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HENRI DESOUBEAUX
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À la mémoire de Michel Butor
Conteur, critique d’art et poète, Wilhelm de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est né à Rome en 1880 et mort à Paris deux jours avant l’armistice de 1918.
Toute sa vie Apollinaire se voudra résolument moderne. On dit même de lui que c’est le premier poète moderne.
Son premier recueil de poèmes, Alcools, paraît en 1913 au Mercure de France. En 1912, il avait supprimé la ponctuation sur le premier jeu d’épreuves considérant dès lors le vers comme une unité rythmique continue sans coupe ni arrêt et rompant par là même avec ses devanciers.
La suite des neuf « Rhénanes » à laquelle appartient le poème que nous allons étudier, « Mai », a été composée en 1901-1902 – on notera d’ailleurs qu’Apollinaire dates ces pièces de septembre 1901-mai 1902 – lors d’un séjour du poète en Allemagne. Séjour au cours duquel il s’éprend d’une jeune anglaise, Annie Playden.
Dans « Mai », qui nous renvoie donc au terme de la période indiquée plus haut, Apollinaire, évoquant son amour malheureux pour Annie, utilise une prosodie faite de rythmes différents, qui se mêlent sans se confondre et rendent compte par là même de ses sentiments contradictoires : amour et déréliction, c’est-à-dire sentiment d’abandon et de solitude.
Voici le poème de Guillaume Apollinaire
Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?
Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières
Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment
Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes
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