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RAPHAËL MONTICELLI
Voici un texte de 2004. Préface d’une exposition collective organisée par l’association niçoise stArt, il comporte deux parties. La première, Avant-œuvre, donne les circonstances de sa rédaction. La seconde Musica Maestro ! appartient au genre littéraire du centon.
II
(
ou rien d’important mais
un éclair qui vient du ventre
les contraintes de l’architecture
non, non, (dit-on) pas d’avant l’oeuvre si ce n’est
ce regard qui porte au-delà du trait
la toile que nous habitons
mes mains et les confidences de la terre
le mutisme obstiné des dieux cet indicible « avant »
les métamorphoses de l’espace
la joie de la fébrilité
quelque chose de désespérant
le but insoupçonné
on dit :
« pas besoin de préliminaires »
sinon un outil (son parcours secret)
ce corps que nous vivons indicible « pendant »
la vocation de l’espace
la joie de la fertilité
la peur de l’autre
mes mains et leur dialogue avec ma tête
le feu jailli des paradoxes
pas de préliminaires
mais le plaisir seul d’accomplir
un outil au trajet invisible
Les esquisses de l’échappée
ce corps que nous sommes les leurres les projets
les fuites étourdies
le silence des dieux
la joie de l’éclair
la symphonie des percussions
les images et les livres
les œuvres d’art voisines
on dit : « éviter les préliminaires » laisser monter cette forme
laisser
le projet de porter
les navires de cyclopes
laisser
le temps qui passe
l’effondrement dans le réel
« pas besoin d’atermoiement »
les fleuves de rhinocéros
qu’il suffise d’une pensée
que germe le corps dans la toile
les stratégies du secret
l’artifice des danseuses
non rien sinon
l’accomplissement
un dessin sans cesse poursuivi
la toile dans l’espace l’obligation de se perdre
l’ombre cendrée des arbres calcinés
rien sinon ce fil à quoi tiennent les choses
la maturation des idées
pas besoin de la moindre attente
une apparition gris pâle le dessin
pour ne pas oublier l’idée de ce qu’il faut faire
la conscience de la poussière
la maturation des matières un détail de mur
l’essentiel le but ultime une ligne à peine visible
l’espace
« rien » sinon le dessin prospectif qui élargit notre vision
le testament des arbres
on dit, « rien »
sinon
l’image souple de tes seins
la maturation du bois
« non rien » que le point après le mot fin
« rien » si ce n’est ce monde extrême où nous vivons
le manuscrit de l’herbe morte
le dessin noirci du possible
ces fantômes qui font œuvre
la joie de respirer
« Rien »
que l’expansion du temps
l’envie qui domine et guide
l’espace que nous habitons
juste l’ébauche d’une ébauche
pour que viennent les apocalypses
« il n’y a pas d’avant » sinon
une intuition à vérifier
l’association des fragments de ma tête
la mine de plomb qui court sur le papier
la toile où nous vivons
on dit
« rien » sinon
le travail
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