BRIBES EN LIGNE
1 2 3&nbs aller à l’article       dans le bernard dejonghe... depuis dans ce périlleux pour accéder au contenu du huit c’est encore à       objectif 1 2 un texte il souffle sur les collines aller à l’article sculpter l’air : mouans sartoux. traverse de la pureté de la survie. nul vers le sommaire du livre 2 1 2 3 vers le sommaire du livre 2 aller à la bribe suivante       objectif l’eau froide de l’anse aller à la bribe suivante dans l’innocence des       dans le je voudrais voir les arbres  marcel migozzi vient de pour pierre theunissen la 1 2 3&nbs attendre. mot terrible. pierre ciel <img852|left> forest       longtem vers le sommaire du livre 4 à bernadette le corps encaisse comme il si vous entendez le lac maintenant il connaît le       le page suivante ► page poursuivant son activité de    courant 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire des 1 2 samedi 3 toi, mésange à       à quand les mots aller au portail de aller À boomerang b       ...mais bien sûr la en 2015, jean marie barnaud a c’est la chair pourtant exposition de la série ► remplir ce vide vous       fourr&ea à sonia « la vraie raphaël monticelli (la numérotation des       bruyante   au milieu de vers le sommaire du livre 3 antoine simon les parents, l’ultime fragilité humaine. a christiane sur la toile de renoir, les antoine simon page suivante ► page aller à la bribe suivante page suivante ► page vertige. une distance pour accéder au volume 5 des  martin miguel vient l’évidence 1 2 3&nbs traversé le lieu-dit de toute trace fait sens. que       " madame a des odeurs sauvages 1 2 3 si c’est ça, la toile ou, du moins, la je t’ai admiré, ... ainsi s’élevait la force du corps, voile de nuit à la le chêne de dodonne (i) l’envers de l’attente, le fruit page précédente retour guetter cette chose samuel chapitre 16, versets 1 vers le sommaire du livre 3 des voix percent, racontent lors de la fête du livre portail de l’espace 1 2 3 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs un texte que j’ai     au couchant       fourr&ea photo charles chaboud, 1 2 3&nbs vous avez vers le sommaire du livre 2 franchir le seuil d’un glaciation entre       l’ je désire un toutes ces pages de nos l’envers de vers le sommaire du livre 3 page suivante ► f sors de mon territoire. fais genre des mots mauvais genre   maille 1 : que rafale pas facile d’ajuster le       "j&       bien pour martin       " 1 2 3&nbs       apr&egra antoine simon voici des œuvres qui, le aller à la bribe suivante deux ce travail vous est page suivante ► r.m. a toi ► pour la poésie à la page suivante ► page le chêne de dodonne (i) rita est trois fois humble. « voici       le vent ce qui fait tableau : ce vers le sommaire du livre 3 1 les morceaux de nuit se antoine simon préparer le ciel ii a - preliminaire prenez 3       parfois 1 2 3 les plus terribles       pour il pleut. j’ai vu la       le sous ce titre inspiré de la sables mes paroles vous présentation du projet quelques autres mon cher pétrarque, le chêne de dodonne (i) lire la suite : 21 À celle qui emplit nos 1 2 3 monde imaginal, saisies de frontières tout normalement, la rubrique       bâ sommaire ► page suivante 1 2 3&nbs les embrassées , cantilène aller à l’article parmi les éditeurs le chêne de dodonne (i) lancinant ô lancinant marie antoinette aller à la bribe suivante jacques monticelli raphael 510 035 antoine simon 5 aller à la bribe suivante voir la lettre bernard noël en il a surgi sans crier       je suis ] heureux l’homme       st   anatomie du m et       pass&eac       à page précédente longue merci à la toile de   la baie des anges ecrire, la vie en dépend,     chant de    regardant station 7 : as-tu vu judas se lien vers la video sur la présentation du projet petit souvenir vers le sommaire du livre 4 page suivante ► page dans les rêves de la       devant 1 2 3&nbs pour accéder à la totalité       la aller à l’article a l’extrémité du page suivante ►   les 1 2 3&nbs dieu faisait silence, mais que d’heures vers le sommaire du livre 3  tous ces chardonnerets face aux bronzes de miodrag errer est notre lot, madame, antoine simon page précédente page       fourmi&n 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 3       l’ 1 2 1 – il aller à la bribe suivante       "je page suivante ► page vers le sommaire du livre 4 page d’accueil de   les mes pensées restent       cette       l’ préparer le ciel i   nous sommes       va ton   saint paul trois jusqu’à il y a       bonheur le chêne de dodonne (i) le long de l’ombre aller au sommaire de pablo page suivante page vers le sommaire du livre 3 la restauration du site se aller au texte suivant nous 1 2 3&nbs laure et pétrarque comme page suivante page est-ce parce que, petit, on 1 2 3&nbs       m’ aller au portail de page suivante ► page ► À la mémoire de vers le sommaire du livre 2     une abeille de ici, les choses les plus       apr&egra qui d’entre nous aller à la bribe suivante aller à la liste des auteurs le nom de voltaire est petits rien 4 et 5 (env. 7cm le lent tricotage du paysage ce qui aide à pénétrer le       magnolia le 23 février 1988, il       et avertissement : la   ciel !!!! vers le sommaire du livre 3 haut var ► trois petits présentation du projet et 1 2 3&nbs 1 2 3 i.- derniers textes mis en À hélène     dans la rue la les lettres ou les chiffres À peine jetés dans le la fraîcheur et la un soir à paris au       neige       au aller au sommaire des vers le sommaire du livre 4 reprise du site avec la 1- ai-je reçu une ► question de temps à nous sommes de glace et de       soleil lorsque martine orsoni sommaire ► page suivante aller à la liste des auteurs i en voyant la masse aux antoine simon pas de pluie pour venir pour andré villers 1) madame des forêts de * il te reste à passer pour accéder au document de       tourneso a ma mère, femme parmi 1 2 3&nbs les textes mis en ligne       ce qui petit matin frais. je te 1 2 3 textes mis en ligne en les dernières le film sur annie sidro et le       baie 1    le recueil que rêve, cauchemar, la vie est dans la vie. se les éditions colophonarte antoine simon page d’accueil de vers le sommaire du livre 4 voir les œufs de 1 2 3&nbs       dans la le phonétisme n’a-t-il pas     surgi 1 2 3&nbs vers le sommaire des recueils haut var ► brec       au pas vers le sommaire du livre 3 ceci… pour prendre mesure. si j’avais de son       à quel ennui, mortel pour « tu sais ce que 1 2 3&nbs comment entrer dans une aller au texte suivant il 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 3 on cheval     longtemps sur 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 2 dorothée vint au monde vers le sommaire du livre 3 « mais qui lit 1 2 3&nbs       aux antoine simon le chêne de dodonne (i) 1 2 3&nbs deux nouveauté, aller à l’article       chaque  dans toutes les rues un jour nous avons voir ci dessous le portfolio notre but n’est pas de   si vous souhaitez textes mis en ligne en mai aller à la bribe suivante 1 2 3&nbs dans un coin de nice, page d’accueil de aller au texte suivant madame est la reine des première publication de ce    de femme liseuse     un mois sans 1 2 bruno 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs 0 false 21 18 page suivante ► page pour accéder à ce deuxième 1 2 3&nbs la mastication des page suivante ► page 1 2 3&nbs 1 2 aller au violette cachée ton eloge de la boite aux qu’est-ce qui est en inoubliables, les références : xavier       en un le pendu       sous ■ cézanne en peinture textes mis en ligne en nous dirons donc cliquer sur le titre pour sommaire ► page suivante bernar venet - 1 2 3&nbs page suivante ► page aller à l’article il arriva que       su lou aller au portail de la parol

Accueil > À propos de R. Monticelli > Textes à propos de R. Monticelli > Raphaël Monticelli en habit d’Arlequin

JEAN-MARIE BARNAUD

Raphaël Monticelli en habit d’Arlequin
© Jean-Marie Barnaud

un article dans remue.net

Publication en ligne : 9 juin 2014

Cet article est paru chez remue.net

Je relis Mer intérieure, de Raphaël Monticelli, long poème variable publié l’an passé à La Passe du vent ; une série de douze textes adressés en hommage à des plasticiens [1]
, selon cette pratique si constante chez Monticelli [2] dont le travail personnel se nourrit d’œuvres littéraires ou artistiques qu’il interroge, non pas tant dans un projet critique, que pour enrichir la disposition généreuse qui est la sienne, aussi bien quand il écrit que lors qu’il lit ou regarde, à savoir : qu’est-ce que cette œuvre – ou ma pratique de l’écriture – me révèlent qui m’apprend à m’approcher du monde en vérité, c’est-à-dire qui me donne du monde une plus juste intelligence : ces textes, ces œuvres, il s’agit de « les comprendre dans leur fonctionnement, leur problématique, leurs enjeux. Comprendre ce dont ils sont porteurs pour me repérer dans le monde où je vis », écrit Monticelli en postface à ce dernier livre, dans un entretien avec Thierry Renard.
La variété des tons à l’intérieur d’un même ouvrage, variété suscitée par l’attention quasi passionnée accordée aux rythmes et aux formes de la création que manifeste chacune des œuvres dont le poète s’approche et s’inspire, au risque qu’on puisse craindre parfois, dit-il, qu’il y perdre le timbre de sa propre voix, fait de ce livre un « corps mêlé », pour reprendre l’expression de Michel Serres, et sa thématique du Tiers instruit [3], qui fait en particulier d’Arlequin, sous son manteau bigarré, un modèle du genre.
Cette référence me vient à propos du second texte du livre, « Terre de l’enfuie », écrit « pour Jean-Jacques Laurent », et dont le poème VI est consacré à la figure du Zanni de Bergame : « Dans le pays dont je vous parle » — c’est ainsi que le texte commence, et j’y trouve un souvenir implicite de Michaux :
La momie d’Arlequin se porte bien
elle s’enterre dans son enfance

lui
danse dans le dedans de soi
rien ne transparaît de sa joie tourbillonnante
à la surface étoilée de son cocon d’acier.

dans le pays dont je vous parle on cache ses douleurs
ombelles minces nacres que le ciel aspire

Je m’attache à ce poème. Sans doute est-il habité par l’univers de son destinataire, mais il est bien caractéristique aussi de l’écriture de Monticelli, qu’une grande pudeur maîtrise toujours, en même temps qu’un mouvement impétueux l’ouvre et la projette vers le dehors.
La gymnastique et la souplesse n’étaient-elles pas l’apanage de Thomassin, l’un des Arlequins les plus célèbres… Il y a bien quelque chose d’une écriture gymnaste, chez Monticelli, comme en témoignent ses Bribes dont une partie [4] demeure toujours en chantier, occasion d’une « rumination » qui ne cesse. Du reste, écrit entre 1991 et 2011, Mer intérieure est lui-même le précipité d’une telle rumination.
Or, que se passe-t-il, à « l’intérieur », que cache et révèle à la fois le manteau d’Arlequin nommé ici « cocon d’acier » ? C’est, dit le poème, une « danse dans le dedans de soi », une « enfance », « une joie tourbillonnante ».
Dont acte : je dis que cette joie, adhésion au monde tel qu’il se donne — et quelle que soit par ailleurs « la rumeur continue de toutes les douleurs du monde » — est la marque de cette écriture. Nul danger qu’elle perde son autonomie. Au contraire, elle témoigne de la « naïveté vraie » dont Serres parle aussi dans Le Tiers instruit, naïveté seconde en quelque sorte, une fois qu’on a beaucoup appris des autres et du monde : « De même que, pour parler de façon probe de la mer il faut l’avoir rabotée en tous sens, de même, pour dire dans sa langue, il convient d’en avoir visité les tours. L’écrivain n’accède au style qu’après ces traversées probatoires (…). [5] »

Traversée : je garde ce mot ; il va bien avec le voyage dont il s’agit ici : « on part à la recherche de mélodies secrètes (…) / nous avançons à la recherche de nos mères », inventant comme les archéologues les traces et les sagesses éparses ou enfouies, comme en Égypte, celle d’Hypathie dont le savoir est musique, ou encore Ariane, Pénélope, Circé, Lesbia, Cecilia… toutes femmes, toutes « déferlantes » de cette mer « qui glisse ses langues dans ma bouche » et dont les houles animent vers et strophes, imposant parfois, pour célébrer le réel ici et maintenant, les anciens modes de la poésie, odes ou péans… Et alors « c’est bien la mer qui parle à travers moi ». Témoin ce dernier poème, « Ode au sexe féminin », qui résume dans un paradoxe ce qu’il en est de l’énigme de toute présence — et ainsi se ferme le livre : « voici le monde // et l’absence du monde »
. Ainsi le voyage remonte plus loin encore que les traces repérables dans les légendes, les contes et tous les livres. Plus haut et plus amont, là où la présence des choses surgit avant toute parole ; expressions muettes, à quoi s’offre le seul silence de la contemplation,

au point ultime du monde là où se forge
dans les chaos déserts le bourdonnement de ce qui un jour sera voix,

et dont semble témoigner cette statue archaïque qu’est le xoanon [6], ou encore les arbres de vie des indiens Kwakiutls. Et telle est bien la nature de l’émotion poétique, naïveté seconde en effet, émerveillée au cours du voyage par la profusion du donné qui jamais ne s’épuise :

Tu le sais
et je le vois à travers la dentelle de mes doigts
il y a
d’abord le souffle du vent
cette façon qu’il a de chanter parmi les branches
et de danser
de composer les masses de soleil parmi les branches
de mettre en amour la lumière du ciel
et les ombres sur le sol

je le sais
tu le regarderais des heures
surprise
de l’harmonie qui s’y joue avec cette fraîcheur qui coule sur ta peau

Cette profusion émeut en premier le corps sensible, avant que la culture puisse prétendre accompagner un tel éveil à travers le luxe de ses représentations. Et c’est à ces manifestions immédiates du donné que la poésie veut être fidèle ; d’une fidélité qui ne saurait se satisfaire des armatures d’une rhétorique : il lui faut courir le risque d’une ouverture, d’un éclatement des formes, comme ici, où est comme transpercée la forme figée du péan :

j’entends l’appel la terre tremble
de ce qui m’étouffe et me tord
dressée tendue le cri m’inspire
cris vibre perte tombe mes doigts tremblent
[ ] les cris [ ] ou [ ]
ailes mes yeux ouverts la vie
[ ] tue ce qui me tue ma tête tape (…)

Dans ces perturbations, ces trous dans la parole, espaces nus dont l’oralité renforce encore la puissance, c’est la nature même des « bribes », leur morcèlement, qui s’exprime parfois jusque dans le bégaiement ; tandis qu’à côté, des phrases nominales ou la prose la plus simple, font écho discrètement au végétal dont bien des poèmes célèbrent le foisonnement humble.

A propos du peintre Abdelaziz Hassaïri, dont la rencontre a beaucoup compté pour lui, Monticelli a cette belle formule : il évoque la force de « son pinceau sismographe ».
J’appliquerais volontiers l’image au poète lui-même, dont la volonté d’écrire au plus près du réel suscite la fidélité risquée d’une écriture sismographe.

 

Jean-Marie Barnaud - 27 mai 2014

[1] Tous liés à notre mer, la Méditerranée : Leonardo Rosa, 
Jean-Jacques Laurent, Fernanda Fedi, Eric Massholder, Gilbert 
Pedinielli, Meriem Bouderbala,Oscari Nivese, Abdelaziz Hassaïri, Anne-Marie Lorin, Martin Miguel, Henri Maccheroni.

[2] Il suffit de parcourir le site remarquable de Monticelli, « Bribes en ligne », pour prendre la mesure de ce travail. On pourra aussi lire ici même l’article écrit pour l’exposition que la BMVR de Nice a consacrée en 2011 à cette œuvre.

[3] Voir entre autres, de Michel Serres – et à côté de Les cinq sens et L’Hermaphrodite/ Sarrasine sculpteur — Le Tiers instruit (François Bourin, 1991), en particulier les sept premières pages, « Laïcité », dont Arlequin est la figure centrale : « Le voici maintenant dévoilé, livré sans défense à l’intuition. Arlequin est hermaphrodite, corps mêlé (…) ».

[4] Une grande part en est aussi publiée à L’Amourier.

 

[5] Michel Serres, Le Tiers instruit, (François Bourin, 1991, p. 118.)

 

 

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP