Accueil > Au rendez-vous des amis... > Renard Thierry > L’urgence du réel
« Les lumières de la ville qui obscurcissent le ciel nous empêchent d’admirer la Voie lactée. »
Régis Debray, Éclats de rire
Les pensées flottent dans l’air
de nos névroses nous le savons
et je demeure parmi d’autres le penseur
des langues et du langage ordinaires
Tout doit se réinventer tout le temps
moi j’enfonce mon clou dans la porte
Les chemins de mes colères
sont aussi les chemins de la révolte
chemins de la liberté métaphorique
chemins de l’imaginaire et du crime
Nous avons vécu à quelques-uns
plusieurs existences en une seule
Si je n’avais pas rencontré la poésie
à l’adolescence vers quatorze ans
je serais sans doute devenu un voyou
parmi les autres voyous du quartier
Mes fréquentations d’alors avec soin
m’avaient préparé le terrain
Mais j’ai renoncé j’ai préféré lire
écrire penser jouer la comédie
J’ai brûlé les planches et j’ai préféré
aussi les entrées et sorties de scène
les rendez-vous éphémères improbables
J’avais déjà un bel avenir devant moi
À cette époque un homme bienveillant
m’a tendu la main m’a ouvert ses livres
et m’a témoigné de la confiance
L’homme dont je parle porte un nom
propre commun Charles Juliet
Il est l’écrivain admiré l’ami fidèle
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