Accueil > Au rendez-vous des amis... > Palamara Enza > Le tapuscrit du Cahier > Le 14 août 2005
TGV Dijon - Paris
Bref séjour à Givry, près de Semur en Auxois.
La Bourgogne telle que l’ai connue il y a 30 ans.
Tout me semble intact. Et j’ai eu le sentiment que je n’avais jamais quitté ces lieux. Coucher et lever de soleil. Seule sous le ciel, comme autrefois.
Pérennité vécue.
Solitude aussi parmi des amis très chers. Ici auprès de moi des couples et des homosexuels. Marginale malgré moi, alors que je souhaitais qu’une vie de famille.
Choisit-on sa voie ?
Condamnée à découvrir la solitude, à l’assumer dans toutes ses dimensions.
Tout cela parce que je suis restée fidèle à l’enfant que je fus. Parce que je suis toujours la même (Rêve : mon Père voulant me délivrer de ma virginité)
Ma virginité ! Je sais depuis longtemps ce qu’elle signifie, et je l’accepte dans toutes ses significations. Michaux évoque les « dix mille virginités perdues ». Et moi je sais que je les ai gardées intactes, toutes. Le sourire de ces belles petites filles (folles ?) dans le train me disant BONJOUR ! me le prouve. Je rends grâce à la vie.
« Gloire à toi… Gloire à toi… »
Mon visage doit les refléter, ces virginités, je le sais. Je le lis dans les regards d’inconnus d’un bout du monde à l’autre. Et j’ai appris avec humilité à déchiffrer ce regard. Il me renvoie une transparence qui ne saurait plus me tromper.
J’offre ce visage à ma vieille mère qui m’a toujours adorée, malgré le mal que son terrible amour me procurait. J’étais sa « plus belle fleur » me répétait-elle dans ses lettres enflammées.
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