BRIBES EN LIGNE
    à pour martine, coline et laure sa langue se cabre devant le je reviens sur des certains soirs, quand je       le   si vous souhaitez difficile alliage de  la toile couvre les des quatre archanges que dans les rêves de la des voix percent, racontent le geste de l’ancienne, juste un mot pour annoncer j’entends sonner les la réserve des bribes (ma gorge est une     de rigoles en       ma       apr&eg constellations et       la  il y a le  “... parler une les routes de ce pays sont dernier vers aoi abu zayd me déplait. pas       la des quatre archanges que       la l’art n’existe pour raphaël       force …presque vingt ans plus       soleil un trait gris sur la madame, on ne la voit jamais li emperere s’est     depuis in the country       l̵ toi, mésange à  pour le dernier jour       &eacut c’est seulement au i en voyant la masse aux       neige 10 vers la laisse ccxxxii sur l’erbe verte si est       dans dans la caverne primordiale le "patriote", a l’aube des apaches,       journ& "si elle est printemps breton, printemps mon travail est une cliquetis obscène des li quens oger cuardise le ciel est clair au travers       la ] heureux l’homme       la cette machine entre mes       il dernier vers aoi       é suite de   je n’ai jamais  si, du nouveau l’instant criblé dans les carnets   la production  le "musée antoine simon 20 polenta et si tu dois apprendre à onze sous les cercles bribes en ligne a je dors d’un sommeil de dernier vers aoi i mes doigts se sont ouverts f qu’il vienne, le feu écoute, josué, nous avancions en bas de quand il voit s’ouvrir, de mes deux mains (ô fleur de courge... r.m.a toi le don des cris qui je n’ai pas dit que le sur la toile de renoir, les si, il y a longtemps, les       sous le temps passe dans la torna a sorrento ulisse torna martin miguel art et dimanche 18 avril 2010 nous la force du corps, j’aime chez pierre certains prétendent  tu vois im font chier li emperere par sa grant du bibelot au babilencore une       je dorothée vint au monde et si au premier jour il premier essai c’est pour qui veut se faire une allons fouiller ce triangle deuxième suite approche d’une elle disposait d’une À perte de vue, la houle des un verre de vin pour tacher       devant en introduction à et tout avait       dans granz fut li colps, li dux en  “la signification mise en ligne pur ceste espee ai dulor e toutes ces pages de nos arbre épanoui au ciel       allong les doigts d’ombre de neige tout est possible pour qui       gentil temps de pierres  au travers de toi je ouverture d’une       vu suite du blasphème de au lecteur voici le premier aucun hasard si se il semble possible "ces deux là se lorsque martine orsoni la vie est ce bruissement dieu faisait silence, mais tout mon petit univers en       le   au milieu de le 2 juillet antoine simon 32 et  riche de mes tendresses ô mes envols   dits de vertige. une distance pour jean marie chairs à vif paumes   un vendredi au seuil de l’atelier       &agrav à propos des grands    seule au c’est parfois un pays       ton la liberté s’imprime à vous avez avant dernier vers aoi violette cachéeton (elle entretenait onzième       parfoi d’un côté imagine que, dans la pour ma       pass&e jouer sur tous les tableaux il ne reste plus que le un soir à paris au       tourne bruno mendonça antoine simon 6 à cri et à   ciel !!!! et encore  dits  c’était pour julius baltazar 1 le    tu sais libre de lever la tête il n’y a pas de plus laure et pétrarque comme dernier vers aoi     surgi       voyage temps où les coeurs   jn 2,1-12 : vous deux, c’est joie et dernier vers aoi  on peut passer une vie pure forme, belle muette,     m2 &nbs la langue est intarissable   pour olivier le vieux qui       sur bernadette griot vient de   marcel       aux la prédication faite       (     " glaciation entre très malheureux... nouvelles mises en pour martin ce comment entrer dans une madame chrysalide fileuse passent .x. portes, tu le saiset je le vois pour egidio fiorin des mots issent de mer, venent as antoine simon 16       magnol alocco en patchworck © pour michèle gazier 1) (josué avait lentement toutefois je m’estimais pour philippe       maquis   pour adèle et chaque automne les ce qui fascine chez marché ou souk ou       fourr&     sur la de sorte que bientôt tandis que dans la grande nice, le 30 juin 2000 "la musique, c’est le       glouss     un mois sans dernier vers aoi       sur il faut aller voir huit c’est encore à en 1958 ben ouvre à       juin introibo ad altare deux nouveauté, quand c’est le vent qui iv.- du livre d’artiste dans le pays dont je vous encore la couleur, mais cette le lourd travail des meules pour andré c’est ici, me       sur cet article est paru       et tu     le cygne sur se reprendre. creuser son       entre toutes sortes de papiers, sur ce poème est tiré du       fleur soudain un blanc fauche le voici des œuvres qui, le fragilité humaine. le samedi 26 mars, à 15 la vie est dans la vie. se essai de nécrologie, paroles de chamantu la lecture de sainte c’est la chair pourtant reflets et echosla salle iloec endreit remeint li os l’existence n’est « 8° de monde imaginal, cinq madame aux yeux dernier vers aoi la fonction,     pluie du je suis bien dans “dans le dessin les plus vieilles       au   le 10 décembre des conserves ! ki mult est las, il se dort ce jour là, je pouvais pour mes enfants laure et nous lirons deux extraits de antoine simon 10 ainsi va le travail de qui dernier vers aoi antoine simon 14 maintenant il connaît le       une ce monde est semé       bien j’ai travaillé       pass&e lentement, josué dernier vers aoi   un lu le choeur des femmes de cinquième citationne madame des forêts de « h&eacu       il    7 artistes et 1   l’oeuvre vit son       &ccedi le temps passe si vite, merci au printemps des antoine simon 33 dans les hautes herbes en cet anniversaire, ce qui       "  dernières mises       montag macles et roulis photo 7  “ne pas les grands le coeur du  les œuvres de rossignolet tu la       dans ainsi alfred…   j’ai souvent       &agrav dans ma gorge couleur qui ne masque pas le recueil de textes marie-hélène à       fleure patrick joquel vient de vedo la luna vedo le antoine simon 12   tout est toujours en si elle est belle ? je deux ajouts ces derniers il ne s’agit pas de accoucher baragouiner dix l’espace ouvert au nos voix et voici maintenant quelques     cet arbre que  zones gardées de josué avait un rythme et il fallait aller debout       dans       &agrav     extraire       la madame est toute il n’est pire enfer que clquez sur (À l’église   adagio   je démodocos... Ça a bien un pour jean-louis cantin 1.- première dernier vers aoi de tantes herbes el pre seul dans la rue je ris la  marcel migozzi vient de les textes mis en ligne       retour le glacis de la mort de pareïs li seit la       apr&eg ils s’étaient     son ma mémoire ne peut me dans l’innocence des   pour le prochain ajout de fichiers sons dans j’ai donné, au mois eurydice toujours nue à  de même que les       le       les oiseaux s’ouvrent       assis       les de proche en proche tous     rien exacerbé d’air quatrième essai de antoine simon 13   ces sec erv vre ile « amis rollant, de genre des motsmauvais genre il en est des meurtrières. l’heure de la pas même la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Butor, Michel > Comment écrire sur Jasper Johns

MICHEL BUTOR

<- Comment découvrir l’Amérique | Phrases ->
Chiffres
© Michel Butor

Aussi pour Jean-Michel Vecchiet

Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

J’ai parlé autrefois des mots dans la peinture,et j’ai évoqué à cet égard inévitablement JUBILE : une toile presque toute grise, mais on y lit quantité de noms de couleurs, mots jaillissants : "red", "yellow", "blue" (le fait qu’ils sont peints au pochoir les fait se détacher vers nous, tout en fusant vers le haut), si bien qu’elle devient de plus en plus colorée à mesure que je la regarde et lis. Je me mets d’ailleurs à percevoir toutes les subtiles nuances de couleurs qui habitent les différents gris.

Un peu plus loin on craint la guerre. Conférences de presse. Au pôle Sud le jour de six mois est terminé, c’est le début de la nuit. Les murs se couvrent de drapeaux.

GEORGIE, poinsettias, hibiscus, myrtes crêpés, bougainvilliers, huîtres, langoustines, crevettes, anémones de mer, la mer. On appelle les premiers habitants d’Ocmulgee les chasseurs errants ; VERMONT, tu t’endors ; KENTUCKY, la nuit des eaux.


Madame sort de chez son coiffeur. Une artiste coréenne du Sud pose un carré orange sur un fond noir. Quelque part un jeune musicien se confirme dans sa vocation. Tempête sur les armées. On y va.

Mais je n’ai pas encore abordé la question des chiffres en peinture, et l’oeuvre de Johns nous oblige à poser cette autre question. Trois points essentiels : d’abord le fait que nous sommes, et les Etats-Unis surtout, une civilisation des chiffres, que nous considérons absurdement que tout langage est réductible à celui de la monnaie, donc que tout objet peut être estampillé de son prix, dont nous considérons aujourd’hui qu’il monte naturellement ; c’est l’idéologie de la croissance.

Dans un autre continent on déclare la guerre. Défilés de cirque. Plus on s’éloigne du pôle Sud moins les jours augmentent. On entend à la radio des débats sur la situation dans l’autre hémisphère.

TENNESSEE, vous nous reprochez de les haïr, mais notre haine n’est rien à côté de celle qui monte dans le soir de leurs yeux noirs ; George Washington qui mourut le 14 décembre 1799 à Mount Vernon, Virginie, âgé de 67 ans ; une tache de jus de tomate sur le portrait de John Adams qui, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait signée, mourut à Quincy, Massachusetts, âgé de 90 ans ; une tache d’encre sur le portrait de Thomas Jefferson qui réalisa le Louisiana Purchase, et sous la présidence de qui se joignit aux 16 étoiles précédentes : OHIO, à Cleveland les Polonais qui lisent Wiadomosci Godzienne, et qui lui aussi, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait rédigée, mourut à Monticello, Virginie, âgé de 83 ans ; une tache de sauce à la menthe sur le portrait de James Madison sous la présidence de qui se joignirent aux 17 étoiles précédentes : INDIANA, souriez !

Un électricien tombe de son escabeau. Quelque part un jeune architecte connaît ses premiers succès. Neige sur les moissons. On rate.

Deuxièmement : les chiffres formant une suite fatale, le 3 se trouvant normalement après le 2, annonçant le 4 suivi du 5 et ainsi indéfiniment, ils vont permettre de composer et d’animer très fortement toute surface, plus encore que les lettres, même si celles-ci ont de tout autres vertus. Tout agencement de chiffres va prendre le regard au piège, ce que l’on trouve déjà dans les carrés magiques comme celui que l’on admire dans la MELANCOLIA de Dürer.

De l’autre côté des montagnes la guerre s’étend. Expositions internationales. A l’équateur les jours sont toujours égaux aux nuits. Le Soleil est dans le Bélier.

LOUISIANE, de quoi as-tu peur ? James Madison qui mourut le 28 juin 1826 à Montpelier, Virginie, âgé de 85 ans ; une tache de chocolat sur le portrait de James Monroe, sous la présidence de qui se joignirent aux 19 étoiles précédentes : ILLINOIS, l’exposition internationale de Chicago en 1893 ; MISSOURI, mon mari dort à côté de moi, il ne connaît pas mes rêves.

On voit à la télé des visages d’hommes politiques. Quelque part un cinéaste tombe malade. Grêle sur les ruines. On recommence.

Le deuxième élément dans l’ÉLEGIE A CHRISTOPHE COLOMB, c’est le pays dont il rêvait, celui qu’il a cru découvrir par une autre voie, celui pour lequel il a découvert un autre chemin, mais autrement que ce qu’il croyait, donc les grandes villes quasi fabuleuses de l’Extrême-Orient décrites par Marco Polo :

à la recherche non seulement de la lointaine île
de Cipango où miroitait l’or mais aussi
de la cité de Quinsai la plus populeuse
qui fût au monde où l’on pouvait
disait-on goûter tant de plaisirs
qu’on s’imaginait être au paradis...

C’était un peu cela New York pour mes camarades et moi, lorsque je découvrais l’Amérique en visitant l’atelier de Jasper Johns en son absence, et c’est un peu cela de nouveau aujourd’hui que Tokyo dans la lointaine île de Cipango.

De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Explosions. Plus on approche du pôle Nord plus les jours augmentent. Quelque part meurt un acteur. Flammes sur les chantiers. On échoue.

Et c’est un peu cela aussi dans sa splendeur et sa misère que le troisième élément de ce texte, ce continent sur quoi Christophe Colomb a mis le pied sans s’en douter et sur lesquels ses successeurs vont déchaîner la guerre :

Alors au continent de la stupéfaction
il y avait une ville dite Tenochtitlan ou Mexico
construite sur des canaux autour d’un rocher
où un aigle tenant dans son bec un serpent
s’était posé sur un cactus et déjà derrière
l’horizon du temps couvaient des déportations
des cathédrales des épidémies
des gratte-ciels et des catastrophes

Troisièmement : quand un peintre a pris la peine de nous montrer de tant de façons des chiffres, on doit poursuivre son regard dans les livres où l’on parle de lui et où l’on a besoin de signes de ce genre. Par conséquent, j’ai là une réponse élégante à la question de la composition de ce livre même. Comme il est conçu en deux tomes, l’un avec le texte et l’autre avec les planches, il m’est facile de répondre aux textes-légendes inévitablement mêlés aux planches dans le second, par des images-chiffres insérées en toute justice dans le premier au début de chacune des 12 sections de mon texte. Les manuscrits anciens nous ont habitués aux lettrines. En voici une version moderne.

Publication en ligne : 22 juin 2009

Réagir à ce texte

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette