BRIBES EN LIGNE
vers le sommaire du livre 3     les fleurs du aller au portail de   maille 1 : que       à au seuil de l’atelier tout en vérifiant pour accéder au recueil, pour accéder au tome 3 des aller à l’article       la il existe au moins deux textes mis en ligne en le plus insupportable chez il n’est pire enfer que page suivante ► page vers le sommaire du livre 2 trois (mon souffle au matin à la bonne le chêne de dodonne (i) toi, mésange à haut var ► trois petits aller à l’article de toutes les    il rafale   jn 2,1-12 : 1 2 3&nbs       je suis textes mis en ligne en mars le lourd travail des meules au labyrinthe des pleursils ecrire, la vie en dépend, ne pas négocier ne  tous ces chardonnerets     sur la     &nbs       dans le 1 2 3&nbs       le antoine simon aller à la bribe suivante       que de 1 2 3&nbs quand on arrive de new-york il n’y a pas ici vers le sommaire du livre 4 frères et 2021 des esprits flottants dans la caverne primordiale antoine simon vers le sommaire des si j’étais un aller à la bribe suivante elle dit la main qui fut le aller au texte       en deux 1 2 3 1 2 3&nbs 1 2 le poiseau de parisi mon       la présentation du projet et 1 2 3&nbs aller au portail de fête du livre village de poussière et de     le     m2   bribes en ligne, la lettre vers le sommaire des recueils lire la suite : 21 le geste de l’ancienne,       au       fourr&ea aller à la bribe suivante       "je lire la suite : À en l’espace d’une dizaine vers le sommaire du livre 2 la force du corps, vers le sommaire du livre 2 page suivante ► page aller au texte suivant nous aller à la bribe suivante aller au portail de quelques autres       je vers le sommaire du livre 4   ciel !!!! je découvre avant toi ► À la mémoire de page d’accueil de le bulletin de a) le chemin de fer 1) la qui d’entre nous page suivante ► page   on n’est carissimo ulisse, torna a aller à l’article vers le sommaire du livre 2 sommaire ► page suivante aller au texte suivant il textes mis en ligne en nouveautés et modifications 1 2 aller au de soie les draps, de soie page d’accueil de dans ce périlleux genre des mots mauvais genre aller à l’article le 28 novembre, mise en ligne bribes en ligne a aller à la bribe i au pour max charvolen 1)     chant de l’impression la plus 1 2 aller au texte de michel       vaches toute trace fait sens. que       l’ voir les œufs de aller à la liste des auteurs mieux valait découper page suivante ► page pierre ciel voir ci dessous le portfolio antoine simon descendre à pigalle, se normalement, la rubrique madame est une torche. elle page suivante ► page page suivante gérard dans le train premier en 1988, au 16 de la rue il est le jongleur de lui textes mis en ligne en août       fourr&ea je n’ai pas dit que le un temps hors du aller au texte suivant dès rafale abÉcÉdaire les mot du (ô fleur de courge...       la aller à la bribe suivante vers le sommaire du livre 3 1 2 3 je déambule et suis vers le sommaire du livre 3 la tentation du survol, à 1 2 3&nbs son père, manœuvre aux aller au portail de  le livre, avec j’ai perdu mon bernar venet - démodocos... Ça a bien un début de la mise en ligne de vers le sommaire du livre 4 mise en ligne pour andré présentation du projet pour jean marie vers le sommaire du livre 2 abu zayd me déplait. pas page suivante ► page les lettres ou les chiffres       voyage 1 2 3&nbs ceci… pour prendre mesure. À celle qui emplit nos vers le sommaire du livre 4 sommaire ► page suivante       bien pour michèle antoine simon       va ton       avant 1 2 3 aux barrières des octrois le pendu beaucoup de merveilles pour accéder à ce deuxième lorsque la langue dérape, le antoine simon pour pierre theunissen la page suivante ► page 1 2 voici page précédente le café bal kanique c’est 1 2 3&nbs aller à la bribe suivante de mes deux mains raphaël monticelli le corps encaisse comme il textes mis en ligne en juin textes mis en ligne en madame porte à raphaël monticelli : tu vers le sommaire des recueils 1 2 3&nbs (ma gorge est une       vu les       jardin l’envers de et que vous dire des       une tendresse du monde si peu       l’  les trois ensembles vers le sommaire des recueils jacques kober : les page suivante ► page antoine simon (la numérotation des       la <p présentation du projet vers le sommaire du livre 3 cliquer sur l’icône       et tu page suivante ►   les antoine simon attendre. mot terrible.       bonheu       nuage des quatre archanges que 1 2 3 aller à l’article       voyage lien vers la video sur la 0 false 21 18 vers le sommaire du livre 4 page d’accueil de dans un coin de nice, sous la pression des la rencontre d’une c’est la chair pourtant bernard dejonghe... depuis à page précédente retour     du faucon       bruyante 1 2 à aller à la bribe suivante 1 2 ce n’est   je n’ai jamais vers le sommaire du livre 3 pas une année sans évoquer un verre de vin pour tacher       o       descenda  pour jean le 1 2 ce n’est pas aux choses textes mis en ligne en vers le sommaire du livre 3 1 2 3&nbs cliquer pour rejoindre la aller à la bribe suivante aller au portail de préparer le ciel i page suivante ► page Être tout entier la flamme maintenant il connaît le préparer le ciel i marcel alocco a 1 2 3&nbs       voyage pour accéder au volume 5 des page d’accueil de 1 2 3       sur le les articles mis en ligne en 1 2  marcel migozzi vient de page suivante ► page vers le sommaire du livre 4 chaque automne les 1 2 3&nbs       " j’ai travaillé dans je suis diaphane est le 1 2 3&nbs À propos de fata en page suivante ► page alain remila : un des malgré ses formules page suivante ► page 1 2 3&nbs aller à la bribe suivante 1 2 3&nbs merle noir  pour il n’était qu’un portail de l’espace       force le chêne de dodonne (i) 1 2 3&nbs attendre. mot terrible.       tourneso vers le sommaire des je crie la rue mue douleur  jésus « je suis un n’ayant pas       apr&egra accoucher baragouiner sous ce titre inspiré de la alberto arbasino : le hasard... un ami m’a 1    le recueil que 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs       s’ Être appelé par son antoine simon 6       montagne l’eau froide de l’anse page suivante page 1 2 3&nbs page suivante page a l’extrémité du page d’accueil de able comme capable de donner depuis le 20 juillet, bribes m1       aller au portail de     longtemps sur station 7 : as-tu vu judas se sculpter l’air : page précédente retour vers le sommaire du livre 3 quand les mots textes mis en ligne en sous l’occupation 1- ai-je reçu une je désire un       au soir les grands traquer madame a des odeurs sauvages les éditions colophonarte Ç’avait été la vers le sommaire du livre 2 il semble possible deux nouveauté, 1 2 pour écouter la lecture du hans freibach : 1 2 3&nbs si tu es étudiant en       apr&egra « non, peut-être   anatomie du m et aller à la liste des auteurs       juin mouans sartoux. traverse de vers le sommaire du livre 2 ce poème est tiré du un tunnel sans fin et, à pour accéder au volume 6 des       le       aux biboon. plus qu’une saison.       parfois       le sequence ouvrir f.a.t.a. i ► le mer intérieure est le c’est ici, me 1 2 3&nbs aller au portail de 1 2 3&nbs page suivante ► page d’abord trouver       la j’ai changé le creuser de la langue, outil 1 2 3&nbs frédéric   se     tout autour antoine simon vers le sommaire du livre 4 la mort d’un oiseau.   saint paul trois pour andré quelque chose       mouette cet article est paru vers le sommaire du livre 2 page suivante ► page retour au pdf sui generis aller à la bribe suivante aller à l’article pour lee les cahiers butor sont la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Butor, Michel > Ecrits sur Rimbaud > La poésie de Rimbaud

MICHEL BUTOR

La poésie de Rimbaud
© Michel Butor
Publication en ligne : 25 juillet 2009
Ecrivain(s) : Butor
Clefs : Rimbaud , essai

pour André Clavel

 Pour moi, un des plus grands poètes de notre langue. Souvent des spécialistes me semblent ignorer ce fait fondamental et passer à côté de ce qui le distingue entre tous.


 Il est d’abord l’écolier par excellence, à la fois brillant et secret. Professeur de lycée, je me suis toujours demandé s’il n’y avait pas chez les mauvaises têtes quelque Aladdin caché comme lui avec sa lampe merveilleuse que j’aurais bien voulu lui dérober.
  Il imite tous les poètes qui le touchent, en les égalant souvent, en les dépassant parfois, ce qui provoque une extraordinaire variété, toujours traversée par une originalité décisive. Il a entre 14 et 16 ans (1869-1871). Cette prodigieuse précocité se manifeste en particulier dans une maîtrise de la langue, et une maturité de la pensée surprenantes.

 Parmi tant d’oeuvres magnifiques, citons quelques vers des Poètes de sept ans. Il se décrit comme un enfant encore plus prodige que lui, avec toutes les rancoeurs de l’étude, surtout telles qu’elles pouvaient être dans la deuxième moiutié du XIXe siècle. Cet enfant “très intelligent” fasciné par la misère qui l’entoure, s’évade par la lecture de romans qui le mènent déjà dans les paysages exotiques qu’il recherchera plus tard :

  “...Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,
 De fleurs de chair aux bois sidérals déployées...”


 A la fin de ce texte il décrit l’enfant couché sur des pièces de toile écrue qui lui font pressntir les voiles des navires qu’il empruntera.
 
 Puis ce sera l’enfer nomade de son adolescence de, 17 à 19 ans (1871-1873). Verlaine l’a fait venir à Paris, et leur aventure commence. Errances et disputes qui se terminent par le coup de revolver de Verlaine à Rimbaud dans un hôtel de Bruxelles. La poésie de son ami transforme la sienne. Après la rupture, il écrit en un mois Une saison en enfer qu’il réussit à publier à compte d’auteur, on ne sait au juste avec quel argent, pour son l’anniversaire de ses 19 ans, et qu’il détruit en partie peu après. Ce sont des proses pathétiques et superbes dans lesquelles il nous expose ses tourments et ses rêves. Dans le chapitre Alchimie du verbe, il donne quelques échantillons de sa poésie superverlainienne, à travers une confession véhémente aussi loin que possible de cette influence :

 “Je m’habituai à l’hallucination simple : je voyais très franchement une mosquée à la place d’une usine, une école de tambours faite par les anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d’un lac ; les monstres, les mystères ; un titre de vaudeville dressait des émouvantes devant moi.”
 
 A l’intérieur de cette double vie, grâce à ce don de double vue, il a écrit certaines “romances” avec lesquelles il “disait adieu au monde”. Ce sont des textes dans lesquels l’influence de Verlaine est très apparente, mais dans lesquels il dépasse son compagnon avec une extraordinaire magie. Je ne trouve comme équivalents que certaines chansons à l’intérieur du théâtre de Shakespeare.

 
 “CHANSON DE LA PLUS HAUTE TOUR

 Qu’il vienne, qui vienne,
 Le temps dont on s’éprenne...”


 Son adieu au monde, dit-il, on a donc pu croire que ce texte était le dernier de ses travaux d’écriture passionnée, ce qui allait bien avec l’idée d’une conversion finale, un retour au bercail familial. Mais il n’en est rien ; il n’aura jamais l’intention de revenir que pour repartir de plus belle. Et si c’était déjà un adieu au monde littéraire parisien qu’il s’était imaginé pouvoir séduire avec la publication d’Une saison en enfer (ce à quoi ll ne croit plus du tout quelques semaines plus tard), il maintient toutes sortes de nouveaux projets.


 Vient la jeunesse, de 19 à 23 ans (1873-1878), ce sera l’université du voyage. C’est alors, sans qu’on puisse le plus souvent préciser les dates, qu’il écrit les Illuminations, recueil d’exercices vers une poésie plus efficace, l’invention d’un langage autre, avec lequel on puisse en particulier décrire les immenses villes nouvelles. Ce ne sera publié qu’en 1886, sans qu’il en ait été prévenu, comme s’il était déjà mort. On y trouve par exemple, sous le titre Vagabonds, cette nouvelle narration de son aventure avec Verlaine :

 “... Et nous errions, nourris du vin des cavernes et du biscuit de la route, moi pressé de trouver le lieu et la formule.”

 J’avais déjà été très impressionné par les quelques textes que j’avais pu lire en classe, à travers les manuels de morceaux choisis, mais lorsque j’ai pu me plonger dans les Illuminations , auxquelles au début je ne comprenais parfois pas grand chose, et qui conservent pour moi bien des obscurités, j’ai été moi-même “illuminé”. Je n’imaginais pas que l’on pût tirer de la langue française ce genre de musique. Une grande partie de la poésie du XXe siècle découle de là. J’ai tenté moi aussi de rivaliser tout en ayant l’impression que je n’y arriverai jamais, qu’il était vain d’essayer, surtout à l’époque où l’on imaginait que ces textes étaient antérieurs à la Saison. Il me semblait que j’étais déjà trop âgé pour une aventure pareille. Ce sont les progrès de la critique qui, en rétablissant l’ordre chronologique, m’ont encouragé à découvrir tout ce qu’il y avait de travail sous cette inspiration. Peu à peu je me suis rendu compte que ce jeune homme sans âge pouvait véritablement être mon maître. Je l’ai donc passionnément étudié, essayant de lui arracher certains de ses secrets pour faire quelque chose de tout différent 

 Le 20 octobre 1878, pour l’anniversaire de ses 24 ans, il se met en route pour un grand voyage dont il ne sait pas encore qu’il le mènera à Harrar en Éthiopie. C’est l’âge d’homme (1878-1891). Il mourra quinze jours après l’anniversaire de ses 32 ans.

 D’abord il surveille dans cette ville le tri du café pour la maison Bardey de Marseille, en faisant à maintes reprises l’aller et retour avec Aden de l’autre côté du détroit de Bab et Mandeb. Il a un projet de livre, d’ethnographie sur ceux qu’il appelle les Galas et qu’on nomme aujourd’hui les Oromos. Il ne parle plus jamais de poésie. Ses patrons ignorent tout de son existence antérieure. Mais il envoie à sa famille d’extraordinaires commandes de livres techniques.

 Lorsque la maison Bardey fait faillite, il se fourvoie dans une livraison d’armes à Ménélik qui s’efforçait d’unifier le territoire de l’actuelle Éthiopie ; il éprouve retards sur retards, malheurs sur malheurs, et arrive une fois la guerre pratiquement terminée. Il rencontre alors un négociant suisse, Alfred Ilg, qui l’encourage à s’installer à son compte en liaison avec lui et un certain nombre d’autres prospecteurs commerciaux. Il retourne alors à Harrar par la piste de l’ouest qu’il emprunte pour la première fois. J’ai eu la chance il y a quelques années d’emprunter le même itinéraire qu’il décrit avec précision dans une lettre. J’ai fait en jeep en deux jours le trajet qu’il avait fait en caravane en deux semaines. J’imaginais que cette ville était un concentré d’ennui provincial africain. Mais pas du tout, c’était une ville prestigieuse et qui conserve nombre de ses aspects d’alors. J’ai mieux pu comprendre comment Rimbaud avait pu tellement s’y attacher en dépit de difficultés quotidiennes terribles. Son bazar devait ressembler à une dérisoire caverne d’Ali Baba.

 Il déclarera ”abhorrer” son passé. Mais l’existence qu’il s’est faite et surtout celle qu’il se promet est bien la réalisation de certains de ses rêves d’adolescent. C’est toujours le même poète qui écrit, en particulier dans ses lettres à sa famille. Il y décrit les difficultés de sa vie quotidienne et certains de ses projets, par exemple celui de se marier

 “et avoir au moins un fils que je passe le reste de ma vie à élever à mon idée, à orner et à armer de l’instruction la plus complète qu’on puisse atteindre à cette époque, et que je voie devenir un ingénieur renommé, un homme puissant et riche par la science ? Mais qui sait combien peuvent durer mes jours dans ces montagnes-ci ? Et je puis disparaître, au milieu de ces peuplades, sans que la nouvelle en ressorte jamais.”

 Pas question pourtant qu’il s’assagisse comme le voudraient les siens :

  “En tous cas, ne comptez pas que mon humeur deviendrait moins vagabonde... Le monde est très grand et plein de contrées magnifiques que l’existence de mille hommes ne suffirait pas à visiter...”
 Pour certains, de tels cris dans le désert sont ce qu’il nous a laissé de plus beau. 

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP