Accueil > Les rossignols du crocheteur > HÉLÉNON Serge > Espace Caraïbes
Un grand remous de mer violente la fenêtre
ouverte ici
Ici
au cœur des choses
Mon île traversée de grâces coutumières
L’été s’est enchaîné aux mornes du matin
Le ciel d’écume a pris des teintes de lessive
Il a fondu sur mes terres ces îles
ouvertes
que les esprits du large ont envahies
sillonnées de nuits hurlantes au cri des chiens
dans l’éclat du bitume aux reflets de velours
Un grand remous d’insectes a traversé la mer
luisant de sel
porteur de paroles aiguës
Sa danse sur la mangrove
tisse des boucles bruissantes
dans la prière des arceaux
Soleil humide
où tremble un souvenir
Le capricorne ouvre la porte au paradis
Des bêtes à feu
incisent la nuit glisse
le chouval bondié
Parmi les planches et les ronces
les tôles les clous les verres brisés les dents les os
Parmi les débris lumineux de lunes vertes
les chants de pleurs les boues chatoyantes
les berceuses
les claques du vent les crissements parmi les oiseaux
aveuglés
parmi les plaies du monde la charpie des jutes
dans la compassion des tambours du matin
un homme rêve
parmi les fleurs
Ta maison n’est pas la maison des offrandes
ni celle des plaisirs
Elle est pleine du bruit des vagues
de l’insistance du vent
du rythme d’un ressac gonflé d’orages
d’arcs en ciel déchirés d’éclairs
de corps vibrants
de la grande espérance de vivre
du partage des bras
de la passion des yeux
de l’étourdissement des lunes
d’un miel de bitume crevé de lucioles
Elle vibre de temps suspendu
de légendes opaques
leur souvenir creuse le bois
dépose sur la vitre un halo de souffles
de labeur musical
Tu es cet homme qui rêve
de la floraison étourdissante des villes
Villes de femmes arbres bras et lianes
d’hommes debout à compter les étoiles
d’enfants courant parmi les toits et les comptines
Villes de peuples chargés de peuples
d’images
de mots
du ruissellement des continents
dont les méandres
font une terre d’ardeur au coeur du monde
Villes pulsantes
pleines de sèves de parfums et de voix
Parmi les planches et les ronces
les tôles les clous les verres brisés les dents les os
Parmi les débris lumineux de lunes vertes
les chants de pleurs les boues chatoyantes les
berceuses
les claques du vent les crissements parmi les oiseaux
aveuglés
parmi les plaies du monde la charpie des jutes
dans la compassion des tambours du matin
Tu es l’homme qui rêve
de villes fleurs parmi les fleurs
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