Accueil > Au rendez-vous des amis... > Ughes, Yves > Cultes > Prédication du 15 janvier 2022
Un premier élément de réponse pourrait se situer dans une affirmation de principe : que serions-nous, si Dieu se mettait à régler tous nos problèmes terrestres par une intervention extraordinaire et merveilleuse ? Nous n’aurions qu’à attendre, à laisser faire et puis... nous n’aurions qu’à recommencer de plus belle sachant que tout pourra être de nouveau « arrangé » par une intervention divine extérieure. Quel père pourrait concevoir d’agir ainsi avec ses enfants ? Versez dans toutes les horreurs possibles, détruisez-vous, détruisez le monde et j’effacerai l’ardoise !! Et que deviendraient des enfants ainsi éduqués, ou sous-éduqués ?
Que Dieu soit présent ne saurait annihiler notre responsabilité. Sans quoi nous ne serions fils de Dieu, mais rejetons irresponsables et infantilisés.
Cette première amorce de réponse est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Elle pose simplement un premier jalon.
Il nous faut la prolonger par une deuxième étape : Dieu nous aime au point de nous donner la liberté d’être, de choisir, d’agir.
J’avancerai vers le coeur en cette notion en m’appuyant sur une lecture qui m’absorbe depuis un mois et qui me passionnera encore pendant des dizaines de mois. Il s’agit d’une publication aux éditions Olivétan : « Le Nouveau Testament, commentaire intégral, verset par verset par Antoine Nouis. »
À la page 54 on peut lire « Un verset d’un Psaume dit :le ciel est le ciel du Seigneur, mais il a donné la terre aux êtres humains. En donnant la terre aux humains, il a renoncé à tout diriger de son ciel, il s’est rendu dépendant de notre humanité. ». [2]
Là se trouve l’essentiel, (l’essenCiel ? ). Notre foi se trouve dans ce vecteur : Dieu nous a créé, il nous aime et comme tout père, il nous donne le risque de la liberté, celui de la responsabilité aussi. À nous d’agir sur terre comme « hommes et femmes de bonne volonté » et de nous hisser à la hauteur de l’amour qui nous est donné et de la confiance qui nous est faite. À nous d’accepter d’entrer dans la dynamique de cette grâce offerte.
Car la liberté et la responsabilité ne sont pas des données abstraites et volatiles, elles ne prennent de sens que dans la dimensions infiniment plus grande de l’amour et de la grâce.
Nous voici donc dans le monde, libres mais accompagnés par une force qui nous devance, qui nous précède et qui nous accompagne. C’est par elle que nous agissons, pour elle aussi.
C’est par ce détour que nous sommes pleinement humains : en reconnaissant et en laissant vivre et croître l’amour de Dieu qui en nous, en nous acceptant donc et en nous aimant, pour aller vers les autres avec amour.
Ainsi pourrons-nous participer, un tant soit peu, à la construction d’un monde meilleur, car l’amour est d’une belle contagion. (De nos jours, il ne faut pas hésiter à changer la connotation des mots, et il peut y avoir une contagion heureuse).
[2] Le Nouveau Testament, Commentaire intégral verset par verset par Antoine Nouis. Olivétan, Lyon, Salvator, Paris. 2018. Page 54
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