Accueil > Les rossignols du crocheteur > GÉNÉRALITÉS / COLLECTIFS > THÈMES ET GROUPES > SUR DES EXPOS COLLECTIVES > 1969 - Origine Nice
RAPHAËL MONTICELLI
Dès que l’on présente des peintres d’avant-garde Niçois, le terme d’« Ecole de Nice » semble s’imposer à tous. Pour beaucoup cette dénomination suggère une unité esthétique que semblent garantir, cautionner, sceller deux ou trois grands noms. Or, non seulement le terme « École » est des plus mal choisis mais depuis longtemps les peintres Niçois entendent proclamer leur indépendance par rapport à ceux qui constituèrent le groupe qui donna lieu au phénomène « École de Nice ».
Il n’y a pas à Nice une École, mais un climat de création, un foyer lentement constitué par un long travail de regroupement et de confrontation des artistes dans des manifestations, des mouvements, ou autour de publications. Deux noms sont surtout à retenir : Ben Vautier d’abord, dont le rôle d’animateur fut remarquable ; il est sûrement le principal artisan de la situation niçoise, grâce à une activité dont les réalisations, comme sa revue « Tout », sa galerie « Ben doute de tout », ou, plus récemment, « Le Hall des remises en question » donnent le ton. Marcel Alocco ensuite qui effectue un véritable travail de coordination des artistes Niçois et qui semble de plus en plus prendre la place la plus importante dans ce rôle d’animation ; déjà, voici quelques années, il fut à la tête d’une revue d’une importance capitale : « Identités » qui, encore aujourd’hui à Nice, fait figure de point de référence ; il est le rédacteur d’une autre revue : « Open ».
C’est grâce à Ben et à Alocco que Nice fut, jusqu’en 1965, un centre important d’activités Fluxus, mouvement dont l’importance est encore aujourd’hui primordiale dans le choix des jeunes artistes. Publications, manifestations, galeries, contacts personnels aussi, c’est grâce à une telle activité et à l’information considérable qu’elle entraîne, que l’artiste niçois n’est pas, aujourd’hui, projeté dans un désert, qu’il est sûr d’être confronté à une grande diversité d’expériences, non seulement de celles qui se développent au niveau de sa ville, mais de n’importe laquelle, venue de n’importe lequel des points du globe.
C’est cela Nice : un courant d’échange unique en France. Mais l’artiste niçois sait aussi que ce courant se développe en marge de la vie artistique officielle, en rupture avec la « création » officielle locale dont il n’attend strictement rien et qui s’essouffle à accepter un art mort-né et à refuser Yves Klein. (Eh oui ! on attend encore à Nice sa rétrospective !).
Dix artistes vous sont proposés ; il ne s’agit pas d’un panorama exhaustif : d’autres noms auraient pu se joindre à ceux-ci, une autre liste aurait pu être constituée. Les directions de recherche sont différentes : elles témoignent de la vitalité de l’art niçois et de sa diversité.
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