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MICHEL DIAZ
… mais le désir pourtant de perdurer encore dans l’espace hostile du monde, et de s’y établir un peu de temps au moins, comme un arbre déplie une à une ses feuilles pour se prouver qu’il est en vie, qu’il est de ceux que, pour un temps, la mort peut oublier
écrire alors, et malgré tout, au sang de ses poignets, nœud coulant autour de la gorge, debout et adossé au mur, ces marques sur le cou, dans le risque absolu de cet espace ouvert comme un abîme
mais écrire que l’on est nu, que l’on n’est rien que l’ombre de cet arbre, celle solitaire d’un cep au bout du rang de vigne, que la lettre qu’on trace au point de fuite du silence, l’écume sur la lèvre de la vague, le bleu sans nom d’un ciel sans cesse délavé
mais encore tirer le souffle pour préserver ce qui s’éteint d’un impossible dire, qui rougeoie toujours sous la cendre, poudre de noir paumes et doigts, et
toujours ravivé, ajoute son reflet aux carreaux des fenêtres, comme si, là aussi, s’annonçait dans l’épiphanie du poème, en son ardente ébriété, la promesse d’un jour plus insoucieux encore de son erre qu’une légère barque de bois blanc
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