BRIBES EN LIGNE
page suivante ► page laure et pétrarque comme textes mis en ligne en mai « le petit dauphin 1 2 3  toutes sortes de papiers, sur aller à la liste des auteurs 1 2 3  dans l’herbier de ses       " textes rÉunis sous un titre voir les bifaces de b. 1 2 3  pour accéder à la totalité de soie les draps, de soie petit nuage gris qui suit abu zayd me déplait. pas       baie la légende fleurie est dans ce périlleux       dé aller à l’article je découvre avant toi  dans toutes les rues  il est des objets sur l’évidence il y a des objets qui ont la ouvrir f.a.t.a. i ► le page d’accueil de pour visionner la antoine simon 6 page suivante page beaucoup de merveilles préparer le ciel i madame, vous débusquez       longtem voir les œufs de (la numérotation des elle dit la main qui fut le pour accéder à glaciation entre       reine le chêne de dodonne (i) j’oublie souvent et pour écouter la lecture du ce poème est tiré du textes mis en ligne en juin 1 2 3  1 2 3  vers le sommaire du livre 4       parfois sommaire ► page suivante pour visionner     le cygne sur textes mis en ligne en cela fait 53 ans le plus insupportable chez les embrassées , cantilène 1 2 3 aller au portail de sept (forces cachées qui deux mille ans nous antoine simon “dans le dessin sommaire ► page suivante       su lou antoine simon antoine simon 1 2 3 aller au portail de oiseau tranquille au vol aller à la bribe suivante voir document expo boltanski page suivante ► page page d’accueil de huit c’est encore à       le long vers le sommaire du livre 2 denis roche : aller au portail de derniers textes mis en les terrasses abandonnées 1 2 3  vers le sommaire du livre 3 page d’accueil de aller au portail de la vie est ce bruissement aller à la liste des auteurs 1 2 rafale n° 3 des 1 2 3   la lancinante lancinant ô lancinant vers le sommaire du livre 4 je désire un l’annÉe 2021 mois par 1 2 les mains de sauvage et fuyant comme       sabots       je me (vois-tu, sancho, je suis vers le sommaire du livre 3 pour accéder au volume 5 des 1 2 3 art sommaire ► page suivante 1 2 3  la route de la soie, à pied, aller au texte de michel 0- souviens-toi. sa vers le sommaire du livre 4 présentation du projet histoire de signes . vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 2       aujourd 1 2 3  1 2 3  1 2  je je me souviens de j’ai ajouté page suivante ► r.m. a toi textes mis en ligne en       voyage 1 2 3 iii) un soir à paris au un jour nous avons       quinze aller à l’article 1 2 3 vers le sommaire des 1 2 recueils et se placer sous le signe de       bonheur le corps encaisse comme il 1 2 3  page d’accueil de je suis cette machine entre mes chers élèves du collège antoine simon aller à l’article 1 2 3  page suivante ► page quelques textes aller à l’article pour angelo « je suis un le géographe sait tout de prime abord, il       dans l’eau froide de l’anse station 5 : comment bribes en ligne a vous dites : "un       la « 8° de les premières 1 2 3  nouvelles mises en       bonheu     chant de 1 2 ensuite, il éphémère du 6 octobre       dans la 1 2 3 iii.- aller à l’article ] heureux l’homme merci au printemps des heureuse ruine, pensait pour gilbert vers le sommaire du livre 4 quatrième essai de le lent déferlement 1 2 n’ayant pas grande digue est dispersée page suivante page vers le sommaire du livre 4 aller au portail de       la textes mis en ligne en vers le sommaire du livre 2 page suivante ► page     m2   aller à la bribe suivante 1 2 3  la restauration du site se attelage ii est une œuvre aller à l’article à claude held patiente la textes mis en ligne en  dernières mises  le livre, avec on cheval derniers textes mis en textes mis en ligne en août vers le sommaire du livre 3     tout autour       ruelle       le vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 4 à propos des grands 1 2 3 du 2021 des esprits flottants aller au sommaire des percey priest lake sur les vers le sommaire du livre 2 1 2 3   hors du corps pas       à chaises, tables, verres, textes mis en ligne en page suivante ► page certains prétendent c’est seulement au le nom de voltaire est je suis occupé ces 1 2 3  (ma gorge est une mes pensées restent les articles mis en ligne en merci à marc alpozzo page précédente retour à     &nbs       vu les je t’ai admiré, éphémère du 2 exposition de la série page suivante ► page 1 2 3 1 2 3  aller à l’article     les fleurs du madame 1 madame est la       au 1 2 m1       dorothée vint au monde elle a trente ans ou vers le sommaire du livre 3 sous ce titre inspiré de la      & j’ai travaillé dans 0 false 21 18 présentation du projet 1.- les rêves de aller à l’article avec marc, nous avons       les textes mis en ligne en avril le temps passe dans la jamais si entêtanteeurydice       grappes 1 2 3 ce 1 2 3 la d’abord trouver le lourd travail des meules page suivante page « tu sais ce que cinq madame aux yeux       sur le rêve, cauchemar, 1 2 3  à bernadette antoine simon toute une faune timide veille vers le sommaire du livre 3 aller à l’article bernard dejonghe... depuis sur le site d’alain adamo, vers le sommaire du livre 3 vers le sommaire du livre 4 le chêne de dodonne (i) le glacis de la mort       entre l’envers de       entre et que dire de la grâce en ouvrant ce site, je     faisant la quand il voit s’ouvrir, 1 2 partie. pour martin ce paysage que tu contemplais page suivante ► a toi le page suivante ► page     après attendre. mot terrible. ce qui fait tableau : ce page suivante ► page antoine simon   anatomie du m et vers le sommaire du livre 3 et en bas de page vous les ruelles blanches qui aller à la bribe suivante tous ces charlatans qui vers le sommaire du livre 2 vers le sommaire des recueils 1 2 3 pour accéder au aller à « À 1 2 b) dompter la communication est pour daniel farioli poussant l’homme est aller au portail de elle réalise des voir les œufs de deux nouveauté, j’ai en réserve madame, on ne la voit jamais 1 2 3  j’ai longtemps dans le patriote du 16 mars d’ eurydice ou bien de petites proses sur terre la force du corps, voir les œufs de 1 2 3 madame aux rumeurs l’annÉe 2022 mois par page suivante ► page page suivante ► page  au travers de toi je raphaël monticelli textes mis en ligne en vers le sommaire du livre 3 aller à la bribe suivante l’attente, le fruit       ce qui       m’ si vous entendez le lac vers le sommaire du livre 2  ce mois ci : sub page suivante ► page vers le sommaire du livre 2 marie antoinette 1 2 3       juin préparer le ciel ii pour accéder à ce deuxième pour max charvolen 1) page d’accueil de portail de l’espace aller à la bribe suivante page suivante ► page 1 2 3  vers le sommaire du livre 3 aller à la bribe suivante       maquis page d’accueil de aller à la liste des auteurs vers le sommaire du livre 4 rafale n° 4 on le tout mon petit univers en voir aussi boltanski galerie l’ami michel vers le sommaire des       ...mais station 3 encore il parle mai, mai  ! joli haut var ► brec vers le sommaire du livre 2 alla lingua lingua madre page suivante ► page textes mis en ligne en sommaire ► page suivante pour accéder au volume 6 des       le ciel sommaire ► page suivante   je n’ai jamais pour lee     une abeille de rafale effleurer le ciel du bout des       coude page suivante ► page le phonétisme n’a-t-il pas page suivante ► ce pays que au programme des actions vers le sommaire du livre 3       longtemp 1 2 3 la terre a souvent tremblé printemps breton, printemps ► question de temps à       que de je crie la rue mue douleur page suivante ► page 3 

les lieux aussi sont 1 2 3  vers le sommaire du livre 3       le ils sortent vers le sommaire du livre 2       aux page suivante ► page la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Butor, Michel > Le serrurier de l’espace

Le serrurier de l’espace
© Michel Butor
Publication en ligne : 4 mars 2009

pour Pierre Theunissen

La forêt, la grande forêt primitive, avant son défrichement par les moines et les laboureurs, épaisse et sombre avec peu de sentes frayées par des hardes de cerfs, des loups et des lynx, les balafres des fleuves et les éclaircies des lacs, changeant de couleur selon les saisons, avec des sous-bois difficilement pénétrables à ronces et champignons, sauf dans les ténèbres des sapinières encombrées de troncs écroulés que personne ne vient jamais nettoyer.

Alors les bûcherons débitent les chênes en stères et planches ; les charbonniers dégagent des terrasses de brindilles et feuilles mortes pour édifier leurs meules et en surveiller la combustion lente. Ils vivent dans des huttes qui s’adossent à d’énormes racines avec des paquets de mousses et d’herbes sur leurs toits, et dans la monotonie de leurs nuits d’hiver engendrent des dizaines d’enfants qu’ils ne parviennent pas à nourrir et qu’ils essaient d’aller perdre à la nuit tombante au plus profond de la broussaille, sans se douter de l’astuce de leur dernier né, malingre mais agile, qui réussit à les retrouver au moins une fois, grâce aux petits cailloux semés sur le trajet.

Et il y a aussi les châteaux des mangeurs de chair humaine dont on devine les tours à travers les cimes, avec des épouses compatissantes qui n’hésiteront pas à les préférer à leurs propres descendantes déjà convaincues d’anthropophagie.

Un jour le descendant de ce libérateur, apprivoisant la foudre et le séisme, réussira à donner un coup de poing sur le mur sylvestre pour y faire pénétrer nourriture et lumière.

Continuant vers le Sud, se dirigeant avec les ombres qui se précisent dans la partie haute les rares jours de beau temps dont on on profite à peine, enfoui dans ce brouillard d’écorces, lianes et branchages, on parvient à des régions moins denses, des cultures, des champs de blé, des prés avec moutons, chevaux et vaches, et des navires sur des canaux, des villages à toits d’ardoise puis de tuiles, des vignobles, des oliviers, la mer lumineuse dans l’arc-en-ciel de ses rochers. Il semble encore plus difficile de la franchir que la forêt antérieure. On essaie radeaux, barques et navires. Et l’on se retrouve dans d’autres forêts d’odeurs et couleurs différentes, avec lions et léopards, rugissements et barrissements, puis des montagnes dont les torrents charrient de moins en moins d’eau, de plus en plus de sable jusqu’aux déserts.

*

La palmeraie, la grande palmeraie primitive, avant son irrigation et son cadastrage, au bord des oasis qui se rétractent peu à peu tandis que les processions de dunes s’approchent de toutes parts pour les cerner, effaçant les pistes vers les avant-postes de la civilisation dominante, recouvrant les ruines des plus anciennes, et que les caravanes les contournent avec leurs dromadaires chargés de ballots, qui s’agenouillent et se couchent auprès des tentes que l’on dresse en assurant les cordes avec de grosses pierres qui surnagent sur cet océan sec comme si elles étaient plus légères.

Alors les enfants ébouriffés conduisent leurs chèvres noires ou blanches vers la moindre flaque, la moindre racine ou la moindre touffe, écoutant le soir des histoires de sultans dans des pays lointains à palais dont les innombrables fontaines font étinceler les carrelages et les fleurs, avec des femmes très fragiles et très ingénieuses dans des pantalons de satin avec des écharpes de gaze, diadèmes de perles et bracelets de turquoises, tandis que les chacals glapissent à la Lune en se faufilant dangereusement près du feu de palmes et d’ossements, et que le plus petit est déjà endormi sur les genoux de sa mère, ou fait semblant.

Et il y a aussi des avions dans le ciel, volant tellement haut que l’on distingue seulement les rayures laissées par leurs réacteurs, remplis de voyageurs qui somnolent entre deux consultations de leurs ordinateurs portables.

Un jour le descendant de cet auditeur, captant la merveille dans son langage, inventera des signes et des noms pour décrire et baliser ce paysage mobile, y faisant ruisseler le lait des aventures et le miel des images.

Continuant vers l’Ouest en se dirigeant vers l’éblouissement du crépuscule qui se pare de plus en plus de nuages projetant leurs ombres sur les replis des montagnes rampantes, on parvient à des régions plus vertes, avec des cactus et çà et là des arbres épineux, puis la savane avec ses hautes herbes et ses villages de terre plus ou moins cuite, des pistes, des chemins et des routes avec des jeeps faisant sauter des troupeaux de gazelles, jusqu’à des ports et aéroports où miroitent tentations et tentatives d’émigration vers un autre travail et d’autres malheurs.

*

La mine, la grande mine primitive à ciel ouvert, ou plutôt non, à ciel fermé par la poussière, avec des gradins et plans inclinés, le battement des pics, le raclement des pelles, le claquement des fouets, avec des galeries que l’on creuse et que l’on étaie, des rails, des chevaux aveugles.

Alors les enfants porteurs de lanternes, les déposent sur l’étagère avant de retirer leurs chapeaux, souliers et sarreaux raidis de taches de graisse, et de se débarbouiller dans le chaudron devant le poële à peine chaud, puis couverts de leurs courtepointes comme de pelisses de fourrures, déchiffrer les inépuisables livres d’école que les plus grands ramènent de leurs périples en tramways.

Et il y a aussi des tours de cathédrales, des beffrois à horloges et sirènes, des hangars, des silos et des miradors parmi les barbelés et caméras.

Un jour le descendant du plus fluet de ces illuminateurs, fouillera les apparences du jour le jour pour en trouver les lois, calculera les phénomènes en changeant les échelles et les espérances.

Continuant vers le Nord en se dirigeant vers l’étoile autour de laquelle tournent apparemment ses lointaines soeurs, on parvient à des montagnes de plus en plus abruptes qui se révèlent être en fait des immeubles de pierre, de fer et de verre, où règnent les actionnaires et présidents à cravates et secrétaires, autour desquels tournoient les pigeons et vautours.

*

La forge, la grande forge primitive, antérieure à l’automatisation et l’électronique, avec des enclumes et des fours, des crochets pendus par des chaînes à des potences qui tournent et s’allongent comme des serpents à écailles de tringles triangulaires, un tumulte à grondements, crissements, hurlements et réverbérations.

Alors les enfants explorateurs des champs d’épandage devant les usines à incinération, identifient parmi les rebuts et scories parfois brûlantes, ceux qu’ils peuvent transformer en jouets.

Et il y a aussi les coupoles des anciens observatoires, les miroirs des nouveaux, les fusées balbutiantes et les stations spatiales que l’on assemble péniblement.

Un jour le descendant du plus habile de ces artisans mettra au point les clefs pour forcer les coffres-forts de la sottise et de l’avidité, sonnera le glas d’un temps de misères pour mettre en branle le carillon des nouveaux astres.

Continuant vers l’Est en se dirigeant vers les lueurs de l’aube, il recherchera encore et toujours la forêt, la palmeraie, la mine et la forge.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP