le coeur du À perte de vue, la houle des   pour olivier lorsqu’on connaît une       au j’ai ajouté  le livre, avec toute trace fait sens. que  hier, 17 quand nous rejoignons, en carles respunt : nous dirons donc me ce jour-là il lui       o  tu vois im font chier dans les rêves de la "mais qui lit encore le le franchissement des j’ai travaillé       sur    tu sais monde imaginal,       baie siglent a fort e nagent e       le dans le patriote du 16 mars       ce       l̵   jn 2,1-12 : madame des forêts de       retour toulon, samedi 9   d’un coté, lu le choeur des femmes de très saintes litanies ouverture de l’espace après la lecture de seul dans la rue je ris la « h&eacu l’existence n’est  martin miguel vient f le feu m’a     cet arbre que religion de josué il au commencement était pour julius baltazar 1 le       le depuis le 20 juillet, bribes au seuil de l’atelier       assis       j̵ temps de cendre de deuil de bien sûrla il existe deux saints portant dernier vers aoi et voici maintenant quelques mult est vassal carles de outre la poursuite de la mise mon travail est une v.- les amicales aventures du jouer sur tous les tableaux j’ai parlé  ce qui importe pour quand vous serez tout tout mon petit univers en le lent tricotage du paysage nice, le 30 juin 2000 « pouvez-vous exode, 16, 1-5 toute pas une année sans évoquer       reine art jonction semble enfin les durand : une       aujour       longte       le "si elle est       sous     m2 &nbs       au pierre ciel       ...mai je n’ai pas dit que le buttati ! 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      neige je suis occupé ces agnus dei qui tollis peccata antoine simon 9 mouans sartoux. traverse de f j’ai voulu me pencher ce poème est tiré du  marcel migozzi vient de       bonheu quatrième essai de         or  dans toutes les rues un jour nous avons       l̵ madame déchirée       dans       cerisi faisant dialoguer dernier vers aoi       pass&e tout à fleur d’eaula danse       apr&eg     son franchement, pensait le chef, cinq madame aux yeux je t’enfourche ma pourquoi yves klein a-t-il dernier vers aoi dans l’innocence des       pav&ea la pureté de la survie. nul le temps passe si vite, dernier vers aoi  tu ne renonceras pas. pour philippe les textes mis en ligne clers est li jurz et li       p&eacu f le feu s’est en introduction à macles et roulis photo bribes en ligne a assise par accroc au bord de dernier vers aoi   "ces deux là se j’ai changé le la vie est dans la vie. se  tous ces chardonnerets nouvelles mises en à propos des grands mougins. décembre le plus insupportable chez vous avez fontelucco, 6 juillet 2000  je signerai mon       quinze sauvage et fuyant comme       je me tout est possible pour qui  “... parler une tant pis pour eux. carmelo arden quin est une pour andré une il faut dire les et encore  dits   pour adèle et je désire un i mes doigts se sont ouverts et nous n’avons rien ce monde est semé deuxième approche de rêve, cauchemar, écoute, josué, f dans le sourd chatoiement et la peur, présente c’est ici, me station 1 : judas    de femme liseuse allons fouiller ce triangle (josué avait   pour le prochain       descen 1) la plupart de ces antoine simon 14 …presque vingt ans plus pour martin     chambre il en est des meurtrières. j’entends sonner les pour deuxième apparition  l’écriture vous dites : "un       la       parfoi l’appel tonitruant du dernier vers aoi je rêve aux gorges antoine simon 3 non, björg, passet li jurz, la noit est des voiles de longs cheveux   voici donc la c’est une sorte de bel équilibre et sa ( ce texte a  pour jean le carcassonne, le 06 l’impossible mise en ligne d’un premier vers aoi dernier   se titrer "claude viallat, je déambule et suis peinture de rimes. le texte rm : nous sommes en non... non... je vous assure, dire que le livre est une "ah ! 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Fragment d’un lexique d’une pratique du fragment
Artiste(s) : Alocco (site)

Ce texte est paru en 1995


abstraction Voir figuration et image

accroc On dirait accroc si la déchirure était faite par accrochage ; dans ce cas, l’accroc provoquerait des béances et les béances conduiraient à une pratique de la reprise. La déchirure est, dans le cas qui nous occupe, volontaire et fondatrice puisque c’est d’elle que procède le fragment et la couture qui en est le mode d’accrochage.

accrochage 1.- Selon qu’il est ou non protégé par un cadre (c’est-à-dire selon ses dimensions), le fragment de Patchwork connaît deux modes différents d’accrochage.
• 2.- Tout le Patchwork n’est en fait qu’un travail d’accrochage du fragment.

aiguille. Instrument de pénétration et de jonction. Le patchwork est un travail d’aiguille. Dans la série des Cheveux Tissés, Alocco se sert de l’aiguille comme d’une navette.

appartenance On peut avoir été Fluxus en 1965, Supports-Surfaces avant 1970 ; mais en 1980 avoir assez appris pour n’être plus ni l’un ni l’autre, mais avec l’un et l’autre et davantage, simplement Alocco (Marcel Alocco)

arlequin C’est par souci d’économie que naquit, dit-on, le costume d’Arlequin. Les fragments du Patchwork sont peut-être à la peinture ce que l’habit d’Arlequin est à la tenue de soirée.

blanc Papier, toile ou écran, les espaces sur lesquels nous disposons nos traces et nos inscriptions sont blancs. Le blanc nous apparaît donc comme une sorte de non-inscrit, de silencieux ou de vierge. Depuis la période de l’idéogrammaire, Marcel Alocco relève que ce blanc là est déjà un lieu culturel qui dit l’inscription possible porteur potentiel du “Musée imaginaire élargi” (Marcel Alocco). Optiquement parlant, le blanc est présentée comme une non couleur, et résulte de la synthèse de toutes les couleurs du prisme. Pour Virgile, dans les Géorgiques, le dieu Pan, dont on sait qu’il symbolise le Tout, est blanc comme la neige. C’est pour désigner la valeur purement culturelle du blanc qu’Alocco lui a parfois substitué le bleu et qu’il donne à la toile primitive la couleur des mèches, des cheveux et des fils récupérés dans la série des Cheveux Tissés.

bleu L’une des couleurs ainsi nommées “primaires”, parce qu’elle ne résulte pas de la synthèse d’autres... Quand on n’y voit que du bleu, c’est qu’on n’y voit pas grand chose ; il est surprenant de constater que c’est, en gros, l’équivalent de n’y voir que du feu. Le lexicographe définit le bleu comme la couleur d’un ciel sans nuage, mais il s’empresse d’ajouter que c’est aussi celle que présente la peau meurtrie, marquée par les coups ou le froid. Elle entretient aussi des rapports ambigüs avec la surprise, la stupéfaction, le dessin et la reproduction, la peur, la fraude, la cuisine, la colère et le sang. L’étymologiste sait que ce mot de bleu nous vient du francique et le philologue rappelle qu’il apparait en ancien français sous la forme bloi. Sous cette forme, d’ailleurs, le bleu est stupéfiant puisqu’il désigne aussi bien la pâleur des visages que le vert des étangs, les profondeurs de la mer et du ciel, la blondeur des blés et des cheveux. Pour Bachelard, repris par Klein, le bleu, la profondeur bleue, c’est la première chose qui apparaît juste après rien. La dominante des pièces les plus importantes de la série du Patchwork dite des “Fragments de Strasbourg” (1989) aurait été indubitablement bleue. Il conviendrait pourtant d’ajouter que les différences d’intensité du bleu auraient été déterminées par la diversité des durées d’exposition des parties de la toile aux pulvérisations. En fait chacune des pièces de cette époque serait issue de la fusion de deux toiles de départ, les fragments bleus jouant le rôle d’éléménts de liaison : après avoir placé ses marques sur la toile blanche, le peintre y aurait jeté -comme au hasard- des fragments bleus. L’emplacement du premier fragment aurait déterminé la première déchirure, et donc la première couture ; autour de quoi s’e serait organisée la donne du jeu de fragments. Par contrecoup des fragments blancs seraient venus combler les vides laissés dans le bleu par la donne. Déjà, en 1968-1969, l’Idéogrammaire tendait à remplacer le fond blanc par un fond bleu comme espace vierge. Le bleu tenait le rôle de fond, comme prenant la place du blanc. Il se serait agi encore de signifier qu’aucun fond, quelle que soit sa coloration, ne peut prétendre à la neutralité, au mutisme (voir toile-jeu)

bord 1.- Les bords de chaque Fragment sont irréguliers. Ils suggèrent ainsi sans cesse la couture. En ce sens ils sont la marque d’un rêve de l’illimité. Il est important par ailleurs de noter que la couture des fragments ne se fait pas bord à bord ce qui provoque le rétrécissement de la toile initiale.
• 2.-Le travail des bords connaît, dans la série des Cheveux Tissés, un traitement particulier : les cheveux, fils ou mèches tissés sont retenus par un cadre rudimentaire en bristol qui leur fait un bord ; l’ensemble est collé sur une feuille qui leur fait un deuxième bord ; cependant, les cheveux et les fils débordent du cadre et parfois du bord de la feuille. Ainsi entre le tissage tenu à l’intérieur du cadre et les franges comprises entre cadre et bord de la feuille se jouent des compositions plus aléatoires qui renforcent l’anthropomorphisme des structures cruciformes.
• 3. La bordure de la Toile Primitive hésite entre bord du cadre, bord de la feuille et frange. Dans notre parler médiéval, border, c’est dire des bourdes. J’ai beaucoup aimé le titre qu’il avait donné à l’une de ses expositions voici quelques années : “La peinture déborde”. (Michel Thomas 1982)

bordure Si les bords sont la limite physique des Fragments (et des fragments), la bordure en est le traitement plastique. La bordure des fragments est constituée par la couture, celle du Fragment par une bande colorée, un coup de pinceau...

briber (ou brimber) mendier. • bribe Petit déchet que l’on délaisse en raison de son peu de valeur. (voir fragment)

cadre Qu’est-ce qui peut bien servir de cadre à un rêve de l’illimité ?

cheveu. Si, sans ambigüité aucune, nous appelons plante la partie de notre corps le plus souvent en contact avec la terre, celle qui en est habituellement le plus éloignée et dont nous croyons parfois qu’elle est figure des sphères les plus hautes de l’univers, est beaucoup plus difficile à nommer. Nous disons tête, ce qui pourrait sembler fort vulgaire ; testa est en effet le nom latin du pot de terre... Autant dire cafetière. La tête a supplanté le chef... Et par un banal glissement le chef aujourd’hui au lieu de désigner un sommet physique désigne un sommet hiérarchique... Encore faut-il noter qu’il est de plus en plus pris en mauvaise part ou en dérision... Adieu le chef donc... On retrouve pourtant le chef dans le cheveu, autant dire petit chef, qui irradie du sommet à la base ... par capillarité. Adieu le chef... Voici le cheveu. Le cheveu s’est spécialisé dans la métaphore : il est une sorte de carrefour des images du corps, de l’animalité, de la végétation... Parce qu’il est poil, il est excroissance, ne tenant au corps que par ... un fil ; et avec lequel on peut, plus aisément qu’avec toute autre partie, jouer.. De poil en poil il se fait chevelure, mèche ou touffe, mettant sur un même plan les parties cachées ou intimes du corps avec la plus exposée d’entre elles. Car le lieu de prédilection du poil se trouve à la jointure entre les membres et le reste du corps. Le poil est la part la plus visible de notre fraternité avec les autres mammifères : c’est par lui que nous nous savons bestiaux, et qu’à nouveau nous nous troublons en considérant que cette bestialité n’est nulle part si manifeste que dans l’endroit que nous pensons le plus digne de notre humanité. Il faut ajouter à cela qu’avec la pousse, la broussaille et la mousse, il manifeste notre fraternité avec la terre. Mais à nouveau se lèvent les ambiguités, car si nous produisons du persil, de la mousse ou du cresson ; le poil est plante à bulbe. Les images de lutte et de deuil accompagnent volontiers les cheveux : on se prend aux cheveux, on se les fait dresser sur la tête, on s’en fait, on y a mal... Le fait d’en trouver un est incongru ou pose problème, et le couper est signe de d’une intelligence tatillonne et sans hauteur. Seuls les anges et les comètes donnent à notre usage trivial du cheveu un peu de poésie... C’est, on le sait, pour désigner des débris de boue et de glace ou des vermicelles... hélas ! Disposé pourtant en mèche ou chevelure, le cheveu transcende ses attributs de poil et se met à faire rêver. Freud prétend à peu près qu’à défaut de pouvoir aisément considérer les poils du pubis, les regarder, les caresser, les lécher, les écarter pour atteindre la peau qu’ils protègent et le sexe qu’ils cachent plus ou moins, notre désir se reporte sur la chevelure. Baudelaire l’avait dit autrement, et avant lui, autrement encore, le livre des Juges ou Homère... voyez Dalila, voyez Pénélope... Il prétend aussi que le tissage nous vient de la volonté de mettre de l’ordre dans le désordre des poils et que cette mise en ordre est le fait des femmes.... Si l’on ajoute à cela que le pinceau n’est après tout qu’un mode d’assemblage de poils, la peinture leur devrait ses deux outils les plus importants, selon les deux grands principes, mâle et femelle. Dans l’oeuvre d’Alocco, le travail l’usage de cheveux commence dans le courant de l’année 1995 et semble prendre la suite de la grande série des Patchworks, et des effilages et détissages de la série. Après avoir défait la toile et l’image, le peintre semble remonter à l’origine du tissage pour la faire et poser d’emblée dans la toile se faisant les problèmes qu’il traite dans le patchwork : couleur, image, sens, contenu sémantique, limite, tension/détension, châssis, cadre, encadrement, composition, limites... Comment regarder sans frémir un travail de cheveux après Auchwitz ?

composition 1.- Tout le problème des Fragments du Patchwork tient dans la composition.
• 2.- Peindre en Patchwork, c’est démembrer une composition initiale.
• 3.- Peindre en Patchwork, c’est composer (avec) des fragments. (voir aussi bleu et jeu).
• 4.- Peindre en Patchwork c’est partir à la recherhe d’une composition incertaine où la multiplicité des points d’accrochage déstabilisant le regard, oblige au manège des yeux jusqu’au vertige.
• 5.- Peindre en Patchwork, c’est chercher la maîtrise symbolique de nos espaces éclatés.
• 6.- Dans les Cheveux Tissés la composition se fait par les jeux internes du tissage, par les rapport entre tissé et cadre, par la disposition des franges, par le rapport entre cadre de tissage et feuille et présentation, par la disposition des prénoms des donatrices sur la feuille.
• 7.- C’est à juste-titre que l’on reconnaît la qualité d’un acteur à sa capacité à composer, c’est à dire à faire croire qu’il est le personnage de l’habit qu’il porte... Mais savoir composer n’est, peut-être, après tout, qu’être capable de secréter les habits que l’on porte. (voir aussi Arlequin)
 
couleur 1.- Généralité : sur la toile initiale les modes de coloration sont variés. Ce qui les caractérise c’est la distance : Marcel Alocco colore sa toile en se tenant le plus éloigné possible. D’où la profusion de travaux avec cache et bombes.
• 2.- La toile initiale est à considérer comme matériau semi brut. Le travail de coloration, comme celui de composition, est en fait dévolu au patchwork des fragments. C’est aux moments de la déchirure des fragments et de la couture que se fait l’investissement physique dans la couleur.
• 3.- Nuance : La coloration de la toile initiale n’est distancée que dans la perspective de la fragmentation. L’hypothèse serait que moins la fragmentation est grande moins la coloration est médiatisée, que plus on fragmente plus on prend des distances avec les modes de coloration.
4.- dans la toile primitive la coloration de la toile naît de la couleur de ses constituants (fils récupérés et cheveux).
 
couture 1.- Mode d’assemblage de matériaux souples. La couture est le mode d’assemblage le plus approprié des morceaux de tissu. C’est par la couture que les fragments, s’ils ne consituent pas forcément une unité, évitent la dispersion.
• 2.- Le résultat de ce mode d’assemblage. La couture, dans les Fragments du Patchwork, ne se cache ni ne se masque. Elle ramène grossièrement les bords de chaque fragment l’un contre l’autre et, en les unissant, produit un relief (boudinage ou cicatrice). La couture est d’autant plus présente que le fragment est plus petit ou que la toile initiale est plus colorée. Chez Marcel Alocco, la couture souligne la présence et la conscience du tissu, cette conquête de l’humanité. (Michel Butor)
• 3.- Dans le patchwork, la couture est un mode inédit de coloration et de composition.
• 4.- Au fur et à mesure qu’elle ramène du tissu, la couture réduit la taille de la toile initiale. Elle impose ainsi, dans le Fragment, des fragments complémentaires (pièces rapportées).
• 5.- On dit ainsi, de façon piquante, "peinture à l’aiguille".
• 6.- Au plan symbolique le Fragment cousu apparaît comme couturé.

débris Le débris est le résultat d’une brisure. (voir fragment)

déchet Le déchet se situe entre chute et déchéance. (voir fragment)

déchiqueter Certaines des déchirures des zones bleues des Fragments de Strasbourg sont obtenues par l’action de déchiqueter. L’étymologiste en attribue la paternité à l’ancien français eschiqueter : découper en cases comme un échiquier (voir jeu).

déchirer L’étymologiste prétend que notre déchirer vient du francique skéron, faire une blessure, causer une vive douleur, troubler, émouvoir cruellement.
• déchirure La déchirure est une mise en morceaux. A la différence de l’accroc, elle résulte d’un acte volontaire. Il est important de préciser que déchirer se fait à mains nues : ainsi est sollicité un effort musculaire engageant le corps dans la masse de tissu. Si la déchirure désigne la rupture particulière faite en déchirant, l’action elle-même se nomme déchirement. Déchirer ne s’applique donc qu’à des matériaux souple, singulièrement aux tissus dont le déchirement suit forcément le fil qui constitue la fragile armature de ce qui est tissé. En morcelant la toile initiale, le déchirement morcelle images, couleur, composition. De ce point de vue déchirer ne manque pas de violence, et peut conduire au désordre et à la désorganisation, au moins à la destructuration. Le Patchwork n’a pas de centre, mais une multiplicité de centres mobiles. (Michel. Giroud, 1980)
• déchirement Terme du critique pour parler de la déchirure et en faciliter la métaphorisation.
• déchirage néol. vraisemblablement sur le modèle de “déchiffrage”. Travail sur le déchirage du tissu. Ni découpure, ni déchirure. Car il n’y a ni ciseaux ni accroc. (Michel Butor)

déstructuration Il est clair qu’une destructuration met forcément en vue la structure même qu’elle met en cause.

détissage Le détissage est, avec la déchirure l’une des deux grandes modalités de destructuration de la toile. C’est la plus radicale des déconstructions, les fils de chaîne étant séparés de la trame. L’image fondatrice du détissage est celle de Pénélope. Elle mêle, subtilement, les parcours dans l’espace géographique et dans celui de la toile, partir et faire, revenir et défaire, départ et lumière, retour et nuit, vanité du travail et fidélité conjugale, constitution d’espace et temps qui passe, déconstruction et suspension du temps. Mais Pénélope faisait elle-même ce qu’elle-même défaisait.

détournements techniques Faire oeuvre, ce n’est pas employer des outils selon des procédures connues pour produire des objets prévus, mais utiliser ou construire des outils en vue des procédures les plus aptes à produire les imprévisibles objets de notre infinie mise au monde.

détritus Etat d’un objet après usure complète (voir fragment)

dimension Le Patchwork se donne les moyens d’esquiver le problème de la dimension qui se posent toujours dans les Fragments et les fragments. Dans les Fragments, le problème de la dimension est posé en termes de temps tandis qu’il se pose en termes de rapport du corps à l’espace, et en capacité de déchirure du matériau, dans les fragments. A ces données principales, il faut ajouter la question d’échelle de reproduction des images vraisemblablement liée à celle des déplacements du corps dans l’atelier autour de la toile.

dispersion 1.- Terme de balistique qui concerne l’action par laquelle le pigment est propulsé par une bombe définissant un impact différent selon deux paramètres : l’inclinaison de la bombe, et sa distance par rapport au point d’impact.
• 2.- C’est par dispersion que le blanc se décompose en prisme.
• 3.- l’un des effets de la déchirure et du détissage est la dispersion des traces.
• 4.- La dispersion est l’une des dimensions de l’esthétique du fragment.

Don. Mèche Donateur, trice. Traditionnellement, le donateur est le commanditaire de l’oeuvre dans laquelle il se fait le plus souvent représenter dans une attitude de prière. Dans la série des Cheveux tissés, les donatrices figurent dans l’oeuvre à la fois par les cheveux qu’elles ont donnés, par leur prénom et par l’initiale de leur nom.

donne Distribution qui doit, pour être honnête, demeurer aléatoire.

dripping 1. L’une des techniques qui permet d’écouler des surplus de stock.
• 2. cartographie de la main baladeuse.
• 3. emblème de la peinture moderne, se retrouve comme tel dans le Patchwork.
• 4. trace involontaire que le peintre laisse, quand, debout sur sa toile, il hésite avant de donner un coup de son pinceau gourd.
 
école de Nice 1. Une approche acceptable serait de dire qu’il s’agit d’un mouvement de novation artistique non parisien et que ce que l’on appelle l’Ecole de Nice, n’a pas été une Ecole et ne s’est pas limité à Nice. Ce qui n’empêche nullement de très estimables personnes de s’en réclamer, de non moins estimables de refuser d’y être attachées. On dit même que ce mouvement affecte le milieu artistique niçois.
• 2. A mettre sur la carte de visite. Donne un petit air d’avant-garde acceptable. • 3.- Marcel Alocco est le premier peintre de l’Ecole de Nice dans l’ordre alphabétique.
 
économie 1. Travailler à l’économie, c’est le faire sans gaspiller la marchandise, en récupérant les bribes, débris, déchets et fragments et sans produire de détritus.
• 2. Dans le procès de la distribution, l’économie est le pendant dialectique de la donne.

écriture A la théorie selon laquelle, dans l’hominisation, l’objet a produit l’outil qui a produit la trace qui a produit le signe verbal qui a produit l’image qui a produit le signe écrit (et à ses variantes combinatoires), on peut valablement opposer cette autre selon laquelle à une étape donnée de la formation de l’homme existent , plus ou moins différenciées, toutes les fonctions nécessaires à la production des objets, et du sens qui permet que cette production se fasse et que s’établisse la circulation des produits. Les outils australopithèques, par exemple, supposent une organisation sociale, une mémorisation collective, une transmission de l’information ; ils sont en même temps les objets véhiculant tout le sens possible de cette organisation. Ils remplissent à la fois le rôle d’outil et celui de trace sémantisable d’une information de la même façon que les “peintures” du paléolithique fonctionnent à la fois comme le font nos images et comme le font nos textes. L’origine de l’écriture se confondrait alors avec celle de la peinture, du travail, du langage et de l’organisation sociale. La peinture est l’un des lieux de fabrication de l’écriture. (voir Idéogrammaire, image). Dans la fascination d’un blason ontologique fabriqué, Alocco expérimentait notre condition corpusculaire ondulatoire, notre impasse mentale de bête dessinée-dessinante, une espèce d’occupation de l’espace par la masse profil. A sa façon, il envisageait la peinture. (Michel Vachey, 1984)

effilage Quand le détissage conserve le souvenir du tissu, l’effilage le perd ; il correspond ainsi à la volonté de maîtriser une usure, ou d’accélérer au profit d’une production d’objet, l’action du temps sur le tissu.

effilochage L’action d’effilocher parait plus violente que celle d’effiler. L’effilage conduit plus volontiers à la frange et l’effilochage à la charpie.

espace 1. Dire : "la peinture" c’est parler d’une discipline constituée proposant, à qui veut "être peintre", des espaces matériels pré-fabriqués qui sont autant de pré-fabrications symboliques de nos espaces physiques, autant d’espaces sémiotiques préétablis. En ce sens travailler sur une toile blanche c’est travailler sur un espace préétabli du sens. Peindre en Patchwork ce serait alors se figurer en peintre refusant les espaces reconnus et, matériellement, comme symboliquement, construire les espaces inédits d’un développement inédit de la peinture.
• 2. Si le Patchwork introduit un espace différent dans la peinture c’est par rupture d’un espace antérieur préalablement investi. En ce sens, ce qui fait espace dans le Patchwork c’est la déchirure.
• 3. C’est dans au moins quatre de ses dimensions que le patchwork fait espace : matérielle ou physique, symbolique, sémiotique, affective. Dans chacune de ses dimensions sont mis à contribution la toile, la couleur, la composition, l’image dont les changements sont dus aux permutations des fragments de l’espace de la toile initiale.
• 4. Dans les fragments de 1989 les permutations d’espace sont à la fois systématisées et simplifiées par les transferts de bleu et blanc.

équevilles Se dit, dans certaines régions, pour les déchets de table laissés sur le bord de l’assiette... Ces déchets de bouche sont les résidus de la mastication du Patchwork. (voir fragment et débordement).

figuration Voir image et abstraction

fil. On distingue deux sortes de fils dans le travail Alocco : le fil ajouté et le fil récupéré. On appele fil ajouté celui de la couture dans la technique du patchwork ; on appelle fil récupéré le fil de chute des déchirures ou le fil issu des effilages. Le fil récupéré est toujours réintégré dans l’oeuvre (cf économie) sous la forme du tricot ou de la tresse dans la série des patchworks ; on peut encore retrouver des fils récupérés des effilages antérieurs dans la série des Cheveux Tissés.

fluxus Dire “Fluxus”, c’est dire “A vos souhaits”. J’y ai appris et peu contribué : plus appris que contribué. (Marcel Alocco). A l’occasion de sa participation à ce mouvement, dès ses premières manifestations niçoises, Alocco découvre-explore la fragilité des frontières.

fond 1.- Couche de peinture qui, croit-on, vient masquer la toile alors qu’en fait, elle en occulte l’enduit.
• 2.- Du travail des fonds dépendent les effets de surface.
• 3.- Dans l’Idéogrammaire le bleu permet la remontée du fond.
• 4.- Dans la toile initiale, les images peuvent provenir soit de traces colorées portées sur le fond, soit de la mise en réserve du fond, dans ce cas leur fonctionnement est analogue à celui que l’on nomme, dans les systèmes informatiques, une tâche de fond.
• 5.- Le fond, parce qu’il est à l’origine du fondement, jouit, dans nos contrées de sérieux et de raison, d’une très belle réputation.
• 6.- Au fond, Alocco est-il peintre ?
• 7.- On peut dire d’Alocco qu’il est un peintre de fond, comme l’on parle d’un coureur.
 
fragment 1.- On appellera fragment chaque morceau issu de la déchirure de la toile initiale.
• 2.- On appelera Fragment, la réunion (provisoire ?) d’un ensemble de fragments.
• 3.- Le fragment entretient avec le bord un commerce déchirant.
• 4.- Le Patchwork est constitué de l’ensemble des Fragments.
• 5.- Le titre de l’exposition de Strasbourg en 1990 était : “Stratégie des Fragments” cela indique-t-il qu’il y a un jeu ou un combat ? (Marcel Alocco) •
6.- Dans l’Idéogrammaire, chaque toile est présentée comme une page, les expositions comme les chapitres d’un livre en construction.
 
gestualité 1. Il convient de ne pas confondre gestualité et gesticulation.
• 2. Sans gestualité pas de sismographie (voir aussi dripping).
• 3. Quand on a mis en cause la capacité de la peinture à présenter aux regards la réalité des objets, elle a superbement répondu en montrant qu’elle pouvait au moins noter la réalité de ces objets fugaces que sont nos propres mouvements.

idée de eidos : image insensé Voir sens. Qui perd son (ses) fil(s). Comment la peinture peut-elle encore faire sens ? (Marcel Alocco 1966). Je vois dans cet itinéraire insensé une permanente et obsessionnelle quête de la présence imaginative. (Egidio Alvaro 1974)

image 1. Toute perturbation affectant un plan.
• 2. Autant que des fragments de toile, le Patchwork, parce qu’il prend sa source dans le déchirement de la toile initiale est constitué des coutures des images déchirées.
• 3.- toute perturbation affectant le plan culturel.
• 4. idées suggérées par le mot : peinture, Matisse, art, icône, sigle, graphème, culture, bande dessinée, rupestre, figure.
La grammaire de l’idéogramme est la combinaison de deux ou plusieurs choses, en fonction de l’accord sonore, qui peuvent aussi révéler des accords réels. (Daniela Palazzoli, 1967)

jeu Déchirer régulièrement la toile à dominante bleue (en carrés comme de cases d’un échiquier). Conserver un certain nombre de carrés bleus à la manière d’un paquet de cartes. Se poster au dessus de la partie à dominante blanche. Jeter une carte. L’emplacement de la première carte détermine les lignes de force de la première déchirure et donc des première couture. Jeter une à une chacune des cartes : leur emplacement détermine chaque fois déchirures et coutures dont les bornes, de plus en plus resserrées sont imposées par la déchirure-couture antérieure.

limites, frontières, encadrement Encadrement et frontière symbolique. • Encadrement et affirmation d’une identitité, d’une différence. Il faut cependant garder en mémoire que, dans chaque Fragment du Patchwork, les limites des 4 cotés des fragments sont marquées par la coutures sauf pour les fragments de bord (3 cotés cousus dont deux en partie au moins) qu’il s’agisse des bords extérieurs, ou du bord à l’intérieur du Fragment quand y apparait un vide, et pour les fragments d’angles (2 cotés cousus au moins en partie). La limite du Fragment se marque par l’absence de toute intervention et par le risque de l’effilochage, elle appelle ainsi doublement la couture absente, et inscrit dont doublement le Fragment dans le Patchwork virtuel. Travail donc, d’illimitation -le Patchwork est potentiellement sans fin - ce pourquoi n’en peuvent être montrés que des fragment (Gérard Durozoi, 1986). Incertitude des frontières... fussent-elle symboliques. Les bords appellent le débord. Peinture qui déborde : peinture de contrebandier.

liquide. La peinture se fait dans des environnements liquides ; on peut la dire achevée quand les liquidités ont disparu ; on parle alors de peinture sèche. Le séchage se poursuit jusqu’au craquelage et à l’effritement. Il est vraisemblable que l’émotion naisse du heurt entre le sepctacle de ce qui s’effrite et le souvenir des humidités perdues.

noeud. 1.- Permet d’unir et de solidariser les éléments de la mèche, ou de la touffe.
• 2.- forme du lieu de rupture entre les éléments numéro. Les fragments du patchwork sont numérotés dans l’ordre chronologique de leur production. Quelques études ont cependant échappé à cette numérotation. • La numérotation des fragments va de 1 (1974) à 676 (mars 1995). La numérotation repart de 1 avec la série des Cheveux Tissés.

oeuvre En Italien : “Opera”, ce qui, plus qu’en Français, suggère une totalité.

peigne. 1.- Instrument qui permet de remettre de l’ordre dans une chevelure
• 2.- en part. instrument qui permet de mettre de l’ordre dans les fils de chaine après l’effilage
• par anal. outil de peintre.

peintre Dans notre cas : Alocco. Le matériau peinture ne fait pas plus le peintre que la colle ne fait le Collage. Un peintre se fait par la problématique dans laquelle il s’inscrit.

peinture terme désignant à la fois un domaine, un acte, un médium, une matière, un type d’écrit, et un produit.
Faire de la peinture : réaliser des objets reconnaissables comme appartenant au domaine, en disposant les bons matériaux, de la bonne façon. (bon est ici utilisé dans son sens de “conforme à l’usage établi”). Faire la Peinture : autre façon de dire “piétiner l’usage établi”. La méthode d’Alocco est en perpétuel renouvellement puisqu’elle crée elle-même de nouvelles situations. (Catherine Millet)

pinceau. du lat. penicillus, dim. de penis, “queue”.

prénom. 1.- terme par lequel s’identifie l’individu au sein d’une famille. •
2.- Dans les Cheveux Tissés forme sous laquelle apparaissent les donatrices des cheveux.

quinze. Nombre des fragments du Patchwork exposés au Centre d’Arts Plastiques de Royan de février à mai 1995

pulvérisation mys. Souvenir de nos origines

quarantième Titre de l’exposition au musée d’Art Moderne de Nice, en référence au nombre d’expostions personnelles réalisées. Les exploits des nos navigateurs ont fait connaître ce qu’il en est des quarantièmes sur notre planète ; la psychologie primaire glose beaucoup de son coté à propos du cap des quarante ans. Nos mythologies sont pleines de 40 jours et de quarante années.

rhapsodie La rhapsodie est à l’ode ce que le patchwork est la peinture

récupérer Retrouver des pertes (voir aussi bribe, débris, déchet, équevilles, fragment)

recycler Filet, tricot, franges, tresses, bobines, vitrines

regardeur Protagoniste de la construction du regard.

seize. (16) ou nombre d’éléments du fragment 666.

sens Voir insensé. Le sens est une question de fil. toile coupée, au sol, fragments mêlés, d’où peintures insensées pour que la peinture fasse sens. (Marcel Alocco 1974)

Six cent soixante six. (666) 1.- Nombre de la bête dans l’apocalypse de Jean.
• 2.- numéro de référence du patchwork multiple intitulé "16 fois Adam et Eve" ; et destiné au tirage de tête de l’ouvrage de Gilbert Lascault "Arlequin"
 
Six cent soixante seize (676). 1.- Nombre de fragments du patchwork en mars 1995.
• 2.- Numéro du dernier fragment de patchwork réalisé en mars 1995
 
supports-surfaces Groupe constitué comme tel en 1970.
• Groupe constitué comme tell, et recouvrant (masquant, enterrant, occultant) les éléments de son archéologie : creuser pour faire surgir les fondements. Marcel Alocco fait partie des gens qui ont contribué au mouvement sans avoir adhéré au groupe. (voir appartenance)

temps Le Patchwork est une pratique du déplacement et de la fusion des temps : temps de travail, temps personnels, temps historiques. Les différences d’investissement de temps apparaissent très nettement dans les divers procédés employés : utilisation de tissus industriels portant plus ou moins de traces, employés ou non (notamment employés dans l’atelier), marquage de la toile par la fulgurante action des bombes, ou par le travail dérivé de l’empreinte, usage ou non de pochoirs, industriels ou personnels, déchirure, couture, effilage... Ainsi les transferts de fragments de toile (d’espace) sont la figure aussi bien de transferts de sens que de temps.

Il existe trois modes particuliers d’investissement du temps de travail personnel dans l’oeuvre d’Alocco : la couture, l’effilage et le tissage. Comme si la tendance du travail était de passer de plus en plus de temps sur des espaces de plus en plus réduits.

tessiture. Condition d’un tissage. texte. Résultat d’un tissage. tissage. La technique du tissage résulte d’un entrecroisement de fils de trame et de fils de chaine. Si l’entrecroisement peut être circulaire, il est plus plus aisément rectiligne, l’économie du croisement tendant à l’orthogonalité. Du point de vue pratique, on désigne comme trame les fils que l’on fait passer dans la chaîne. La trame est donc constituée des fils voyageurs que conduit une navette ; on comprend que, trois années durant, le rêve des nuits de Pénélope se matérialise par le retour de la navette qui, défaisant la trame du suaire, rend aux fils le désordre de leurs origines... Dans les Cheveux Tissés se fait jour la recherche d’une utopique Toile Primitive.

tissu. Par un beau renversement linguistique, le mot “tissu”, devient volontiers la métaphore de ce dont le tissu est métaphore. C’est par exemple par référence au produit du tissage que l’on parle des tissus physiologiques ; la langue rend ainsi son origine au tissu, image indolore de la peau.

toile 1. Tissu dont la simple armure est faite de fils.
• 2. Fausse muette de la peinture (voir bleu et blanc).
• 3. tableau achevé.
• 4.- dans la toile primitive la coloration de la toile naît de la couleur de ses constituants (fils récupérés et cheveux).
• 5. dans le Patchwork il faut distinguer les états suivants de la toile :
- a. Coupon de coton ou de lin au moment de l’achat.
- b. Format du coupon sur lequel vont être disposées les traces.
- c. Toile initiale : le format de coupon une fois les traces disposées.
- d. fragments : résultat du déchirement de la toile initiale.
- e. Fragment : résultat de la couture des fragments.
- f. Patchwork : l’ensemble des Fragments formant une virtuelle totalité.
• 6. Perdre ou retrouver son fil. Dans la toile simple, chaîne et trame ne peuvent plus se différencier dans un fragment sans lisière. D’où l’insensé... (Marcel Alocco 1993).
• 7. C’est à un fil, repère et figure d’un déplacement dans un espace clos et incertain, qu’Ariane confia le salut de Thésée. Peut-être s’y perdit-elle. Sauvé par un fil, Thésée perdit son père pour une couleur de toile.
• 8. Toile primitive : dans les Cheveux Tissés, le peintre est à la recherche de la Toile Primitive.
• 9. Salut à l’araignée ! c’est au travers de sa toile que les lièvres adressent leurs prières à l’arc en ciel.

treize Nombre des fragments exposés Musée d’Art Moderne et contemporain de Nice lors de la “Quarantième”. Le nombre des Fragments exposés dépend des dimensions et de la configuration de la salle, ainsi que des jeux que s’y livrent lumière artificielle et lumière du jour. La treizième revient, c’est encore la première/ Et c’est toujours la seule... (Gérard de Nerval)

tricoter Manière particulière de passer de 2 à 3 dimensions.
•Manière particulière de passer du continu au discontinu.
•technique par laquelle il arrive que le patchwork intègre les fils récupérés de la toile lors de la déchirure.

vingt trois. nombre de fragments de la série des Cheveux Tissés au 13 octobre 1995

Publication en ligne : 10 novembre 2007

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