Accueil > Au rendez-vous des amis... > Martin, Jean-Loup > Je serai le pilote aux yeux toujours ouverts > XII. Strophe
JEAN-LOUP MARTIN
Nous sommes une strophe dans un poème
et nous sommes le poème tout entier sur la page des cieux
et nous sommes le poète qui l’a écrit dans les ténèbres les plus blanches
avec sa main avec son corps avec son âme
Nous sommes la main qui façonne l’espace et pétrit le temps
la main qui donne et reprend et qui ferme le ciel et qui ouvre la foudre
et le corps qui s’éblouit de ses mille résurgences
et l’âme qui brûle émerveille ensorcelle par la foudre et le sel
Nous sommes un point et nous sommes l’espace au-delà de l’invisible
Nous sommes l’espace et nous sommes le temps au-delà de l’indicible
Nous sommes le temps et le milliardième de seconde qui palpite en nos chairs
Nous sommes le temps et l’éternité par l’obscur et le lumineux
Nous sommes nous et nous creusons en nous et naissons de nous-mêmes
et nous sommes nos parents qui résistent à la terre
et nous sommes nos enfants qui chassent les nuages
flèche du temps qui crée et détruit et recrée par l’aube et le crépuscule
Nous sommes une strophe dans un poème
Et le poème griffe le ciel des hommes et laboure la terre des hommes
Et le poème déchaîne la mer et son écume amère
Et la mer nous dépose au rivage corps et âme et poème
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.