BRIBES EN LIGNE
station 1 : judas quand nous rejoignons, en il n’y a pas de plus       l̵     les provisions       dans carcassonne, le 06 immense est le théâtre et       en un l’impossible     son seul dans la rue je ris la       une pas une année sans évoquer dernier vers que mort  les œuvres de       fourr&     surgi pour egidio fiorin des mots il est le jongleur de lui il faut aller voir mais jamais on ne       au comme un préliminaire la polenta vous êtes on dit qu’agathe antoine simon 14 (vois-tu, sancho, je suis de toutes les la liberté s’imprime à torna a sorrento ulisse torna dernier vers aoi 10 vers la laisse ccxxxii         or "ah ! mon doux pays, i mes doigts se sont ouverts quatrième essai de sculpter l’air : je suis occupé ces bientôt, aucune amarre aux barrières des octrois   voici donc la villa arson, nice, du 17 rêve, cauchemar, noble folie de josué,       au cette machine entre mes       sur       &n l’éclair me dure,       à pourquoi yves klein a-t-il josué avait un rythme       arauca dans le respect du cahier des       &agrav titrer "claude viallat, du fond des cours et des tout en vérifiant marcel alocco a peinture de rimes. le texte       l̵    7 artistes et 1 nous avancions en bas de       spectacle de josué dit  la toile couvre les buttati ! guarda&nbs       enfant un verre de vin pour tacher       grimpa « e ! malvais ils s’étaient temps où le sang se pour nicolas lavarenne ma et  riche de mes outre la poursuite de la mise merle noir  pour l’art n’existe un trait gris sur la       " encore une citation“tu passent .x. portes, une errance de générations j’ai perdu mon  jésus pas même descendre à pigalle, se il y a des objets qui ont la arbre épanoui au ciel samuelchapitre 16, versets 1 rm : d’accord sur       m̵ la réserve des bribes dix l’espace ouvert au il existe au moins deux pas de pluie pour venir j’oublie souvent et les avenues de ce pays sept (forces cachées qui  hors du corps pas pour helmut deux ajouts ces derniers lorsque martine orsoni       sur  tous ces chardonnerets le 2 juillet on trouvera la video dans les horizons de boue, de marie-hélène seins isabelle boizard 2005 il n’est pire enfer que je crie la rue mue douleur et si au premier jour il vertige. une distance   l’oeuvre vit son un homme dans la rue se prend       & antoine simon 24 merci au printemps des a la libération, les       un rien n’est jamais je n’aurais j’écoute vos       grappe       &n halt sunt li pui e mult halt diaphane est le antoine simon 11 je m’étonne toujours de la       dans sixième         &n se reprendre. creuser son ne pas négocier ne ecrire sur dernier vers aoi elle ose à peine et…  dits de comme ce mur blanc en ceste tere ad estet ja tout à fleur d’eaula danse  “comment     pluie du d’un côté 0 false 21 18       au même si ils sortent       la mise en ligne d’un   est-ce que paien sunt morz, alquant quant carles oït la percey priest lakesur les       pour     longtemps sur ainsi alfred…  les éditions de art jonction semble enfin c’est seulement au       sur antoine simon 20 lancinant ô lancinant f le feu m’a       reine max charvolen, martin miguel dernier vers aoi pour jean-marie simon et sa béatrice machet vient de dernier vers aoi sainte marie, petit matin frais. je te morz est rollant, deus en ad   entrons  “s’ouvre vi.- les amicales aventures à des quatre archanges que     vers le soir pour mes enfants laure et patrick joquel vient de     pourquoi le soleil n’est pas station 3 encore il parle etudiant à gardien de phare à vie, au merci à la toile de ainsi va le travail de qui lorsqu’on connaît une vous avez réponse de michel   adagio   je …presque vingt ans plus a ma mère, femme parmi vous deux, c’est joie et il ne sait rien qui ne va de sorte que bientôt "je me tais. pour taire. dernier vers aoi c’est extrêmement mise en ligne est-ce parce que, petit, on au rayon des surgelés ensevelie de silence, pour le prochain basilic, (la l’instant criblé       ruelle  née à hans freibach : pour michèle aueret coupé le sonà thème principal : la musique est le parfum de À perte de vue, la houle des antoine simon 21 g. duchêne, écriture le  l’exposition      après       devant nous lirons deux extraits de a dix sept ans, je ne savais       le tant pis pour eux. j’ai changé le  au travers de toi je cet article est paru dans le       " quand vous serez tout Être tout entier la flamme l’ami michel  le "musée nous serons toujours ces       la la langue est intarissable neuf j’implore en vain il avait accepté autres litanies du saint nom premier essai c’est folie de josuétout est    au balcon (la numérotation des       le l’art c’est la "pour tes petites proses sur terre iv.- du livre d’artiste d’un bout à  monde rassemblé       pav&ea pour andré la danse de dans le pain brisé son autre petite voix raphaËl quai des chargeurs de chairs à vif paumes les durand : une "et bien, voilà..." dit saluer d’abord les plus assise par accroc au bord de c’est parfois un pays mesdames, messieurs, veuillez a supposer quece monde tienne deux ce travail vous est les grands       m&eacu certains soirs, quand je cyclades, iii° À peine jetés dans le "mais qui lit encore le le 23 février 1988, il pour  hier, 17 je serai toujours attentif à       chaque       o le 28 novembre, mise en ligne de proche en proche tous       la dernier vers s’il toute trace fait sens. que       neige       la       le dernier vers aoi archipel shopping, la le 19 novembre 2013, à la       apr&eg    nous "tu sais ce que c’est avant dernier vers aoi       midi antoine simon 25       &n pur ceste espee ai dulor e   que signifie encore la couleur, mais cette       dans on cheval merci à marc alpozzo une fois entré dans la pour julius baltazar 1 le a propos de quatre oeuvres de 1 la confusion des mes pensées restent traquer ce pays que je dis est dans le patriote du 16 mars       pav&ea mult ben i fierent franceis e       au je t’ai admiré, marché ou souk ou le glacis de la mort effleurer le ciel du bout des       pourqu   maille 1 :que le proche et le lointain deuxième apparition ce qui aide à pénétrer le le tissu d’acier antoine simon 33 au matin du pour michèle gazier 1 antoine simon 6       aux les étourneaux ! certains prétendent   si vous souhaitez granz est li calz, si se les plus vieilles aucun hasard si se antoine simon 7       il « h&eacu à cri et à       fourr& trois (mon souffle au matin elle réalise des   le 10 décembre       vu       ton       le des quatre archanges que légendes de michel cher bernard livre grand format en trois siglent a fort e nagent e (ma gorge est une bruno mendonça carissimo ulisse,torna a les routes de ce pays sont deuxième essai le sables mes parolesvous grande lune pourpre dont les huit c’est encore à li quens oger cuardise c’est une sorte de       au pour mireille et philippe un soir à paris au a claude b.   comme raphaël   pour théa et ses       " le texte qui suit est, bien j’entends sonner les au lecteur voici le premier et ces       bruyan tout est prêt en moi pour dernier vers aoi         force je désire un le 15 mai, à le geste de l’ancienne, iloec endreit remeint li os nice, le 30 juin 2000       un       l̵ avez-vous vu       sur cinquième citationne troisième essai non... non... je vous assure,       marche antoine simon 22       je macles et roulis photo 3  mise en ligne du texte la parol

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MICHEL BUTOR

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Chiffres
© Michel Butor

Aussi pour Jean-Michel Vecchiet

Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

J’ai parlé autrefois des mots dans la peinture,et j’ai évoqué à cet égard inévitablement JUBILE : une toile presque toute grise, mais on y lit quantité de noms de couleurs, mots jaillissants : "red", "yellow", "blue" (le fait qu’ils sont peints au pochoir les fait se détacher vers nous, tout en fusant vers le haut), si bien qu’elle devient de plus en plus colorée à mesure que je la regarde et lis. Je me mets d’ailleurs à percevoir toutes les subtiles nuances de couleurs qui habitent les différents gris.

Un peu plus loin on craint la guerre. Conférences de presse. Au pôle Sud le jour de six mois est terminé, c’est le début de la nuit. Les murs se couvrent de drapeaux.

GEORGIE, poinsettias, hibiscus, myrtes crêpés, bougainvilliers, huîtres, langoustines, crevettes, anémones de mer, la mer. On appelle les premiers habitants d’Ocmulgee les chasseurs errants ; VERMONT, tu t’endors ; KENTUCKY, la nuit des eaux.


Madame sort de chez son coiffeur. Une artiste coréenne du Sud pose un carré orange sur un fond noir. Quelque part un jeune musicien se confirme dans sa vocation. Tempête sur les armées. On y va.

Mais je n’ai pas encore abordé la question des chiffres en peinture, et l’oeuvre de Johns nous oblige à poser cette autre question. Trois points essentiels : d’abord le fait que nous sommes, et les Etats-Unis surtout, une civilisation des chiffres, que nous considérons absurdement que tout langage est réductible à celui de la monnaie, donc que tout objet peut être estampillé de son prix, dont nous considérons aujourd’hui qu’il monte naturellement ; c’est l’idéologie de la croissance.

Dans un autre continent on déclare la guerre. Défilés de cirque. Plus on s’éloigne du pôle Sud moins les jours augmentent. On entend à la radio des débats sur la situation dans l’autre hémisphère.

TENNESSEE, vous nous reprochez de les haïr, mais notre haine n’est rien à côté de celle qui monte dans le soir de leurs yeux noirs ; George Washington qui mourut le 14 décembre 1799 à Mount Vernon, Virginie, âgé de 67 ans ; une tache de jus de tomate sur le portrait de John Adams qui, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait signée, mourut à Quincy, Massachusetts, âgé de 90 ans ; une tache d’encre sur le portrait de Thomas Jefferson qui réalisa le Louisiana Purchase, et sous la présidence de qui se joignit aux 16 étoiles précédentes : OHIO, à Cleveland les Polonais qui lisent Wiadomosci Godzienne, et qui lui aussi, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait rédigée, mourut à Monticello, Virginie, âgé de 83 ans ; une tache de sauce à la menthe sur le portrait de James Madison sous la présidence de qui se joignirent aux 17 étoiles précédentes : INDIANA, souriez !

Un électricien tombe de son escabeau. Quelque part un jeune architecte connaît ses premiers succès. Neige sur les moissons. On rate.

Deuxièmement : les chiffres formant une suite fatale, le 3 se trouvant normalement après le 2, annonçant le 4 suivi du 5 et ainsi indéfiniment, ils vont permettre de composer et d’animer très fortement toute surface, plus encore que les lettres, même si celles-ci ont de tout autres vertus. Tout agencement de chiffres va prendre le regard au piège, ce que l’on trouve déjà dans les carrés magiques comme celui que l’on admire dans la MELANCOLIA de Dürer.

De l’autre côté des montagnes la guerre s’étend. Expositions internationales. A l’équateur les jours sont toujours égaux aux nuits. Le Soleil est dans le Bélier.

LOUISIANE, de quoi as-tu peur ? James Madison qui mourut le 28 juin 1826 à Montpelier, Virginie, âgé de 85 ans ; une tache de chocolat sur le portrait de James Monroe, sous la présidence de qui se joignirent aux 19 étoiles précédentes : ILLINOIS, l’exposition internationale de Chicago en 1893 ; MISSOURI, mon mari dort à côté de moi, il ne connaît pas mes rêves.

On voit à la télé des visages d’hommes politiques. Quelque part un cinéaste tombe malade. Grêle sur les ruines. On recommence.

Le deuxième élément dans l’ÉLEGIE A CHRISTOPHE COLOMB, c’est le pays dont il rêvait, celui qu’il a cru découvrir par une autre voie, celui pour lequel il a découvert un autre chemin, mais autrement que ce qu’il croyait, donc les grandes villes quasi fabuleuses de l’Extrême-Orient décrites par Marco Polo :

à la recherche non seulement de la lointaine île
de Cipango où miroitait l’or mais aussi
de la cité de Quinsai la plus populeuse
qui fût au monde où l’on pouvait
disait-on goûter tant de plaisirs
qu’on s’imaginait être au paradis...

C’était un peu cela New York pour mes camarades et moi, lorsque je découvrais l’Amérique en visitant l’atelier de Jasper Johns en son absence, et c’est un peu cela de nouveau aujourd’hui que Tokyo dans la lointaine île de Cipango.

De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Explosions. Plus on approche du pôle Nord plus les jours augmentent. Quelque part meurt un acteur. Flammes sur les chantiers. On échoue.

Et c’est un peu cela aussi dans sa splendeur et sa misère que le troisième élément de ce texte, ce continent sur quoi Christophe Colomb a mis le pied sans s’en douter et sur lesquels ses successeurs vont déchaîner la guerre :

Alors au continent de la stupéfaction
il y avait une ville dite Tenochtitlan ou Mexico
construite sur des canaux autour d’un rocher
où un aigle tenant dans son bec un serpent
s’était posé sur un cactus et déjà derrière
l’horizon du temps couvaient des déportations
des cathédrales des épidémies
des gratte-ciels et des catastrophes

Troisièmement : quand un peintre a pris la peine de nous montrer de tant de façons des chiffres, on doit poursuivre son regard dans les livres où l’on parle de lui et où l’on a besoin de signes de ce genre. Par conséquent, j’ai là une réponse élégante à la question de la composition de ce livre même. Comme il est conçu en deux tomes, l’un avec le texte et l’autre avec les planches, il m’est facile de répondre aux textes-légendes inévitablement mêlés aux planches dans le second, par des images-chiffres insérées en toute justice dans le premier au début de chacune des 12 sections de mon texte. Les manuscrits anciens nous ont habitués aux lettrines. En voici une version moderne.

Publication en ligne : 22 juin 2009

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