Accueil > Les rossignols du crocheteur > MENDONÇA Bruno > Gloses et paraphrases sur quelques approches de Bruno Mendonça
RAPHAËL MONTICELLI
Ce texte figure dans le catalogue de l’exposition Métamorphoses de l’écriture, Bruno Mendonça, médiathèque de Contes ed. 2010
Les citations de Bruno Schulz sont tirées de Le sanatorium au croque-mort, Denoël ed.1974 dans la traduction de Thérèse Douchy
Je l’ouvris (...) Je vis la grande migration des animaux, fleuve coulant sur les routes, se divisant, s’éparpillant en cortège dans un pays lointain, je vis le ciel plein de vols d’oiseaux et de battements d’ailes, une énorme pyramide inversée dont le sommet touchait l’Arche. Bruno Schulz
« Il faut savoir que l’art est l’art de ne pas savoir »
Christian Arthaud
Il y a quelqu’un. Cette présence. Cette odeur d’herbe piétinée. De terre engloutie. Cette portion de silence quand tout, autour, jacasse et remue. Ou bien il y a eu quelqu’un qui a déposé là ce silence. Cette odeur. S’impose l’image du sang qui sèche. Et celle de l’incandescence. Entre pulsion du corps et maîtrise d’une intelligence sidérée. Entre encroûtement et fusion. Écroulement et rédemption. Feuilletage. Le piétinement des herbes. L’étagement des odeurs. Les livres. Grimoires dont les traces s’étiolent, rongés de temps et de lumière. Les feuillets s’effritent sous la caresse des doigts, si précautionneuse soit-elle. Soient-ils. Et cette poussière dont la saveur de farine à peine humide atteint l’esprit avant de s’attaquer aux papilles. Dans ce miroitement où s’évanouissent des micas, des schistes et des quartz, il y a quelqu’un.
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.