Accueil > Au rendez-vous des amis... > Renard Thierry > Une éternité relative
à Sonia
« La vraie poésie ne veut rien dire, elle ne fait que révéler les possibles. Elle ouvre toutes les portes. À vous de franchir celle qui vous convient. »
Jim Morrison, Wilderness
Nous venons de vivre, tantôt avec étonnement ou avec curiosité, et tantôt avec grand intérêt, voire avec passion, trois longues semaines d’une intense agitation. La parole poétique, sous toutes ses formes et dans tous ses états, et pleinement libérée de ses entraves, a circulé dans différents lieux de la région, en ville comme à la campagne. La parole poétique, dans la grande diversité de ses voix, a pu – a su – se faire entendre un peu partout, dans les bibliothèques, au théâtre, au café, dans l’espace public… Cette manifestation, avec ses joies et ses peines, avec ses petits bonheurs, ses rires, ses éclats, ses tourments et ses chagrins, nous a facilité le passage du gué vers une autre rive, encore inexplorée. Nous avons vécu des heures denses, pleines de mots, anciens et nouveaux, des heures où tout s’est constamment réinventé, repeuplé, réveillé. Où tout s’est parfois mêlé, enchaîné, déchaîné même.
Mais il n’y a pas que les mots, il y a les visages, les regards, le mouvement des lèvres… Il y a les mains tendues et la beauté des gestes. Durant ces trois dernières semaines, j’ai presque cessé de lire des livres. Trop fatigué, sans aucun doute, après les soirées sur scène ou dans la salle, après les repas tardifs et arrosés. Mais j’ai entendu beaucoup de choses pendant cette période. Certaines simples, claires et néanmoins profondes. D’autres plus ombrageuses, moins évidentes, mais pareillement bouleversantes. J’ai écouté, j’ai entendu. De nombreuses voix sont venues jusqu’à moi. Elles m’ont interpellé. M’ont interrogé. M’ont nourri aussi. Voix chères, voix chéries... Voix tendres. Voix plus austères, pareillement. Tout cela m’a comblé, transporté. Maintenant, je retrouve le socle que j’avais quitté pour un temps. Et je reprends la lecture de quelques titres m’ayant déjà, plus d’une fois, accompagné : Écrire, de Marguerite Duras ; Regards et jeux dans l’espace, d’Hector de Saint-Denys Garneau.
Pour accéder à la totalité du texte, cliquer sur l’icône
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.