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RESTES
Tu sais – tu te trouves quelque part – quelque part à l’intérieur. Là où il ne pleut pas là où rien ne se passe. Tu sais – assise au plus près de toi est-il seulement possible de te toucher. Est-il possible que tu sois là – toi qui ne remues pas – ni éveillé ni endormi.
Par-delà ce canapé où tu reposes les fenêtres sont refermées – cela même qui te fait dire qu’il n’y a pas eu d’automne – cela même qui te fait croire en ton plus simple repos. Est-il donc si facile de se sentir chez soi – chez soi au-dedans de soi-même. Assise aussi bien que dressée au milieu de cela qui nous entoure – c’est toi qu’il me faut regarder – toi le dos tourné toi décidément nu sans l’avoir jamais choisi.
Par-delà les fenêtres il y a cela que tu ignores. Par-delà ce canapé et le dedans de toi-même – y a-t-il un lieu pour toi. Je te regarde tu sais – avec les yeux de l’habitude avec mes propres yeux. C’est que tu te trouves quelque part à l’intérieur – là où rien ne se passe – et mes yeux aussi finissent à l’intérieur.
Je peux te toucher – je ne l’ignore pas – et cesser de marcher autour de ta silhouette – allonger mon corps à l’arrière de ton corps. Mais sentiras-tu ma chair pressée contre ta chair – sentiras-tu mes seins en ton plus simple repos. Sentiras-tu ma présence en ce lieu où tu es. Tu sais – tu es quelque part au-dedans de l’indifférence.
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