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PATRICK QUILLIER
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Le feu murmure pour lui-même, mais
Nous autorise à l’épier.
Auden
S’éveille alors
entre les bras de sa
Chaleur,
à l’écoute
d’une tempête
Qui retentit dans l’ombre
de l’hiver.
(Serait-il dans l’Islande des ancêtres ?)
Son oreille
comme dans un demi-
Sommeil
ou bien une légère ivresse,
S’attache à débrouiller tout ce vacarme
D’interjections désarticulées :
Voilà des voyelles aériennes
Voletant et virevoltant autour
D’aquatiques consonnes tour à tour –
Caracolant dans leur cacophonie –
Cassantes, caressantes, cadencées,
Cambrées, canalisées, cabalistiques...
Ne dirait-on pas un discours d’amour
Contenant, démembré,
un beau nom propre ?
Il y a là, âpre et maladroite, une
Langue portée à la louange et au
Dressage de monstres, les bien réels
Comme les imaginaires.
Bien que
Bruyante, en dépit de la solitude
D’un
Auden
plongé dans l’extravagance,
Pour lui
elle reconstitue un jour
De singulier silence
qu’elle lui
Restitue dans cet instant aussi dense
Et léger que le regard d’une rose.
(L’ivresse qui sait qu’elle est ivre peut
Dire des vérités auxquelles la
Logique est sourde, irrémédiablement.)
Après ce tourbillon de cataractes
Linguistiques,
le voilà
rendormi,
Auden,
Jusqu’au matin.
Dans le dégrisement,
Et
commençant
par le
commencement,
Il
pense :
« Des milliers ont vécu sans
Amour, pas un seul n’a vécu sans eau.
Toujours faut-il que la musique en vienne
Aux maux d’amour oiseux, aux Bassarides,
À l’élégie pour de jeunes amants... »