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RAPHAËL MONTICELLI
Bernard Alligand m’a offert une place dans le catalogue de son exposition à la bibliothèque Louis Nucera, à Nice. C’était en 2019.
Ce n’est pas seulement l’œuvre de l’artiste qui m’intéresse, mais tout ce qui mène vers elle
Michel Butor
Quand on considère le travail de Bernard Alligand, et chaque pièce en particulier, on est frappé par la façon dont formes, thèmes, images, techniques se font écho d’une œuvre à l’autre, d’une période à l’autre. Plus loin dans cet ouvrage, Jean Pierre Geay donne une suite au premier volume du catalogue raisonné et analyse avec précision l’ensemble de l’œuvre depuis 2005.
Ce que Bernard Alligand met en œuvre dans son travail d’artiste, il l’établit d’abord, ou parallèlement, dans sa vie. Il est toujours en mouvement, se déplace, voyage, note, recueille. Sa biographie rappelle les ateliers d’amis qu’il a fréquentés, en premier lieu celui de Goetz, ce qu’il a appris dans chacun d’eux, comment il a transformé leurs leçons, a su intégrer et faire se côtoyer des savoir faire et des techniques aussi différentes et éloignées que possible. À l’intérieur de son œuvre, c’est le va et vient non seulement entre entre les techniques de la gravure, mais aussi entre peinture et gravure.
L’artiste voyage
Bernard Alligand est un voyageur. Maroc, Japon, Egypte, Islande... Pays, climats, paysages, habitat, faune et flore, coutumes, artisanat, tout Le retient, tout l’intrigue, tout éveille sa curiosité. Il n’herborise pas, ne joue ni à l’ethnologue ni même au peintre. Il regarde, observe, reçoit, recueille. Il est, sur le terrain, comme plaque sensible ; il engrange impressions, sensations, émotions, objets, matières, formes, couleurs... et l’immersion est double : celle de l’artiste dans le pays qu’il rencontre, celle des réalités du pays dans la conscience, les fibres de l’artiste.
Ce qui aura ainsi été recueilli sera apparent ou non dans les œuvres. « De ce que j’ai ramené du Japon, je n’ai rien retenu encore » dit Alligand. Mais regardons les œuvres née du voyage islandais : n’évoquent-elle pas aussi les jardins Zen du Japon.
L’artiste voyage. À proprement parler, voyageant, il inspire.
Petite digression : la relation entre Alligand et les poètes, ses va et vient entre peinture et poésie, est l’une des sources de son travail. Parmi les poètes, retenons le nom de Michel Butor parce que Butor était lui même un grand voyageur, que son œuvre, comme celle d’Alligand, s’est en majeure partie constituée avec les matériaux et impressions de ses voyages, et parce que, enfin, il a accompagné Bernard Alligand en Islande. Double voyage, impressions et souvenirs doubles, double inspiration.
Voyons de plus près ce que l’artiste rapporte de ses voyages, et focalisons nous sur ceux de ces dernières années que vise ce catalogue raisonné. Deux voyages majeurs : l’Egypte et l’Islande. Et notons que, de tous points de vues, il s’agit de deux espaces, deux cultures, aussi différents que possible.
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