Accueil > Au rendez-vous des amis... > Arthaud, Christian > Piqués dans ma bibliothèque > Quelques vues sur Isidore Isou > Le lettrisme est toujours perdant
CHRISTIAN ARTHAUD
Le phonétisme n’a-t-il pas en effet, été jugé dès les origines, subversif par les autorités de tout saint-poil ? Pouvaient-elles ne pas vouloir endiguer cette irruption du non-mental, cette insurrection du corps, même si ce corps passait pour être un temps le siège — la « plateforme » — du St-Esprit ? Saint Paul ne formulait que des réserves à l’égard de la glossolalie. Mais par la suite, ces manifestations seront souvent suspectées d’être d’inspiration démoniaque. Ce qui effraie les Hautes Intelligences et les bonnes âmes, c’est que cette « colonne d’air qui prétend s’ordonner en signe de contact (en réalité : de distance et de soumission), on puisse « la dilapider en infra-signe, en gutturation, hoquet, halètements, borborygmes, simulacre de gémissement, de cri emblématique d’animal, onomatopée non directive » comme ils renaissent aujourd’hui dignités et explorés par le lettrisme.
Revue « Opus International », n° 40-41, janvier 1973 : « poésie en question ». Directeur de la publication : Georges Fall.
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