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A propos du livre d’artiste, VII. Les amicales aventures du livre d’artiste... Suite : des artistes et des écrivains

Artiste(s) : Maccheroni Ecrivain(s) : Freixe (site) , Arthaud

RM : Nous sommes en train d’explorer des lieux... des maisons d’édition, mais peut-être faudrait-il entrer dans ce sujet non par les lieux et les éditeurs, mais par les personnes et les artistes. Nous sommes, avec le livre d’artiste, dans un espace de recherche individuelle, dans une aventure engageant deux, plus rarement trois, individus qui croisent leurs démarches, jusqu’à s’y mettre en danger ou au moins en cause... Peut-être l’entrée plus institutionnelle n’est-elle pas pertinente... Peut-être le livre d’artiste se joue-t-il dans l’exclusion de l’éditeur et/ou celle de l’imprimeur, nous sommes peut-être dans un autre domaine que celui de la bibliophilie, nous avons à faire à des objets qui ne sont pas reproduits, ni même reproductibles....
Il me semble qu’il y a énormément d’expériences. Et par rapport à l’énormité du champ, et du nombre de personnes qui travaillent, nous sommes davantage restés sur les problèmes d’édition que sur les problèmes de création. Or nous avons des quntités d’écho de ce qui peut se passer. Voyez la démarche de Cluzel par exemple... Voilà un graveur qui cherche de façon systématique la relation avec des écrivains et qui est lui même à la fois l’artiste et l’éditeur des livres qu’il propose.
Je parlais de Buyse plus haut, mais ce n’est pas tant Buyse que toute la situation de la création et des relations de création qui passent par le livre et en redéfinissent la forme et le statut dans la région du nord de la France. Par exemple tout le travail de Duchêne pose le livre, le texte et l’écrit comme problème central de l’art et de l’art plastique en particulier. Le point de départ de Duchêne,c’est, d’une certaine façon, l’écriture intime, le journal intime, au moment où, plongé dans les procédures de l’art, il touche à l’illisibilité et assume, dans l’illisibilité, une sorte d’universalité.

Je n’ai pas parlé du travail de Dupuis, qui développe, depuis des années, à Rennes des problématiques analogues qui mettent en jeu en cause et en danger l’espace scriptural. Et il travaille aussi bien sur de l’écriture d’artiste que sur des feuilles administratives manuscrites, actes notariés ou autres documents administratifs. Et autour de Dupuis, c’est toute un foisonnement dans la région ouest.
Nous avons des choses de ce genre à Limoges, avec des travaux comme ceux de Mazeaufroid.
Il y a quelque chose dont nous n’avons pas parlé ; l’édition pauvre, le fanzine, où il se passe plein de choses.
Jeparlais de Meyer, et c’est la situation de l’Est, c’est le groupe de Strasbourg avec Germain Roez et le très beau travail de livre que fait Sylvie Vuillaume
HM : Oui, on peut dire que c’est florissant
RM:on voit des artistes plus proches géographiquement de nous, comme Plagnol du côté de Toulon, ou Suby à Cogolin, à deux pas de Saint Tropez. Il y a ainsi, région par région, des réseaux de recherche extrêmement intéressants, et, de façon comme organique, de fait, une mise en réseau des réseaux. Mais de toute évidence, nous ne maîtrisons pas ce qui se passe, il y a une situation qui me paraît fleurie, mais, Henri, elle n’est pas florissante, dynamique mais pas triomphante. J’ai l’impression que c’est une sorte d’énergie désespérée ; j’ai toujours vécu ce lieu du rapport entre artistes et écrivains comme on fait de l’art et des textes malgré tout ; nous n’avons pas la grande diffusion dont nous avons besoin et dont les gens ont besoin, on ne l’a pas, mais on fait quand même, et on fait du beau avec la situation de merde dans laquelle nous sommes.
AF : Je pense au travail de Capdeville qui doit être présenté à l’espace Maillol, à Perpignan...
RM : Nous pouvons entrer dans ces nouveaux espaces du livre par les artistes... Nous pourrions évidemment y entrer par les écrivains et les poètes... Et il y a, de ce côté, une énorme demande . Nous avons cité beaucoup de noms... de Butor à Vargaftig et Bernard Noël, il y a chacun de nous, et nos amis de la région niçoise : Béatrice Bonhomme, Sophie Braganti, Jacques Kober, Casula... Il y a une soif...

Publication en ligne : 30 mai 2009
/ article dans revue d’art

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