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Deuxième rite : comme une trace des viscères du dehors
Le géographe sait tout des cités, des terres et des mers, et c’est lui qui trace, sur les peaux du monde, les signes colorés de la reconnaissance ; c’est lui encore qui peut donner à la zone blanche de nos yeux le nom de terra incognita.
Il sait que les cités surgissent là où les fleuves se croisent, là où ils viennent se fondre dans la matrice de la mer, là où il est impossible de remonter davantage leur cours, là encore où peuvent se marier les hommes et la terre.
Sous son regard c’est le remuement des signes : il y a une terre dans cette tache, des lacs et des monts dans cette autre, ces traces disent la vie de tout un peuple, ces autres l’antique histoire de leurs relations, des vaisseaux sillonnent ces mers que les rêves caressent.
Il sait enfin que c’est parce qu’ils surgissent là où le monde du dehors et le monde du dedans creusent leurs voix l’un dans l’autre, que nos signes provoquent cette douleur que, communément, connaît, quand il cherche à les saisir et leur donner forme durable, le scribe attentif aux voix des eaux mêlées.
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