BRIBES EN LIGNE
tendresse du mondesi peu de nous savons tous, ici, que pour mise en ligne d’un voudrais je vous  l’écriture toutes sortes de papiers, sur temps où les coeurs un verre de vin pour tacher quatrième essai de trois tentatives desesperees       maquis antoine simon 17         glouss deuxième approche de accorde ton désir à ta en ceste tere ad estet ja heureuse ruine, pensait j’ai perdu mon nu(e), comme son nom  au travers de toi je   entrons dernier vers aoi ] heureux l’homme cinquième citationne ce jour-là il lui monde imaginal, autres litanies du saint nom antoine simon 13       qui un jour nous avons       &n temps de pierres clers est li jurz et li quant carles oït la la chaude caresse de le passé n’est dernier vers aoi       fourr&     de rigoles en ce va et vient entre tout mon petit univers en vertige. une distance je découvre avant toi allons fouiller ce triangle passet li jurz, si turnet a un jour, vous m’avez comme ce mur blanc normal 0 21 false fal     chant de lancinant ô lancinant avez-vous vu       m̵ la musique est le parfum de a l’aube des apaches,       st       apr&eg les étourneaux ! pour alain borer le 26  le livre, avec de pa(i)smeisuns en est venuz raphaël (de)lecta lucta   dernier vers aoi intendo... intendo ! de tantes herbes el pre de la bel équilibre et sa       un pour le prochain basilic, (la dans les carnets a propos de quatre oeuvres de la terre a souvent tremblé   dits de sur l’erbe verte si est  tu vois im font chier madame, on ne la voit jamais dernier vers aoi       sur dans le respect du cahier des  le "musée   au milieu de on a cru à     ton pour mireille et philippe  il est des objets sur etait-ce le souvenir cyclades, iii° de mes deux mains autre citation tandis que dans la grande       mouett sur la toile de renoir, les dernier vers aoi       midi il était question non       dans il aurait voulu être pour gilbert   ces notes on peut croire que martine   que signifie ils s’étaient d’ eurydice ou bien de frères et d’abord l’échange des   j’ai souvent dernier vers aoi ….omme virginia par la j’ai parlé antoine simon 16 1 la confusion des nice, le 8 octobre       &n       grappe et…  dits de pour andré       devant  epître aux tous ces charlatans qui "l’art est-il les routes de ce pays sont  marcel migozzi vient de f les rêves de le lent déferlement       que même si       ruelle       vu marcel alocco a    de femme liseuse moisissures mousses lichens   tout est toujours en à la mémoire de halt sunt li pui e mult halt vous avez ( ce texte a ce qui importe pour       allong sept (forces cachées qui dans le patriote du 16 mars     double       deux       magnol a christiane la littérature de et si tu dois apprendre à normalement, la rubrique madame est une torche. elle  “ne pas       au il en est des noms comme du j’ai ajouté       les (josué avait lentement il n’était qu’un  les éditions de antoine simon 33 Être tout entier la flamme il y a des objets qui ont la dernier vers aoi   antoine simon 22       ma j’écoute vos générations pas de pluie pour venir       bonheu bernard dejonghe... depuis paroles de chamantu se placer sous le signe de je t’enfourche ma du fond des cours et des elle réalise des le pendu madame chrysalide fileuse deux ce travail vous est       bruyan       la à la bonne spectacle de josué dit mi viene in mentemi la mort, l’ultime port, ne pas négocier ne  “ce travail qui ma voix n’est plus que       sur qu’est-ce qui est en pour pierre theunissen la les dieux s’effacent tant pis pour eux. tout en vérifiant       jonath       &agrav deuxième essai entr’els nen at ne pui a la fin il ne resta que huit c’est encore à j’aime chez pierre   encore une descendre à pigalle, se la poésie, à la la fraîcheur et la  un livre écrit depuis ce jour, le site les textes mis en ligne equitable un besoin sonnerait ce texte m’a été première gardien de phare à vie, au   adagio   je antoine simon 26 printemps breton, printemps       en on trouvera la video a toi le don des cris qui un nouvel espace est ouvert coupé le sonà c’est pour moi le premier       le introibo ad altare (elle entretenait a la libération, les poème pour   (dans le toute une faune timide veille dernier vers aoi le texte qui suit est, bien deuxième apparition de je t’ai admiré, diaphane est le la question du récit antoine simon 28 antoine simon 21 " je suis un écorché vif. dernier vers que mort cliquetis obscène des lorsqu’on connaît une       parfoi un temps hors du démodocos... Ça a bien un portrait. 1255 :       sur le    si tout au long       la ouverture de l’espace       le dans les écroulements le temps passe si vite, je suis celle qui trompe       entre j’entends sonner les       l̵ pour mes enfants laure et madame, vous débusquez c’est extrêmement       j̵       l̵ antoine simon 19 rm : nous sommes en il en est des meurtrières. jouer sur tous les tableaux quand sur vos visages les 1257 cleimet sa culpe, si etudiant à il y a tant de saints sur madame a des odeurs sauvages me je meurs de soif pour marcel vous deux, c’est joie et couleur qui ne masque pas             voyage af : j’entends tout est possible pour qui     hélas, fin première dans le train premier     dans la ruela patrick joquel vient de pour jacky coville guetteurs des quatre archanges que     vers le soir jusqu’à il y a et voici maintenant quelques  “... parler une       &ccedi in the country j’ai en réserve aux barrières des octrois       dans issent de mer, venent as les plus vieilles madame est une dans les hautes herbes  il y a le dernier vers aoi ma mémoire ne peut me       le les enseignants : "pour tes raphaËl la langue est intarissable karles se dort cum hume       ...mai     les fleurs du si elle est belle ? je les doigts d’ombre de neige pour jean-louis cantin 1.- dorothée vint au monde une errance de       assis que reste-t-il de la onze sous les cercles la brume. nuages   nous sommes ma voix n’est plus que de profondes glaouis       s̵       pass&e noble folie de josué, trois (mon souffle au matin « e ! malvais       " pour qui veut se faire une la rencontre d’une       je vous dites : "un f dans le sourd chatoiement       arauca f le feu est venu,ardeur des       d&eacu pour andré a dix sept ans, je ne savais pour martine tendresses ô mes envols une autre approche de       la       droite les cuivres de la symphonie antoine simon 11       au le tissu d’acier     quand il y a dans ce pays des voies dessiner les choses banales il pleut. j’ai vu la   iv    vers       o agnus dei qui tollis peccata avant propos la peinture est pas une année sans évoquer si, il y a longtemps, les je serai toujours attentif à difficile alliage de alocco en patchworck © dieu faisait silence, mais f les feux m’ont dernier vers aoi     [1]  vedo la luna vedo le j’ai travaillé       nuage f le feu m’a carcassonne, le 06   si vous souhaitez     son       crabe- Ç’avait été la mais non, mais non, tu au seuil de l’atelier       "       pav&ea autre citation"voui sainte marie, antoine simon 3 quand les mots premier essai c’est un tunnel sans fin et, à les premières quatrième essai rares aux george(s) (s est la la cité de la musique hans freibach : antoine simon 6       le antoine simon 23    courant  “comment il faut aller voir       l̵ recleimet deu mult je suis c’est un peu comme si, la parol

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MICHEL BUTOR

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Chiffres
© Michel Butor

Aussi pour Jean-Michel Vecchiet

Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

J’ai parlé autrefois des mots dans la peinture,et j’ai évoqué à cet égard inévitablement JUBILE : une toile presque toute grise, mais on y lit quantité de noms de couleurs, mots jaillissants : "red", "yellow", "blue" (le fait qu’ils sont peints au pochoir les fait se détacher vers nous, tout en fusant vers le haut), si bien qu’elle devient de plus en plus colorée à mesure que je la regarde et lis. Je me mets d’ailleurs à percevoir toutes les subtiles nuances de couleurs qui habitent les différents gris.

Un peu plus loin on craint la guerre. Conférences de presse. Au pôle Sud le jour de six mois est terminé, c’est le début de la nuit. Les murs se couvrent de drapeaux.

GEORGIE, poinsettias, hibiscus, myrtes crêpés, bougainvilliers, huîtres, langoustines, crevettes, anémones de mer, la mer. On appelle les premiers habitants d’Ocmulgee les chasseurs errants ; VERMONT, tu t’endors ; KENTUCKY, la nuit des eaux.


Madame sort de chez son coiffeur. Une artiste coréenne du Sud pose un carré orange sur un fond noir. Quelque part un jeune musicien se confirme dans sa vocation. Tempête sur les armées. On y va.

Mais je n’ai pas encore abordé la question des chiffres en peinture, et l’oeuvre de Johns nous oblige à poser cette autre question. Trois points essentiels : d’abord le fait que nous sommes, et les Etats-Unis surtout, une civilisation des chiffres, que nous considérons absurdement que tout langage est réductible à celui de la monnaie, donc que tout objet peut être estampillé de son prix, dont nous considérons aujourd’hui qu’il monte naturellement ; c’est l’idéologie de la croissance.

Dans un autre continent on déclare la guerre. Défilés de cirque. Plus on s’éloigne du pôle Sud moins les jours augmentent. On entend à la radio des débats sur la situation dans l’autre hémisphère.

TENNESSEE, vous nous reprochez de les haïr, mais notre haine n’est rien à côté de celle qui monte dans le soir de leurs yeux noirs ; George Washington qui mourut le 14 décembre 1799 à Mount Vernon, Virginie, âgé de 67 ans ; une tache de jus de tomate sur le portrait de John Adams qui, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait signée, mourut à Quincy, Massachusetts, âgé de 90 ans ; une tache d’encre sur le portrait de Thomas Jefferson qui réalisa le Louisiana Purchase, et sous la présidence de qui se joignit aux 16 étoiles précédentes : OHIO, à Cleveland les Polonais qui lisent Wiadomosci Godzienne, et qui lui aussi, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait rédigée, mourut à Monticello, Virginie, âgé de 83 ans ; une tache de sauce à la menthe sur le portrait de James Madison sous la présidence de qui se joignirent aux 17 étoiles précédentes : INDIANA, souriez !

Un électricien tombe de son escabeau. Quelque part un jeune architecte connaît ses premiers succès. Neige sur les moissons. On rate.

Deuxièmement : les chiffres formant une suite fatale, le 3 se trouvant normalement après le 2, annonçant le 4 suivi du 5 et ainsi indéfiniment, ils vont permettre de composer et d’animer très fortement toute surface, plus encore que les lettres, même si celles-ci ont de tout autres vertus. Tout agencement de chiffres va prendre le regard au piège, ce que l’on trouve déjà dans les carrés magiques comme celui que l’on admire dans la MELANCOLIA de Dürer.

De l’autre côté des montagnes la guerre s’étend. Expositions internationales. A l’équateur les jours sont toujours égaux aux nuits. Le Soleil est dans le Bélier.

LOUISIANE, de quoi as-tu peur ? James Madison qui mourut le 28 juin 1826 à Montpelier, Virginie, âgé de 85 ans ; une tache de chocolat sur le portrait de James Monroe, sous la présidence de qui se joignirent aux 19 étoiles précédentes : ILLINOIS, l’exposition internationale de Chicago en 1893 ; MISSOURI, mon mari dort à côté de moi, il ne connaît pas mes rêves.

On voit à la télé des visages d’hommes politiques. Quelque part un cinéaste tombe malade. Grêle sur les ruines. On recommence.

Le deuxième élément dans l’ÉLEGIE A CHRISTOPHE COLOMB, c’est le pays dont il rêvait, celui qu’il a cru découvrir par une autre voie, celui pour lequel il a découvert un autre chemin, mais autrement que ce qu’il croyait, donc les grandes villes quasi fabuleuses de l’Extrême-Orient décrites par Marco Polo :

à la recherche non seulement de la lointaine île
de Cipango où miroitait l’or mais aussi
de la cité de Quinsai la plus populeuse
qui fût au monde où l’on pouvait
disait-on goûter tant de plaisirs
qu’on s’imaginait être au paradis...

C’était un peu cela New York pour mes camarades et moi, lorsque je découvrais l’Amérique en visitant l’atelier de Jasper Johns en son absence, et c’est un peu cela de nouveau aujourd’hui que Tokyo dans la lointaine île de Cipango.

De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Explosions. Plus on approche du pôle Nord plus les jours augmentent. Quelque part meurt un acteur. Flammes sur les chantiers. On échoue.

Et c’est un peu cela aussi dans sa splendeur et sa misère que le troisième élément de ce texte, ce continent sur quoi Christophe Colomb a mis le pied sans s’en douter et sur lesquels ses successeurs vont déchaîner la guerre :

Alors au continent de la stupéfaction
il y avait une ville dite Tenochtitlan ou Mexico
construite sur des canaux autour d’un rocher
où un aigle tenant dans son bec un serpent
s’était posé sur un cactus et déjà derrière
l’horizon du temps couvaient des déportations
des cathédrales des épidémies
des gratte-ciels et des catastrophes

Troisièmement : quand un peintre a pris la peine de nous montrer de tant de façons des chiffres, on doit poursuivre son regard dans les livres où l’on parle de lui et où l’on a besoin de signes de ce genre. Par conséquent, j’ai là une réponse élégante à la question de la composition de ce livre même. Comme il est conçu en deux tomes, l’un avec le texte et l’autre avec les planches, il m’est facile de répondre aux textes-légendes inévitablement mêlés aux planches dans le second, par des images-chiffres insérées en toute justice dans le premier au début de chacune des 12 sections de mon texte. Les manuscrits anciens nous ont habitués aux lettrines. En voici une version moderne.

Publication en ligne : 22 juin 2009

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