Accueil > Les rossignols du crocheteur > CHARVOLEN, Max > 2007 - Question de temps...
RAPHAËL MONTICELLI
Je ne sais plus où ce texte a été publié. L’un de ses titres, dans mes archives, était Charvolen, archeo... Mais ce titre ne m’en dit pas davantage.
Si le public connaît généralement les démarches gestuelles et voit bien s’inscrire sur leurs toiles l’instant qui surgit, la stratification du temps dans des œuvres plus secrètes, comme celle de Charvolen, lui est en général peu connue.
L’une des problématiques constantes dans le travail de Max Charvolen, c’est de donner à voir la temporalité, sous ses divers aspects, dans l’espace plastique.
« Le temps du processus » : c’est d’abord par la décision de mettre en évidence les « processus à l’œuvre », liée aux problématiques des avant-gardes des années 60, que le temps de la démarche se donne à voir dans le moment du regard.
« Le temps du travail » : l’une des préoccupations constantes de Max Charvolen c’est de rendre sensible au spectateur le temps passé par l’artiste à la production de l’œuvre, en passant par deux techniques principales : la superposition des strates de toile, et la différenciation colorée des moments du travail.
« Le temps qui passe » : dans l’élaboration de certaines de ses œuvres, Charvolen, laisse agir sur l’oeuvre en cours le passage du temps, et les aleas que cela entraîne : usage, passage du public etc. Telle œuvre est restée plusieurs années en place sur son lieu de production avant d’en être détachée, pleine de salissures, marques de mains, traces de pas ou de pneus.
« Le temps de l’histoire » : le plus souvent de façon discrète, l’œuvre de Max Charvolen évoque dans tel ou tel de ses aspects, des références à l’histoire de l’art.
« Une archéologie au présent » : les modalités du travail de Max Charvolen, qui prend l’empreinte d’un espace bâti marqué par la vie de ses occupants fonctionnent comme une véritable « invention de site » au sens que l’archéologie donne à ces mots.
A cette archéologie au présent à l’œuvre dans les lieux courants, Charvolen a ajouté une dimension historique forte lors de son travail sur le site archéologique de Delphes dans l’intention de recueillir dans l’œuvre l’épaisseur d’une histoire plusieurs fois millénaire.
« Le temps virtuel » : l’œuvre de Max Charvolen procède par mise à plat d’une empreinte d’espace construit. Chaque œuvre ne présente qu’une seule des mises à plat possible. Parallèlement, Max Charvolen explore, virtuellement, ses autres possibilités de mise à plat non réalisées et, de fait, non réalisables. Cette exploration –littéralement incommensurable- fait entrer dans la démarche de Max Charvolen un aspect supplémentaire et inédit de la temporalité à l’œuvre.
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.