BRIBES EN LIGNE
ouverture de l’espace       o temps de cendre de deuil de       vu r.m.a toi le don des cris qui tant pis pour eux.       fleur l’ami michel pour lee josué avait un rythme j’ai donc dans l’innocence des mise en ligne d’un ici. les oiseaux y ont fait et ma foi,       il 1 au retour au moment abstraction voir figuration       bonheu ki mult est las, il se dort o tendresses ô mes autre essai d’un pas même quel étonnant     après je rêve aux gorges (ma gorge est une    7 artistes et 1 1-nous sommes dehors. depuis le 20 juillet, bribes granz est li calz, si se       deux derniers dans les horizons de boue, de passet li jurz, la noit est 0 false 21 18       apr&eg À peine jetés dans le quelque temps plus tard, de dernier vers aoi diaphane est le mot (ou immense est le théâtre et moi cocon moi momie fuseau       object  le livre, avec       devant on trouvera la video karles se dort cum hume pour mireille et philippe ne pas négocier ne antoine simon 26  les premières couleur qui ne masque pas       dans le galop du poème me     au couchant vos estes proz e vostre percey priest lakesur les la terre nous quel ennui, mortel pour " je suis un écorché vif. l’attente, le fruit onze sous les cercles       bonhe j’écoute vos cinquième citationne essai de nécrologie, il ne reste plus que le nous viendrons nous masser       neige aucun hasard si se la prédication faite dernier vers aoi carles li reis en ad prise sa      & ainsi alfred… antoine simon 10 deuxième suite  les œuvres de je meurs de soif  “s’ouvre l’existence n’est Être tout entier la flamme raphaël     longtemps sur       deux       en un nous dirons donc troisième essai       &agrav       la le proche et le lointain macles et roulis photo autres litanies du saint nom ouverture d’une se reprendre. creuser son toutes ces pages de nos antoine simon 23       sur le       je comme une suite de       reine       apr&eg mon cher pétrarque, il arriva que la question du récit spectacle de josué dit li quens oger cuardise mes pensées restent les dernières   je n’ai jamais polenta poussées par les vagues mise en ligne tout à fleur d’eaula danse       bien pour alain borer le 26 chaque jour est un appel, une       embarq un nouvel espace est ouvert dernier vers aoi dernier vers aoi comme ce mur blanc     sur la autre citation"voui on peut croire que martine et te voici humanité je suis ma chair n’est première  la toile couvre les toutes sortes de papiers, sur voudrais je vous le temps passe si vite, la cité de la musique (ô fleur de courge... dernier vers aoi ainsi va le travail de qui cinq madame aux yeux antoine simon 20       chaque vi.- les amicales aventures (josué avait À max charvolen et martin tendresse du mondesi peu de d’ eurydice ou bien de  “comment au programme des actions pour helmut       longte   tout est toujours en     nous       va station 5 : comment recleimet deu mult pour nicolas lavarenne ma très saintes litanies   pour le prochain viallat © le château de al matin, quant primes pert       un chercher une sorte de le coquillage contre tout est prêt en moi pour f j’ai voulu me pencher régine robin, c’est vrai nous avancions en bas de je t’enfourche ma     de rigoles en       parfoi       &n l’erbe del camp, ki madame est une torche. elle toute trace fait sens. que seins isabelle boizard 2005 agnus dei qui tollis peccata       &       sur       object folie de josuétout est aux george(s) (s est la sur la toile de renoir, les dernier vers aoi du bibelot au babilencore une nous serons toujours ces       le f le feu s’est pour mes enfants laure et et je vois dans vos "ah ! 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  marcel macles et roulis photo 1 tout mon petit univers en       le       cette je ne saurais dire avec assez quelques textes ce va et vient entre clers fut li jurz e li frères et       l̵ c’est la chair pourtant cher bernard le recueil de textes antoine simon 5 je serai toujours attentif à  tous ces chardonnerets nécrologie je désire un et combien pour jacqueline moretti, des conserves ! antoine simon 2 au matin du on dit qu’agathe j’ai ajouté ….omme virginia par la une errance de neuf j’implore en vain quatrième essai de i mes doigts se sont ouverts mi viene in mentemi je t’ai admiré, si grant dol ai que ne rm : nous sommes en je n’ai pas dit que le  pour de s’ouvre la là, c’est le sable et dans le train premier le soleil n’est pas madame, vous débusquez dernier vers aoi   où l’on revient       la       la         &n       au la poésie, à la dernier vers aoi deux ce travail vous est avant propos la peinture est les plus vieilles la langue est intarissable       six quelque chose       pourqu et  riche de mes j’ai longtemps 1. il se trouve que je suis de prime abord, il 1 la confusion des mais jamais on ne d’abord l’échange des       à la lecture de sainte à bernadette tous feux éteints. des il en est des noms comme du issent de mer, venent as    de femme liseuse je sais, un monde se les premières  “la signification « h&eacu deuxième apparition de reflets et echosla salle deuxième approche de       banlie le ciel de ce pays est tout a ma mère, femme parmi       "       sur histoire de signes . le grand combat : bernadette griot vient de la légende fleurie est la réserve des bribes suite du blasphème de la parol

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YVES UGHES

| Prédication du 10 août 2004 ->
Prédication du 5 août 2004
© Yves Ughes
Ecrivain(s) : Ughes (site)

Frères et sœurs,

Il n’est jamais simple d’accepter d’être un prédicateur laïc : le savoir requis pour oser commenter des passages bibliques est tel que l’on se sent toujours quelque peu en décalage, en déficit.
Ce constat général s’applique encore plus au converti de fraîche date que je suis. Au nom de quoi puis-je prétendre prendre la parole ?
Mais il en est ainsi, l’Eglise Réformée de France, et la paroisse de Grasse notamment, accordent leur confiance tour à tour à ceux et celles qui constituent la communauté des fidèles…et tant pis – ou tant mieux - si la parole alors professée digresse, s’éloigne des chemins habituels.

C’est en m’appuyant sur cette liberté donnée, que je crois féconde, que je me suis autorisé aujourd’hui cette prédication.

J’ai la faiblesse de croire que partant de problèmes qui me travaillent je rejoindrais vos propres interrogations.

Textes
Zacharie
Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d’argent. L’Eternel me dit : jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m’ont estimé ! et je pris les trente sicles d’argent et je les jetai dans la maison de l’Eternel, pour le potier


La passion selon St Mathieu

Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme s’approcha de lui, tenant un vase d’albâtre, qui refermait un parfum de grand prix ; et, pendant qu’il était à table, elle répandit le parfum sur sa tête. Les disciples voyant cela s’indignèrent et dirent à quoi bon cette perte ? On aurait pu vendre ce parfum très cher, et en donner le prix aux pauvres. Jésus, s’en étant aperçu, leur dit : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? elle a fait une bonne action à mon égard ; car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours. En répandant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait pour ma sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.

Le soir venu, Il se mit à table avec les douze. Pendant qu’ils mangeaient Il dit : Je vous le dis en vérité, l’un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur ? Il répondit : Celui qui a mis avec moi la main dans ce plat, c’est celui qui me livrera. Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne soit pas né . Judas, qui le livrait, prit la parole et dit : Est-ce moi, Rabbi ? Jésus lui répondit, tu l’as dit.

Alors Judas, qui L’avait livré, voyant qu’Il était condamné, fut pris de remords, et rapporta les trente pièces d’argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, en disant : J’ai péché, en livrant le sang innocent. Ils répondirent : Que nous importe ? Cela te regarde. Judas jeta les pièces d’argent dans le temple, se retira et alla se pendre.



1)  LE MYSTERE DE L’INSTANT, LA COMPLEXITE DU MOMENT ET CELLE DE JUDAS.
Nous avons à l’esprit tant et tant de tableaux, d’images, de clichés que ces instants nous semblent figés dans une marche dont nous connaissons systématiquement la fin. Essayons cependant de nous projeter dans l’instant tel qu’il est vécu par les apôtres ; retrouvons-en l’émergence, retrouvons ce moment au moment où il est en train de se faire. Le texte en devient alors, d’emblée, beaucoup plus complexe, troublant et mystérieux.
Quand Jésus annonce qu’il sera livré –et non pas trahi !- la panique s’empare des disciples et chacun se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur ? Phrase sur laquelle on peut glisser, en la plaçant confortablement dans la suite du récit, mais phrase perturbante si on l’isole. Ainsi donc chacun a peur d’être celui qui va livrer le Seigneur ? Nous ne sommes pas là dans un moment bardé de certitudes : sous la pression et l’intensité du moment, chacun sent en soi vaciller ce qui doit résister, les barrières intérieures tombent et les peurs remontent. En ces temps troublés, en ce soir d’angoisse, tout peut se passer en chacun. Et donc en chacun de nous.
Judas s’avance avec plus de clarté, il est porteur d’une logique qui le prédestine à livrer Jésus. Apparemment, durant le cheminement et le parcours des routes, des tensions se sont créées qui conduisent à cet instant. Son action sera sans bavure, il livrera. Puis, dans cette sincérité théâtrale qu’est la sienne, il regrettera et se suicidera.
Il devient ainsi l’un des Douze les plus mystérieux, celui qui meurt parallèlement à Jésus, un personnage mythique qui va occuper l’histoire de notre civilisation. Un personnage mal défini en quête d’auteurs et d’interprétations. Il acquiert ce statut parce qu’il cristallise en lui toutes les tensions de cet instant, il est le révélateur et il symbolise ce qu’il ne faut pas faire. En ce sens, il est une part de nous-mêmes, et pour tenter de cerner ce qui se joue en lui, il convient de le situer dans la progression du récit.

2)  LA MORT EST ANNONCEE, SUSCITANT DES REACTIONS REVELATRICES.
Il me semble que rien ne peut être perçu si l’on saisit Jésus comme un être d’emblée divinisé, il est le Fils de l’homme, et son avancée vers la mort, vers le supplice ne peut être une marche dénuée de peurs et d’angoisse. Nous savons la Résurrection, mais que peut éprouver Jésus, si profondément humain, si proche de nous tous, quand il se trouve à l’instant fatal ? La descente dans la vallée de l’ombre est obligée, mais la douleur physique ? Et l’inquiétude : que sera la traversée de l’enfer ?
Nous le savons : Il l’a traversé pour nous, mais en portant toutes nos inquiétudes.
Face à l’épreuve, il prie, il demande que la coupe soit éloignée si possible, mais Il AVANCE . Et Il avance avec CONFIANCE.
Dans cette marche déchirante, qu’il accomplit pas à pas, il ne progresse pas en héros impavide, il ne tait pas la peur qui l’agite. Et il s’appuie même sur les derniers moments de plaisir qui lui sont offerts, moments de bonheur, de partage, moment où le plaisir des sens apaise et magnifie la générosité.
Dans cette marche le parfum est le bienvenu, à un tel point qu’il suscite une phrase étrange, mais profondément humaine : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? elle a fait une bonne action à mon égard ; car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours. En répandant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait pour ma sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.
Le parfum donc comme avancée plus douce vers la sépulture, comme instant de communion retenu, comme plaisir permettant d’aller vers la mort avec plus de sûreté. Par ces mots Jésus dit à la fois son lien avec la vie et sa confiance dans le dessein divin.

Judas au contraire ne supporte pas l’intensité du moment. Visiblement, il ne comprend plus la logique de Jésus, il a hâte que cette histoire s’achève, il souhaite la fin, il la provoque. Dans ce moment à risques, il opte pour la trahison comme on choisirait violemment, d’une façon irréversible, un chemin conduisant à la mort, la mort de l’autre, de l’Être incompréhensible, celui qui pose le problème de l’amour, celui qui est hors de toute logique humaine. Trahir, livrer, c’est enclencher une logique qui conduira aussi à sa propre mort. Ainsi sera mis un terme au mystère de vivre, au mystère de l’amour apporté par Jésus. La logique humaine reprendra ses droits.


3)  Ce qui se noue alors dans l’attitude de Judas est suffisamment fort pour alimenter des siècles de littérature. Tout porte à croire que s’il est présent avec une telle intensité dans l’histoire des hommes, c’est qu’il fait partie de leur histoire, c’est qu’il est une part d’eux-mêmes.
Judas c’est nous, tous les jours. Non parce que nous trahissons, mais par ce que nous refusons.
Judas est Judas d’abord et avant tout par sa tentation suicidaire, elle est première, et c’est elle qui dicte la trahison.
Il ne se suicide pas parce qu’il a cédé à la trahison, il est celui qui livre Jésus par volonté suicidaire. Et pourquoi donc ?

Jésus accepte le parfum, Judas fait certainement partie de ces disciples qui se scandalisent, ils pensent aux pauvres, il pense en termes de culpabilité, de mortification. Face au drame qui se prépare, à ce don d’amour incompréhensible qui consiste à accepter la mort à l’issue indécise par amour des autres, chaque disciple ira de sa névrose : certains tomberont dans un sommeil répétitif douteux, sorte de décrochage semblable à ces retours en enfance cataleptique, d’autres iront vers l’affirmation volontariste : je ne te renierai pas. Judas, lui, va vers le pire, il hâte la mort. Il ne supporte pas l’instant, il aspire à la fin, à la sienne surtout.

Car il se trouve dans l’impossibilité d’accepter l’incompréhensible. Et nous sommes tous les jours, à un moment ou à autre, dans cette posture-là. Désireux d’être à la hauteur de ce qui nous est donné, désireux d’être méritant, nous nous morfondons quand nous nous sentons humains, terriblement humains, faillibles donc.
Nous enfermons tout dans notre logique, qu’elle prenne une forme morale, sociale ou politique, elle est avide de règles qui rassurent parce qu’elles se situent à notre niveau. Quand nous agissons ainsi, nous refusons le parfum et cultivons une approche mortifère de la vie.

Judas est celui qui ne sait rendre grâce. Il ne peut s’ouvrir à la grâce de vivre. Il veut maîtriser, il veut agencer, il théâtralise son existence. Comment expliquer sinon ce baiser visant à désigner Jésus que tout le monde connaît. Cette voie conduit tout à la fois à l’amertume, à la culpabilité, à l’ostentation. Quand on se morfond en jouant un rôle parmi ses semblables, on en vient à désirer le pire rôle. Pour peu que surgisse une logique d’amour qui nous dépasse, on aspire à la trahir, à la détruire. Trahir, pour ne pas accepter d’être aimé, livrer celui qui aime au-delà de l’entendement pour se détruire et se confirmer dans le rôle du mal-aimé.

Car Jésus et son enseignement nous dépasse de part en part, à tous moments. Là où l’on boit de l’eau, il crée du vin, là où les exclus sont Il va, là où le rituel s’impose Il perturbe et déstabilise. Il nous incite au risque de vivre, il nous plonge au cœur du risque de l’amour, de la grâce. Il nous demande d’aller dans le chaos du monde avec foi, avec confiance. Il précède nos pas, nous demande d’accepter le chemin, le cheminement avec Lui. Il ouvre. Judas ne peut supporter ce risque, cet amour ouvert et plein d’allant, d’imprévus. il préfère d’emblée fermer par la dénonciation, la mortification, il opte pour cette fuite en avant qui conduira au suicide.
Etre Judas, c’est ne pas reconnaître l’amour qui nous est donné, c’est le tuer, pour se dire, se croire indépendant, se proclamer acteur d’un drame qu’on croit maîtriser.
Rejoindre Jésus, c’est accepter l’amour qui nous est attribué, d’une façon incompréhensible, malgré nos faiblesses et notre humanité, c’est accepter d’aller dans un monde imprévisible. En nous appuyant sur ce qui nous dépasse et nous soude à la fois.
Suivre Jésus, c’est dire, envers et contre tout, contre toutes les malédictions, contre toutes les tendances de mort, les volontés d’en finir, contre les désirs mortifères et suicidaires, c’est dire envers et contre tout, que ma joie demeure.



Publication en ligne : 5 août 2009

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