BRIBES EN LIGNE
equitable un besoin sonnerait c’est la peur qui fait       le    courant textes mis en ligne en lire la suite : 13   anatomie du m et jacques le recueil de textes les cuivres de la symphonie 1 2 3&nbs effrayante humilité de ces page d’accueil de vous avez retour au pdf sui generis aller à l’article rossignolet tu la heureuse ruine, pensait sommaire ► page suivante rafale n° 7 un ce paysage que tu contemplais sommaire ► page suivante       six       sur le page précédente retour les lettres ou les chiffres ainsi fut pétrarque dans pas facile d’ajuster le moi cocon moi momie fuseau pour andré naviguer dans le bazar de       la i en voyant la masse aux à cri et à attention beau       longtem 1 2 3&nbs comme une suite de a - preliminaire prenez 3 aller à l’article « le petit dauphin vers le sommaire des si tu es étudiant en       sur {{}} on trouvera la il en est des meurtrières. dans la caverne primordiale janvier 2026, en pleine       m’ ] heureux l’homme bernard noël en un texte que j’ai je donne à voir ce qui est       voyage ► À la mémoire de c’est une sorte de aller à la bribe suivante roland barthes : propos vers le sommaire du livre 4 1 2 3    regardant       est-ce aller au portail de le nécessaire non vers le sommaire du livre 4 sommaire ► page suivante un besoin de couper comme de béatrice machet vient de page suivante page pour bruno charlotte, in vers le sommaire du livre 3 1 2 3&nbs par max et andré vers le sommaire du livre 2 page d’accueil de vers le sommaire du livre 2 1 2 3&nbs       pav&eacu tout est possible pour qui voici quelques indications un temps hors du  pour le dernier jour coupé le son à 1 2 3&nbs présentation du projet aller à la bribe suivante préparer le ciel i qui d’entre nous textes mis en ligne en 1 2 3 il y a des titres qui lorsqu’on connaît une page suivante ► ce pays que pour michèle  le livre, avec toute trace fait sens. que boomerang a ► archipel sauvage et fuyant comme page suivante page 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs la vie est ce bruissement       quinze ce n’est pas aux choses 1 2     de rigoles en 1968 - el zilzel mieux valait découper abords de l’inaccessible juste un coup de pince-eau, l’ami michel seins isabelle petit souvenir quatrième essai de une fois entré dans la aller à l’article mouans sartoux. traverse de       les       à aller au portail de ils sortent  martin miguel vient quelque chose tout le temps est là sièges page d’accueil de antoine simon page d’accueil de constellations et pour pierre theunissen la       ç vers le sommaire du livre 2 1 2 3&nbs il en est des noms comme du toi, mésange à       vaches attelage ii est une œuvre la chaîne youtube sur et l’instant criblé elle réalise des fête du livre madame est la reine des aller au texte suivant nice, page suivante ► page vers le sommaire du livre 2 frères et       soleil       vers le sommaire du livre 2 en l’espace d’une dizaine ainsi va le travail de qui 1 2 3&nbs * il te reste à passer page précédente ► page 1 2     [1] l vers le sommaire du livre 2 page suivante ► page page d’accueil de vers le sommaire du livre 3 les étourneaux ! aller à l’article       gloussem       j’ dont les secrets… à quoi pour accéder au contenu du a l’extrémité du vers le sommaire du livre 2 en 2015, jean marie barnaud a vers le sommaire du livre 2 aller au texte suivant petit nuage gris qui suit le galop du poème me bal kanique c’est aller au portail de vers le sommaire du livre 4 aller à la bribe suivante l’éclair me dure, page suivante ► page de l’autre les céramiques et vers le sommaire du livre 4 vue à la villa tamaris il n’est pire enfer que       ruelle page d’accueil de samuel chapitre 16, versets 1       le       "       ...mais       le vers le sommaire du livre 2       pourquoi     au couchant « je suis un en 1988, au 16 de la rue antoine simon page suivante ► page vers le sommaire du livre 3 1 2 3&nbs les amants se 1 2 1966 comme 1 2 3&nbs ...et la mémoire rêve vers le sommaire du livre 3 page suivante ► page       rampant page précédente retour à 1 2 3&nbs deux mille ans nous 1 2 3&nbs baous et rious je suis sous l’occupation l’envers de sommaire ► page suivante cet article est paru dans le le pendu « voici sous la pression des       en dans les carnets page suivante ► page       s’ a propos d’une page suivante ► page      & bernard dejonghe... depuis le chêne de dodonne (i) merci au printemps des textes mis en ligne en avril rafale n° 5 un       m’ peinture de rimes. le texte pour accéder à la relation du photographe page suivante ► page pour visionner lorsque la langue dérape, le aller à la liste des auteurs pas sur coussin d’air mais leonardo rosa  zones gardées de       ce page suivante ► page       sur la page suivante ► page vers le sommaire des   est-ce que vers l’espace 1 2 aller au aller à l’article page d’accueil de et si au premier jour il la danse de 1 2 3&nbs immense est le théâtre et deux ajouts ces derniers l’envers de exode, 16, 1-5 toute page suivante ► page sommaire ► page suivante cliquer sur l’icône   on n’est       la pie 1 2 3 i.- vers le sommaire du livre 4 en ouvrant ce site, je tout en travaillant sur les voir aussi boltanski galerie       cerisier le plus insupportable chez comme ce mur blanc mise en ligne c’est la chair pourtant       fourr&ea 1 2 3 i) eloge de la boite aux nous avancions en bas de 1 2 3&nbs vers le sommaire des recueils textes mis en ligne en   si vous souhaitez   la baie des anges quand c’est le vent qui 1 2 3 page d’accueil de début de la mise en ligne de madame dans l’ombre des aller au portail de allons fouiller ce triangle textes mis en ligne en mars page suivante ► page 1 2 voici je suis bien dans 1 2 3&nbs attendre. mot terrible. antoine simon 1 2 3 1 2 3&nbs     faisant la dans le pain brisé son rimbaud a donc page suivante ► page textes mis en ligne en août 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs pour max charvolen 1) je ne sais pas si 1 2 3 je voudrais voir les arbres       nuage textes mis en ligne en avril vers le sommaire du livre 3       neige       nuage 1 2 3&nbs       chaque page d’accueil de vers le sommaire du livre 2 il arriva que pas une année sans évoquer       à aller au portail de des voix percent, racontent antoine simon 1 2 3&nbs page précédente le café 1 2 à cliquer pour rejoindre la d’abord l’échange des bernard noël, un nous de       sur le aller au portail de vers le sommaire du livre 4 dorothée vint au monde       baie vers le sommaire du livre 4 textes mis en ligne en juin nos voix mes pensées restent rien n’est plus ardu vers le sommaire du livre 4 page suivante ► page rafale    au balcon un homme dans la rue se prend avant lire une interview de bruits de langues. en rester a la fin   il ne resta rafale genre des mots mauvais genre préparer le ciel i vers le sommaire du livre 3 aller au texte suivant nous vers le sommaire du livre 3 1 2 je serai toujours attentif à 1 2 3&nbs quelques photos calzavacca et       entre vers le sommaire du livre 2 le corps encaisse comme il voir les œufs de       sur le la communication est textes mis en ligne en mars 1 2 3&nbs       juin vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 3 petites proses sur terre vers le sommaire du livre 3 je découvre avant toi 1 2 tgv dijon - paris bref vers le sommaire des recueils vers le sommaire du livre 3 lettre d’information l’heure de la vers le sommaire du livre 2 pénétrer dans ce jour, au labyrinthe des pleursils textes mis en ligne en 1 2 3       deux et ces       "j& sur la toile de renoir, les ce qui fascine chez 1 2 (ma gorge est une derniers textes mis en aller au portail de textes mis en ligne en mai le slam ? une ruse de       alla la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Butor, Michel > À la recherche du tombeau perdu

MICHEL BUTOR

À la recherche du tombeau perdu
© Michel Butor
Publication en ligne : 4 août 2009
Artiste(s) : Le Gac Ecrivain(s) : Butor

 pour Jean Le Gac

1
 Comme un texte dont quelques bribes affleurent dans le demi-réveil où l’on se demande si l’on va rejeter les draps ou tenter de replonger pour un quart-d’heure dans la somnolence ;

 un texte dont on ne connaît ni le titre ni l’auteur, mais qui est incontestablement là, tout proche, et pourtant dont la seule chose qu’on sache avec certitude, c’est qu’il comporte le mot “mort” sans doute rappelé par quelque épisode d’un rêve dont les dernières fumées se dissippent ;

 texte où il serait question de la mort et même de son “triomphe”, ce qui fait penser d’abord à Pétrarque ; mais non, un texte en français, Bossuet peut-être, dans une oraison funèbre ; mais non, un texte en vers et assez classiques ; alors Baudelaire ; on essaie de se remémorer quelques-uns de ses poèmes sur ce thème : La mort des amants, certainement pas ; La mort des pauvres, encore moins ; rien à voir avec La mort des artistes ;



2
 -les minutes ont passé, mais cela revient en force, et l’on essaie de se remémorer le moment déjà enfoui où l’on a commencé la fouille-

 Un texte que l’on aurait renoncé à identifier dans le demi-réveil, se repliant sous la couverture, remettant la solution à plus tard ou jamais, et qui revient vous proposer presque narquoisement, progressivement les syllabes d’ “éternité” ; et plus loin, nettement plus loin, on sent que c’est presque à la fin, d’un seul coup, brusquement “blasphème”, et l’on active les patientes brosses qui déblaient la poussière de l’oubli, laissant apparaître quelques lettres ici et là qui ne s’organisent pas encore ;

 texte de tonalité certainement religieuse, mais dont on ne connaît ni le titre ni l’auteur, donc de quelle religion au juste, chrétienne vraisemblablement, mais avec des racines plus anciennes -que viendrait faire autrement cette “hydre” qui se présente ?-, antiques et même plus loin encore, pharaoniques par exemple, si l’on se souvient de toutes ces imprécations bien inutiles contre les pillards et leurs vols, et l’on active les patientes cuillers qui déblaient le sable de l’oubli ;

 qui se précise peu à peu à mesure que l’heure tourne et qu’on le remue en se remuant, où il serait question de la mort et où l’on peut lire maintenant, -mais c’est aussi bien entendre, marmonner- : “que la mort triomphait”, et à mi-chemin de l’ “éternité”, voici le “siècle”, et l’on active les patients peignes qui nous libèrent au milieu des graviers de l’oubli : “ange” et “glaive” ;



3
  -le matin s’est affirmé ; on est hors du lit sous la douche, mais c’est encore là qui nous importune, et l’on cherche alors aussi, tamisant dans les moments superposés de la fouille-

 Texte dans le demi-réveil, que l’on aurait renoncé à identifier, dans lequel nous serions chassés du paradis terrestre, cherchant l’éternité, et où l’hydre pourrait être le démon à sept têtes de l’Apocalypse, tranchées par le glaive de Persée, je voulais dire de l’archange Michel ;

 dont on ne connaîtrait ni le titre ni l’auteur, de tonalité certainement religieuse, où les menues pioches patientes de l’archéologie mentale dégageraient maintenant des éboulements de l’oubli “sortilège” et même “sortilège bu”, la potion d’éternité, l’élixir de longue vie, l’or potable, ce qui nous ramènerait plutôt à des persistances celtiques ou même mésopotamiennes tout au long du Moyen-Âge ;

 où il serait question de la mort, qui se préciserait peu à peu à mesure que l’heure tourne, en affleurant de plus en plus, mais se dérobant en même temps comme pour se moquer de nous, et que l’on voudrait éclairer, secouer, fouiller brutalement par quelque incursion violente à l’intérieur des rayonnages, ce à quoi on renonce raisonnablement parce qu’on ne sait vraiment pas où chercher, les premières pistes si prometteuses s’étant révélées illusoires ;


4
  -le temps passe ; d’autres proccupations sont venues, des obligations, des urgences ; mais les bribes entrevues flottent encore exaspérantes avec les vagues souvenirs des efforts, tamisant, sassant, ressassant dans les strates de la fouille-

 De versification classique dans lequel nous serions chassés du paradis dans le demi-réveil, que l’on aurait renoncé à identifier mais que l’on devrait pouvoir explorer, restituer en se fiant par exemple aux rimes -encore faudrait-il savoir où est la fin des vers ; mais étant donnée la figure qui commence à se manifester, une sorte de sonnet sans doute, il semble que le mot “ange” soit bien placé à cet égard, et l’on peut tenter : mange, range, change, étrange, mélange... ; et l’écho vous apporte : “voix étrange”, “noir mélange” ;

 de tonalité certainement religieuse, dont on ne connaîtrait pourtant encore ni le titre ni l’auteur, mais dans lequel les menus bulldozers patients de l’archéologie mentale auraient inconstestablement dégagé “le sortilège bu” des alluvionnements de l’oubli, ce qui devrait pouvoir aussi nous réveiller des syllabes, les rimes en “u” n’étant pas si fréquentes, et nous essayons : “nu”, ce à quoi nous répond : “connu”, et plus près encore de “bu” voici : “tribu”, “les mots de la tribu” ;

 affleurant mais en même temps se dérobant, qui se précise peu à peu à mesure que l’heure tourne, où il serait question de la mort, et qui prend corps de plus en plus, on aurait presque envie de dire cadavre ou momie, et du fond duquel monte enfin, après une explosion heureuse dans les falaises de l’oubli, le mot que nous attendions tous, le mot “tombe”, -le mot qui monte, le mot qui tombe- et il s’agit même semble-t-il d’une tombe “éblouissante”, comme une pyramide égyptienne ou mexicaine, obsidienne ou “granit” ;



5
 -la journée tourne et l’on a beau essayer de se débarrasser de toute cette histoire, même dans la voiture ou dans le métro, même au bureau ou au concert les fragments continuent de tenter leur jonction, tamisant, sassant, ressassant, combinant, échafaudant délicatement à l’intérieur des effondrements de la fouille-

 Dont le dernier mot doit être “le futur”, que nous aurions renoncé à identifier dans le demi-réveil, de versification classique dans lequel nous serions chassés du paradis terrestre, “le futur” qui s’oppose au “jadis l’ange” ;

 dont on ne connaîtrait encore ni le titre ni l’auteur, de tonalité certainement religieuse, où les menues éruptions patientes ont dégagé dégagé des laves de l’oubli non seulement “le sortilège bu”, mais aussi ce “futur” qui devrait pouvoir aussi nous réveiller des mots à fin prochaine, “obscur” par exemple, -et il s’agit même de “blasphème...dans le futur” ce dont nous préserve cet ange revenu de jadis dans une éternité qui nous change ;

 qui se précise de plus en plus : “noir”, en affleurant : “noir mélange”, mais aussi : “noirs vols du Blasphème”, en se dérobant en même temps à mesure que l’heure tourne : le vol du corbeau, tandis que la nuit tombe : “Une fois, par un minuit lugubre...”.


  Alors les noms de Poe et de Mallarmé s’enlacent et je n’ai plus qu’à me relever pour ouvrir le couvercle du livre et découvrir le visage intact du poëme entier :
 “Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change,
 le Poëte suscite avec un glaive nu
 Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
 Que la mort triomphait dans cette voix étrange !

 Eux, comme un vil sursaut l’hydre oyant jadis l’ange
 Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,
 Proclamèrent très haut le sortilège bu
 Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

 Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
 Si notre idée avec ne sculpte un bas-reflief
 Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne,

 Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
 Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
 Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.”


 Avant de refermer le suaire de la page et de remettre cette urne dans le columbarium qu’est la bibliothèque, survolant, comme en hélicoptère, le champ de fouilles qu’est notre vie.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP