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RAPHAËL MONTICELLI
Ce texte date de 1989. Il a été publié par Z’éditions dans la monographie sur Bruno Mendonça. Il se réfère aux Architectures neuronales, éléments des livres d’artiste sur lesquels Mendonça travaillait alors.
Abords de l’inaccessible ►
gloses et paraphrases... ►
parcourir les substances grises et blanches toute l’écorce cérébrale et le tissu nerveux c’est courir le long des neurones et de l’un à l’autre passer en usant des synapses carrefours de proche en proche jusqu’à fleur de sens de peau de membres bras jambes mains doigts pieds sexe langue et c’est ainsi que nous sentons humons goûtons touchons palpons tâtons jouissons rêvons et prenant notre part au monde prenons notre part du monde poussant hors autour loin de nous ce nous même ramifié nous faisons toile filet qui rapporte en nous ce qui est hors autour loin de nous et de cet hors autour loin de nous nous fait nous et nous fait aussi bien cet hors autour loin de nous et notre empreinte sur cet hors autour loin de nous le fait lui et le fait aussi bien nous parcourir cette substance d’air et d’eau toute la langue parlée et écrite c’est courir le long des monèmes et de l’un à l’autre passer jouant des syntagmes de proche en proche jusqu’à fleur d’humanité extrême de cultures de civilisations d’arts d’amours de langues et c’est ainsi que nous sentons humons goûtons touchons palpons tâtons jouissons rêvons et prenant notre part au monde prenons notre part du monde poussant hors autour loin de nous ce nous même ramifié nous faisons toile filet qui rapporte en nous ce qui est hors autour loin de nous et de cet hors autour loin de nous nous fait nous et nous fait aussi bien cet hors autour loin de nous et notre empreinte sur cet hors autour loin de nous le fait lui et le fait aussi bien nous parcourir les substances grises blanches bleues opaques ou translucides d’air d’eau de terre d’éther toutes les grandes voies du mondes les réseaux qui couturent l’espace c’est courir le long des sentiers routes canaux et de l’un à l’autre passer en usant des carrefours arborescentes synapses de proche en proche jusqu’à fleur du monde à bout de terre d’univers cosmos et c’est ainsi que nous sentons humons goûtons touchons palpons tâtons jouissons rêvons et prenant notre part au monde prenons notre part du monde poussant hors autour loin de nous ce nous même ramifié nous faisons toile filet qui rapporte en nous ce qui est hors autour loin de nous et de cet hors autour loin de nous nous fait nous et nous fait aussi bien cet hors autour loin de nous et notre empreinte sur cet hors autour loin de nous le fait lui et le fait aussi bien nous bleu est la couleur de nos espaces les plus hauts et les plus profonds vert celle de l’en bas qui vers l’en haut se fraie son chemin orange celle de l’en haut qui vers l’en bas se tend mauve enfin l’incertaine fusion des rêves d’en haut et des rêves d’en bas le nombre des races de notre espèce est de quatre rose jaune rouge et noir et quatre est aussi le nombre des couleurs pour construire ce piège ce filet où viennent se coller s’agglutiner tous les morceaux de temps tous les âges de chacun de nous l’âge du monde de la vie de ce monde et jusqu’aux souvenirs des voix intiales du premier ordre du monde comme tous ces riens roulés brisés choses échouées rejetées de la grande lessive du monde
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