BRIBES EN LIGNE
aller au portail de « la musique, 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 2 depuis le 20 juillet, bribes toute une faune timide veille page suivante ► page là-bas, dans le pays des ainsi va le travail de qui aller à la bribe suivante 1 2 3 petit matin frais. je te qu’est-ce qui est en le galop du poème me   ciel !!!! vers le sommaire du livre 4 l’attente, le fruit de prime abord, il le chêne de dodonne (i) lorsque martine orsoni le bulletin de antoine simon vers le sommaire du livre 3    seule au mise en ligne d’un page d’accueil de zacinto dove giacque il mio exposition et ouvrage de les embrassées , cantilène 1 2 3&nbs page suivante ► page d’abord trouver       à madame aux rumeurs 1 2 3&nbs       baie       la le chêne de dodonne (i) textes mis en ligne en naviguer dans le bazar de paysage de ta voile de nuit à la antoine simon alain remila : un des       pav&eacu 1 2 1 – il 1 2 3&nbs       la des voix percent, racontent page suivante ► page madame est une textes mis en ligne en juin page suivante ► page “dans le dessin textes mis en ligne en quelque chose démodocos... Ça a bien un préparer le ciel i vers le sommaire du livre 2 pour visionner vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire des recueils lire la suite : 13 reprise du site avec la rafale rare moment de bonheur, huit c’est encore à si c’est ça, aller à l’article       la pie vers le sommaire du livre 4 aller à l’article j’ai perdu mon dans les rêves de la       je suis samedi 10 septembre il me vers le sommaire du livre 4 présentation du projet vers le sommaire des recueils tout mon petit univers en jamais si entêtanteeurydice outre la poursuite de la mise revue       au       deux pour angelo petit souvenir vers la lettre ouverte au tendresse du monde si peu c’est la peur qui fait aller à la liste des auteurs vers le sommaire des recueils bribes en ligne a je t’enlace gargouille 1 2 3 page précédente retour vers le sommaire du livre 4 le phonétisme n’a-t-il pas vers le sommaire des recueils 1- nous sommes dehors.  pour le dernier jour page suivante ► page saisies de frontières tout antoine simon voir ci dessous le portfolio prenez vos casseroles et 1 2 25 octobre présentation du projet et le dernier recueil de il nous aura laissé 1 2 3&nbs lorsque la langue dérape, le dans le train premier haut var ► brec pénétrer dans ce jour,  les trois ensembles       qui 1 2 3&nbs béatrice machet vient de « tu sais ce que     une abeille de 1 2 3&nbs 1 2 aller au       fleur madame est toute 0 false 21 18  il est des objets sur textes mis en ligne en ce qui fait tableau : ce       araucari aller au portail de la chaude caresse de aller au portail de À l’occasion du       sur le carcassonne, le 06 la mort, l’ultime port, vers le sommaire du livre 3 page suivante ► page « 8° de       st aller à l’article antoine simon pour m.b. quand je me heurte accorde ton désir à ta ecrire, la vie en dépend, page suivante page travail de tissage, dans présentation du projet nos voix de l’autre 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 3   ces notes aller à la bribe suivante page d’accueil de       fourr&ea       le ciel quand les mots le chêne de dodonne (i) et si tu dois apprendre à page suivante ► page       vu les 1 2 3 page suivante ► page dont les secrets… à quoi ceci… pour prendre mesure.       au pas  martin miguel vient elle ose à peine page suivante ► page       ...mais cliquer pour rejoindre la       pass&eac j’pense à toi bruno  les éditions de aller au texte de michel       la       force 1 2 3&nbs j’ai parlé alberto arbasino : nouveautés et modifications mis en ligne durant dans les carnets le nom de voltaire est       pourquoi le 26 août 1887, depuis aller à la bribe suivante printemps breton, printemps la poésie, à la au commencement était 1 2 dès que 1 2 1 2 3&nbs fragilité humaine. grande lune pourpre dont les (ô fleur de courge...       enfant le 23 avril 2021 s’est 1 2 3 lancinant ô lancinant aller au texte suivant paru tu jettes au fil de eloge de la boite aux ici, les choses les plus aller au portail de sommaire ► page suivante     au couchant nice, le 8 octobre ► À la mémoire de madame chrysalide fileuse il ne sait rien qui ne va page suivante ► page kurt schwitters. : 1 2 3&nbs jacques normalement, la rubrique la force du corps, vers le sommaire du livre 3       fourr&ea     dans la rue la deux mille ans nous     le (la numérotation des 1 2 3&nbs quai des chargeurs de soudain un blanc fauche le considérant que l’usage page d’accueil de préparer le ciel i  au travers de toi je 1 2 3&nbs la vie est dans la vie. se       que de « je me tais.    au balcon 1- c’est dans vers le sommaire du livre 4 l’impression la plus vers le sommaire du livre 3 traversé le lieu-dit de un titre : il infuse sa mais non, mais non, tu vers le sommaire du livre 4 (À l’église aller à la liste des auteurs pour lee pour qui veut se faire une je reviens sur des ouvrir le flipbook Écrire le cet article est paru dans le deux ajouts ces derniers giovanni rubino dit constellations et descendre à pigalle, se page suivante ► page aller au texte suivant       "je le peintre manuel casimiro page suivante page monde imaginal,  jésus oiseau tranquille au vol toute trace fait sens. que aller à la liste des auteurs aller au texte suivant dès buttati ! guarda  il existe deux saints portant vers le sommaire du livre 3 « je suis un aller au texte suivant nous À peine jetés dans le page suivante ► page       reine les céramiques et je suis occupé ces   iv    vers page suivante ► nous  zones gardées de les plus vieilles quatre si la mer s’est « ah ! mon assise par accroc au bord de ma mémoire ne peut me tu le sais et je le vois vers le sommaire du livre 2 vers le sommaire du livre 4 a la femme au le lourd travail des meules patrick joquel vient de il en est des noms comme du       tourneso sommaire ► page suivante page suivante ► page je sais bien ce qu’il antoine simon 6 bernard dejonghe... depuis aller à l’article 1968 - el zilzel tout en travaillant sur les la prédication faite 1 2 3&nbs page d’accueil de tgv dijon - paris bref textes mis en ligne en mars le 23 février 1988, il       midi aller à la liste des auteurs un survol de l’annÉe il y a deux villes à ce qui fascine chez       & pour accéder à la totalité vers le sommaire du livre 3 vous avez Ç’avait été la station 4 : judas  vers le sommaire du livre 4 je serai toujours attentif à dans le flou des souvenirs... page suivante ► page rafale page suivante ► page une fois entré dans la préparer le ciel i c’est seulement au le numéro exceptionnel de les éditions colophonarte page suivante page 1 2 3&nbs  pour jean le       droite la vie est ce bruissement comment entrer dans une 1 2 3&nbs   À léon-gontran 1 2 quelques À hélène 1 2 3&nbs elle réalise des les grands lien vers la video sur la pas une année sans évoquer l’éclair me dure, 1 2 3&nbs aller à l’article arrive à mes lèvres une vers le sommaire du livre 4       au certains prétendent pour accéder au recueil, antoine simon j’ai donc aller à la liste des auteurs il semble possible aller à l’article le scribe ne retient vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 4 derniers textes mis en antoine simon 1 2 3&nbs toutes sortes de papiers, sur préparer le ciel i présentation du projet aller au sommaire des sur le site d’alain adamo, baous et rious je suis comme ce mur blanc 3 

les lieux aussi sont 1 2 3&nbs mougins. décembre quand on arrive de new-york a christiane       coude 1 2 3 rafale on y trouvera dans la la fraîcheur et la       un 1 2 en le flot gris roule contre       gentil vers le sommaire du livre 3 exposition de la série ce qu’un paysage peut bruno mendonça page d’accueil de madame a des odeurs sauvages mon cher pétrarque, un homme dans la rue se prend lors de la fête du livre vers le sommaire du livre 2 1 2 3 i) quatrième essai de aller à la bribe suivante       je la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Butor, Michel > Comment écrire sur Jasper Johns > Les faces cachées

MICHEL BUTOR

Les faces cachées
© Michel Butor
Publication en ligne : 30 juin 2009
Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor

Toujours les lettres : leur inscription sur des panneaux qui se combinent permet de les faire tourner avec ceux-ci dans une sorte de cylindre perpétuel comme celui des barbiers d’antan. Les lettres solides qui s’échappent du plan de la toile avant de s’y réappliquer en miroir, viennent vers nous. C’est dans l’espace antérieur qu’elles se déploient, dans celui que nous connaissions ou pensions connaître. Quand elles tournent en cylindre elles nous donnent l’impression de passer derrière le tableau ou le mur, donc de nous dévoiler l’espace caché.

Monsieur se plaint de la situation. Une fleuriste koweïtienne dispose un rameau brun près d’un lupin violet. Sans l’arsenal l’économie de la nation s’effondrerait. Le jeune Laotien ne peut plus se passer de la Libanaise. Le vendredi 3 août 1492, l’amiral Christophe Colomb, franchissant à huit heures du matin la barre de Saltes, située au large d’Huelva en Andalousie, s’aventure avec ses trois caravelles à demi pontées sur les flots de l’Atlantique. Quelque part un futur mathématicien commence à parler. Vent sur la savane. On se désole. Ailleurs on pressent la guerre. On perd ses parents. Au pôle Nord c’est encore le jour de six mois. Les murs se couvrent de taches de sang.

Au lieu de tourner derrière la toile ou le mur, les lettres ou les mots pourraient aussi tourner derrière nous, derrière notre dos, dans notre dos, dans ce que nous ne connaissons pas de nous-mêmes, dans notre face cachée.

Madame s’inquiète. Un artiste libérien pose un soleil rose sur un ciel bleu. L’hopital regorge de malades, et ne peut plus assurer que quelques soins. La jeune libyenne se demande si elle est amoureuse de ce garçon du Liechtenstein. Quelque part un futur homme d’Etat entre à l’école. Ombres sur les montagnes. On renonce. Un peu plus loin on craint la guerre. On signe la paix. Quoi ? Vraiment ! Quand ? Si seulement c’était vrai ! Vous y croyez ? Nous n’y croyons plus. Nous n’arrivons plus à y croire. Plus on s’éloigne du pôle Nord moins les jours raccourcissent. On entend à la radio des foules hurlantes.

 

Quand tu cherchais obstinément l’incroyable
île du mont Fuji suintant de perles rouges
disait-on et la cité du mascaret d’automne
où l’on trouvait toujours sur les marchés
d’énormes poires blanches à l’intérieur
comme fine fleur de farine et très odorantes...

 

Le douanier s’ennuie. Un couturier luxembourgeois pose une écharpe de couleur inconnue sur une robe verte. On manifeste pour réformer l’arsenal. Quelque part un jeune chanteur passe des examens. Cendres sur la ville. Et pourtant... Dans un autre continent on déclare la guerre. On n’arrive plus à croire à la paix. A l’équateur les nuits sont toujours égales aux jours. Le Soleil est dans le Lion. On voit à la télé des transports de blessés.

 

L’Amérique au temps de Colomb était la face cachée de la Terre ; et s’il est parti, c’est bien à la recherche d’une face cachée, de ces Indes dont on connaissait l’existence lointaine, merveilleuse à travers la relation de Marco Polo, et aussi quelques objets prestigieux : soies, vaisselle, épices, et qu’il a voulu aborder par l’autre côté, transformant l’ouest en est, passant à travers ce miroir infranchissanble qu’était pour les marins d’alors l’horizon atlantique.

 

La dactylo se polit les ongles. Un Malgache dans une auto violette double un Malawite dans un camion orange. Quelque part un futur médecin se demande quelle voie choisir. Terreur sur les armées. On attend. La guerre s’étend de l’autre côté des montagnes. Espionnage. Plus on s’approche du pôle Sud plus les nuits sont longues. On murmure qu’il faudrait changer tout cela.

 

Alors au continent de la révélation il y avait
à Tlatelolco près du nid de plumes précieuses
des marchands d’or gemmes plumes étoffes
broderies esclaves poteries et fourrures...

 

Un soldat hurle de joie parce qu’il a réussi à tuer quelqu’un. Quelque part un découvreur trouve une nouvelle piste. Nuages sur les moissons. On hésite. De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Défilés burlesques. Au pôle Sud c’est encore la nuit de six mois ; on voit le Sculpteur. Des orateurs proclament la nécessité des réformes.

 

L’Amérique précolombienne est toujours une face cachée, l’Asie aussi, non seulement la plus ancienne, mais celle d’aujourd’hui. L’Indien aussi bien oriental qu’occidental peut être considéré comme notre face cachée que les renversements opérés par des écrivains ou des peintres découvrent peu à peu. Beckett, Céline, Moby Dick peuvent être considérés comme des voix de notre face cachée, ou plus exactement comme des signaux sur la voie de sa découverte, son appel, sa hantise : notre malheur bien sûr, mais dans ce malheur toutes nos haines, toutes nos guerres, notre obstination à nous exterminer tout au long des quatre saisons alors que la mort nous prendra très bien sans cela.

 

Quelque part un jeune peintre connaît ses premiers succès. Pluie sur les ruines. On se décide. De l’autre côté de la mer la guerre reprend. Banquets. Plus on s’éloigne du pôle Sud, moins les jours augmentent.

 

Après être rentré à la cour en triomphateur
tu es retourné dans ton Hispaniola
pour y trouver ton premier établissement
incendié la garnison exterminée
pourtant tu as commencé à y planter
céréales et vignes exploiter l’or
et décidé d’utiliser les cannibales
comme esclaves à vendre en échange de bétail
tandis que déjà derrière l’horizon du temps
couvaient des humiliations et des arsenaux
destructions laboratoires et déceptions

 

Quelque part un écrivain tombe malade. Soleil sur les chantiers. On y va. Dans les villages la guerre s’éternise. Tremblements de terre.

Une tache de beurre sur le portrait de Zachary Taylor qui mourut en exercice le 9 juillet 1850 à Washington DC âgé de 65 ans ; une tache de framboise sur le portrait de Millard Fillmore sous la présidence de qui se joignit aux 30 étoiles précédentes : CALIFORNIE, la mer la nuit, le désert la nuit ; et qui mourut le 8 mars 1874 à Buffalo, New York, âgé de 74 ans ; une tache d’épinards sur le portrait de Franklin Pierce qui mourut le 8 octobre 1869 à Concord, New Hampshire, âgé de 64 ans ; une tache de purée de pommes de terre sur le portrait de James Buchanan, sous la présidence de qui se séparèrent sept étoiles formant la première constellation confédérée ; TEXAS, la mer, notre automobile abandonnée sur le sable ; LOUISIANE, il n’y a presque plus d’Indiens, les nègres sont couchés ; MISSISSIPI, ce n’est pas possible, il ouvre la fenêtre, il l’enjambe, et je suis incapable de crier dans ma chemise, je suis incapable de faire un pas, j’essaie de remonter le drap pour me couvrir, dehors un million de moustiques ronflent ; ALABAMA, la mer, milliers de lèvres noires ; FLORIDE, ibis blancs, pélicans bruns ; GEORGIE, filets, rames, nasses, CAROLINE DU SUD, la mer, ouïes bleues, pompanos ; et se joignirent aux 31 étoiles précédentes (ou alors 24) KANSAS, ce qu’il y avait d’effrayant dans ce continent, ce n’était pas seulement ses lianes empoisonnées ; OREGON, grives variées, merles d’eau, tétras des sauges.

Quelque part meurt un sculpteur. Tempête sur les fouilles. On rate. Dans les faubourgs la guerre s’achève enfin.

Les lettres dansent, se superposent, rivalisent avec les objets, mais les objets eux-mêmes entrent dans cette danse, à commencer par les objets à lettres : affiches, journaux et livres.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP