BRIBES EN LIGNE
      journ&ea       je me antoine simon station 7 : as-tu vu judas se pour martin travail de tissage, dans 1 2 dimanche sommaire ► page suivante aller à la bribe suivante vers le sommaire du livre 4 poursuivant son activité de les cuivres de la symphonie j’ai donné, au mois un verre de vin pour tacher je rêve aux gorges assise par accroc au bord de aller à la liste des auteurs       une portail de l’espace haut var ► brec  le 17 février pour accéder au recueil, outre la poursuite de la mise 1 2 1 2 3&nbs je t’enlace gargouille 1968 - hamida pour accéder au document de       l’ petits rien 4 et 5 (env. 7cm merci à la toile de aller au texte de michel dans ce périlleux d’abord l’échange des pour accéder au pdf, présentation du projet pour gilbert aller au portail de 1 2 3&nbs le slam ? une ruse de sa langue se cabre devant le vers le sommaire du livre 4   (à       allong&e vers le sommaire des aller au portail de roland barthes : propos page suivante ► ce pays que début de la mise en ligne de tout en travaillant sur les village de poussière et de samuel chapitre 16, versets 1       pourquoi page suivante ► page       le       pé rafale deux mille ans nous 1 2 3&nbs chers élèves du collège     chant de       longtem rafale n° 10 ici quand les mots un texte que j’ai quelque temps plus tard, de les grands vers le sommaire du livre 2 de nouvelles mises en ligne, vers le sommaire du livre 3 vers le sommaire des recueils 1 2 3&nbs sous ce titre inspiré de la « non, peut-être « ah ! mon mouans sartoux. traverse de     les provisions       un station 3 encore il parle 1 2 3 le plus insupportable chez       pour la fonction, photo le géographe sait tout le nom de voltaire est       et pour jean-louis cantin 1.-   1) cette À la loupe, il observa son père, manœuvre aux       avant j’ai parlé       sur le dans un clignement de       pass&eac Ç’avait été la préparer le ciel i dans l’herbier de ses un temps hors du cliquer sur l’icône vers le sommaire des vers le sommaire du livre 4 aller à la liste des auteurs madame est une       dans le 1 2 seules les     pour accéder vers le sommaire du livre 3 elle ose à peine 1 2 3&nbs  pour jean le pour frédéric le bulletin de  les éditions de       la       entre 1 2 3&nbs aller au texte suivant il vers le sommaire du livre 2 quelque chose dans la caverne primordiale aller au portail de       bruyante viallat © le scribe ne retient ce qui aide à pénétrer le 1 2 3&nbs c’était une page suivante ► page "nice, nouvel éloge de la pour angelo chercher une sorte de la brume. nuages le "patriote", on a cru à de l’autre       ce il y a des objets qui ont la dessiner les choses banales 1 2 3&nbs       un       dans le       en deux aller à l’article les dernières       apr&egra la légende fleurie est page suivante page 1 2 3 vers le sommaire du livre 4 lancinant ô lancinant 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs bernard noël en vue à la villa tamaris aller à l’article aller à l’article l’envers de vers le sommaire des recueils antoine simon 3 janvier 2002 .traverse ■ cézanne en peinture antoine simon       le sors de mon territoire. fais bernadette griot vient de 1 2 3&nbs on y trouvera dans la rêve, cauchemar, et si tu dois apprendre à le peintre manuel casimiro 1 2 3&nbs comme ce mur blanc nouveautés et modifications 1 2 bribes en ligne, la lettre   au milieu de avertissement jacques la il n’est pire enfer que       su lou aller à la liste des auteurs rafale       vu les       bonheu vers le sommaire du livre 2 pour accéder au volume 6 des 1 2 3 vers le sommaire du livre 4   les       sabots       je fais retour au texte antoine simon aller à l’article       entre posté sur facebook sorti de depuis ce jour, le site à sequence allons fouiller ce triangle ouvrir le flipbook Écrire le  les trois ensembles textes mis en ligne en août     un mois sans mon cher pétrarque, grande digue est dispersée  il est des objets sur madame est la reine des saluer d’abord les plus 1 2 3       les aller au portail de vers le sommaire du livre 3       apr&egra i mes doigts se sont ouverts le 28 novembre, mise en ligne page suivante ► page 1 2 3&nbs des nouvelles d’une grande <img852|left> forest il tente de déchiffrer, sommaire ► page suivante       la   jn 2,1-12 : 1 2 3 i.- c’est la chair pourtant et que vous dire des pour qui veut se faire une le vieux qui s’ouvre la textes mis en ligne en rafale n° 9 un je t’ai admiré, derniers textes mis en en 2015, jean marie barnaud a rafale une fois entré dans la alocco, au château de       je nous sommes de glace et de (ma gorge est une paysage de ta vers le sommaire du livre 2 vers le sommaire du livre 2 pour michèle gazier 1) je reviens sur des pour accéder au contenu du antoine simon       la de toutes les       voyage aller à l’article 1 2 3&nbs le galop du poème me 1 2 3 page d’accueil de vers le sommaire des recueils vers le sommaire du livre 4 petites proses sur terre vers le sommaire du livre 4 encore la couleur, mais cette  zones gardées de mais jamais on ne     son cyclades, aller à l’article et que vous dire des le hasard... un ami m’a       l’ page précédente longue vers le sommaire du livre 2 les textes mis en ligne page précédente retour à tous ces charlatans qui « le petit dauphin vers le sommaire du livre 3 textes mis en ligne en cette machine entre mes antoine simon pour nicolas lavarenne ma       la       pass&eac {{}} on trouvera la ….omme virginia par la quelques photos préparer le ciel ii l’éclair me dure, quelques textes antoine simon a claude b.   comme une merle noir  pour vers le texte suivant carmelo 1 2 3&nbs comment entrer dans une page d’accueil de page suivante page hans freibach : les étourneaux ! exposition de la série 1 2 lundi 3h pour m.b. quand je me heurte page précédente retour vers le sommaire du livre 2 voir la lettre 1 2 3&nbs le poiseau de parisi mon « pouvez-vous ► le goût du sommaire ► page suivante il en est des noms comme du depuis belle lurette, je lire la suite : 21 cinq madame aux yeux       neige normalement, la rubrique     le cygne sur       au fond tu le sais et je le vois       droite 1 2 30 textes mis en ligne en juin glaciation entre  marcel migozzi vient de je t’enfourche ma 1 2 dès que 1 2 aller au envoi du bulletin de bribes se reprendre. creuser son vers le sommaire du livre 2 cela fait 53 ans   maille 1 : que toi, mésange à aller à l’article abords de l’inaccessible pour robert toutes ces pages de nos       la j’ai longtemps tendresse du monde si peu 1 2 3 page suivante ► page 1 2 3&nbs       sur le   cinq approches     " un survol de l’annÉe a la fin   il ne resta a supposer que ce monde la relation du photographe approche d’une vers le sommaire du livre 4 les éditions colophonarte les parents, l’ultime       l’ page d’accueil de     cet arbre que     longtemps sur today i eat my À celle qui emplit nos page suivante ► page j’ai relu daniel biga, 1 2 3&nbs villa arson d’exposition en pour bruno charlotte, in la route de la soie, à pied, avant lire une interview de aller à « À je suis occupé ces       fourr&ea à propos des grands       bonheur revue aller au portail de le franchissement des page d’accueil de si j’avais de son antoine simon aller au texte suivant nous aller à l’article aller à l’article présentation du projet vers le sommaire du livre 2 pour accéder au texte 1 2 3&nbs   un ► une parole libre et page suivante ► page antoine simon madame 1 madame est la c’est ici, me et nous n’avons rien       ".. 0 false 21 18 huit c’est encore à page précédente retour page suivante ► page effleurer le ciel du bout des la parol

Accueil > Les rossignols du crocheteur > ORSONI Martine > Martine Orsoni > Sainte Agnès

Sainte Agnès
Publication en ligne : 31 décembre 2008
Première publication : novembre 1993 / catalogue d’exposition
Artiste(s) : Orsoni

Beaucoup de merveilles emplissent le ciel et la terre. Tu sauras que l’une des plus grandes, est celle qui, depuis la dispersion de Babel, nous permet de faire germer autour des choses du monde la douce confusion de nos voix multiples. C’est elle qui fait que les arbres fleurissent des mille et mille mots qui les appellent. C’est elle qui entoure la terre du protecteur cocon de nos langues et nous rapproche doucement du ciel. Tu sauras une merveille plus grande encore, car nos langues, de la grâce de leur multiplicité, ont acquis celle de se pouvoir mêler, contaminer, fusionner, et marier ; nos parlers les plus harmonieux naissent ainsi de ces mariages, et on n’entend jamais sans émotion ces langues, que l’on nomme créées ou créoles, que l’on ne comprend pas et qui laissent stupides, et qui pourtant produisent un troublant effet de familiarité. Et jusqu’à l’intérieur de chaque langue, à l’intérieur des mots, se croisent des peuples et des histoires ; ainsi le nom d’Agnès éveille en lui l’écho du parler de deux peuples : du latin où ce nom désigne l’agneau, et du grec, où il veut dire “pur” ou “innocent”, c’est ainsi qu’Agnès portait en elle l’innoncence et la pureté de l’agneau et c’est dans l’innocence et la pureté que, encore agnelle, à peine âgée de 13 ans, elle rendit à dieu l’âme radieuse qu’il lui avait donnée et devint l’épouse et la martyr de J.-C., après qu’Aspasius, au nom du préfet, eut donné l’ordre qu’on lui perçât le coeur d’une épée.
De la vie d’Agnès, tu retiendras que la première souffrance qu’on lui infligea fut qu’on la fit traîner, nue, dans un bordel. Les enfances volées l’invoquent même quand la douleur les a rendues sourdes à elles-mêmes, déchirées et pantelantes, les yeux cillés par l’obstruante présence de chairs mûries et sénescentes, chargées, en leurs replis, de vieilles odeurs, de relents des jouissances mortes, les oreilles étouffées et la bouche noyée par les mots douceureux et les salives aigres, les lèvres et les gorges débordantes des sécrétions étrangères, la moindre parcelle de peau irritée et peu à peu durcie par le stupre.
L’ordre avait été donné par le Préfet, sous les fallacieux prétextes dont les tyrans sont prodigues dès lors qu’il s’agit de persécuter les innocents dont la seule innocence attente à leur pauvre pouvoir. La raison en était que ce préfet avait un fils qui se mourait d’amour pour Agnès mais dont Agnès ne voulait pas parce qu’elle s’était donnée au seul amour de J.-C. Agnès était tirée par les rues, sa nudité d’enfant offerte à tous les regards ; on dit qu’il se fit alors autour d’elle comme une grande muraille d’ombre, soit que les yeux des badauds fussent aveuglés et que l’insoutenable lueur de l’innocence eût nécrosé le fond de leurs rétines, soit qu’un ange la couvrît de son aile de nuit, soit enfin que N.S. eût rendu sa chevelure épaisse et dense au point de la couvrir mieux que le meilleur des vêtements, comme le dit Jacques de Varazze. Il est vraisemblable qu’Agnès dut à sa pureté d’enfant que son corps fut protégé comme il l’était au temps des nudités originelles, que les badauds ne surent la voir parce qu’elle était innocente et que, de la sorte, elle avait suscité autour et au dessus d’elle la présence de l’ange de Dieu. Ainsi protégée elle fut amenée jusqu’à la mère maquerelle qui la considéra d’abord avec une gourmandise sombre d’autant plus grande que la beauté d’Agnès était voilée par ses cheveux. Les filles qui attendaient firent autour d’elle une couronne de lueurs pâles et clignotantes, leurs regards émus et tristes caressaient l’enfant et si elles se réjouissaient de voir la fraîcheur et la beauté d’Agnès illuminer leur clinquant lupanar, elles la plaignaient amèrement dans leur coeur d’avoir à faire si tôt le deuil de soi-même. Agnès, forte du nom de J.-C. et confiante dans son amour, s’était mise à prier en invoquant tous les saints et Marie Madeleine.

Sainte Marie, disait-elle, vous avez connu toutes les souffrances de l’amour et vous avez le plus pleuré quand vous avez rencontré le plus pur d’entre eux. Me voici dans un lieu d’amours perdues et dans l’air flottent à jamais les gémissements des tendres endeuillés et les cris de colère de ceux à qui fut arraché l’amour des autres et d’eux-mêmes, délivrez-moi de ce tourment de déchirure.
Sainte Marie, disait Agnès, délivrez-moi.
Saint Jean, tendre fils, vous avez posé votre front sur l’épaule de N.S. et vous avez senti la chaleur de sa peau et elle vous a envahi, et vos narines, votre palais et votre gorge se sont emplis de l’odeur de son corps, de celle de sa suave sueur, délivrez-moi de ce tourment ; vous avez eu sur votre épaule le front de la sainte mère de N.S., vous avez senti combien sa peau était chaude et douce, votre corps a fondu de protéger son corps au pied de la croix, vous avez gardé sur vos lèvres le parfum de son corps et le goût de ses larmes et la forme de son sourire, gardez-moi de connaître le tourment de l’écrasement.
Saint Jean, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous, Saint Luc, vous avez été le plus proche de la Vierge Marie et vous avez été le plus proche de la mansuétude du Christ, et vous avez été le seul attentif aux larmes de la prostituée, et vous avez été le seul témoin de la naissance de chair de N.S.J.-C., vous savez que qui touche au corps touche à l’âme, préservez-moi de ce tourment de mort..
Saint Luc, disait Agnès, délivrez-moi !
Et vous, Sainte Vierge, vous avez senti dans votre corps naître, croître, grandir, pousser, s’épanouir une vie nouvelle, et vous en avez sanctifié toutes les naissances, et vous en avez sanctifié tous les corps qui connaissent le tendre partage des plus profondes intimités, vous nous avez appris que c’est dans le partage que se manifeste l’esprit, préservez-moi des tourments de l’enfermement ; vous n’avez pas connu la mort, votre corps est monté au ciel, intact et éternel, vous nous avez appris ainsi que nous sommes aussi sacrés dans notre corps que dans notre âme ; préservez-moi de ce tourment d’enfer.
Sainte-Vierge, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous qui avez su souffrir sur ces croix que sont la conception, la naissance et la venue au monde, et sur cette croix qu’est la vie, et qui avez fait de la mort l’image de la croix et de la croix l’image de tous les croisements, vous que je n’ai pu aimer, comme vous a aimé Marie Madeleine, que parce que vous êtes homme et faible et naissant et vivant et souffrant et mourant et jusque dans la mort espérant, vous que j’aime parce que vous êtes homme pleinement et douloureusement et que de vous aimer me fait aimer les autres, protégez-moi des tourments de la haine.
Délivrez-moi, disait Agnès, délivrez-moi.”

Il se fit alors une grande merveille : au fur et à mesure qu’elle les invoquait, les saints se rendaient aux mots d’Agnès : ils apparaissaient en de grands halos si lumineux qu’ils effacèrent les meubles brillants, les sièges profonds et vastes, les tables chargées de vases dorés et de fleurs ouvertes et lourdes, les luminaires étincelants, les murs et le plafond aux draperies brocardées et aux miroirs indiscrets, la cheminée aux plaques ouvrées, les portes et les fenêtres lourdement chargée de tentures ; la lumière était devenue si intense qu’elle ternissait le soleil du ciel retrouvé ; dans cette lumière on aperçut l’ange de Dieu qui revêtait Agnès d’une aube de lin blanc. Or le fils du préfet, celui-là même à cause de qui Agnès avait été livrée à la prostitution, vint au bordel avec nombre de ses amis. Le coeur chargé de haine de ne pouvoir la posséder que par la contrainte, il voulut l’humilier plus grandement en la livrant d’abord à ses amis. Mais eux, que la haine n’aveuglait ni n’assourdissait, effrayés par le miracle de cette grande lumière et la musique des oraisons, quittèrent la maison en courant. Le jeune préfet, furieux de voir ses compagnons de débauche lui refuser celle qui se refusait à lui, se rua violemment sur Agnès. Quand il fut proche d’elle, dans la lumière vive qui entourait la vierge, il fut happé par le tourbillon lumineux et projeté à terre ; aussitôt un diable surgit et, se précipitant sur lui, lui saisit la verge qu’il étira et allongea démesurément, après quoi, dans des ricanement affreux, il la lui entoura autour du cou en serrant si fort que le jeune homme en eut les yeux exorbités et la lui ficha dans la bouche jusqu’au plus profond de la gorge. Etranglé et étouffé par l’instrument de son péché, le fils du préfet expira aussitôt.
On dit aussi, qu’ensuite, Agnès, à la demande du préfet implora N.S. et obtint de lui la résurrection du pécheur. Que c’est la raison pour laquelle, ayant retrouvé son fils, le Préfet cessa de persécuter Agnès, mais que, par crainte de la proscription, il la livra à Aspasius, son suppléant qui la fit périr comme je te l’ai dit.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP