Accueil > Les rossignols du crocheteur > CHARVOLEN, Max > 2007 - L’indéfini bourgeonnement des ruines (suite)
RAPHAËL MONTICELLI
L’exposition du travail réalisé sur le site du Trésor des Marseillais à Delphes a été présentée au musée d’histoire de Marseille en 2007. La mise à plat du trésor emplissait le sol et une partie des murs d’une salle dont une grande baie vitrée donnait sur le site de l’antique Massalia. Les 2600 mises à plat numériques étaient présentées dans leurs caisses à l’entrée de la salle. Comme pour d’autres ouvrages concernant Charvolen, les contributeurs venaient de diverses disciplines. Je donnais mon texte comme une suite de celui de l’exposition de Saint Fons.
Pourquoi Delphes… Pourquoi Marseille…
Jusqu’à la réalisation de l’œuvre sur le Trésor des Marseillais, les modèles choisis par Charvolen, chargés de temps comme le sont tous les lieux bâtis, n’étaient pas chargés d’histoire. Ils n’étaient par ailleurs « lieux archéologiques » que « virtuellement », parce que la démarche plastique leur conférait un statut particulier.
C’est pourquoi la question s’est posée de confronter une démarche d’archéologie « virtuelle » avec un objet de l’archéologie « réelle »…La démarche plastique de Charvolen met en position « archéologique » des espaces de notre quotidien… Que devient cette démarche quand elle s’applique à un espace archéologique…
Les mises à plat numérique posent un problème particulier : leur nombre est incommensurable ; or toutes les séries présentent un nombre limité de réalisations : à la question « à combien de mises à plat numériques vais-je limiter la machine », les réponses ne trouvaient nulle part de justification : « on peut en faire tant qu’on en veut » « quelques unes », « quelques dizaines », quelques centaines »… Ni justification, ni raison, ni sens…
Qu’est-ce qui peut donner sens à limiter un nombre virtuellement illimité de réalisations ?
En décidant de chercher un site archéologique comme modèle, Charvolen savait que cette introduction d’un temps « long » au regard de l’histoire, lui permettrait de poser autrement le temps « infini » nécessaire à la réalisation des mises à plat…
Restait à trouver le lieu…
Que de paramètres ont fixé le choix sur Delphes et sur le Trésor des Marseillais : la commémoration du XXVIe centenaire de la fondation de la ville de Marseille, le travail des architectes et des archéologues dans la reconstitution numériques des bâtiments antiques, la reconstitution virtuelle du Trésor des Marseillais, le projet, un temps évoqué, de rebâtir, en dur, le Trésor des Marseillais à Marseille… Toute une série d’événements qui ont fait alors écho aux questions que se posait l’artiste et qui l’ont finalement décidé : c’est sur le Trésor des Marseillais que l’œuvre devait être faite…
Le temps d’obtenir les autorisations et de réunir les fonds nécessaires et, en mai 2003, Max Charvolen et son équipe étaient pied d’œuvre, à Delphes, sur les ruines du Trésor… L’œuvre réalisée est exposée au musée d’histoire et elle a fait l’objet d’un traitement numérique ; le nombre de réalisations virtuelles a été limité à 2600 : l’âge de la ville de Marseille…
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.