Accueil > Au rendez-vous des amis... > Freixe, Alain > A propos de Poésie ouverte, Poésie fermée de René Nelli
ALAIN FREIXE
« Je définirai la lecture : partir en reconnaissance »
Pascal Quignard
Pour évoquer René Nelli, j’ai donc choisi un livre. Un objet littéraire. Des signes languissants. Quelque chose de déjà fait.
Le livre fait barricade. Il sépare en deux versants l’acte d’écrire et l’acte de lire. Deux versants qui ne communiquent pas : l’écrivain est absent de la lecture et le lecteur est absent de l’écriture. N’oublions pas également ce tiers présent dans le champ littéraire les éditeurs qui ont pouvoir de donner vie et forme d’objets aux feuillets et autres paperoles en telle année, dans tel contexte, sous tels entours.
Ainsi avais-je à lire, soit tout à faire.
Première lecture faite, je me suis demandé : finalement, la question serait moins de savoir qu’est-ce qu’on retient d’un livre que celle qui envisagerait de se demander par où un livre vous tient. Comme si un livre avait deux mains. L’une qui vous attraperais par le dessus, si j’ose dire ; l’autre qui vous agripperais et vous tirerais par le dessous.
De ces deux mains j’ai fait la structure de mon propos.
Quelques mots encore. Lire, c’est toujours un mano a mano. Un « un à un » qui ne fait pas deux mais trois – Tant pis pour le dualisme ! Un , c’est le lecteur singulier ; l’autre un, (qui en fait est premier) c’est le texte singulier ; le « à –troisième », c’est la relation singulière qui s’efforce de penser le texte au moyen d’une hypothèse de lecture. Le texte a sa préséance, c’est lui qui doit suggérer les problématiques qui serviront de filtres à la lecture mais le lecteur - en tout cas celui que je suis, le poète que je m’efforce d’être – ne saurait s’effacer comme sujet derrière des choix épistémologiques, des modèles théoriques, toutes choses visant à mettre en place ce qu’on pourrait appeler une lecture savante. Pour autant, ma lecture cherchera à mettre en évidence ce qui distingue ce livre, ce qui lui est spécifique. Oserais-je dire que j’essaierai de répondre à la question posée sur le bandeau rouge : « L’essence de la poésie : Eluard, Aragon, Bousquet ? »
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