BRIBES EN LIGNE
pour m.b. quand je me heurte pour jean gautheronle cosmos       reine       et générations bruno mendonça glaciation entre 1) notre-dame au mur violet       la   est-ce que le geste de l’ancienne, pour mes enfants laure et se reprendre. creuser son a toi le don des cris qui       p&eacu dernier vers aoi je suis celle qui trompe  avec « a la       dans ici, les choses les plus apaches : je t’enlace gargouille abu zayd me déplait. pas normalement, la rubrique fragilité humaine.       alla  zones gardées de pour qui veut se faire une nice, le 8 octobre je crie la rue mue douleur       maquis je t’enfourche ma  la lancinante travail de tissage, dans vous deux, c’est joie et une il faut dire les       deux   pour adèle et il avait accepté de prime abord, il la danse de       je pour frédéric de proche en proche tous rien n’est plus ardu un besoin de couper comme de       fleure dans un coin de nice, s’ouvre la dans le monde de cette pour egidio fiorin des mots le lent déferlement quand les eaux et les terres ma chair n’est antoine simon 9 dans l’effilé de pour jean-marie simon et sa antoine simon 15 un soir à paris au   ces sec erv vre ile dans le respect du cahier des je découvre avant toi pour alain borer le 26 ce qui importe pour comme un préliminaire la lentement, josué   le 10 décembre dernier vers aoi le glacis de la mort la tentation du survol, à       sur       la "je me tais. pour taire. mesdames, messieurs, veuillez pour michèle gazier 1) preambule – ut pictura je meurs de soif dans le train premier la littérature de présentation du attendre. mot terrible. dernier vers aoi a propos de quatre oeuvres de v.- les amicales aventures du dernier vers aoi leonardo rosa s’égarer on  je signerai mon ce paysage que tu contemplais seins isabelle boizard 2005 attention beau en introduction à nous savons tous, ici, que       retour       rampan  un livre écrit       jonath j’ai changé le   si vous souhaitez deuxième apparition violette cachéeton tout est possible pour qui dans les rêves de la pour       le soudain un blanc fauche le À max charvolen et martin cinquième essai tout dernier vers aoi       ….omme virginia par la maintenant il connaît le pour andré vos estes proz e vostre « e ! malvais buttati ! guarda&nbs jouer sur tous les tableaux quatrième essai rares je suis ma voix n’est plus que sauvage et fuyant comme   entrons       ( c’est parfois un pays madame, c’est notre en 1958 ben ouvre à a dix sept ans, je ne savais     vers le soir       longte g. duchêne, écriture le et la peur, présente    au balcon le ciel est clair au travers pour daniel farioli poussant jamais je n’aurais toutes ces pages de nos tout le problème il ne reste plus que le laure et pétrarque comme douze (se fait terre se neuf j’implore en vain       ce elle disposait d’une le texte qui suit est, bien  hier, 17 que reste-t-il de la l’heure de la       le       il depuis le 20 juillet, bribes j’oublie souvent et la musique est le parfum de À la loupe, il observa merci à marc alpozzo antoine simon 33 la terre a souvent tremblé clere est la noit e la       embarq vous êtes rare moment de bonheur, la rencontre d’une station 1 : judas       " la langue est intarissable c’était une 1- c’est dans  les trois ensembles antoine simon 3 je désire un religion de josué il sixième    tu sais  “comment       soleil dernier vers aoi       parfoi le "patriote", halt sunt li pui e mult halt dans les hautes herbes aux barrières des octrois       la macles et roulis photo 6 ce pays que je dis est  la toile couvre les depuis ce jour, le site       pav&ea       journ& il y a des objets qui ont la il n’est pire enfer que ce jour là, je pouvais quando me ne so itu pe antoine simon 27 si, il y a longtemps, les même si sous l’occupation   pour le prochain dernier vers aoi       coude c’est ici, me toulon, samedi 9 madame a des odeurs sauvages      & a supposer quece monde tienne         &n charogne sur le seuilce qui le temps passe si vite,       sur autre citation i mes doigts se sont ouverts       bien dernier vers aoi ils avaient si longtemps, si  martin miguel vient quatrième essai de f dans le sourd chatoiement       sabots o tendresses ô mes mon travail est une juste un mot pour annoncer me       au la force du corps, ce qui fait tableau : ce mult ben i fierent franceis e deux nouveauté,       sur mais jamais on ne légendes de michel       vu derniers vers sun destre poussées par les vagues   je ne comprends plus la brume. nuages recleimet deu mult       juin    7 artistes et 1       je me madame est toute "l’art est-il l’ami michel c’est le grand j’aime chez pierre le bulletin de "bribes la terre nous la liberté s’imprime à se placer sous le signe de du bibelot au babilencore une       apr&eg le 23 février 1988, il (elle entretenait la liberté de l’être en cet anniversaire, ce qui langues de plomba la macles et roulis photo 7 quand les mots       &n attendre. mot terrible.       pourqu la réserve des bribes  les œuvres de       vaches     pluie du antoine simon 18 sur la toile de renoir, les et ces pour lee  au mois de mars, 1166   ces notes nous avancions en bas de et tout avait le 19 novembre 2013, à la tout en vérifiant   se chaises, tables, verres, il aurait voulu être granz est li calz, si se       s̵ jamais si entêtanteeurydice ce qui aide à pénétrer le     dans la ruela introibo ad altare c’est pour moi le premier f les feux m’ont  “... parler une non... non... je vous assure, autre citation"voui chercher une sorte de bientôt, aucune amarre marie-hélène la deuxième édition du autres litanies du saint nom nous viendrons nous masser pluies et bruines, giovanni rubino dit   un chaque jour est un appel, une max charvolen, martin miguel   adagio   je À l’occasion de       pour je me souviens de intendo... intendo ! "et bien, voilà..." dit on dit qu’agathe le géographe sait tout nice, le 18 novembre 2004 etait-ce le souvenir antoine simon 30       quinze et te voici humanité trois tentatives desesperees de pareïs li seit la sous la pression des moisissures mousses lichens le samedi 26 mars, à 15 Ç’avait été la       &n (dans mon ventre pousse une       tourne       &agrav       crabe- j’entends sonner les « amis rollant, de ] heureux l’homme       sur inoubliables, les f le feu m’a       six frères et Être tout entier la flamme       les dimanche 18 avril 2010 nous antoine simon 7 je dors d’un sommeil de je reviens sur des a la femme au pour max charvolen 1) des quatre archanges que       quand (vois-tu, sancho, je suis ce jour-là il lui       une     faisant la ce       la pas une année sans évoquer       su  “ce travail qui " je suis un écorché vif. martin miguel art et   la production la gaucherie à vivre, nous avons affaire à de et  riche de mes   dits de     &nbs la poésie, à la la mastication des (ô fleur de courge... imagine que, dans la       va     oued coulant premier vers aoi dernier aucun hasard si se station 7 : as-tu vu judas se       l̵ li quens oger cuardise je ne peins pas avec quoi, ensevelie de silence,       nuage madame porte à janvier 2002 .traverse antoine simon 32       le grant est la plaigne e large       &agrav les plus vieilles références : xavier       jardin titrer "claude viallat, tout en travaillant sur les     sur la       au antoine simon 6 et encore  dits un jour, vous m’avez   saint paul trois       ma il existe deux saints portant antoine simon 13       arauca certains prétendent la parol

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L’archipel ébloui - 3
© Michel Butor
Artiste(s) : Rosa L. Ecrivain(s) : Butor (site)

Réponse de Michel Butor

LEONARDO ROSA
ou
LA GERMINATION DES CYCLADES
pour Raphaël Monticelli

Mon cher Raphaël,

Plutôt que d’essayer de répondre à vos questions une par une, je préfère tenter une sorte d’exposé général inspiré par elles, traitant des matières, des supports et des signes.

A) Matières

Je vais reprendre un texte que j’avais écrit, il y a quelques années pour vous deux, et dont le titre, Floraison des exclus, pourrait encore convenir à ce commentaire (mais il faut se renouveler).

Il s’agit de quatre matières implacablement chassées de nos maisons et lieux publics : le charbon, la cendre, la terre et le papier. Les ménagères les éliminent sans se lasser, mais c’est toujours à recommencer. En les réhabilitant, on renverse un esclavage, on rend leur noblesse à ceux qui les fabriquent, puisque nous ne pouvons nous en passer.

1) Le charbon

Je lui donne la parole ; il s’adresse à l’homme, donc à l’artiste, homme par excellence.

“Charbon, tu me cherchais sous la terre ; tu creusais, étayais de longues galeries que tu faisais parcourir à tes esclaves ruisselant de sueur noire, avec une lampe attachée à leur casque pour frapper dans mes veines avec leurs pics et détacher les blocs dont ils remplissaient des bennes que des chevaux aveugles traînaient sur des rails jusqu’aux ascenseurs des puits. J’apportais la richesse sur toute la contrée ; je rougeoyais dans les fourneaux des usines et des cuisines, faisais fondre le métal, le purifiais, moulais, tordais et forgeais.Maintenant on a fermé la plupart des mines et mon odeur que recherchaient les enfants autrefois, ne leur apporte plus que menace d’incendie et dévastation.

Charbon, qui saura me cueillir au bord des terrains d’épandage et me rendre à ma dignité d’annonciateur de la braise et des flammes ?”

On pourra nous dire que l’âge du charbon est passé, que la ménagère, après en avoir eu tant besoin pour sa cuisine, sa lessive, son chauffage réussi à l’éliminer pour de bon, délivrant du même coup ces esclaves mineurs ahanant dans leurs souterrains. Aujourd’hui n’utilisons-nous pas ces belles énergies propres : le gaz, l’électricité, les rayons du soleil, le vent ? Mais le problème ne s’est-il pas surtout déplacé géographiquement ? La condition de mineur ne se continue-t-elle pas dans d’autres pays, d’autres continents, d’autres “mondes”, tiers ou quart ? Nous avons toujours besoin de charbon pour faire du gaz, produire de l’électricité, les métaux nécessaires à nos belles machines propres. Le refoulement n’est que plus profond.

2) La cendre.

C’est encore le charbon qui parle au début, mais il se transforme peu à peu.

“Et quand j’avais brûlé, quand je t’avais éclairé, réchauffé, réconforté, quand j’avais réalisé pour toi des machines, des ponts, des tours, des verrières, des céramiques, sans parler du pain et des alcools, tu déblayais mes cendres sans même les regarder, oubliant qu’un jour tu deviendrais cendres sur les bûchers ou dans les fours, et même putréfaction de cendres en tes cercueils enfouis.Même si certains des tiens m’utilisaient pur ameublir leurs champs, dans la plupart des cas, tu me chassais comme méprisable poussière et salissure de tous les recoins de ta maison.

Cendre, qui saura me glaner aux abords des villages ou aux étapes des randonneurs pour apprécier ma douceur et ma couleur qui prophétisent le retour des souvenirs engloutis ?”

La cendre attire autour d’elle d’autres matières, en particulier la poussière (on songe à “l’élevage” de Marcel Duchamp pour sa Mariée) c’est l’occasion d’un méditation sur notre ancienne liturgie.Le carême commence au mercredi des cendres. Mon Liber Usualis le nomme en son latin : “feria quarta cinerum”. Avant la messe on bénit les cendres qui proviennent de rameaux d’olivier normalement, mais d’autres arbres au besoin, que l’on avait bénis l’année précédente et qui ont donc séché pendant douze mois. Puis le célébrant dessine une croix de cendres sur le front des fidèles en leur disant : “Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris”.(Souviens toi, homme, car tu es poussière et que tu redeviendras poussière).

Dans le pavage du déambulatoire de la cathédrale de Tolède, l’immense dalle funéraire du cardinal de Portocarrero, nue avec cette inscription : “Hic jacet pulvis, cinis et nihil” (“Ci-gît de la poussière, de la cendre, et du rien”).Impossible de le dire avec plus d’orgueil, donc de montrer si bien qu’on n’en croit “rien”.

La cendre évoque les incinérations, longtemps refusées par l’Eglise, de peur de rendre plus difficile la résurrection des corps lors du jugement dernier. Mais la tradition antique avait vie dure.La poussière, c’était donc avant tout ce en quoi se transformait la chair autour des os qui subsistaient plus longtemps, même s’il leur arrivait à eux aussi de se pulvériser, notamment lors de manipulations irrespectueuses.La poussière c’était aussi ce dont nous venions, le limon qui s’effondrait dans la sécheresse, et que l’humidité rendait capable d’animation.


3) La terre

C’est la cendre qui parle maintenant, elle même redevenue poussière.

“Et quand j’étais bien dispersée, trempée, dissoute par la pluie mêlée à la terre, tu me fouissais, bêchais, retournais ; tu me fumais, engraissais, epierrais, labourais avec tes charrues tirées par des boeufs, des chevaux percherons, des tracteurs ; tu m’ensemençais, surveillais fièrement la germination dans mes sillons, t’ennorgueillissais des moissons, et laissais majestueusement les marques de tes bottes sur les seuils de tes habitations.Maintenant tu me recouvres partout où tu le peux, de goudrons et ciments. Tes enfants ont perdu le toucher de cette boue dont les Bibles disent pourtant que c’est ton origine.

Terre, qui saura me pétrir, modeler, sculpter, caresser pour retrouvr la parenté perdue, inenter les nouveaux visages du tendre respect ?”

Adam, la terre modelée par Dieu, insufflée par lui, la terre grise ou même blanche si elle reste poussière, la terre noire ou rouge ou jaune où pousse le blé, le riz ou la vigne, de la couleur de nos peaux, rouge parfois même dans sa pulvrulence comme l’intérieur de notre corps, l’ocre étant comme la dessication de nos humeurs : sang, bile, lymphe et mélancolie.

4) Le papier

La terre humide passe au feu, retourne au feu. “Souviens-toi, homme terre, que tu es feu et que tu redeviendras feu”. En français, l’extraordinaire jeu sur le mot feu : deux rivières étymologiques différentes (d’un côté “foyer”, “focus”, de l’autre “destin”, “fatum”) confluant dans ce brasier funéraire. Et cela nous amène aux supports de l’écriture, mais ici unenouvelle aventure commence avec diverses matières convoquées, travaillées pour remplir autrement ces fonctions.

“Et quand j’étais moulée en briques rectangulaires ou rouleaux, tu me gravis d’hiéroglyphes ou cunéiformes avec tes outils. J’étais alros la réserve de tes yeux, de tes oreilles et de tes mains, la voix du passé, la force du roi, le scintillement des sciences. Puis tu m’as amincie, assouplie, poncée, polie ; tu m’as remplacée peu à peu par des peaux et des fibres pour y écrire avec l’encre des seiches, le jus des écales de noix ou le sang du charbon. J’étais ce que tu avais de plus précieux, et maintenant tu me déchires, me froisses, me souilles en oubliant que je suis ta surface même, papier que tu infectes de ta lèpre et de tes mensonges tout en rêvant d’écrans lumineux et d’orgues mentaux.

Qui saura me déplier, papier, me déployer soigneusement, étudier mes transparences palimpsestes pour en faire jaillir l’énergie des phénix ?”

Le papier n’est pas seulement support d’écriture, pas plus que la brique ; il est aussi matériau d’emballage, de protection, et comme tel méprisé, chassé, brûlé, dès qu’il fini son usage. C’est d’ailleurs souvent après une première utilisation scripturale périmée, après avoir passé par la corbeille ou maintenant le conteneur spécialisé, qu’il est recyclé pour tapisser les cageots de fruits ou légumes fragiles, en boîtes pour les œufs, les couleurs qu’il revêt alors étant une sorte de condensation d’une histoire oubliée, compressée.

B) Supports

Le papier n’est pas seulement surface, mais soutien ; ilpeut être recouvert de charbon, de terre, de cendre ou d’autre papier plus mince. Il peut être utilisé comme couverture d’un support différent en général du bois trouvé sur une plage. Mais on peut aussi bien imaginer du verre ou du métal. L’important, c’est que ce soit “trouvé”, donc que cela ait été à un moment ou un autre rejeté par les hommes.

Un jour, un vieux professeur japonais me faisant visiter un parc à Nagoya, longeant un jardin de pierres me dit :”Ce n’est pas mal réussi, mais ce sont des pierres taillées, or il faudrait qu’elles soient trouvées.” Certes, c’est un tout autre rapport ; pourtant on peut non seulement disposer ce qu’on trouve, mais aussi le travailler, recouvrir, métamorphoser.

La plupart des artistes vont se fournir chez le marchand spécialisé pour leurs toiles, leurs cahiers, leurs crayons, leurs tubes. Sovent d’ailleurs, ils oublient complètement cette fourniture. C’est comme si un dieu leur avait livré des matériaux sans aucune histoire. Tous ceux qui ont peiné pour leur donner finalement satisfaction sont biffés dans le mépris du tintement des pièces, du froissement des billets, de la signature du chèque, ou même du glissement d’une carte bancaire.Mais on peut aussi, dans une humilité indomptable, redevenir un artisan, se mettre à l’école des anciens, inventer d’autres traditions, fabriquer ou cueillir ses propres pigments, ses supports.

Epaves sur lesquelles on continue les jeux du sable et des vagues ;c’est une façon d’en poursuivre la naturalisation, d’en redévoiler l’historicité. Dans cette activité on imite soi-même la mer et les siècles, on les devient ; se taisant on écoute leur voix, on leur prête la sienne ; on inscrit le temps qui passe et lesmigrations qui se poursuivent même dans notre immobilité.

C) Signes

Le papier chassé, froissé, exclus, rescapé, ou d’autres épaves sauvées comme lui, pouvait comporter des écritures dont on peut réserver, repêcher les fragments. Ainsi les papyrologues reconstituent les documents de la Mer morte, ou les chirurgiens des palimpsestes découvrent peu à peu les liens entre les bribes déchiffrées.

L’écriture ancienne révèle une vie, qu’elle soit manuscrite ou imprimée par quelque presse ou pochoir. Elle se concentre en la signature dont les fragments peuvent s’envoler, se disperser pour se reconstituer comme les corps au Jugment dernier. Répartie en divers fragments elle désire sa réunification, mais à travers les baptêmes qui lui avaient manqué, les onctions, les épreuves. Elle devient visa pour une vie différente, graine pour une floraison prochaine.

L’île de Délos errait autrefois sur la mer comme un radeau peu consistant, mais Zeus l’a enracinée si bien d’un coup de foudre pour la remercier d’avoir permis à Latone, la cachée, de donner naissance au Soleil et à la Lune, qu’elle est devenue le centre oraculaire d’une fleur d’îles. Dans les pétales cyclades, les habitants tracent les ombres de cette fleur pour consolider leur maison et leur existence Des fragments de ces peintures se cherchent sur les épaves errantes provisoirement fixées. On raconte que les habitants de Delos ont été métamorphosés en grenouilles pour avoir manqué de respect à la mère obscure des astres lumineux ; ils sautillent désormais coassant comme des attachés de direction, dans la nostalgie de leur langage perdu.Nous-mêmes dans nos pélerinages vers les lieux d’émergence de ce qu’on avaut oublié, à-demi étouffés dans la corruption de nos marécages, nous cherchons à poursuivre nos métamorphoses et renaissances jusqu’au Jugement perpétuel où nos corps seront glorieux.

  Amitiés

Michel Butor

De Michel Butor
à Raphaël Monticelli
par courrier
(texte joint à la lettre du 9 avril 1999)

Publication en ligne : 26 juillet 2008
Première publication : novembre 1999 / catalogue d’exposition textes collectifs

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