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RAPHAËL MONTICELLI
L’artiste qui a appris au plexi l’art de faire danser la lumière
Permettez-moi…
Que l’on me permette, en ce centenaire, un mot un peu plus personnel.
Les recherches, l’œuvre, la personnalité d’Edmond Vernassa occupent une place singulière dans mon musée intérieur et parmi mes références : elles témoignent en effet d’une relation profonde et rare entre compétences techniques et artistiques, entre savoir-faire et développement esthétique.
Tous ceux qui ont approché Edmond Vernassa ont retenu sa bienveillance, son attention, et cette gentillesse toujours un peu teintée d’humour et d’autodérision. Et dès que la conversation durait un peu, Edmond Vernassa apparaissait pour ce qu’il était : un maître.
Dans le texte qui suit, daté d’il y a une trentaine d’années, je cherchais à rendre l’effet de certaines œuvres de Vernassa ces « pelures d’air qu’une simple tension de l’œil déchire ». Qu’il aille à nouveau vers lui :
Quand je me heurte à la dureté des choses de ce monde, je ne cherche plus qu’à fixer l’instant où, stupéfait encore du choc, je m’émerveille de la richesse de ce qui, en moi et autour de moi, se transforme, sans que j’en sente encore toute la douleur.
Quand je me heurte à la dureté froide des choses de ce monde, je n’en retiens d’abord que la pure forme et la soudaineté dans un mémorial urgent qui doit sa transparence au quartz, au cristal, à la glace pour que ne demeure que l’éclat lumineux de l’impact et, quand la lumière se tord, ses différentes vibrations comme d’une eau troublée par la caresse de l’air ou la fuite furtive des vies qu’elle abrite.
Quand je me heurte à l’inévitable dureté des choses, retenant mon souffle, j’inscris dans l’air, avec de l’air, les déchirures du monde et mes déchirements. »
Cent ans après sa naissance, Edmond Vernassa apparaît toujours comme un authentique « aventurier du visible », qui aura su transformer une matière synthétique en un mémorial urgent de lumière et de liberté plastique.
Galerie Parvillé, 12 avenue Gallieni, 06000 Nice (face à la Promenade du Paillon).
Horaires : De 9h à 19h, tous les jours sauf le dimanche (samedis sur rendez-vous).
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