Accueil > Les rossignols du crocheteur > CHARVOLEN, Max > 2009 - À propos des mises à plat numériques
RAPHAËL MONTICELLI
À la suite de l’exposition au musée d’histoire de Marseille, une association s’est procuré un ensemble de mises à plat numériques pour ses locaux. Le texte ci-dessous est la fiche explicative qui accompagnait les mises à plat.
Ce dessin original est une réalisation numérique : l’agencement particulier qu’il montre est le résultat d’un programme informatique. C’est l’œuvre d’un artiste contemporain (né en 1946 à Cannes), Max Charvolen, qui s’est doté d’une double formation d’architecte et de peintre. Et qui s’est inscrit, depuis les années 60 dans les mouvements les plus novateurs de l’art contemporain.
Les éléments agencés proviennent des ruines du petit temple dit « le trésor des Marseillais » ou « des Massaliotes » qui se trouve sur le site antique de Delphes, à près de 200 kilomètres d’Athènes.
Delphes a été considérée comme le centre religieux et politique du monde antique pendant près de mille ans, jusqu’à l’avènement de l’ère chrétienne : les cités antiques y construisaient des bâtiments où elles entreposaient leurs dons. Les Marseillais ont édifié ce trésor au VIe siècle avant Jésus Christ.
L’originalité de l’œuvre de Max Charvolen, c’est que ce qu’il présente comme œuvre est le résultat du recouvrement réel d’un volume (ici le Trésor des Marseillais) et de sa mise à plat. Sa deuxième, c’est que, au terme de cette première mise à plat, réalisée sur site et au format réel, il étudie numériquement les autres mises à plat possible : c’est ce qui produit les dessins numériques.
Pour se faire une idée du nombre des mises à plat possible d’une architecture (ou de n’importe quel autre volume), il faut multiplier le nombre des éléments entre eux. Pour un cube, il faut multiplier 1x2x3x4x5x6. Pour un volume à 10 éléments, 1x2x3x4x5x6x7x8x9x10. Pour un volume à 100 éléments 1x2x3x4…jusqu’à100.
Le trésor des Marseillais est composé d’une soixantaine d’éléments. Le nombre des mises à plat possible n’est pas donc pas infini. Il est mesurable. Mais il dépasse notre imagination et nos capacités de dénombrement. Testez le en commençant les multiplications…
Quelle que soit la réalisation résultant du calcul, elle est très exactement la mise à plat d’un volume particulier : la représentation en deux dimension d’un objet en trois dimension. Comme dans le cas du cube, il est théoriquement possible de réassembler les éléments mis à plat pour reconstituer le volume
Lorsqu’il réalise ses mises à plat numériques, Max Charvolen se pose les mêmes problèmes que tous les peintres et dessinateurs depuis la préhistoire : comment représenter dans les deux dimensions de la peinture ou du dessin des objets qui, dans la réalité, apparaissent en trois dimensions.
La réponse que nous connaissons le mieux, celle de la peinture occidentale depuis la renaissance, est de donner, en deux dimensions, l’illusion du volume ; elle connaît ses développements contemporains avec la photographie. Les réponses les plus pratiques et les plus utiles au quotidien, sont celle des dessinateurs industriels, des architectes ou des géographes qui réalisent des plans, utilisent la perspective et signalent des cotes.
Depuis la fin des années 70, Max Charvolen a choisi de travailler à des représentations en deux dimensions qui éliminent toute illusion, en utilisant les matériaux et techniques du peintre et non celles de l’architecte ou du dessinateur industriel.
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