Accueil > Les rossignols du crocheteur > CHARVOLEN, Max > 1990 tentative de mise à plat de la bribe 58
Raphaël Monticelli
Deux expositions niçoises ont marqué le travail de Charvolen, et nos échanges en 1990. Armand Sholtès tenait alors une galerie et avait proposé une exposition à Max. Max avait réalisé une œuvre in situ sur la façade de la galerie. Parallèlement, nous avions commencé à travailler sur les mises à plat numériques. Loïc Pottier avait élaboré un algorithme qu’il faisait tourner sur ses outils dans son labo. Ainsi sont sortis les premiers dessins numériques, en noir et blanc, explorant quelques possibilités de mise à plat de la façade de la galerie de Sholtès. Ces dessins firent l’objet d’une exposition dans notre petite galerie associative, le Cairn. En guise de texte d’accompagnement, j’avais repris la bribe 58, et l’avais... mise à plat. À vrai dire, moins que d’une mise à plat, il s’agissait d’une exploration des combinaisons possibles des segments du texte. Nous avions collé au mur quelques unes de ces combinatoires. Elles sont ci-dessous.
Ville en strates ville qui n’a de neuf que la première syllabe de son nom non loin de la Herculanum et Pompei tranches napolitaines mendiant dîtes-vous comment dire si Napoli Et il naufragar m’ è dolce in questo mare recouvertes par cette peau de pierre et l’arrachant on garde la trace des ils s’agglutinent strates de ces déchets au jour le jour accumulés oui la Mediterranee antique notre quotidien comment comment dites vous (Tu es Sappho aux paroles pleines d’air fier grande concentration de tous les aspects qui peuvent c’est ce qu’il disait et tous ces enfants comme dans les tableaux de Murillo mêlant la Grèce qui vient s’étendre ou oui te regarde et par dessus son épaule voletant Français... Napoli Napoli oui Tout ça sous la tendresse morbida del Vesuvio (comme au dessus de la ville langue charriant des saleté et poussières de ton stylet s’embroche j’ai vu pareil en le regard légèrement détourné sur la gauche de qui modes immédiats de présence mais ils vous regardent de façon si ils n’ont pas de chanter les syllabes oui oui comment comment comment font-ils et yeux de vivantes ruines dans l’accent porte ainsi sur la première syllabe fier ce vert comme on le rêve du printemps il y a les mêmes de l’autre coté qui furent non enfouies mais le souvenir de Neapolis si insolente parfois cette polychromie oui peuple mendiant grouillements humains comment exister Tunisie mourir ici vivacite jaune citron couvrant des millénaires de langues et s’en dégageant et aussi c’est le mot c’est Naapoli ces têtes d’angelots qu’on voit dans les églises et ils sont si si beaux lèvre posée dubitative) corps des choses et du temps Napooli ou pour désigner une nouvelle communication entre les gens et Rome qui y a pris naissance ils sont si effrontée sainte s’étend l’aile douce du Fuji) Arabes c’est étrange tous ces enfants de Naples vous dîtes le satiricon recouvrant non non attouchements non non c’est Naapoli comment dîtes vous Naapoli s’aggripent et Espagnols fertilisant d’anciennes articulations comme on voit bien n’est-ce-pas que c’est la m et Napolii se perpétuait le souvenir d’une millénaire présence... des restes et le oui comme si dans Naapoli ces couleurs franches cette pulpe colorée ces joues rouges ou encore cette pas si sales pourtant non non beaux c’est t Langue pas froid aux comment je dirais chaleureux oui oui chaleureux en attente que le mot au bout de qui coulent en quête monuments pas si en toutes circonstances et si délurés millions d’années apres millions d’années les terres et les du nom cesse toute tristesse et là où il s’engage dans la mer langue disant ce que furent mais non mendiant d’anciennes bouches et ton doigt prolonge sur ta densité des corps il essayait de dire Napoli Napoli oui cette facon n’est-ce de ses lentes époques historiques
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