BRIBES EN LIGNE
1.- les rêves de pour m.b. quand je me heurte       l’ lors de la fête du livre pas sur coussin d’air mais « tu sais ce que 1 2 3&nbs elle a trente ans ou vers le sommaire du livre 2       cette page suivante ► ce pays que avec marc, nous avons page suivante ► page   les poursuivant son activité de un nouvel espace est ouvert dans ma gorge       les 1 2 3 c’est le grand       un  la toile couvre les voile de nuit à la travail de tissage, dans vers le sommaire du livre 3 textes mis en ligne en le nécessaire non vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 4 0- souviens-toi. sa       assis textes mis en ligne en juin le flot pâle des maisons 1 2 3&nbs page suivante ► page vers la lettre ouverte au dorothée vint au monde 1 2 3 je serai toujours attentif à d’abord un curieux au labyrinthe des pleursils la prédication faite     vers le soir 1 2 bruno je suis occupé ces chaises, tables, verres,       chaque pour écouter ce moment de cliquer pour rejoindre la un texte que j’ai pour jean marie       ce je t’ai admiré,     un mois sans portail de l’espace le grand combat : 1 2 3 vue à la villa tamaris   est-ce que page suivante ► page page suivante ► page moi cocon moi momie fuseau aller au portail de aller au sommaire des raphaël monticelli vers le sommaire du livre 2 1 2 seules les tu jettes au fil de a supposer que ce monde   pour le prochain peinture de rimes. le texte le peintre manuel casimiro     dans la rue la 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire des le numéro exceptionnel de page suivante ► page     chant de page d’accueil de nouvelles mises en thème principal : ajout de fichiers sons dans je déambule et suis lien vers la video sur la monde imaginal, jamais si entêtanteeurydice 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 2 naviguer dans le bazar de les terrasses abandonnées si j’étais un edmond, sa grande  le livre, avec aller à la liste des auteurs page précédente ► page textes mis en ligne en sommaire ► page suivante antoine simon n’ayant pas cliquer sur l’icône page d’accueil de 1 2 3&nbs       l’ naviguer dans le bazar de       vaches       crabe-ta printemps breton, printemps antoine simon       dans la       à 1- nous sommes dehors.       au aller au texte suivant nous l’homme est ouverture de l’espace dans le patriote du 16 mars pour accéder au texte au ecrire les couleurs du monde   (à elle ose à peine raphaël monticelli : tu aller à la liste des auteurs il est un conte où la 1 2 3&nbs “le pays mystérieux 1 2 1 – il cliquetis obscène des aller à la bribe suivante 1 2 3&nbs page suivante ► je suis né 1 2 3&nbs  martin miguel vient vers le sommaire des recueils chers élèves du collège du maurithuis par et nous n’avons rien 1 2 3&nbs       "je grande digue est dispersée aller à l’article 1 2 3&nbs       montagne       entre    tu sais l’évidence       bonheur       et 1 2 3 vers le sommaire du livre 2 1 2 3&nbs naviguer dans le bazar de madame chrysalide fileuse page précédente retour sculpter l’air : vers le sommaire du livre 3    de femme liseuse    il 1 2 3&nbs page suivante ► page       ( la terre a souvent tremblé avant lire une interview de sommaire ► page suivante l’impression la plus pour jean-louis cantin 1.- page suivante ► page aller à la bribe suivante       pour 1 2 3 i) aller au texte suivant       sur la aller à l’article la rencontre d’une grande lune pourpre dont les 1 2 3&nbs page suivante page antoine simon 9   la baie des anges 1- c’est dans       mé aller à la bribe suivante 1 2 3&nbs carcassonne, le 06 je ne sais pas si  jésus il y a des titres qui abords de l’inaccessible rafale n° 12 où village de poussière et de bernadette griot vient de rafale n° 4 on le il tente de déchiffrer, mer intérieure est le générations ce qui fascine chez textes mis en ligne en l’eau froide de l’anse par max et andré première publication de ce textes mis en ligne en juin       au fond un texte que j’ai page suivante ► page ne pas négocier ne     de rigoles en       va ton aller à l’article une pratique de la peinture sommaire ► page suivante en ouvrant ce site, je mouans sartoux. traverse de       dans 1 2 3 vers le sommaire du livre 3 1 2 3 aux barrières des octrois je suis ... ainsi s’élevait       et tu pour accéder au recueil, page d’accueil de le hasard... un ami m’a si vous entendez le lac la route de la soie, à pied, pour accéder au recueil, 1 2 3&nbs je suis bien dans 1 2 3&nbs allons fouiller ce triangle j’aurai donc vécu sur a) les villes abandonnées il aller au texte suivant nice, aller à l’article vers le sommaire du livre 3 textes mis en ligne en mars cristina de simone : le la vie est ce bruissement zacinto dove giacque il mio vertige. une distance       vu les textes mis en ligne en mai à la bonne pour philippe page précédente retour 1 2 3 abu zayd me déplait. pas       " éphémère du 2       voyage vers le sommaire du livre 3       dans le       le le 23 février 1988, il si tu es étudiant en antoine simon 5 aller à l’article       l’ aller à la bribe suivante       la intendo... intendo ! l’annÉe 2021 mois par antoine simon vers le sommaire du livre 4   je ne comprends plus vers le sommaire des sommaire ► page suivante vers le sommaire du livre 2 la musique est le parfum de       bonheu le proche et le lointain       pav&eacu préparer le ciel i j’ai travaillé page suivante ► nous  les éditions de vers le sommaire des neuf j’implore en vain       sur  au mois de mars, 1166       à ils sortent je t’enlace gargouille pour pierre theunissen la aller à l’article 30 décembre 1963. revue antoine simon 6 j’pense à toi bruno bernard dejonghe... depuis toute trace fait sens. que vers le sommaire du livre 4 (ô fleur de courge... cliquer sur le titre pour à (ma gorge est une le lent tricotage du paysage       cerisier « pouvez-vous aller à l’article « le petit dauphin       pass&eac vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 3 je suis celle qui trompe a la femme au 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs à claude held patiente la textes mis en ligne en       gentil page suivante ► page l’instant criblé       enfant    nous madame est une 1 2 3&nbs je meurs de soif rafale de nouvelles mises en ligne, voir les bifaces de b. vers le sommaire du livre 2 pour le prochain basilic, (la a christiane le flot gris roule contre vers le sommaire du livre 4 page suivante ► page 0 false 21 18 pour robert aller au sommaire de pablo     le dans l’herbier de ses seins isabelle       pourquoi 1 2 3&nbs bribes en ligne a à sonia « la vraie  référencem en l’espace d’une dizaine vers le sommaire du livre 2 a tondre les moutons, on lire la suite : 13 j’ai perdu mon glaciation entre page suivante ► page 1 2 3&nbs il y a deux villes à vers le sommaire des recueils 1 2 deux mots 1 2 3&nbs aller À boomerang b nos voix     l’é 1 2 en les embrassées , cantilène  hors du corps pas mi viene in mente mi pas une année sans évoquer 1 2 aller au textes rÉunis sous un titre vers le sommaire du livre 4 je crie la rue mue douleur rafale page précédente retour accorde ton désir à ta encore la couleur, mais cette page d’accueil de page d’accueil de attelage ii est une œuvre pour alain borer le 26 page suivante ► page dans la rubrique au quand nous nous sommes  la lancinante       neige aller à la bribe suivante       je me quelques autres vers le sommaire du livre 2 l’appel tonitruant du a ma mère, femme parmi envoi du bulletin de bribes textes mis en ligne en textes mis en ligne en page d’accueil de le géographe sait tout décembre 2001.       le paysage de ta traversé le lieu-dit de soudain un blanc fauche le nouveautés et modifications  dernier salut au la parol

Accueil > Les rossignols du crocheteur > FEDI Fernanda > Inventions d’Hypatie

RAPHAËL MONTICELLI

Inventions d’Hypatie
Publication en ligne : 18 mars 2010
/ Bibliophilie
Artiste(s) : Fedi Ecrivain(s) : Monticelli R.

Le lent déferlement des vagues de terre a noyé ma terre.

Il n’en reste rien
que ce tremblement de poussière cerné d’or pauvre,
cette pulvérulence de lumière
dont je tente en vain de couvrir mes ongles.
Quand je referme la pince douloureuse de mon pouce, mon medium et mon index,
la lumière s’efface, la poussière
s’évanouit dans un éclat pâle d’eau tiède.
 
*
 
Sous la lune de mai, une chevauchée de lueurs rousses aux salives de mer ;
la plainte inlassable d’une douleur qui peine à vous ouvrir les lèvres :
ce murmure.
 
Dans un silence de lune tu répètes le nom de notre soeur.
On ne saurait séparer les cendres de sa mémoire de la terre d’Egypte, des voix de la Grèce, des sagesses antiques, des croyances mêlées d’Isis, d’Artémis, d’Orphée et de Jésus.
Elle est la soeur de toutes nos soeurs,
la soeur de nos virginités torturées par les milliers de bourreaux yeux crevés, bouches emplies de cris de sang, mains avides qui griffent, lacèrent, dénudent, lapident, dépècent.
 
Elle est la soeur de nos virginités vibrantes qu’un mince piaillement émeut,
et qui se réjouissent de ce simple filet d’air dont le matin défait nos brumes et desserre nos dents,
qui s’étonnent de la proportion gracile de nos ombres sur le sol,
s’éblouissent des arbres porteurs de ciel, buveurs de soleil et balayeurs de lunes.
 
Elle est la soeur de nos virginités tremblantes :
elles ne peuvent plus prier que des dieux muets qui les ont oubliées.
 
*
 
Je répète après toi le nom d’Hypatie.
 
Tu m’as dis : « Ouvre les lèvres. Répète après moi : Hypathia, Hypathia »
Un cri.
Le double appel chargé d’un double sanglot et d’un double soupir,
sous la lune que troublent les voiles d’Isis,
et de nos larmes mêlées de cendre, de terre, de lueurs.
Elles dessinent autour de nous ces mille bras protecteurs qui coulent entre ciel et ciel.
 
« Répète avec moi le nom de la vierge, épanoui dans notre oubli.
Répète. »
Je répète avec toi, ma soeur, et je te vois
tracer, évidents, les signes de l’énigme,
de tes ongles griffant les arbres de la terre,
jusqu’à en faire surgir les reliques des esprits silencieux.
 
Sous la lune d’hiver, la respiration assourdie de la ville :
on la dirait enneigée ;
au loin, le promontoire de Pharos,
continue à scintiller dans l’ombre du temps.
Et sous la ville une autre ville, mère et soeur, vit et bruit.
 
Tu dis : « Alexandria »
et surgit l’image de Bucéphale conquérant,
elle roule vers le nord
jusqu’à la mer qui glisse ses langues aiguës dans ma bouche.
 
Comme incertaine, tu disposes des traces qui semblent composer le mot « Alexandria » ;
les eaux déposent leurs rouleaux d’écume et de violette aux odeurs camphrées parmi les livres, dans Alexandrie la vibrante.
 
Tu dis : « Alexandria ».
Les oiseaux ont laissé des débris étoilés sur la terre durcie de la ville,
parmi les éclats d’os, les débris de dents, les emportements de leurs becs d’encre
et les traces de leurs envols dans l’air retenu au creux des rouleaux des vagues.
 
Tu dis : « Alexandria » et flotte dans le soir d’un été, avec des odeurs de cendres, cette incertitude de paupières lourdes.
 
Tu me dis : « Regarde ce bout égaré du monde, sous mes doigts.
Voici mon champ de fouilles,
mon tumulus, le tombeau avaleur, gardien de vies.
Je sais qu’il porte en lui toutes les énigmes du monde,
et les échos lointains d’Alexandrie la lumineuse.
Et la voix d’Hypatie. »
 
Tu me dis : « Regarde.
Il me suffit de gratter d’un doigt timide, et les échos affleurent dans le désordre flottant des souvenirs inattendus,
cicatrices blanchies de lassitudes
parmi les boues lumineuses
des soleils fluviaux. »
 
Tu me dis : « Regarde ! »
Et je regarde.
 
Là-dessous, des mains se sont tendues et ont cherché tes mains.
Des nuits bordées de fruits ouverts ont guidé les traces laissées par tes ongles.
Des visages aux yeux blancs ont récité ces prières que tu as répétées gravement.
Tu disais : « HYPATHIA HYPATHIA » et sur ce bout de monde, la vierge vêtue de lin, la fille de Théon, a flotté dans tes yeux.
 
Tu me dis : « Regarde ce fragment égaré du monde, ce champ de fouille.
Tu dois entendre les voix qui vibrent en moi quand, précautionneusement, timide et malhabile, j’en dégage les forces enfouies.
Entends-tu les voix d’Alexandrie l’intelligente ?
Entends-tu la voix d’Hypatie ? »
 
*
 
Elle dit : « Géométrie »
Et, autour d’elle, la foule comprend que c’est de la Terre qu’elle parle ;
et que, mesurant la Terre, c’est de l’Univers entier qu’elle veut prendre mesure
à la façon des musiciens.
 
Elle dit : « Euclide » et encore « Pythagore ».
Et rappelle l’énigme du point, de la ligne et de la trace,
et celle de l’amour de l’infini avec les parallèles.
 
« Ce sont nos pères d’Égypte, ajoute-t-elle, qui, les premiers, arpentant le sol boueux des bords du Fleuve,
ont dessiné ces trois carrés sur les trois côtés d’un triangle à angle droit
et ont su superposer sur l’aire de l’un, celles des deux autres
et en montrer la coïncidence. »
 
« Entends-tu la voix d’Hypatie parmi toutes ces traces que le temps a dispersées ? »
 
Sous le ciel de l’Égypte, elle parle du ciel,
et de l’aplomp du soleil,
de l’ombre de nos corps, des lumières rasantes,
des astres errants, des champs d’étoiles.
Quand Hypatie dit « Astronomie », la foule entend bien que les mots qu’elle emploie associent ceux de la géométrie et ceux de la musique.
 
« Entends-tu ces vibrations d’insectes sur les cristaux du ciel ?
Entends-tu le bourdonnement délicat de la danse des sphères ?
Et parmi ces sphères, entends-tu le chant de la plus musicale de toutes,
notre Terre, dont on sait mesurer l’aire et les dimensions en recueillant simplement les variations des ombres portées par le soleil selon leurs lieux ?
 
Entends-tu la voix d’Hypatie ?
Cette musique mêlée aux rouleaux des vagues et des mots
chargés de débris,
qu’accompagne l’aulos qui nous donne
dans le même souffle
deux mélodies à la fois.
 
Hypatie est musique, et elle nous fait entendre le mètre et le temps à la fois,
et le corps et le souffle...
Entends-tu comment vibre la voix d’Hypatie au fond de ma gorge ? »
 
Elle dit : « Il reconnaît qu’il n’est pas sage, et qu’il ne cherche pas à l’être, celui qui se dit poussé par l’amour seul de la sagesse.
Seul peut-être sage celui qui entend vivre en suivant les lois silencieuses de la sagesse de l’Amour ».
 
Et tu me dis :
« J’ai abordé ce bout de monde avec le respect qui est dû à tout espace sacré.
Ce qu’il recouvre est sacré.
Sacré ce qui lentement en émerge, lentement s’y dévoile,
y apparaît, et, lentement, en nous, fait écho et prend corps.
Sacré, ce corps à jamais disparu, qui, lentement, en toi, prend forme,
silhouette brumeuse enveloppée de sel, de nacre et de cendre,
et de ces reflets dorés qui durent aux feux éteints et au sang séché. »
 
*
 
Je t’entends et je vois, ma soeur, ma bienveillante,
tes gestes précautionneux organisent un rituel unique et hésitant,
incertaine de ce que tu perçois de ce monde, et des autres,
cherchant l’appui de ta chair et de ta voix,
tu ne te reconnais que dans ces espaces qui s’inventent dans le dedans et le dehors de toi,
seulement assurée du nombre et de la trace...
 
Tu me dis :
« Quels dieux amers jettent sur nous un regard distant et distrait
tandis que nous nous efforçons de donner aux paradis
la forme apaisée d’un champ de givre après la pluie ? »
 
Et tu me dis enfin :
« On dit qu’elle était belle. Vraiment. Je n’ai pas cherché cette forme ».
 
Il en va de la beauté d’Hypatie comme des livres disparus.
 
Laisse-moi devant ces tombeaux tremblants de traces, ourlés, mal suturés.
La forme qu’ils cachent, et protègent, murmure, dans une langue inconnue,
un chant pour l’enfant-temps à venir,
et mi-closes sont ses lèvres belles. 
 

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP