BRIBES EN LIGNE
même si dans l’innocence des       sous quatrième essai rares    de femme liseuse       la karles se dort cum hume antoine simon 6       sur   marcel fin première c’est le grand l’existence n’est vos estes proz e vostre tout le problème j’aime chez pierre démodocos... Ça a bien un ainsi fut pétrarque dans     surgi normalement, la rubrique able comme capable de donner bel équilibre et sa       sur 1-nous sommes dehors. c’était une dernier vers aoi titrer "claude viallat, juste un mot pour annoncer iv.- du livre d’artiste (la numérotation des       au labyrinthe des pleursils  improbable visage pendu derniers vers sun destre le texte qui suit est, bien pour martine a ma mère, femme parmi À l’occasion de pour egidio fiorin des mots il faut laisser venir madame       fleur       et tu       entre "l’art est-il quatrième essai de j’oublie souvent et depuis ce jour, le site       st bruno mendonça toutefois je m’estimais attendre. mot terrible. souvent je ne sais rien de mes pensées restent antoine simon 14 où l’on revient       je   six formes de la 7) porte-fenêtre dernier vers aoi i mes doigts se sont ouverts tu le sais bien. luc ne toutes ces pages de nos l’impossible     rien en cet anniversaire, ce qui très malheureux... avant propos la peinture est       l̵ chercher une sorte de « amis rollant, de       " madame est une torche. elle mais jamais on ne troisième essai et     son tous feux éteints. des j’ai donc  le "musée   entrons deux ce travail vous est pour pierre theunissen la       la un tunnel sans fin et, à la rencontre d’une j’arrivais dans les la terre a souvent tremblé exacerbé d’air dorothée vint au monde bien sûr, il y eut antoine simon 29       le r.m.a toi le don des cris qui madame est une jusqu’à il y a       au générations tous ces charlatans qui       s̵  je signerai mon prenez vos casseroles et       dans sables mes parolesvous       que je n’ai pas dit que le antoine simon 3   je ne comprends plus  hors du corps pas je serai toujours attentif à de prime abord, il       le dimanche 18 avril 2010 nous       sur le de pareïs li seit la ils s’étaient attention beau pour lee vous deux, c’est joie et       bonhe j’ai changé le     cet arbre que  au mois de mars, 1166     nous sixième sequence 6   le après la lecture de       sur les lettres ou les chiffres madame chrysalide fileuse heureuse ruine, pensait la pureté de la survie. nul antoine simon 11     &nbs dans la caverne primordiale       l̵       reine le 23 février 1988, il je m’étonne toujours de la intendo... intendo ! comme une suite de antoine simon 18 antoine simon 28 zacinto dove giacque il mio attelage ii est une œuvre dans le pain brisé son dernier vers aoi antoine simon 15       dentelle : il avait       un paysage de ta tombe  et la lecture de sainte       au     tout autour carles li reis en ad prise sa descendre à pigalle, se outre la poursuite de la mise       &agrav vous avez un temps hors du laure et pétrarque comme la mort d’un oiseau. cet univers sans   adagio   je le recueil de textes       la elle disposait d’une   tout est toujours en on dit qu’agathe tout est prêt en moi pour il était question non       cette pour jean marie pour raphaël mon travail est une les dessins de martine orsoni 1 la confusion des pour michèle gazier 1)       allong dernier vers aoi temps de bitume en fusion sur langues de plomba la dernier vers aoi la bouche pleine de bulles       sur c’est un peu comme si,       ...mai       jardin dernier vers aoi tout à fleur d’eaula danse autres litanies du saint nom le temps passe dans la       fourr&       ma dans ma gorge       le comme un préliminaire la il arriva que   pour olivier pour mes enfants laure et et ma foi, à difficile alliage de dans le patriote du 16 mars agnus dei qui tollis peccata s’ouvre la   ciel !!!! vous dites : "un de l’autre bien sûrla nu(e), comme son nom le samedi 26 mars, à 15 1) notre-dame au mur violet       neige chaises, tables, verres, qu’est-ce qui est en Être tout entier la flamme la route de la soie, à pied,   que signifie “le pinceau glisse sur torna a sorrento ulisse torna  pour le dernier jour mise en ligne d’un       m̵ alocco en patchworck © si j’étais un       le il ne reste plus que le a propos de quatre oeuvres de dernier vers aoi l’évidence la fraîcheur et la g. duchêne, écriture le  ce mois ci : sub l’appel tonitruant du antoine simon 7 pour nicolas lavarenne ma "je me tais. pour taire.   dits de dessiner les choses banales lancinant ô lancinant tendresse du mondesi peu de station 5 : comment sur la toile de renoir, les       neige       retour le lourd travail des meules   (à     pluie du sculpter l’air : polenta  la toile couvre les 0 false 21 18 le bulletin de "bribes temps de pierres     le et te voici humanité  ce qui importe pour       &agrav sixième (de)lecta lucta   sauvage et fuyant comme pour archipel shopping, la   encore une la galerie chave qui poussées par les vagues issent de mer, venent as seul dans la rue je ris la quand les eaux et les terres station 4 : judas  au commencement était pour jean gautheronle cosmos preambule – ut pictura       entre quatrième essai de mon cher pétrarque, giovanni rubino dit une errance de printemps breton, printemps morz est rollant, deus en ad       un coupé en deux quand à cri et à     extraire     dans la ruela       vu abstraction voir figuration  le livre, avec     l’é pour jean-louis cantin 1.- le ciel est clair au travers la terre nous       au       aujour   j’ai souvent nous viendrons nous masser quando me ne so itu pe   iv    vers douze (se fait terre se dans ce périlleux dernier vers aoi "nice, nouvel éloge de la n’ayant pas       je dans le monde de cette  “... parler une       force pour andré     sur la       je me pluies et bruines, le scribe ne retient  avec « a la       journ& des conserves !       dans clere est la noit e la f les rêves de    au balcon À perte de vue, la houle des carissimo ulisse,torna a       deux ] heureux l’homme       " toute trace fait sens. que viallat © le château de antoine simon 25 antoine simon 12 je découvre avant toi       en     &nbs un trait gris sur la l’erbe del camp, ki f les marques de la mort sur  il est des objets sur il existe au moins deux       &eacut vous avez       qui antoine simon 10 bientôt, aucune amarre la cité de la musique fragilité humaine.       l̵ j’entends sonner les pour jacqueline moretti,       dans attendre. mot terrible. 1 au retour au moment mille fardeaux, mille les premières     chambre ma chair n’est carles respunt : je t’ai admiré,  martin miguel vient reflets et echosla salle pour michèle aueret pour robert pour jean-marie simon et sa       &agrav napolì napolì temps où le sang se   nous sommes dernier vers aoi   au milieu de quand vous serez tout que reste-t-il de la le nécessaire non       fourr&       su rare moment de bonheur, (josué avait lentement couleur qui ne masque pas toi, mésange à  c’était je désire un     quand dernier vers aoi encore une citation“tu       et présentation du af : j’entends       deux a la femme au       il       le buttati ! guarda&nbs merle noir  pour la parol

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MICHEL BUTOR

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Les faces cachées
© Michel Butor
Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

Toujours les lettres : leur inscription sur des panneaux qui se combinent permet de les faire tourner avec ceux-ci dans une sorte de cylindre perpétuel comme celui des barbiers d’antan. Les lettres solides qui s’échappent du plan de la toile avant de s’y réappliquer en miroir, viennent vers nous. C’est dans l’espace antérieur qu’elles se déploient, dans celui que nous connaissions ou pensions connaître. Quand elles tournent en cylindre elles nous donnent l’impression de passer derrière le tableau ou le mur, donc de nous dévoiler l’espace caché.

Monsieur se plaint de la situation. Une fleuriste koweïtienne dispose un rameau brun près d’un lupin violet. Sans l’arsenal l’économie de la nation s’effondrerait. Le jeune Laotien ne peut plus se passer de la Libanaise. Le vendredi 3 août 1492, l’amiral Christophe Colomb, franchissant à huit heures du matin la barre de Saltes, située au large d’Huelva en Andalousie, s’aventure avec ses trois caravelles à demi pontées sur les flots de l’Atlantique. Quelque part un futur mathématicien commence à parler. Vent sur la savane. On se désole. Ailleurs on pressent la guerre. On perd ses parents. Au pôle Nord c’est encore le jour de six mois. Les murs se couvrent de taches de sang.

Au lieu de tourner derrière la toile ou le mur, les lettres ou les mots pourraient aussi tourner derrière nous, derrière notre dos, dans notre dos, dans ce que nous ne connaissons pas de nous-mêmes, dans notre face cachée.

Madame s’inquiète. Un artiste libérien pose un soleil rose sur un ciel bleu. L’hopital regorge de malades, et ne peut plus assurer que quelques soins. La jeune libyenne se demande si elle est amoureuse de ce garçon du Liechtenstein. Quelque part un futur homme d’Etat entre à l’école. Ombres sur les montagnes. On renonce. Un peu plus loin on craint la guerre. On signe la paix. Quoi ? Vraiment ! Quand ? Si seulement c’était vrai ! Vous y croyez ? Nous n’y croyons plus. Nous n’arrivons plus à y croire. Plus on s’éloigne du pôle Nord moins les jours raccourcissent. On entend à la radio des foules hurlantes.

 

Quand tu cherchais obstinément l’incroyable
île du mont Fuji suintant de perles rouges
disait-on et la cité du mascaret d’automne
où l’on trouvait toujours sur les marchés
d’énormes poires blanches à l’intérieur
comme fine fleur de farine et très odorantes...

 

Le douanier s’ennuie. Un couturier luxembourgeois pose une écharpe de couleur inconnue sur une robe verte. On manifeste pour réformer l’arsenal. Quelque part un jeune chanteur passe des examens. Cendres sur la ville. Et pourtant... Dans un autre continent on déclare la guerre. On n’arrive plus à croire à la paix. A l’équateur les nuits sont toujours égales aux jours. Le Soleil est dans le Lion. On voit à la télé des transports de blessés.

 

L’Amérique au temps de Colomb était la face cachée de la Terre ; et s’il est parti, c’est bien à la recherche d’une face cachée, de ces Indes dont on connaissait l’existence lointaine, merveilleuse à travers la relation de Marco Polo, et aussi quelques objets prestigieux : soies, vaisselle, épices, et qu’il a voulu aborder par l’autre côté, transformant l’ouest en est, passant à travers ce miroir infranchissanble qu’était pour les marins d’alors l’horizon atlantique.

 

La dactylo se polit les ongles. Un Malgache dans une auto violette double un Malawite dans un camion orange. Quelque part un futur médecin se demande quelle voie choisir. Terreur sur les armées. On attend. La guerre s’étend de l’autre côté des montagnes. Espionnage. Plus on s’approche du pôle Sud plus les nuits sont longues. On murmure qu’il faudrait changer tout cela.

 

Alors au continent de la révélation il y avait
à Tlatelolco près du nid de plumes précieuses
des marchands d’or gemmes plumes étoffes
broderies esclaves poteries et fourrures...

 

Un soldat hurle de joie parce qu’il a réussi à tuer quelqu’un. Quelque part un découvreur trouve une nouvelle piste. Nuages sur les moissons. On hésite. De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Défilés burlesques. Au pôle Sud c’est encore la nuit de six mois ; on voit le Sculpteur. Des orateurs proclament la nécessité des réformes.

 

L’Amérique précolombienne est toujours une face cachée, l’Asie aussi, non seulement la plus ancienne, mais celle d’aujourd’hui. L’Indien aussi bien oriental qu’occidental peut être considéré comme notre face cachée que les renversements opérés par des écrivains ou des peintres découvrent peu à peu. Beckett, Céline, Moby Dick peuvent être considérés comme des voix de notre face cachée, ou plus exactement comme des signaux sur la voie de sa découverte, son appel, sa hantise : notre malheur bien sûr, mais dans ce malheur toutes nos haines, toutes nos guerres, notre obstination à nous exterminer tout au long des quatre saisons alors que la mort nous prendra très bien sans cela.

 

Quelque part un jeune peintre connaît ses premiers succès. Pluie sur les ruines. On se décide. De l’autre côté de la mer la guerre reprend. Banquets. Plus on s’éloigne du pôle Sud, moins les jours augmentent.

 

Après être rentré à la cour en triomphateur
tu es retourné dans ton Hispaniola
pour y trouver ton premier établissement
incendié la garnison exterminée
pourtant tu as commencé à y planter
céréales et vignes exploiter l’or
et décidé d’utiliser les cannibales
comme esclaves à vendre en échange de bétail
tandis que déjà derrière l’horizon du temps
couvaient des humiliations et des arsenaux
destructions laboratoires et déceptions

 

Quelque part un écrivain tombe malade. Soleil sur les chantiers. On y va. Dans les villages la guerre s’éternise. Tremblements de terre.

Une tache de beurre sur le portrait de Zachary Taylor qui mourut en exercice le 9 juillet 1850 à Washington DC âgé de 65 ans ; une tache de framboise sur le portrait de Millard Fillmore sous la présidence de qui se joignit aux 30 étoiles précédentes : CALIFORNIE, la mer la nuit, le désert la nuit ; et qui mourut le 8 mars 1874 à Buffalo, New York, âgé de 74 ans ; une tache d’épinards sur le portrait de Franklin Pierce qui mourut le 8 octobre 1869 à Concord, New Hampshire, âgé de 64 ans ; une tache de purée de pommes de terre sur le portrait de James Buchanan, sous la présidence de qui se séparèrent sept étoiles formant la première constellation confédérée ; TEXAS, la mer, notre automobile abandonnée sur le sable ; LOUISIANE, il n’y a presque plus d’Indiens, les nègres sont couchés ; MISSISSIPI, ce n’est pas possible, il ouvre la fenêtre, il l’enjambe, et je suis incapable de crier dans ma chemise, je suis incapable de faire un pas, j’essaie de remonter le drap pour me couvrir, dehors un million de moustiques ronflent ; ALABAMA, la mer, milliers de lèvres noires ; FLORIDE, ibis blancs, pélicans bruns ; GEORGIE, filets, rames, nasses, CAROLINE DU SUD, la mer, ouïes bleues, pompanos ; et se joignirent aux 31 étoiles précédentes (ou alors 24) KANSAS, ce qu’il y avait d’effrayant dans ce continent, ce n’était pas seulement ses lianes empoisonnées ; OREGON, grives variées, merles d’eau, tétras des sauges.

Quelque part meurt un sculpteur. Tempête sur les fouilles. On rate. Dans les faubourgs la guerre s’achève enfin.

Les lettres dansent, se superposent, rivalisent avec les objets, mais les objets eux-mêmes entrent dans cette danse, à commencer par les objets à lettres : affiches, journaux et livres.
Publication en ligne : 30 juin 2009

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