BRIBES EN LIGNE
moi cocon moi momie fuseau       m̵ dernier vers aoi   nous sommes chaque automne les une errance de nous viendrons nous masser saluer d’abord les plus langues de plomba la i en voyant la masse aux  les œuvres de       journ& mise en ligne d’un     depuis lancinant ô lancinant il aurait voulu être des voix percent, racontent on dit qu’agathe       dans la communication est tout mon petit univers en       un et la peur, présente       la premier vers aoi dernier       à il en est des meurtrières. non, björg, dernier vers aoi la liberté de l’être deux mille ans nous       magnol bien sûrla l’ami michel « amis rollant, de Ç’avait été la "et bien, voilà..." dit on peut croire que martine   je ne comprends plus et encore  dits comme ce mur blanc il ne reste plus que le je reviens sur des le ciel de ce pays est tout  “comment (elle entretenait à la mémoire de       maquis pour maguy giraud et         or vous avez pour andrée exacerbé d’air     ton dernier vers aoi depuis le 20 juillet, bribes a toi le don des cris qui le lourd travail des meules ouverture d’une josué avait un rythme antoine simon 3 écrirecomme on se torna a sorrento ulisse torna       su j’ai en réserve c’est pour moi le premier       dans       six (À l’église       force temps de pierres dans la       dans g. duchêne, écriture le       gentil charogne sur le seuilce qui le 23 février 1988, il       dans       p&eacu deux ce travail vous est  marcel migozzi vient de préparation des si grant dol ai que ne dernier vers aoi nouvelles mises en et  riche de mes j’ai perdu mon       qui       la pie la terre nous l’impression la plus       la af : j’entends ...et poème pour les dernières je t’enfourche ma temps où le sang se       le       voyage mais jamais on ne macles et roulis photo 4       la outre la poursuite de la mise derniers toulon, samedi 9       fleure       ( ma mémoire ne peut me quand sur vos visages les il pleut. j’ai vu la samuelchapitre 16, versets 1 aux george(s) (s est la i.- avaler l’art par je ne saurais dire avec assez recleimet deu mult station 5 : comment   le texte suivant a qu’est-ce qui est en il existe au moins deux iloec endreit remeint li os comme c’est       dans pour jean-louis cantin 1.- marie-hélène karles se dort cum hume     l’é able comme capable de donner madame, on ne la voit jamais polenta    seule au franchement, pensait le chef,       sur    nous d’abord l’échange des il avait accepté bribes en ligne a de tantes herbes el pre       " là, c’est le sable et  “la signification le travail de bernard deuxième apparition de tout est possible pour qui       coude dernier vers aoi les routes de ce pays sont  zones gardées de       &ccedi   anatomie du m et 0 false 21 18       pass&e       en       "       ...mai dernier vers aoi       fleur envoi du bulletin de bribes cyclades, iii° dernier vers aoi madame porte à la galerie chave qui       ton sur la toile de renoir, les       object       vu constellations et références : xavier 1- c’est dans mult est vassal carles de attendre. mot terrible. merci à la toile de ce pays que je dis est       il tendresses ô mes envols dans l’effilé de avez-vous vu       ce       " cinq madame aux yeux       dans       au       " vedo la luna vedo le       sur les doigts d’ombre de neige les textes mis en ligne comme une suite de monde imaginal, antoine simon 27     quand     m2 &nbs il tente de déchiffrer, heureuse ruine, pensait de pareïs li seit la l’art c’est la le lent tricotage du paysage de pa(i)smeisuns en est venuz d’ eurydice ou bien de dans le patriote du 16 mars sept (forces cachées qui accorde ton désir à ta       soleil antoine simon 11 cliquetis obscène des les étourneaux ! je me souviens de nous avancions en bas de le coquillage contre       ma       pav&ea quel ennui, mortel pour rimbaud a donc   on n’est pas de pluie pour venir       apr&eg nous serons toujours ces  tu ne renonceras pas. normalement, la rubrique la force du corps, janvier 2002 .traverse   en grec, morías       sur       &n pour mon épouse nicole le pendu seul dans la rue je ris la pour maxime godard 1 haute madame chrysalide fileuse    au balcon le tissu d’acier de sorte que bientôt       embarq des voiles de longs cheveux a grant dulur tendrai puis macles et roulis photo 6 et tout avait au programme des actions       voyage dernier vers aoi “le pinceau glisse sur     sur la pente       nuage       rampan je découvre avant toi marché ou souk ou l’attente, le fruit       dans mise en ligne a christiane j’arrivais dans les       sur le quai des chargeurs de j’ai relu daniel biga, la littérature de  improbable visage pendu pour julius baltazar 1 le       sur       b&acir     une abeille de ] heureux l’homme décembre 2001. dernier vers aoi moisissures mousses lichens "pour tes giovanni rubino dit     le la fraîcheur et la de mes deux mains leonardo rosa    de femme liseuse folie de josuétout est pour qui veut se faire une dernier vers aoi       et nous n’avons rien   un       devant ce qui importe pour genre des motsmauvais genre ses mains aussi étaient       les à propos “la mon cher pétrarque, on trouvera la video autres litanies du saint nom dernier vers s’il la rencontre d’une il était question non j’ai donc aucun hasard si se       le           double ainsi va le travail de qui     faisant la couleur qui ne masque pas       vu "ah ! mon doux pays, dix l’espace ouvert au       le ils sortent       les l’erbe del camp, ki       deux béatrice machet vient de mi viene in mentemi au matin du       object  pour le dernier jour l’illusion d’une le bulletin de "bribes nice, le 8 octobre pour michèle aueret       la       ruelle   est-ce que     tout autour passet li jurz, si turnet a entr’els nen at ne pui   jn 2,1-12 : le scribe ne retient pour philippe       &agrav   au milieu de       au  tous ces chardonnerets antoine simon 13 il n’y a pas de plus arbre épanoui au ciel Éléments - et il fallait aller debout     à       la et c’était dans   entrons   se c’est la distance entre que d’heures pour anne slacik ecrire est de proche en proche tous avant propos la peinture est maintenant il connaît le "mais qui lit encore le   né le 7   la baie des anges         &n       les       la mult ben i fierent franceis e je m’étonne toujours de la clers est li jurz et li       le       &agrav il est le jongleur de lui antoine simon 16 comment entrer dans une dernier vers doel i avrat,       le (josué avait pluies et bruines, sors de mon territoire. fais il ne s’agit pas de jamais je n’aurais la prédication faite je suis occupé ces raphaël madame est une torche. elle       &eacut de profondes glaouis pour m.b. quand je me heurte d’un côté le texte qui suit est, bien du bibelot au babilencore une madame déchirée       entre vertige. une distance pour angelo  “s’ouvre (de)lecta lucta   deuxième apparition tout en vérifiant tandis que dans la grande l’art n’existe branches lianes ronces ecrire les couleurs du monde       o dire que le livre est une   pour olivier   six formes de la je sais, un monde se edmond, sa grande la tentation du survol, à   la production la légende fleurie est antoine simon 22 "nice, nouvel éloge de la     pluie du la parol

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MICHEL BUTOR

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Le temps passe
© Michel Butor
Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

Le temps passe dans la peinture : les minutes, heures, journées. Les aiguilles ou bras des horloges d’antan sur leurs cercles, les chiffres plus ou moins lumineux qui se succèdent aujourd’hui dans les lucarnes de nos montres ou tableaux de bord, accrochent des lambeaux, des loques de notre vie quotidienne que les informations à la radio ou à la télévision scandent comme autrefois les offices dans les monastères.

Le jour de Noël un grave accident survient à la caravelle de Christophe Colomb, première avarie de cette navigation jusque là si heureuse. Mais le cacique Guacanagari, nu et peint, comprenant la gravité de la situation, accourt avec ses frères, parents et un grand nombre d’autres indiens pour aider à décharger, puis sans détourner nul objet, monte la garde toute la nuit. Défilés gastronomiques. Au pôle Sud c’est maintenant le jour de six mois. Des orateurs proclament l’ouverture des frontières. Monsieur s’endort. Une fleuriste de la Sierra Leone dispose une ombelle bleue près d’un rameau noir. On construit un hopital sur les ruines de l’arsenal. Le jeune Somalien ne peut plus se passer de la Soudanaise.

Les saisons passent : murs. Printemps. Echelle. Matin. Corde. Enfance. Etoiles. Pluie. Bras. Bourgeons. Branche. Jouets. Cercles. Enigmes. Flèches. Vitres. Vaisselle. Ombre. Figures. Rose. Rayures. Projets. Date. Salut. Signature.

Foires. Plus on s’éloigne du pôle Sud plus les nuits sont longues. Les journaux annoncent l’arrivée d’animaux inconnus. Madame vieillit. Un artiste suédois pose une croix verte sur un fond blanc. On construit un arsenal sur les ruines de l’hôpital.

Déjà couvaient larmes et multiplications
des gémissements des libérations
et des agonies au continent de l’expérimentation
il y avait bien loin de la ville du retour
du serpent à plumes d’autres ruines
des dessins gigantesques dans les déserts
de grandes villes somptueuses avec leurs routes...


Emeutes. A l’équateur les nuits sont toujours égales aux jours. Le Soleil passe du Sagittaire au Capricorne. Les murs se couvrent de lierre. Un banquier se trompe dans ses calculs. Un couturier suisse pose une écharpe jaune sur une robe grise.

Les années passent : échelle. Proclamations. Eté. Corde. Déclarations. Midi. Etoiles. Défilés de mode. Jeunesse. Bras. Galas. Soleil. Branche. Conférences de presse. Feuilles. Cercles. Défilés de cirque. Drapeaux. Flèches. Expositions internationales. Joconde. Vaisselle. Explosions. Hippocampe. Figures. Défilés électoraux. Transparence. Rayures. Championnats. Vert. Date. Avalanches. Ascension. Signature. Trafic de drogues. Invitation. Mur.

Massacres. Plus on s’approche du pôle Nord plus les jours sont courts. On entend à la radio un peu de musique contemporaine. Une femme de ménage se fait une entorse.

Quand tu cherchais désespérément l’inépuisable
île du soleil levant dont nul n’aurait su
mesurer les audaces comme celles de la cité
des six harmonies où quiconque
pouvait louer des palais disait-on tout meublés
pour faire la fête et des bateaux palais flottants...


On pleure ses pertes. Au pôle Nord c’est la nuit de six mois ; on voit le Cygne. On voit à la télé des animaux savants. On signe la paix. Quoi ? Vraiment ! Quand ? Si seulement c’était vrai ! Vous y croyez ? Nous n’y croyons plus. Nous n’arrivons plus à y croire. Cela fait si longtemps. Quelle paix ? Et pour combien de temps ?

Les générations passent : étoiles. Escroqueries. Automne. Les journaux annoncent une invasion de loups. Bras. Offensives diplomatiques. Soir. Les murs se couvrent de graffitti. Branche. Défilés olympiques. Maturité. On entend à la radio des hymnes nationaux. Cercles. Premières. Glace. Les murs se couvrent d’insultes. Flèches. Espionnage. Fruits. On entend à la radio des témoignages accablants. Vaisselle. Défilés burlesques. Outils. On voit à la télé des bouteilles de boissons gazeuses. Figure. Banquets. L’autoportrait de Marcel Duchamp réalisé en papier déchiré pour la monographie de Robert Lebel, signé "Marcel déchiravit", et repris par Jasper Johns dans une de ses gravures. Les murs se couvrent de drapeaux. Rayures. Tremblements de terre. Cuiller. On entend à la radio des débats sur la situation dans l’autre hémisphère. Date. Conversations de couloirs. Séparation. On voit à la télé des visages d’hommes politiques. Signature. Défilés historiques. Ocre. Les murs se couvrent d’affiches qui sont immédiatement lacérées. Mur. Congrès. Chute. Les journaux annoncent une invasion de moustiques. Echelle. Inondations. Offrande. Les murs se couvrent de taches d’encre. Corde.

Serait-ce donc vraiment la paix ? Plus on s’éloigne du pôle Nord moins les nuits diminuent . Craindrait-on la paix ?

Alors dans la fièvre tu entendis une voix
très compatissante qui disait homme lent à croire
qu’a donc fait de plus pour Moïse ou David ce dieu
qui t’a donné les Indes qui t’a confié les clefs
de la mer océane jusque là serrée
de si fortes chaînes ta vieillesse
ou même la mort n’arrêteront pas
ton ultime exploit derrière l’horizon du temps


Echanges de vues. A l’équateur les nuits sont toujours égales aux jours. Un soldat rentre chez lui. Un Syrien dans une auto orange double un Tanzanien, dans un camion brun. On décide de se mettre à réfléchir sérieusement sur les réformes.

Les siècles passent : bras. Tortures. Hiver. On entend à la radio des sermons de toutes les sectes. On décide la construction d’un hôpital. Branche. Marchandages. Minuit. On voit à la télé des hordes de réfugiés. On commence la construction d’un arsenal. Cercles. Couronnements. Vieillesse. On murmure que la situation ne saurait durer. Prenant le pouvoir on oublie les réformes qu’on a promises. Flèches. Sécheresses. Neige. Les murs se couvrent de taches de sang. On inaugure l’arsenal ; c’est le plus moderne du monde. Vaisselle. Cruautés. Graines. On entend à la radio des foules hurlantes. On double la superficie de l’arsenal. Figures. Clauses secrètes. Vestiges. On voit à la télé des transports de blessés. On manifeste pour des réformes. Rayures. Défilés de stars. Châssis. On murmure qu’il faudrait changer tout cela. L’arsenal affiche des bénéfices impressionnants pour ses ventes d’armes à l’étranger. Date. Jubilés. Fils de fer. On entend à la radio des commentaires sur les nouvelles découvertes. Sans l’arsenal l’économie de la nation s’effondrerait. Signature. Famines. Pétrification. On voit à la télé des danses folkloriques. L’hôpital regorge de malades. Mur. Persécutions. Bleu. On murmure que la guerre approche. On manifeste pour réformer l’arsenal. Echelle. Défilés gastronomiques. Repos. Des orateurs proclament que la guerre est inévitable. L’arsenal met au point de nouveaux modèles encore plus performants. Corde. Foires. Aveu. On murmure qu’il y en a qui se remplissent les poches. L’hôpital est de plus en plus vétuste ; les conditions de travail y deviennent scandaleuses. Etoiles.

Une jeune Tchadienne se demande si elle est vraiment amoureuse du Tchèque. Quelque part on commémore un peintre.

Quelque part naît un autre peintre ; personne ne sait encore qu’il le sera. J’ai pu écrire quelque peu à propos de Jasper Johns et sur lui. J’ai essayé d’écrire pour lui. Quant à savoir si j’y ai réussi, lui seul peut le dire.

Publication en ligne : 3 juillet 2009

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