BRIBES EN LIGNE
préparer le ciel i page suivante ► page aller à la liste des auteurs rafale n° 5 un       araucari       allong&e aller à la liste des auteurs 1 2 3 alberto arbasino : les articles mis en ligne en alla lingua lingua madre coupé le son à 1 2 samedi 3 aller à la liste des auteurs textes mis en ligne en naviguer dans le bazar de abu zayd me déplait. pas nous sommes de glace et de       vaches textes mis en ligne en mars dans le patriote du 16 mars 1 2 quatre si la mer s’est juste un dans l’herbier de ses vers le texte suivant a voile de nuit à la à bernadette       dans le       la textes mis en ligne en mai 1 2 3&nbs il est un conte où la rafale  référencem un temps hors du       le ciel 1 2 3&nbs ainsi fut pétrarque dans textes mis en ligne en juin   ciel !!!! le geste de l’ancienne, je suis occupé ces       au vers le sommaire du livre 2 l’attente, le fruit j’ai travaillé dans aller au portail de quand il voit s’ouvrir, sous les nuits d’apparente  la lancinante janvier 2002 .traverse préparer le ciel i vers le sommaire des recueils page d’accueil de a - preliminaire prenez 3 page d’accueil de aller à la bribe suivante   pour olivier 1 2 3&nbs       les antoine simon cliquer sur l’icône madame, on ne la voit jamais quand nous nous sommes aller au portail de merci à marc alpozzo       chaque 1 2 page suivante ► page aller au texte suivant dès les grands je me souviens de la pureté de la survie. nul À hélène vers le sommaire des 1 2 3&nbs antoine simon 1    le recueil que l’appel tonitruant du trois (mon souffle au matin 1 2 dimanche j’aurai donc vécu sur a l’extrémité du aller au portail de aller à la bribe suivante 1 2 3&nbs pour accéder à ce deuxième       sur le       dé rafale n° 7 un ] heureux l’homme lorsque martine orsoni 1 2 3&nbs dans les horizons de boue, de       un aller à la bribe suivante page suivante ► page       dans vers le sommaire du livre 2 pour accéder à la totalité       au pas sommaire ► page suivante le 28 novembre, mise en ligne page suivante page il n’est pire enfer que que d’heures vers le sommaire du livre 3  mise en ligne du texte accoucher baragouiner le flot pâle des maisons 1 2 3&nbs       au fond aller au portail de 1 2 3&nbs pour accéder à la totalité cliquer pour rejoindre la les lettres ou les chiffres vers la lettre ouverte au le chêne de dodonne (i) Ç’avait été la       ( antoine simon 2 toute trace fait sens. que a propos d’une deuxième suite guetter cette chose les premières rafale 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs madame est une voir les bifaces de b. références : xavier station 7 : as-tu vu judas se pour accéder au pdf, tu jettes au fil de dans les carnets « je me tais. vers le sommaire du livre 2 page suivante ► page au programme des actions madame 1 madame est la textes mis en ligne en juin 1 2 3 sculpter l’air : raphaël monticelli : tu page suivante ► page       alla un homme dans la rue se prend       avant « le petit dauphin pour gilbert vers le sommaire du livre 3 aller à l’article page précédente page textes mis en ligne en vers le sommaire du livre 3 il y a des titres qui 1 2 3       ...mais aller à la liste des auteurs vers le sommaire du livre 4     chambre s’égarer on   1) cette petites proses sur terre vers le sommaire du livre 2 chants à tu mon recueil aller à la bribe suivante vers le sommaire du livre 2 vers le sommaire du livre 4 cliquer sur l’icône page suivante ► page vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 2 journée de antoine simon 7       deux violette cachée ton nouveautés et modifications préparer le ciel i sommaire ► page suivante 1 2 3&nbs c’est ici, me depuis belle lurette, je si c’est ça, 1 2 3&nbs page suivante ► page 3 

les lieux aussi sont on cheval il existe au moins deux Éphémère du 22 juillet à la mastication des sommaire ► page suivante     son l’impression la plus le ciel est clair au travers       allong&e s’ouvre la aller à l’article article paru dans sixième le vieux qui chercher une sorte de les terrasses abandonnées revue approche d’une       je me page d’accueil de buttati ! guarda  voir ci dessous le portfolio parmi les éditeurs       crabe-ta ajout de fichiers sons dans       entre  jésus page suivante ► page       ( 1 2 en       devant peinture de rimes. le texte   À léon-gontran 1 2 3&nbs       vu les pour nicolas lavarenne ma quand on arrive de new-york antoine simon des voix percent, racontent       le de toutes les le chêne de dodonne (i) voici les ajouts et vers le sommaire du livre 4 nouveautés et modifications « voici janvier 2026, en pleine page suivante ► page « tu sais ce que page suivante page a ma mère, femme parmi page suivante ► page       sur bernard noël à 1968 - hamida 1 2 3&nbs page suivante ► page       six normal 0 21 false fal ce poème est tiré du       entre je rêve aux gorges page suivante ► page aller au texte suivant nous ensevelie de silence,   la baie des anges  l’exposition  raphaël monticelli vers le sommaire du livre 4 préparer le ciel i       en allons fouiller ce triangle l’envers de marie antoinette c’est la chair pourtant démodocos... Ça a bien un antoine simon 6 franchir le seuil d’un pour bruno charlotte, in       la je me souviens qu’à propos     oued coulant 1 2 3 je donne à voir ce qui est 1- nous sommes dehors. deux ajouts ces derniers elle dit la main qui fut le   on n’est vers le sommaire du livre 2 lettre d’information aller au portail de comme ce mur blanc page suivante page page suivante ► ce pays que 1 2 3 je aller à l’article haut var ► trois petits 1 2 3 la musique est le parfum de descendre à pigalle, se 1 2 3&nbs 1 2 bruno page précédente page l’envers de j’ai longtemps vers le sommaire du livre 4     l’é il ne sait rien qui ne va       voyage       magnolia       soleil 1 2 3&nbs pour accéder au texte,       bâ aller à l’article comment entrer dans une vers le sommaire du livre 3 page précédente retour notre but n’est pas de madame porte à 1 2 3&nbs les dernières pour accéder au recueil, la prédication faite il nous aura laissé quai des chargeurs de ce mot comme à la hâte 1 2 3&nbs préparer le ciel i je suis celle qui trompe       ç  le livre, avec       dans le éphémère du 2 "nice, nouvel éloge de la vers le sommaire du livre 3 je t’enfourche ma 1 2 quelques aller au texte gardien de phare à vie, au     sur la samedi 10 septembre il me je serai toujours attentif à la poésie, à la   iv    vers aller à l’article page d’accueil de hommage à rené magritte le 23 février 1988, il       aux       jardin petits rien 4 et 5 (env. 7cm       l’  les éditions de page suivante ► page    courant un titre : il infuse sa       grappes mougins. décembre 1 2 3&nbs effrayante humilité de ces   saint paul trois faisant dialoguer la vie est dans la vie. se 1.- les rêves de aller au texte       longtem 1 2 3       l’ vers le sommaire des recueils vers le sommaire du livre 2     le cygne sur  tous ces chardonnerets page suivante ► page il était question non pour aller vers le page suivante ► page cliquetis obscène des la terre a souvent tremblé     extraire pour écouter ce moment de vers le sommaire du livre 3 la lettre d’information du préparer le ciel i page suivante ► page       pass&eac  monde rassemblé ► pour la poésie à la aller au texte suivant il ce texte a été rédigé à in the country antoine simon 5 présentation du projet nous lirons deux extraits de un tunnel sans fin et, à exode, 16, 1-5 toute     surgi aller à l’article aller vers bribes, livres 1       dans page suivante ► page       un cheveu : si, sans vers le sommaire du livre 2 aller à la bribe suivante la parol

Accueil > Les rossignols du crocheteur > CHARVOLEN, Max > 1993 - Dialogue d’absents

RAPHAËL MONTICELLI & GÉRARD DUCHÊNE

1993 - Dialogue d’absents
Publication en ligne : 12 juin 1993

En 1993, La galerie Vivas (Paris) présentait une exposition de Max Charvolen. Je devais prendre la parole lors du vernissage. Gérard Duchêne, qui ne pouvait être présent, m’a envoyé un texte et souhaitait que j’en donne lecture. J’ai alors décidé de mêler nos deux interventions dans ce Dialogue d’absents. Certaines versions de ce dialogue ont été publiées ici ou là.


Aller à l’article suivant

Puis le corps s’est figé et, avec des gestes de noyé , les pieds emprisonnés, le peintre a défini comme espace à saisir cela seul que ses mains pouvaient atteindre, et c’est pour garder la trace de cet espace que sont venues, sur lui, s’assembler des bribes de toile, se reconstituer un espace plastique
la toile manquant là seulement, où s’emprisonnaient les pieds
“Il s’agit alors, dit Duchêne, de la “nature” du peintre inscrit dans un cercueil de lumière
qui vient braire à l’intérieur des terres.”

Quand il a été bien clair pour lui, que ce n’est qu’en collant au sol, à la matière, aux lieux et aux choses, qu’il parviendrait, peut-être, à recoller les morceaux, à panser le monde, à en garder, précaire et en lambeaux, la trace, le suaire, Charvolen a commencé à emmailloter le monde et les objets du monde.
Le déraisonnable inventaire de ces prétextes à l’œuvre ferait se côtoyer douches et verres, boites en fer blanc et brouette, automobile, seaux, arrosoirs, marteaux, masses, pioches, sapes, pelles et fourchettes, bidets, fauteuils, chaises et scies, chaussures, tabourets... image de la vie quotidienne partagée entre les soins du corps et le travail, maçonnerie, menuiserie, agriculture.

“Le travail de Charvolen, dit Duchêne, c’est d’abord un visage.
Un visage de pierre molle - un abri
(la fermeture d’un visage au travail
le travail de la terre)
Une chaise
ou une table
est aussi un outil
au même titre que la hache, la pelle ou le marteau.
Il n’est pas innocent pour lui d’utiliser les outils premiers qui sont ceux qui fabriquent le corps ou l’usent
puisque, prisonnier, il accepte de les déformer pour les rendre aveugles.”

Et je dis
La démarche de Charvolen, si elle n’est pas figurative, relève bien d’un questionnement de la représentation

Et Duchêne dit
Ces objets (qui sont des toiles) sont “mis à plat” mais de nature ils ont épousé la forme qui les habite.”

La démarche de Charvolen
dis-je
relève d’un questionnement de la représentation.
Son originalité consiste à limiter toute distance entre l’objet et son traitement, entre le monde et le corps agissant : la forme de l’objet est plus ou moins reconnaissable selon le choix des lignes d’incision.

“Ces objets
dit Duchêne,
ont épousé la forme qui les habite. Celle-ci est l’indifférence du corps : le moulage. Le moulage d’un corps n’est pas le corps. Il est la distance entre tous les corps et sa substance même. Le corps est prisonnier du corps. Le mur ne l’en délivre pas. Il le plaque. Il l’introduit dans une marge.”

Au début,
dis-je
il y a donc cette autre réalité, toile ou feuille, destinée à recevoir des figures, à rassembler des traces, et qu’il a d’abord fallu défaire, déchirer, réduire en bribes ou en charpie, perdre, et qui ne retrouvera consistance forme et figure qu’en se recomposant sur l’objet...

“Charvolen
dit Duchêne
accepte tous les compromis du berceau”

Dans le travail de Charvolen, dis-je
l’objet est ce par quoi le format défait de la peinture va se reconstruire, renaître, le point où va se rassembler la toile émiettée.

“Charvolen accepte tous les compromis du berceau
mais ces moulages restent mous » dit Duchêne

sont-ils désertés
dis-je
objets de l’absence

ils restent mous dit Duchêne
et continuent à vivre comme des poupées
Ces poupées sont des objets dérisoires

sont-elles désertées, dis-je
objets d’absence

Ces poupées sont des objets dérisoires faits à vivre dit Duchêne
Il ne s’agit pas d’empreintes mais de réalités plastiques

En tout cas, dis-je

le peintre arpente le visible, son corps servant de mesure, parfois d’outil de marquage
et d’instrument du transfert
repérage dans une pérégrination le long du quotidien

“Le corps, répète Duchêne, est prisonnier du corps
Le mur ne l’en délivre pas. Il le plaque. Il l’introduit dans une marge.
Charvolen accepte tous les compromis du berceau.
Mais ces moulages restent mous et continuent à vivre comme des poupées.”

Pourtant, dis-je, Charvolen se sert parfois
de modèles réduits ou grossis
des réalités qu’il traite.
Et encore cette possibilité de prendre connaissance d’un seul coup d’œil d’œuvres de trop grandes dimensions
comme le modèle mathématique permet, dans les dessins numérisés, de prendre connaissance de possibilités à jamais perdues par la mise à plat physique du moulage d’origine

Il ne s’agit pas d’empreintes, dit Duchêne
mais de réalités plastiques

Ce sont de simulations, dis-je, des parades à l’absence.
les moulages veulent garder trace d’une réalité absente, mais leurs dimensions, leur fragilité, leur impossible déploiement, font qu’eux-mêmes se cachent et se perdent ;
il faut alors se donner les moyens de conserver des traces de ces traces trop incertaines, trop vite disparues…

Parades à l’absence

Simulations elles épaississent tous les rêves du corps :
colosse, géant ou titan, il maîtrise des espaces d’où sa taille l’exclut, il est le rêveur de miniatures, d’architectures tronquées,
Corps minuscule roulant à travers des espaces frustrants, il s’y perd, angoisse des enfances perdues,
Se figurant les possibles, face à des séries innombrables, c’est l’esprit qui roule et se perd.

C’est bien Leopardi, n’est-ce pas, derrière sa haie
E questa siepe, che da tanta parte
Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
Ma
Sedendo e mirando, interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quïete
Io nel pensier mi fingo ; ove per poco
Il cor non si spaura…”

Objets, procédures de construction, dimensions, projets, plans, tout multiplie les sytèmes de représentation,
cartographie sommaire de nos déplacements dans l’espace physique, portulans de nos précaires et dérisoires Odyssées ;
les volumes sont écrasés : leur mémoire ne se marque plus que dans l’inscription d’une arête ou dans la différenciation des plans par la couleur ;
l’usage se lit dans l’usure
qui marque les points habituels de contact entre le corps et l’objet ;
et en même temps c’est le mouvement qui est représenté :
celui, circulaire, des bras, au bout desquels se créent des arches, superposant l’image d’une architecture directement issue d’un corps se mouvant, à celle des objets qu’il tient ou des espaces qu’il occupe ;
et cet autre mouvement,
caresse de la main, des doigts, sur l’objet,
qui reste empreinte dans les tourbillons colorés qui unifient et consolident la construction…
Le problème, enfin, c’est de savoir comment représenter le temps :
temps de la construction, colle et bribes,
temps des strates qui s’accumulent, et que marque la couleur,
temps du moment d’exécution qui figure parfois
dans le moulage même
d’une ombre portée,
temps de l’usage, de l’emploi des objets, et des lieux, des passages, salissures, poussières,
temps de la présentation, de la déperdition et de la perte.

“L’art
dit Duchêne,
n’a de valeur qu’en ce qu’il trouve ou comporte de douloureusement présent dans le présent qui est la somme. La somme d’une absence de soi pour l’autre”

J’entends parler de Charvolen.

Il est celui qui cherche ce qui engendre… le principe
Cette matière modèle matrice et mère. La génitrice.
Et la douleur, c’est qu’au fur et à mesure qu’il le trouve,
Et qu’il y trouve la raison de créer et qu’il le reconnaît justement parce que c’est lui qui lui a fait la grâce de créer,
du fait même qu’il a donné naissance à l’œuvre, ce lieu lui échappe et se perd .

“Je ne suis pas présent
dit Duchêne
Je tiens à y être quand même”

“dans le présent qui est la somme. La somme d’une absence de soi pour l’autre. Un (le ?) vertige (vestige) du présent. Ce passé que je trouve en infinie présence dans le travail de Charvolen.
Il est quand même intéressant de savoir (ou de sentir ici) que l’artiste découpe les murs comme un squelette promis aux immondices
dit Duchêne
comme les corps (ou les cornes) promis à la cendre. L’objet n’a qu’une réalité provisoire qui est celle de son utilisation. Une pelle, un mur, c’est autre chose qu’une pelle. C’est une autre pelle ou un autre marteau pour briser le mur
mais Max conclut Duchêne
n’aimerait pas.
Il préfère laisser les murs en vie pour leur briser la face d’écrou qui les mure et les brise”

C’est vrai, dis-je
que sa quête constante de l’origine ou de la genèse, cette stupeur devant le surgissement est en même temps une méditation sur la disparition qui fait œuvre de sa volonté d’être malgré tout présent au monde qui infiniment s’enfuit.

Devant la haie qui bouche son horizon
Leopardi fait naître des immensités, et il termine

Ainsi dans cette immensité ma pensée se noie
Et naufrager en une telle mer est doux.

Cosi tra questa
immensità s’annega il pensier mio ;
E’l naufragar m’è dolce in questo mare

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP