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ALBERTINE BENEDETTO
C’est la chair pourtant qui rassure
après ces heures à lutter entre
les os du bassin et la descente en apnée depuis
la nuit liquide vers la claque de lumière
comme une voile pour traverser le monde
avec ce vent hurleur dans les poumons
même si la deuxième peau du langage
vous va comme un gant
( retourné dans les rêves la nuit
ça dit parfois des choses )
fait sur mesure de la vraie confection
on se croirait né avec
un costume pour tous les jours
aussi bien que de fête
qui se plie à votre usage
prend vos plis à force
vous ne le sentez plus
une vraie peau vous dis-je
qui vous habille en conquérant
que de chemin depuis les balbutiements
même si la langue fourche
glisse de lapsus en synapse
s’enraye aussi dans l’écholalie
les mots vous passent vous chassent
vous renvoient à la peau
dépouillé d’ornements
ramené à la juste mesure
du corps échoué sur la terre
plus que la chair
même si elle aussi
mais tant que douce et tiède
une chance à saisir
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