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Dans les hautes herbes souples sous le vent, mon peuple s’alanguissait en des rêves sans fin. Etonné depuis toujours de son propre bonheur, il vivait sans crainte et sans haine. Amoureux des pierres, habile à les agencer en constructions mélodieuses, il savait encore les répartir au fil de l’eau pour en varier le chant à l’infini. Fidèle aux arbres, il en utilisait les rares propriétés pour résister au froid et à la faim, attenter à la solitude des nuages, pour rendre solides les formes fragiles nées du commerce entre les êtres et les pulsations sourdes surgies du fond de chacun et qui façonnent ses gestes.
Que dire d’autre de ses rêves ?
AOI